#SingleAndFabulous

En ce lendemain de Saint-Valentin, la vie est-elle plus belle ? Heureusement elle est tout aussi moisie, mais on n’a pas à se sentir coupable de ne pas être en couple après trente ans (j’ai désormais décidé de maintenir un flou résolu sur mon jeune âge) ; oui oui parce que dites-le comme vous voulez, mine de rien, si tu es encore seule vu ton physique de bombasse (je ne me vante pas, ce blog est une recension totalement objective de ma life) c’est qu’il y a un PROBLÈME. On s’accorde principalement dans mon entourage pour s’arrêter sur le fait que je suis trop exigeante, outre que j’abuse d’expressions faramineusement non-féminine comme des toiles d’araignée dans la chatte ou la sodomie c’est so 2010 mais si c’est bien pensé ça peut passer. Malgré mon attitude condescendante sise au diktat de la couplitude rangée, ça fait quand même mal au cul de rester seule, et plus que la sodomie je vous prie de croire.

Mais la vie est un éternel combat et à ce qu’il paraît je ne vois pas assez le verre à moitié plein. Donc plutôt que d’écrire un article haineux de plus contre cette fête de merde, soyons positifs, soyons gais, soyons Charlie, lançons-nous dans la recension de pourquoi c’est trop de la boulasse intergalactique d’être célib.

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Commençons par les évidents avantages matériels : non seulement je peux me coucher à trois heures du mat’ sans déranger un homme grognon allongé depuis potron-minet – même si c’est pas mal pour se réchauffer les pieds, quoique depuis l’arrivée de ma fidèle bouillotte ce problème n’en est plus un – mais je peux aussi bouffer de l’ail à tout va, m’épiler en plein milieu du salon tout en écoutant Katy Perry à fond les ballons, prendre un bain brûlant d’une demi-heure par jour et laisser les lumières allumées toute la journée (ouh c’est mal hachetague COP21), me balader à poil dans l’appartement, bouffer des pains au chocolat au déjeuner (pas de petit-déj puisque je me lève à 11h) et de la tarte au citron au dîner. J’aime le sucre et la graisse, et même je ne grossis pas, contrairement à quand je suis un couple parce qu’un homme ça bouffe de ces quantités je te dis pas. Dormir EN PLEIN MILIEU du lit à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Je peux me fringuer exactement comme une modeuse folle et personne ne fera de moue « t’es sûre que ça se fait, les fringues comme ça ? ». Inconvénient, c’est moi qui paie tout. Hachetague indépendance. Mais c’est pas non plus comme si j’avais des goûts plus dispendieux qu’Elton John.

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Le célibat permet également d’éviter les rendez-vous à quatre avec ton mec, son iphone et ton galaxy. Triste vision des temps contemporains, ces couples dînant à la lueur bleuâtre de leurs écrans, l’un checkant twitter et l’autre concentré sur ses mails de boulot. Le bel échange. Moi au moins quand je passe un dîner seule avec mon téléphone c’est dans l’engagement.

Pas de belle-mère. Celle-là est quand même inestimable, même si j’ai eu plutôt de la chance avec mes belles-mères dans le passé ; attention donc au retournement de karma. D’ailleurs, le célibat règle également la question de savoir pourquoi ton mec ne t’a pas encore présenté sa mère alors que ça fait six mois (huit/dix/un/dix an rayez la mention inutile) que vous êtes ensemble alors qu’il se répand en grandes déclarations d’amour (réponse : parce qu’il ne te considère pas comme ta meuf sur le long terme). Bref, tu te contentes de tes propres affaires familiales et c’est DÉJÀ PAS MAL merci bien.

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Évidemment, le gros kif quand tu es célib c’est la liberté. Pour une raison qui m’échappe les gens en couple s’imaginent que les célibataires passent leur temps à s’éclater le vagin (oups, encore une expression qui risque de me coûter l’amour d’un brave garçon) et à mener une vie cool et branchée dans les sous-sols du Silencio. Alors déjà, moi j’aimerais vachté mener une vie cool et branchée mais je crains que cela n’arrive pas très souvent vu comme mes potes hype m’ignorent comme de la merde quand je les supplie de m’emmener dans leurs soirées (hachetague salauds, vous vous reconnaîtrez) ; quant à s’éclater le vagin, c’est bien sympathique mais un peu lassant à la longue (ou à la courte d’ailleurs, ce qui arrive hélas plus souvent qu’on ne le voudrait). Comme dit Horace, il faut de la mesure en toute chose. En outre la population disponible pour tirer son coup (-1 mec potentiel en plus à cette expression de mauvais aloi) se clairsème avec les années, et finir comme distraction de mecs mariés ou de fanas de l’échangisme n’est pas forcément un but dans la vie. Enfin je dis ça je dis rien.

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Je crois que je suis en train de virer célibataire endurcie. La vie ne fait pas de cadeaux, mais je vais me prendre un bain bien comme il faut en bouffant un couscous.

La bonne soirée les aminches.

Des peluches

La peluche, objet transitionnel des petits nenfants qui ont besoin de chaleur humaine. Mais pas que. Ceci est un hommage et un manifeste en faveur de la pratique de la peluche à tout âge. Y a pas de raison.

Oui, la peluche est utile, elle nous rappelle notre maman, le sein maternel, des trucs de l’enfançon que nous fûmes. Comme on n’est pas des bœufs, un homme sympathique et servant la science avec l’ardeur du sacrifice a fait des expériences intéressantes sur la question avec des petits singes : quand tu nourris un bébé singe avec un biberon en plastique et sans aucun contact animal, son cerveau clamse, plus personne dans le plafond ; par contre, avec un biberon enveloppé dans une peluche, il survit. CQFD, sans peluche nous sommes morts. Certes, la pratique de la peluche à l’âge adulte pourrait sembler futile, voire attardée, voire névrotique. Je ne suis pas Freud mais je sens que le gars aurait désapprouvé. En même temps il avait une barbe – et qui peut dire ce qu’il en faisait la nuit tombée? Il est bien facile de condamner la peluche quand on se caresse la barbiche. Ce que j’en dis.

Soyons réalistes : tou(te)s les célibataires en manque d’affection ont un jour caressé l’idée d’adopter un chat/chien/serpent/mulot (chacun sa merde) pour lutter contre la solitude (ou alors vous laissez la télé allumée, avouez). L’avantage de la peluche, par rapport à ces projets pouvant aisément déboucher sur le destin de vieille femme à chats, c’est que ce n’est pas VIVANT et donc parfaitement adapté à un usage discret et pratique : pas besoin de s’emmerder pendant les vacances, ni d’avoir peur de finir bouffée par ses clebs, ni de raconter la life de ton chat au bureau (elle met du vieux pain sur son balcon/pour attirer les moineaux les pigeons – comme le chantait JJ Goldmann idole de ma jeunesse). Et quand un impétrant potentiel (UN MEC, UN MEC, UN MEC !!) (oui, t’as beau faire, cette saloperie de mythe de prince charmant laisse de profondes séquelles dans ton cerveau pourtant fécond (que tu crois) (oui je suis une princesse, au fond)), quand donc (pardon pour la parenthèse) un impétrant potentiel se présente enfin au portillon, la peluche se remise aisément dans un tiroir, alors que le chat proclame avec un peu d’insistance à la face du mec monde que la solitude te pèse un peu malgré tes airs farauds de « je suis trop une meuf indépendante » (ne nous voilons pas la face, la possession de peluches à l’âge adulte est légèrement genrée).

Le chat à peluche. Comble de la cuteness ou de la lose? C'est selon.

Le chat à peluche. Comble de la cuteness ou de la lose?
C’est selon.

Attention! Bien sûr je ne parle pas de N’IMPORTE QUELLE peluche. Il existe des peluches décoratives de luxe représentant des animaux sauvages dans des postures savantes. Ces peluches sont magnifiques (et chères) mais ne sont pas matériau transitionnel potentiel, ce que l’on pourrait vulgairement appeler doudou dans le langage simplifié pour les enfants (que je réprouve, mais il faut parfois sacrifier la beauté du verbe à la précision du langage). Il y a ensuite LA peluche: peluche à bisous, peluche tout doux, peluche qui a une histoire, peluche qui a un nom, ta compagne de tous les jours enfin (plutôt de toutes tes nuits, finalement).

Intérêt objectif de la peluche, en un mot comme en cent :

1. Tu ne dors pas TOTALEMENT seule. Oui je sais, nous sommes des femmes fortes et indépendantes, mais on nous a quand même bien dressées à avoir besoin d’affection. La peluche c’est tout doux et ça ne demande AUCUNE contrepartie. Ca ne s’en va pas le matin. Ca ferme sa gueule. C’est un bien agréable compagnon de vie. En plus ça prend pas de place et faut pas la nourrir.

2. Intérêts pratiques divers : à caler entre les seins, sous le ventre, pour se caler la tête… La peluche vous promet des nuits plus agréables, parce que nous ne sommes pas des bûches.

3. Tu peux donner libre cours à ton amour des lolcats, et de tous les animaux mignons de l’internet que tu n’oses pas trop mettre en fond d’écran de peur de perdre pour toujours ta crédibilité de business woman. Tu peux être l’heureuse propriétaire d’une marmotte, d’un loup, d’un rat, d’un lapin, d’une panthère, d’un sharpei ou d’un cocker sans avoir besoin de te prendre la tête à réfléchir à la protection de la faune sauvage et des enjeux éthiques de la domestication animale.

4. Si t’aimes le poil, voilà du poil. L’appel du poil est parfois lancinant, on peut le comprendre sinon l’approuver.

5. En l’absence de petits enfants à utiliser comme objet transitionnel de ta vie ratée (non je ne juge pas), tu peux donner libre cours à une frénésie baptisante sans faire souffrir à vie une personne parce que tu l’as nommée Mao ou Marie-Bérangère.

Longue vie et poils à Emile, Marcelle, Michel, Jean-Loup, avec les remerciements de Mademoiselle Babouchka et de l’Emmerdeuse.