I. AM. BACK.

Attention, je ne sais pas si c’est pour très longtemps, les aminches. Déjà j’ai dû comprendre comment fonctionne le site et tout et tout, ça fait NEUF ANS que j’ai écrit mon dernier post bordayl de chiottes, j’étais jeune j’avais pas de moustache pas de gosse pas de mari, l’IA n’existait pas et j’étais prof chez les jeunes prolétaires de banlieue (des bisous les jeunes). La belle vie.
Tu me diras, Macron, Trump, Poutine et Xi Jinping étaient déjà dans la place. Heureusement on a quelques points d’ancrage dans ce monde versatile et incertain. Merci les gars. You rock my world.

Un peu comme Donald en 2024 quoi.

Or donc, que dire? Que j’ai l’impression d’être une dinosaure au vieux cuir épais tanné par le soleil et une existence de labeur urbain mais piétonnier, tout en étant dans ma tête d’une fraîcheur qui n’a d’égale que celle de Céline Dion avant Las Vegas? Que j’ai décidé d’être rétro en reprenant un blog, forme littéraire désormais tellement ringarde que j’ai l’impression d’être une trad wife dans le corps de Frédéric Beigbeder?
Absolument.
Mais c’est pas une raison. Il faut rester au contact du public, se confronter au réel, même si c’est la grosse loose.
Car oui, presque dix ans ont passé et c’est toujours la loose, mais c’est pas pour ça qu’on arrête de rigoler, même si on a moins de problème de mecs vu que le mien est une sangsue que même si tu pètes au lit et que tu prends dix kilos ça ne le défrise pas. Je crois qu’il n’a pas lu Frédéric Beigbeder (ne me jugez pas, j’ai écouté un podcast avec lui dedans hier et les podcasts c’est encore vaguement acceptable niveau branchitude). Une raison de plus de l’aimer, ce con.

Si vous avez des places pitié je donne mon stérilet et mes enfants. Merci.

Pour ce retour dans les hautes sphères littéraires des internets, je vais faire bref et résumerai ainsi ces neuf années, dont l’amplitude n’a d’égale que l’abyssale banalité: JE SUIS DEVENUE UNE SALE BOURGE. Non pas que la bourgitude ne m’eût pas habité depuis ma prime jeunesse, car on n’est pas née dans une étable, mais disons qu’elle était plus en puissance qu’en acte.
Donc je me suis mariée avec un homme (plus riche et plus âgé que moi, heureusement beaucoup moins diplômé pour sauvegarder ma dignité de wannabe féministe), on a acheté un appartement À PARIS (bourgitude immonde de top niveau), on a eu deux gosses (je connais maintenant plus de soixante espèces de dinosaures, utile compétence), j’ai vaguement touché à la dépression du post partum et à la PMA vu mon grand âge (si vous connaissez pas allez chercher sur internet mais normalement vous avez dû tomber sur Marine Tondelier qui faisait un peu trop sa catho de gauche sur le sujet les derniers jours), je bosse à temps partiel telle une femme dominée mais c’est pour écrire des romans car j’en ai publié trois (disponibles ici ou dans toutes les bonnes librairies les deux premiers sont même sortis en poche). HUHUHU. On a toujours des prétensions.
Attention donc: je suis une bourge de type BOBO exclusivement; j’espère que vous n’avez pas oublié mon rêve de branchitude: si cette dernière s’achetait avec des latte croyez bien que ma chiasse chronique et moi serions les plus branchées de la capitale de la fashion et de la food. Hélas j’aime le lait de vache, donc c’était structurellement foutu: au moins Keydan, mon American serveur sûr, me connaît si bien que je n’ai même plus besoin de commander quand j’entre dans mon repaire caféïque car il sait que j’aime le lait « normal » (mais au fond de lui il m’approuve: le lait d’avoine donne un goût dégueu au café, même si l’avoine pète moins de CO2 qu’un ruminant).
Telle Sisyphe, je continuerai donc à gravir la colline de la hipstéritude.

C’est lui: fleur de latte, compagnon de mes diarrhées et de mes nuits d’insomnie, combustible de mes inspirations.

C’est tout pour aujourd’hui. Mais ne vous inquiétez pas j’en ai encore sous la pédale pour vous causer stérilet ou AG de copropriété entre deux changes de couche. L’écriture c’est comme le vélo, c’est quand même plus facile avec les petites roulettes (et je dis merde à la mode de la draisienne pour le développement moteur des enfants).
Allez bisous et à bientôt.

De la pilule et du désir

Ce texte est entièrement personnel et ne se fonde sur aucune source sérieuse. Dont acte.

Alors ouais j’écris plus, mais croyez-le ou non je bosse, je bois de la tisane, que des trucs sérieux. Quand soudain, alors que je lis un journal mainstream auquel l’homme de ma vie est abonné contre mon gré dont il n’a rien à foutre, j’apprends que dans les mééééééédia on cause contraception et désir à gogo. Bon, me dis-je, je vais faire ma pute à clics et partager mon expérience fascinante à ce sujet.

« Ah non je peux pas, ça me fait débander », voilà une phrase que j’ai entendu plus souvent qu’à mon tour (restons vagues) quand je demandais à un homme d’enfiler un préservatif. J’aurais dû répondre « Ben ça sera ta main alors, mon coco ». Mais je suis bonne fille, je veux bien, alors je continuais à prendre la pilule.

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Je t’aime le lundi, je t’aime le mardi, je t’aime le mercredi et les autres jours aussi.

Sauf que la pilule (même si je bénis chaque jour ces extraordinaires inventions qui nous permettent de tomber enceinte, ou pas, quand on veut), ben moi, ça me coupe entièrement et totalement la libido (attention, je ne dis pas que c’est le cas pour tout le monde, juste pour moi; les autres je m’en fous, merci). Et pendant longtemps, tout le monde s’en est bien battu les couilles de ma libido, parfois d’ailleurs pour de bonnes raisons, comme ma mère qui m’a emmenée chez sa gynéco pour que je puisse avoir une vie sexuelle sans me poser de questions.

Or donc comme je suis une gourdasse, à 17 ans je n’avais pas de vie sexuelle (enfin gourdasse, c’est pile dans la moyenne, quand même) et aucune idée de ce que pouvait bien être le désir, à part rougir démesurément quand un garçon me parlait philo. Adoncques, dans ma prime jeunesse j’étais persuadée dur comme fer que seule l’intelligence des cimes était capable de me séduire : il suffisait de dire Wittgenstein et eschatologie dans la même phrase et bim ! je m’allongeais tout de go (enfin, celui qui a essayé a emporté le morceau).

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C’était la fête du pesli à paillettes

Donc, pendant des années, j’ai pris la pilule et été excitée par des idées. Je peux pas dire que ça a été le fond du trou, mais ça n’a pas non plus été le Pink Paradise niveau désir. Or donc, mais comment cela ? Serait-ce que toutes ces hormones sont capables de couper la chique de ton tchi-tchi ? EH BEN OUAIS MA BONNE DAME. Bof quoi. Sauf que les médecine ne pensent pas trop des masses à te parler de cet éventuel effet secondaire de la pilule, parce que tabou, pas formés, que sais-je (je précise que j’ai une médecin féministe et extraordinaire, mais qui juste n’a jamais pensé à me poser la question parce que je n’ai jamais interrompu ma prise de pilule en plus de 15 ans).

Tavu quand j’ai réalisé, la tête en plein trip naturo-yogique de retrouvailles avec moi-même, que TOUT À COUP miracle j’avais une libido du feu de Dieu. Que diantre, me dis-je (car je converse moult avec moi-même), que diantre donc, merci aux sapins et à la méditation intérieure (j’avais tenu à peu près 3 minutes), j’ai enfin envie de me faire gonfler la mouflette, astiquer l’abricot et couvrir le rigondin aux quatre vents ! Suis-je normale ? Étrange, je trouve des décérébrés du genre de Russell Crowe, voire même DAVID BECKHAM extrêmement ATTIRANTS ?

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Par Wolinski

Mais que m’arrive-t-il ? Je te raconte pas le choc anaphylactique que c’est de découvrir l’afflux de désir sexuel quand tu es une vieille peau : mais bon, Eat pray love, il n’est jamais trop tard TMTC. (Je vous arrête tout de suite : je trouve toujours 50 nuances de Grey plus mauvais qu’un film de Rohmer et c’est dire, j’ai quand même des limites.)

ET PAR AILLEURS. Je me suis mise à faire des recherches sur la sexualité féminine. Les aminches, avant trente ans, je ne savais même pas À QUOI ÇA RESSEMBLAIT UN CLITORIS en entier ; incroyable. Ami homme, le savais-tu ? Le clitoris est la source du plaisir féminin. Et c’est gros, c’est un truc GROS, mais pas à l’endroit que tu crois. Que ne le savais-tu point que je te le dis.

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Tiens c’est cadeau.

« Oui mais brgmmmmhhh…. Freud brgmhhhhh vaginal… ma meuf crie quand je la pilonne… »

HALTE-LÀ je t’arrête tout de suite mon ami ! Je me bats l’œil de tes arguments faiblards que la nonchalante habitude d’un plaisir mécanique actionné à la force monotone du piston te fait avancer. Freud était un homme, et si tu n’as jamais entendu parler de simulation c’est que tu es sourd comme un œuf (ou un pot, ou une tarte tatin). Ouais mec, ta meuf simule, on simule toutes mec. TOUTES. Pas toujours. Donc mets-toi au boulot et essaye de comprendre comment ça marche, c’est franchement à la portée du premier nullard venu, c’est fait pour ça. J’espère que j’ai instillé un peu d’insécurité dans ta cervelle, hin hin, j’aime être à la fois utile à l’humanité et cruelle à l’oppresseur. Bisou.

Car nous voilà encore, nous les femmes, ployant sous le faix de notre propre désir. Faut qu’on s’en occupe nous-même, faut expliquer, faut chercher. Incroyable. Vazy le taf. Certes, on n’est jamais mieux servie que par soi-même, mais avec les tâches domestiques, le salaire moindre, le vagin déchiré à l’accouchement (ouais ouais c’est la nature, hein, mais quand même, imagine-toi une boule de bowling qui te passerait par le derche, en attendant), si on pouvait AUSSI avoir un peu de plaisir, ce serait pas de refus. Renseignez-vous les mecs, et pas sur youporn. Merci.

(Eric Zemmour – mais aussi Alain Finkielkraut et toute la clique – si tu m’entends, oui tu es petit et moche et ta vie sexuelle a l’air moins excitante que la saison 7 de Game of Thrones mais je te promets que nous les femmes ne te voulons aucun mal ; juste, on s’en fout de ta gueule. Voilà. Donc remets-toi. Et ferme ta gueule jusqu’à ce que tu aies vécu ce que c’est qu’être une femme. Donc jamais. Donc voilà, ferme ta gueule. Non. CHUT.)

En attendant on a beau être une antiquité c’est quand même bien beau de kiffer la vibes avec son mec (uh uh), j’suis pas d’humeur à c’qu’on me prenne la tête (laisse-moi kiffer, oh yeah).