Des emmerdeuses – fondement bloguesque

Chers fidèles lecteurs, il est temps de sortir du bois : nous ne sommes plus entre gens de bien. Vous aurez constaté que depuis quelques temps, plutôt que de disserter sur la largeur des rues, la tenancière de ce lieu de savoir et d’introspection sociétale se préoccupe un peu de son cul réflexivité, ce qui l’amène à construire quelques figures emblématiques et mythiques telle la Lonesome Camionneuse, dont le fidèle destrier a posé quelques interrogations à la gent masculine lectrice de ce blogue (mais euh une camionneuse c’est uneuh lesbienneuh) (n’épiloguons pas sur la simplicité des catégorisations masculines) (elle est en quelque sorte contenue dans le concept). De remarques en dérivations, une évidence s’est imposée : I am une emmerdeuse. L’universalité de ce positionnement est certes problématique : c’est pas demain la veille que la foule entonnera à ma suite « nous sommes tous des emmerdeuses alsaciennes ». La ligne éditoriale de la chose n’est donc pas d’une puissance philosophique évidente, mais en tant que Lonesome Emmerdeuse j’en ai pas non plus grand chose à branler, pour le dire vulgairement (ce qui arrive plus souvent, hélas, qu’on pourrait le souhaiter). M’enfin remarquez cette splendide nouvelle mise en page ultra-sobre pour célébrer le tournant philosophique du blogue. L’emmerdeuse est dans la place.

Nous n’épiloguerons point sur le nombre hallucinant d’emmerdeuses présent dans les arts de la narrativité et de l’internet : à croire que cette chose est vaguement genrée. Ouaip, et quand on lit nos braves amis les Académiciens, la chose paraît claire : « Fig. et vulg. Personne qui ne cesse d’importuner, d’agacer, de contrarier ceux qui l’entourent. Ah, celui-là, quel emmerdeur ! Elle est jolie, mais c’est une emmerdeuse. » Bon.  Tout est dans l’exemple. Mais après tout reconnaissons qu’Eve, la First Lady du Livre, est quand même une sacrée emmerdeuse. Entendons-nous bien, il y a anguille sous roche : en fait, Eve est une petite maligne qui a compris « que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence » (la Genèse, c’est pas pour les kékés) (le mec il crée le monde en six jours, si ça pouvait marcher pour ma thèse, merci la vie). Eh ouais les enfants, l’emmerdeuse n’emmerde pas à fond perdu : elle se dévoue à une cause qui la dépasse, telle une prophétesse, une Cassandre (big emmerdeuse sa mère) prête à s’oublier au service des autres qu’elle emmerde sans trêve. Et surtout les hommes, cette bande de mous du gland prêts à rester loser dans le jardin d’Eden en bouffant des fruits (ce qui devait leur donner la chiasse et pas qu’un peu) (voyez comme de la connaissance à la digestion, il n’y a qu’un pas) (lisez plutôt ici). Bref, l’emmerdeuse n’agit pas à fond perdu : c’est ce qui selon nous distingue la chieuse, simple émanation de la féminité qui tape sur le système de l’homme éberlué, pauvre victime éternelle, de l’emmerdeuse. Alors hein, qu’on ne nous reproche pas un manque de scientificité, la chose est fort floue, sans compter la peste et la pouffe, dont ces pages ont déjà traité (ici). Bizarre comme l’inventivité onomastique s’exerce sur les femelles consubstantiellement reloues, tandis que les hommes vont souvent se réfugier derrière le génie incompris. Mouahaha.

 Une exploration conceptuelle de l’emmerdeuse semble donc s’imposer. Voici le cabinet de curiosités de la Lonesome Emmerdeuse, selon un classement sociologique de derrière les fagots issu de la sociologie gogolienne (qui a de beaux jours devant elle) (attendez de voir le post sur les casse-couilles). Notre jeu-concours du jour consistera donc à classer la Lonesome selon son coefficient d’emmerdeuse à poil, à plumes ou à écailles. Le prix sera un bisou à un dauphin. Parce que bon, c’est des emmerdeuses mais on les aime quand même, non ? (moi j’ai besoin d’amouuuuuuuuuuuuur je vous rappelle)

1. Elle a la peau couleur du soleil…

L’emmerdeuse parfois se résume à un trait physique. Hélas, quelle simplification me direz-vous. Mais parfois l’analyse ne doit pas résister à la simplicité. Laissons-nous aller.

L’emmerdeuse au sang chaud

Caliente, comme disent les magazines féminins. L’emmerdeuse du soleil est brune au sang chaud, elle a des seins plutôt proéminents (et souvent des origines exotiques), le revers de sa bonnassitude est son emmerdabilitude profonde, et notamment sa jalousie congénitale ou son appétence pour les armes à feu, qui font que ça se finit souvent plutôt mal, mais au moins y a du rebondissement. Ch’est bon mais ch’est chaud quoi, comme la tarte aux abricots.

Role model : Pearl dans Duel au soleil, Penelope Cruz, Salma Hayek.

Formule d’emmerdement : roulette russe x multiples engueulades x griffures

Position sur l’échelle de l’emmerditude : 7

Penelope-Cruz-Salma-Hayek-Bandidas

L’emmerdeuse sonore

Dotée d’une voix qu’elle croit suave, l’emmerdeuse sonore exprime en musique son amour de la vie, et mène les hommes à leur perte par ses maléfiques vocalises. Au-delà de la simple casse-oreilles mais pitié ferme-là grognasse, elle exprime des messages d’une immuable vérité, tels que « S’il suffisait qu’on s’aime, s’il suffisait d’aimer / Si l’on pouvait changer les choses et tout recommencer / S’il suffisait qu’on s’aime, s’il suffisait d’aimer/ Nous ferions de ce rêve un monde / S’il suffisait d’aimer ». Ouaip.

Role model : Céline Dion, les sirènes.

Formule d’emmerdement : surdité potentielle x débilité des paroles / séduction auditive

Position sur l’échelle de l’emmerditude : 6 si on s’attache au mât (0 si on peut couper la radio ou mettre des boules quies)

ulysse_sirenes1b

A noter que ces deux types peuvent se combiner, et bien évidemment l’on pense à Shakira, cette femme indépassable (voir ici).

2. La nature est un temple.

L’emmerdeuse est parfois le produit d‘un être-là sans concept, une emmerdeuse juste parce que c’est comme ça. Écoute, Darwin, écoute.

L’emmerdeuse cornélienne

Elle ne sait pas choisir, entre les deux son cœur balance, et ça risque de mal finir. Le dilemme est son rayon et ne comptez pas sur elle pour choisir. Et pourtant, ça marche. Parce qu’elle est si charmante, mais qu’est-ce qu’elle est emmerdante !

Role model : Jeanne Moreau dans Jules et Jim.

Formule d’emmerdement : multiplié ou divisé par deux, c’est selon

Position sur l’échelle de l’emmerditude : 2. ou 4. ou 8.

jules_et_jim1_img_1119

L’emmerdeuse allumée

Nouvelle vague en force, l’emmerdeuse allumée c’est la fille qui ne sait pas quoi faire, qui ne sait pas ce qu’elle veut, qui se complique la vie sans nécessité, qui traverse l’air insouciant l’existence en brûlant tous les ponts derrière elle. Elle fait exploser le monde sans lui donner de sens, mais c’est beau.

Role model : Anna Karina dans Pierrot le Fou

Formule d’emmerdement : A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes

Position sur l’échelle de l’emmerditude : 10

Pierrot le fou

L’emmerdeuse pleurnicharde

Dès qu’une paille se met en travers de son chemin, la pleurnicharde fond en larmes plus chaudes que la Méditerranée en août. Tout est déluge, ce qui est bien emmerdant en effet, car le drame c’est un peu fatiguant à la longue… Un peu de tenue, pendarde ! C’est pas comme ça que tu vas faire changer le schmilblick. Un peu princesse Disney, la pleurnicharde est inoffensive mais bêtasse.

Role model : Cendrillon, Cosette, Gwyneth Paltrow.

Formule d’emmerdement : multiplicateur si elle fait partie de votre entourage (voire si c’est votre mère).

Position sur l’échelle de l’emmerditude : incertaine

cinderella

3. Société, tu m’auras pas…

L’emmerdeuse est hélas trop souvent le produit de son milieu et irradie avec grâce (car l’emmerdeuse est souvent une bonnasse) les travers de sa condition, qu’elle transcende par la violence de l’emmerditude qui lui permet d’extérioriser la platitude de son existence.

L’emmerdeuse de classe

Fille de rois ou grande bourgeoise du 16ème, le chignon haut et la fourchette en argent pointée contre l’adversité, l’emmerdeuse de classe n’a de cesse de conquérir le pouvoir qui lui revient (ou à son mec, parce que bon, des fois les femmes ont tendance à se réaliser dans leur mec) (ce qui démultiplie alors fortement l’emmerditude, car le malheureux conjoint se trouve poussé dans ses retranchements, et je vous dis pas l’effet quand il sort du ruisseau). Bref, l’emmerdeuse de classe vient du sommet de la pyramide sociale, et elle fera tout pour y rester. Voire pour monter une marche de plus. Les cadavres s’amoncellent sous ses escarpins Dior, sans qu’un instant de remords vienne la troubler : le sang ne lui fait pas peur. Note : elle est souvent blonde.

Role model : Mathilde de la Mole, Daenerys Targaerian, Lady Macbeth.

Formule d’emmerdements : puissance 10 000 divisée par 500 de potentiel de progression dans la société sous l’asymptote potentiellement infinie de la volonté de puissance

Position sur l’échelle de l’emmerditude : 9

macbeth-1948-14-g

L’emmerdeuse obsessionnelle

C’est un peu le pendant féminin du lonesome cow-boy à la recherche de sa nièce enlevée par les indiens (salauds de Comanches ! et bim bam je te tire des balles dans les yeux pour la peine) (les cinéphiles auront reconnu John Wayne et La prisonnière du désert, un bien grand film quoique emprunt de quelques préjugés à l’égard des peuplades primitives). Justicière du futur, figure post-moderne donc car féminine, l’emmerdeuse obsessionnelle n’aime pas trop les barbus et, justicière des Méchants, elle course les terroristes derrière son ordinateur. Tout le monde se gausse de sa manie jusqu’à ce qu’elle finisse par faire la nique aux machos en leur montrant l’iniquité des islamistes. Tout cela cache sans doute une enfance brisée et un léger délire de persécution.

Role model : Jessica Chastaing dans Zero Dark Thirty, Carrie dans Homeland.

Formule d’emmerdement : modulable selon la position sociale de l’emmerdé (au top si directeur de la CIA ou Ben Laden, plutôt faible si balayeur à Stockholm)

Position sur l’échelle de l’emmerditude : de 1 à 10

Homeland_6042-tt-width-604-height-406-attachment_id-7999

L’emmerdeuse politique

Plus que de réaliser son destin social, l’emmerdeuse politique croit en une cause, qui la pousse à montrer ses seins dans les lieux publics, à se vêtir de pulls péruviens en poils de lama ou à se faire élire maire du 7ème arrondissement du haut de ses Louboutins de 12 cm. Décidée à prendre une revanche sur la société, l’emmerdeuse politique n’hésite pas à mettre en avant sa féminité pour prendre le pouvoir. Faut dire qu’il a légèrement été monopolisé par les hommes jusque là. On aura tendance à l’appeler par son prénom, voire à la traiter de salope si elle n’accomplit que le 1/10 de l’œuvre de DSK. Mouais.

Role model : Mme de Merteuil, Rachida Dati, The Devil wears Prada.

Formule d’emmerdement : pas plus important que la plupart des hommes politiques x crédulité des électeurs / plafond de verre

Position sur l’échelle de l’emmerditude : 5

 Glenn_Close_026

L’emmerdeuse donneuse de leçons

Ouais bon, ça arrive aussi à la Lonesome Emmerdeuse (voir ici). Son surmoi de prof qui a tout vu-tout lu-tout entendu-tout compris prend hélas trop souvent le dessus, car oui, quand tu sais ce que l’autre ne sait pas, pourquoi ne pas l’aider dans le long chemin vers le savoir ? Petit scarabée, tu ne connais pas ta chance.

Role model : Erin Brockovich, les Vegan, ta prof de français de 3ème, maître Yoda.

Formule d’emmerdement : courbe de gauss proportionnelle à la capacité d’apprentissage de l’impétrant d’une part, et le rejet de la connaissance d’autre part.

Position sur l’échelle de l’emmerditude : minime.

maitre yoda

L’emmerdeuse 2.0.

Usant les outils de l’internet à des fins de relouïtude, l’emmerdeuse 2.0 fait toujours le commentaire qu’il faut pas sur facebook et passe son temps à twitter pour le plus grand désagrément de tous ses followers, qui l’ont sans doute bien cherché (et que faire de plus emmerdant que de twitter ?). Le vide est son domaine, l’inanité son credo. Elle peut néanmoins, par des fulgurances poétiques sans doute involontaire, révolutionner le langage d’un apostrophe téléphonique.

Role model : Nabila, Nadine Morano, Daphné Bürki, les blogueuses.

Formule d’emmerdement : inversement proportionnel à la dépendance à l’internet x insécurité du sujet quant à son e-image

Position sur l’échelle de l’emmerditude : de 0 à 8

Nabila allo

« Trois variétés de femmes : les emmerdeuses, les emmerdantes, les emmerderesses. Cette dernière catégorie comprenant celles qui amènent l’homme à la passivité totale. » Paul Valéry

« Toutes des emmerdeuses, ouais » Robert Bidochon, au PMU de Pigalle.

Merci au Duc de Guise, again. He’s got the moves.

Dictionnaire de foot à l’usage des filles

Parce que supportrice, ça n’existe pas vraiment.

Partie 1. A-M.

Pourquoi vous affliger encore de références footballistiques ? Eh bien, parce que c’est cool le foot. Ça permet de crier des insanités à toute gorge et de regarder des hommes courir pour la beauté du geste (et le salaire en prime mais ne soyons pas matérialistes). En outre, j’ai constaté depuis que je m’intéresse à l’affaire que la femelle n’est PAS vraiment la bienvenue dans l’affaire, car on la considèrera toujours comme une ploucaille incapable de comprendre la substantifique mouelle du jeu, une pouffe de salon peroxydée dont la seule préoccupation est de mater les muscles des joueurs (car bien sûr, les hommes ne matent jamais rien en dehors de nos yeux) (mais passons) (ne leur faisons pas l’injure de descendre à leur niveau).

Ma politique en la matière consistait jusqu’ici à éviter comme la peste tout événement de type match-binouze entre potes pour laisser leur jardin secret aux mâles en rut. Car la femme, incompétente footballistique par définition, est emmerdante pendant un match : elle ne cesse de poser des questions sur des règles pourtant évidentes. Il est vrai, chères consœurs de genre, qu’il vaut mieux éviter toute occurrence de ce type (vous + potes + bières + match) si vous n’en avez rien à foutre de l’affaire, ce qui est votre droit le plus strict.

Ensuite, si vous avez choisi la voie du ballon rond, il faut bosser. Je vous dis que ça, je n’en suis qu’aux prémisses. Et encore, je soutiens le PSG, club où la pouffe peroxydée est mieux tolérée qu’ailleurs.

Voici donc, à la veille d’un GRAND MATCH pour le PSG (recueillement, cierges et ondes positives) (quarts de finale de la Ligue des Champions contre le Barça donc, un truc un peu à enjeu quand même), quelques balises de départ si vous voulez vous lancer sur le gazon. Ne me remerciez pas, c’est tout naturel: le Flaubert en moi s’épanouit comme une grenouille dans un marigot.

image-dictionnaire

ALLEZ!!! Exclamation de nature encourageante à prononcer dès que le ballon se rapproche des buts (ADVERSES hein, pas le vôtre!) (bien repérer la répartition du terrain au début du match). En lancer un maximum sera bien vu, outre que cela chauffe la voix et prépare idéalement à l’attitude du supporter: gueulante et mauvaise foi (tout ce que j’aime).

Arbitre. Figure négative, un peu dans le style Sauron ou Voldemort (tu ne peux pas prononcer son nom, de peur de te prendre un carton rouge) (enfin, si tu lui d’aller se faire enculer, c’est mal parti). Quand tu es supporter, il est néanmoins de bon ton de l’insulter lorsqu’il châtie ton équipe, et de surenchérir lorsqu’il juge de l’autre (il donne un carton jaune, tu cries « rouge, rouge ! »). Je ne suis pas encore assez versée pour distinguer tout de suite les niveaux de faute, mais ce n’est pas trop grave : ce comportement de principe suffit en général car, comme tout bon supporter, tu es de mauvaise foi.

Barça. Supposément le meilleur club du monde (ALLEZ PSG !!) où évoluent les meilleurs joueurs du monde (bref bref, le débat est lancé : Iniesta ou Messi ?) (la notion de Ballon d’Or a-t-elle une pertinence ?) (je sens que je vous perds mes petits canards, revenons aux bases), le club de Barcelone est aussi l’ami des gentils, car il est historiquement de tendance anti-fasciste (mais fédéraliste, ce qui peut poser problème aux Jacobins dans mon style). Et puis il forme lui-même ses joueurs qui deviennent ensuite les meilleurs du monde, vive la passe courte, et bla bla bla. Genre Mes que un club (Plus qu’un club) (j’appelle ça du snobisme) (mais je suis de mauvaise foi) (vous comprenez l’idée). Ce qui ne les empêche pas de palper l’argent du Qatar comme tout le monde, pas trop A las barricadas tout ça dites-moi ! En outre, leur maillot extérieur ressemble à un verre de tequila sunrise mal dosé. Mais bon. Ils sont gentils. Disons que supporter le Barça, c’est un peu comme poster des LOLcats sur facebook. Facile.

LA-PRIERE-DE-DEDE-POUR-DEMAIN

Coupe / championnat. Attention, là faut PAS CONFONDRE les enfants! Erreur de même style que de ne pas distinguer un coup franc d’un penalty. Y en a pas possible, sinon hommes-foot vous jeter hors du cercle de bière avec grande énergie méprisante. Il s’agit ici d’un DFEP : doublé fatal d’erreur potentielle.

Pour vous expliquer la différence, prenons une analogie simple et parlante.

Principe du championnat : la partouze. Toutes les équipes se rencontrent deux fois (aller et retour, figure imposée), chaque victoire = 3 points, chaque nul = 1 point. Quand tout le monde a bien partouzé, on compte les points.

Principe de la coupe : le gang bang. Les matchs sont à élimination directe, il faut toujours un vainqueur, qui se tapera donc le plus grand nombre de matchs.

Principe de l’Euro et de la Coupe du Monde : le porno joyeux. On mélange. Après une première phase de championnat, on sélectionne les meilleurs pour les quarts de finale et on passe au gang bang.

Bref, du cul, du cul, du cul !

Clásico. Affrontement de deux équipes mortellement ennemies depuis toujours, pour des raisons politiques, philosophiques, géographiques, ou on s’en fout c’est une bande de salauds (voir Enculé).

Ce terme espagnol désigne historiquement le duel Barça – Real Madrid, mais peut se décliner en France (PSG-OM) (rhaaaaaaaa), au Portugal (Benfica Lisbonne – FC Porto), en Hollande (Ajax Amsterdam – PSV Eindhoven) ou encore en Belgique (Liège – Anderlecht) (mouahahahaha).

David Beckham. Ne PAS admirer David Beckham sous peine de se faire prendre pour une blonde peroxydée qui ne pense qu’à mater son cul. Le syndrome beckhamien est une erreur majeure de la naïve supportrice : non, au foot, tu ne peux être qu’un gros plein de bière, on n’acceptera pas que tu commentes le physique des joueurs (même si j’ai pas entendu que les hommes se gênent quand ils matent la gymnastique aux JO). Tu dois être là pour le sport. Tu n’es pas une femme, tu es un supporter (de seconde classe quand même, parce que t’es une femme) (mais quand même, t’es pas une femme). Quand tu supportes le PSG, il faut bien s’exprimer sur David le Beau Gosse. Dire : « Il joue propre, même s’il est un peu fatigué ».

Derby. Affrontement de deux équipes proches géographiquement. On peut ici convoquer la notion de région telle que Vidal de la Blache la formula en 1910 (traduisez : la géographe en moi y en a contente) (mais elle se retient de balancer une leçon car elle est magnanime). Le derby corse, par exemple, Ajaccio-Bastia (se finit en général en baston), ou le derby rhônalpin (Lyon – St Etienne), ou le derby du Nord (Lens-Lille), ou le derby de la Madonnina (Inter Milan – Milan AC), ou le derby del Sole (Rome – Naples), etc. etc. comme dirait Stendhal.

Dispositif tactique. 4-2-3-1 (surtout ne vous avisez JAMAIS de dire zéro), 4-4-2, 4-3-3… Répartition des joueurs sur le terrain que je vois pas comment tu peux saisir l’affaire vu que de toute façon ils sont en mouvement. Ne pas se risquer à le commenter avant de longues années de pratique.

Enculé! Tout membre de l’équipe  adverse. L’équipe adverse en général. Surtout si c’est un ennemi historique. Genre l’OM. Potentiellement, l’arbitre peut aussi être de la partie.

Femme / femelle. La femme, sur le terrain, le canap’ ou au stade, n’est PAS LA BIENVENUE. Va falloir donner de ta personne pour montrer que tu LE vaux bien (le supporter de foot plein de bière). Il y aura toujours des attardés du bulbe pour penser, comme l’entraîneur de Lyon, pour prétendre que « les femmes doivent s’occuper de leurs casseroles et ça ira beaucoup mieux » (et si on s’occupait des tiennes? parle-moi de ta mère…) – du coup on est contentes que l’OL soit reléguée, même au profit de l’OM c’est dire. Plusieurs positionnements sont possibles, voyez ici (merci les Cahiers du Football) (peut être utile pour pécho un footeux). Mais sachez que, pour eux, vous serez sans doute toujours une footix (voir Footix). C’est la vie, et la vie est injuste. Mais nous pouvons NOUS BATTRE.

Footix. Supporter de foot récent, souvent venu à la chose via la Coupe du Monde 1998 (après, c’est limite…) Vous, quoi. Préparez-vous, si vous n’êtes pas tombés dedans quand vous étiez petit, c’est pour la vie. Surtout si vous êtes une fille.

La difficulté ontologique du footix est de trouver le seuil en deçà duquel il doit maintenir ses commentaires : peut-il se permettre, comme tout bon supporter, de critiquer les choix de l’entraîneur, voire le jeu de son équipe ? Dans quelles proportions ? Le footix prudent se contentera des remarques de base s’il ne veut pas être constamment ramené à sa basse condition (voir Allez, Enculé et Goal). Dans l’autre alternative, intégrer une bonne dose d’auto-flagellation à la fin de toute tentative de jugement : « …mais je ne suis qu’un(e) footix« .

Goal (ou buuuuuuuuuuut). Rectangle magique où faire pénétrer le ballon. Hurlement de rigueur quand votre équipe marque. A accompagner de gestes divers et désordonnés (sauts, remuage d’écharpe, poing en l’air).

Attention, notez bien que le but de chaque équipe change à la mi-temps. Mais bon, là c’est le niveau zéro, je ne peux pas faire grand chose pour vous…

Hors-jeu. Règle à comprendre absolument. Si vous ne l’avez pas saisie dans toute sa subtilité, deux conseils : ne JAMAIS demander POURQUOI il y a hors jeu à un mâle (son mépris sera éternel), et ne JAMAIS dénoncer un hors jeu de votre propre initiative. Abritez-vous derrière un mâle présent (« ouais t’as trop raison, mais attends y a grave hors jeu là, mais attends, mais QUE FAIT L’ARBITRE ???« ).

Sinon, ben le hors jeu c’est assez simple quand même : « on considère qu’il y a hors-jeu du moment où, lors d’une passe en avant d’un joueur à un autre, il y a moins de deux adversaires entre le joueur qui reçoit le ballon et la ligne de but adverse. » (suite101.fr) Mouahaha. Simple comme bonjour.

Ici c’est… Pariiiiiiiiiiiiis! Eh ouais les mecs. Et on va vous mettre la pâtée. Et mon écharpe PSG elle est trop belle (pas de remarques chiffons, ON VOUS A DIT!).

Jeunes. Oui certes, on rêve toute d’un jeune fougueux dans notre pieux, mais attention les filles, je vous l’ai dit, vous ne serez jamais légitime si vous vous intéressez à un joueur pour ses pecs et son cul (sans compter que ça nous ramène a un niveau comment dire… bassement masculin, et nous le refusons hautement). Le jeune, c’est ce petit prodige qui promet et qu’un entraîneur va repérer et former à la sueur de son front, et risquer ensuite de perdre à la merci du mercato, ce grand échange de joueurs entre clubs à coups de millions que l’union européenne a consacré parce que les biens et les personnes doivent circuler librement – les minima sociaux, moins. Bref, le jeune est un espoir.

Arsène Wenger, un homme bien de chez nous (plus d’accent que ma grand mère malgré un séjour à Londres de plus de 15 ans), pratique abondamment cette technique de « découvreur de talents », ce qui en ferait un « pédophile ». Mouahaha. Blague. Oui, à B, faudrait rajouter blague de foot: souvent de mauvais goût. Rire sous peine de passer pour une footix (voir Footix). Comme si les Alsaciens pouvaient être pédophiles. Les Alsaciens sont le sel de la terre, point. Et le RC Strasbourg traverse une mauvaise passe, C’EST TOUT.

Kung-fu football. Fallait bien un K. C’est plutôt ridicule, mais si ça vous amuse… Voir ici.

Lent. Les joueurs de ton camp sont souvent trop lent, ceux d’en face trop rapides. Ça vaut notamment quand ton équipe joue face au Barca. NON NON NON! Malheureuse, ne crois pas que le foot se gagne toujours à la rapidité!  Le Barça joue lentement, et il te nique quand même.

Maillot. Ne pas trop faire de remarques sur l’esthétique de la chose. La femme en vous doit abandonner son point de vue sur les oripeaux. Sachez uniquement que le maillot n’est pas le même selon que l’équipe joue chez elle ou à l’extérieur (en mode pyjama / sortie, pourrait-on dire). Apprendre quelques couleurs emblématiques de maillots, pour éviter de faire le bouc et de se retrouver chèvre : vert Saint-Etienne, sang et or Lens, bleu ciel OM, bleu foncé rouge PSG !!!! (so Dior) (STOP!!! Alerte chiffons!!)

Nul. Match nul, arbitre nul, joueurs nuls. Adjectif qui s’applique à ce qui ne vaut pas le coup dans le football.

foot-2012

Ouaaaaaaaaaaaaaaais!!!!!!! A prononcer juste après Buuuuuuuuuuuuut !!! (voir Goal).

ON Y CROIT. Pour le match de ce soir : Allez Paris-Saint-Germain ! Allez Paris-Saint-Germain ! Chantez Paris-Saint-Germain ! Allez les Parisiens !

Plus qu’un sport.

(et j’ai pas fini de vous emmerder avec)

Stay tuned pour la suite (mais promis je ferais des détours vernis à ongle avant).