De la stachemou

Parce que le poil, c’est important.

D’ailleurs, ce blog a déjà pris courageusement position sur ce point, et plus précisément sur la question de l’épilation (du poil, du poil, du poil!) (c’est ici). Oui, le racolage bat son plein. Sexe, tauromachie, moustache, que sais-je encore, tout est bon dans le cochon racolage de mes adorés lecteurs. Vive le buzz.

Cela dit, je vois assez mal POURQUOI la moustache fait le buzz. Plus précisément, les hipsters s’en sont récemment saisis comme d’un truc de la branchitude (mais soyons précis: la moustache était 2010) (aujourd’hui ne la portent plus que les formes abâtardies du hipster, soit les bobos 3.0 – voir plus bas). De façon très générale et pour clore la discussion d’emblée, la stachemou c’est pas mon truc. En Inde, le pays de la moustache généralisée, les hommes ont dû tomber amoureux de Magnum dans les années 80, je ne vois pas d’autre solution.

Bon sang, les enfants, ce spectacle de milliers d’hommes moustachus, c’est extrêmement éprouvant pour les nerfs, je ne vous dis que ça. M’en suis pas remise. Une minute de silence pour ma cousine qui a supporté pendant plusieurs années avant de fuir loin de cet atroce appendice. Le truc, quand même, c’est D’OÙ un pays d’un milliard d’habitants a décidé unilatéralement que cet organe pileux était sexy, HEIN? Et puis, plus la moustache est large, plus ils se sentent BEAUX. Le truc, c’est que du coup tu rates l’essentiel, à regarder toutes ces moustaches qui t’entourent, croyez-vous qu’il y a moyen de regarder autre chose? Apparemment cet appendice est considéré comme un symbole de virilité (grande moustache, grande…?) et de fierté nationale. Cette citation glanée sur le oueb qui unit les peuples par-delà moustaches et barbichettes en témoigne:

« J’en suis très fier. Chaque fois que ça gratte, je me souviens que je suis Indien. »

Mon Dieu Jésus Marie et tous les saints. En plus ça gratte. Je ne veux même plus en entendre parler. Coupez ces poils que je ne saurais voir. En plus, je vous prie de croire que les Indiens sont peu inventifs en la matière, c’est même pas le kif de comparer les formes et inclinaisons de la moustache, non, elles sont très uniformes dans l’ensemble. Bienvenue dans l’univers concentrationnaire des bacchantes.

Merci à ma cousine, donc, qui a pu rapporter des documents exclusif de ce sous-continent ultra-pileux.

Peut-on leur pardonner en invoquant, que sais-je, le yoga, le kama-sutra, le tchaï…? Je dis NON. RIEN ne peut EXCUSER cette MOUSTACHE UNIVERSELLE.

Passons dès lors à l’exportation moustachique en Europe. Qui sont ces hommes qui se touffent le dessus de la bouche?

Excursus, donc. QUI sont les bobos 3.0.? Ce sont des gens un peu plus que les bobos de base, c’est à dire qu’ils proclament de façon un peu moins mainstream leur supériorité géographico-modo-sociale sur les autres. Ils se considèrent comme plus pointus que les pointus, quoi – dénicheurs de tendances pour être exacte (la pointe au vent, la moustache en avant). La subtilité (suivez bien, ici), c’est que les VRAIS hipsters, c’est à dire les gars de la pointe la plus pointue du point qui pointe (le finistère de la tendance quoi) (après, il n’y a plus que l’océan), vous ne pouvez pas facilement les distinguer parce que dès qu’une tendance devient in, pan, ils l’abandonnent et partent à la recherche d’une autre branchitude. Les hipsters sont, de fait, les Juifs errants de la hype. Les bobos 3.0 essaient de les suivre, mais les hipsters, tels des comètes de la mode, traversent le ciel en flèche, et les bobos n’en saisissent que la queue (de la comète, bien sûr). Les bobos 3.0.,  let’s face it, ont de ce fait des choix vestimentaires et capillaires parfois douteux. Je vous parle d’un barbu à bicyclette en chemise à carreaux/ t-shirt tortues ninja (ou autre motif de sa jeunesse enfuie des années 90 – pacman ou que sais-je encore) et jean slim (JEAN SLIIIIIIIIM oh non non non) (pour les hommes, NON), qui transporte un instrument de musique (clavier de préférence). On pourrait résumer le bobo 3.0. ainsi: il est trentenaire, il aime la zique (pointue, du genre répétitive) (OMG), il a du poil, et il est en retard, donc.

Merci à C., notre informateur exclusif, qui soyons clairs est totalement soupçonné de hipstéritude mais qui fait mine de rien – faites gaffe, they look like humans, there are many copies, and some of them are programmed to think they are human. AND THEY HAVE A PLAN¹.

Cette génération de bobos trentenaires se pique donc de branchitude, et pratique la moustache à tour de bras. De ce fait, une version stylisée et branchouillarde de la moustache s’est diffusée dans notre petit univers bobo (voyez même que c’est le symbole des fameuses Hipster Olympiades berlinoises ici) – y en a même qui se font EN COLLIER. Genre: portons des attributs virils autour du cou. Une forme inversée de l’ordre de la Jarretière sans doute (bientôt la paire de burnes?) (mais dites les filles, AVONS-NOUS BESOIN DE ÇA?).

Notez néanmoins que vraiment la moustache c’est so 2010, ce qui fait qu’en 2012 on est par delà le retour du retour de cette tendance. Vous remarquerez, vous qui avez l’œil avisé, que tout ça fait diablement penser à Friedrich Nietzsche, un homme qui kiffait la vibe, se préoccupait de retours (éternels, pour ne pas faire simple), et surtout surtout, portait une moustache plus fournie que les poils de la fourrure en vison de la toque de Raspoutine (qui avait lui-même une barbe de belle facture).

De fait, par-delà la 2010tude, la moustache est surtout so dandy du XIXème que là j’en peux plus please Marcel Proust re-rentre dans le placard parce que tu me fais kiffer grave. Oui bon je sais, Marx est barbu, je devrais donc être pro-barbe si j’avais un tant soit peu de cohérence esthético-politique. Mais à vrai dire, en ce qui concerne la poilitude faciale, mon incohérence ne me dérange pas trop.

Mais les enfants, il faut à cet égard souligner un fait d’importance: je n’ai moi-même jamais frayé avec un barbu ou un moustachu (d’ailleurs Papa ne t’inquiète pas, je ne fraye pas avec des garçons, s’ils veulent frayer, ils doivent m’épouser).

Imberbitude, Sur mes cahiers d’écolier, Sur mon pupitre et les arbres, Sur le sable de neige, J’écris ton nom.

Ceci dit, si c’est l’émir du Q., on peut bien évidemment réviser ce concept. Ne tarde pas, ô toi qui transcende toute pilosité, car en ton absence Lonesome camionneuse et Sneaky princess se crêpent le chignon à foison.

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1. Ils ressemblent aux humains, il y a de nombreuses copies, certains sont programmés pour croire qu’ils sont humains. ET ILS ONT UN PLAN. Il s’agit bien évidemment des cylons, les diaboliques robots de la boulassifique série Battlestar Galactica que tout fan de science-fiction se doit de voir. CETTE SÉRIE EST EXTRAORDINAIRE et totalement paranoïde. Mais on s’en fout, les gens sont dangereux de toute façon, donc mieux vaut les soupçonner préventivement.

De la corrida

Je suis pour.

(et une belle citation de Michel Sardou, une)

Pour une fois dans ma vie je vais être d’accord avec notre bon ministre de l’Intérieur, que je conchie assez largement par ailleurs – notamment, il assortit ses cravates à ses chemises. Grosse faute de goût. Manuel, c’est pas possible, arrête. Ou inscris-toi à l’UMP dont tu fais de fait partie depuis longtemps, comme ça tu emmèneras tous tes petits camarades qui n’osent pas faire leur coming out et on va peut-être commencer à parler de politique de gauche – genre maintien des 35 heures, taxe sur les riches, fin des politiques d’austérités, choc social, ce genre de trucs. Enfin ce sujet me navre, je m’arrête là parce que foutredieu les enfants, ce que vous faites est me fait penser à un colimaçon: mou, tortueux, hermaphrodite et très très lent.

Mais revenons à nos moutons taureaux (ouh le jeu de mots) (facile j’avoue).

Qu’il soit bien entendu que je n’ai aucune action dans l’affaire et que je n’ai jamais assisté à une corrida moi-même. Mon avis est donc dénué de tout lien avec la pratique, ce qui comme vous le savez ne m’a jamais empêchée d’avoir une opinion ferme et bien assise. Avoir de bons préceptes sur tous les sujets et en toute circonstance, voilà qui est bien confortable.

Premier point: quelle barbarie que de piquer blesser épuiser saigner ces bêtes. Oui oui oui. J’entends. Perso, j’ai tendance à penser que ce serait pas mal de régler les quelques légers sujets liés à la torture des humains dans le monde, et pas seulement dans de primitives et lointaines contrées genre la Corée du Nord, le Yémen, la Tchétchénie, la Chine ou même nos braves amis les États-Unis (kikoo Abou Ghraib, kikoo Guantanamo! Obama tu m’as bien fait plaisir sur ce coup là!) (excellent documentaire de ma cousine à venir sur le sujet, stay tuned). Je vous parle de l’état des prisons françaises qui est déjà bien pas mal dans le genre – voilà bien le Comité anti-torture du Conseil de l’Europe qui nous met dedans à chaque inspection. Donc déjà, qu’on se sorte les doigts du cul pour les humains, les animaux on verra ensuite (sorry guys).

Que dire aussi des conditions d’élevage des vaches en batterie? Qui ne voient jamais la couleur du ciel avant de finir dans notre assiette? Qui sont perfusées aux antibiotiques et nourries de la farine de leurs propres congénères? Faire passer à des poulets toute leur vie dans le noir pour qu’ils produisent plus d’œufs, z’appelez ça comment? Torture, torture everywhere. Et ceci sans parler de l’abattage. Ce monde est suffisamment putride pour en plus se prendre la tête pour des taureaux élevés en plein air et loin de la présence humaine, qui en chient une demi-heure en tout et pour tout.

Ou alors, la meilleure solution: GUILLOTINE POUR TOUS.

Quand on pense aux 150 000 veaux (oui, les petits bébés, pas des gros taureaux) qui sont abattus tous les ans dans l’hexagone pour les bouffer, j’ai envie de rire. 500 maxi dans les corridas, ce qui nous fait un ratio de 1 taureau pour 300 veaux en batterie. Et je ne compte pas les bœufs. Ok, en Espagne le ratio est plus faible mais bon, vous saisissez l’idée générale: la corrida c’est pas vraiment le bain de sang non plus.

J’entends également l’argument que l’humanité doit progresser vers la non-violence, et que regarder torturer une bestiole excite notre instinct de bête fauve, qu’on ne se respecte pas en tuant des bêtes pour le plaisir. Kant tout ça. Bon. Je veux bien. Interdisons aussi toute forme de catharsis sanguinolente, du type jeux vidéos, films sanguinaires et compagnie – oh oui, le virtuel ne fait rien à l’affaire, si vous voulez mon avis. Je rappelle quand même que nous sommes dans un des moments les moins violents de l’histoire de notre culture européenne (voyez les guerres de religion, ça c’était du bon), et qu’aux États-Unis y z ont pas la corrida, mais quand même y a des ados qui prennent des kalachs et butent tous leurs camarades à la cantine. Donc bon. Ça donne d’excellents films (Gus van Sant I love you) mais pas beaucoup d’espoir en l’humanité. Qu’on me montre un tueur en masse qui a passé les trois jours précédents à la feria (ça m’étonnerait, il est surtout consubstantiellement bourré) (vive l’alcool).

Et puis, d’aucun m’a dit que la corrida l’a rempli d’énergie sexuelle. Oui, c’est sans doute un pervers, mais je dis: intéressant. La lonesome camionneuse va aller faire un tour. Surtout quand Manet et Picasso, qui n’étaient pas des branques un pinceau à la main, avaient l’air dans le même trip (je ne dis pas que c’était des gars bien, attention!) (mais en tout cas ils dégageaient sa mère). Lonesome Camionneuse et les bad boys. N’ouvrons pas ce chapitre.

Si dans une société idéale on ne torture pas les animaux (je veux bien), dans une société idéale il n’y a plus d’armée, plus de police non plus. Abolissons-les donc aussi. (Oui cet argument est tiré par les cheveux mais je l’aime bien) (flics et militaires, mettez-vous bien dans le ciboulot que dans un monde meilleur vous serez plutôt ouvriers du bâtiment ou bibliothécaires).

Pour dire brièvement les choses, je n’arrive pas vraiment à considérer l’abolition de la corrida comme une priorité politique: déjà, liberté, égalité, fraternité, ça va pas être de la tarte, alors si EN PLUS faut se fader les trucs de la tauromachie, soyons clairs:  ça va chier dans la colle.

Retournons tous à la chasse avec la cro-magnonne, de toute façon, l’élevage, la sédentarité, c’est surfait! Let’s take the truck et à nous les grandes plaines et les steaks d’antilope bien saignants! Sommes-nous des omnivores ou des consommateurs?

Pendant ce temps, dans la plaine.
Lonesome Camionneuse s’élança à travers les rangs, pareille à l’incendie qui ravage la forêt, lorsque le vent chasse les flammes en les faisant tournoyer. Elle allait en tous sens, pareil à une déesse, jusqu’à ce que la terre fût inondée de sang.
Sneaky Princess, tirant son glaive, s’élança sur Lonesome C., comme un aigle fond sur un agneau. Lonesome C. aussi bondit, pleine d’une ardeur sauvage, cherchant un point du corps que l’armure laissait à découvert. Elle le trouva sur le cou, près de la clavicule, et c’est là qu’elle plongea sa pique.
Lonesome Camionneuse: score! Sneaky Princess se prend la tête à deux mains. Mais elle n’a pas dit son dernier mot. Elle défendra les souris et les petits oiseaux jusqu’à son dernier souffle.