La lonesome camionneuse est oublieuse, c’est là son moindre défaut.

Oui, la lonesome camionneuse est un être humain comme les autres ; bien sûr, sa supériorité mammaire et capillaire n’est plus à démontrer. Mais elle a ses faiblesses. Si insignes soient-elles. Et comme le courage est sa plus grande qualité, elle est prête à les reconnaître (ce qui permet en outre de se prémunir d’attaques en piqué futures : mais ALLÔ, t’as pas lu mon blog ? t’es une fille et t’as PAS LU MON BLOG, nan mais allô, quoi !!!).

Donc, let’s face it, la grrrrrande lonesome C. a trois petits cochons pendus au plafond, un qui pue, un qui pète, un qui fume la cigarette, tirez-lui la queue il pondra des œufs, tirez-la encore il pètera très fort défauts tout à fait mineurs et d’ailleurs tellement mineurs qu’on peut dire qu’ils sont vraiment charmants.

Dessin de Jean Maubille

Dessin de Jean Maubille

D’abord, elle est un peu susceptible. Enfin, sensible à l’agressivité dans ce monde de brutes. Qui ne le serait pas ? Ce qui veut dire, bien évidemment, que toute critique émise à son encontre est une déclaration de guerre nucléaire après versement abondant de larmes amères. C’est pourquoi la diplomatie camionneusique nécessite de prendre quelque ganture. Ainsi, reprendre une quelconque partie de ce post pour la lui envoyer dans la face serait considéré comme du dernier déloyal, pour ne pas parler de malpolitesse, qui est un travers que lonesome C. a bien du mal à entraver parce que si on se fait encouillasser entuber ET sans le sourire, où allons-nous ma bonne dame ?

Ensuite, et c’est là le nœud de l’affaire, la lonesome camionneuse a une légère tendance à faire la prof à tout propos. Son proche entourage, excédé de ce petit travers tout à fait rousseauiste au fond, et qui ne vise qu’à faire le bien de l’humanité, se trouve encore parfois interloqué de ses interventions ex cathedra dans un contexte parfois bien éloigné de la chaire professorale, et a vite trouvé la parade dans de lapidaires répliques. Ainsi, la Princesse des Elégances, sœur excédée bienheureuse de la Lonesome Camionneuse, prévient la chose dès le début de toute tirade suspectée professorale par un « ta gueule la prof » auquel on doit reconnaître une efficience certaine. Si désolant soit le refus de certains égarés de s’instruire, il faut laisser place à la liberté d’autrui de rester con (le problème est que la Princesse des Elégances est loin d’être con) (mais ce n’est pas la question). L’ennui, c’est que parfois le système se grippe, le char d’assaut s’embourbe, et tu te retrouves bien conne le nez dans ta merde faconde parfois hors de contrôle (tourner sa langue sept fois dans sa bouche, un conseil qui peut avoir du sens) (mais reconnaissez que la spontanéité, c’est un truc tout à fait charmant non ?) (non, pas quand on te prend pour un con ?) (ah bon). Tout à fait récemment encore, lors d’une discussion théologique avec le Grand Supporter du PSG (ceux qui ont ricané, DEHORS !) (le savoir et l’intelligence au service du foot, n’est-ce pas l’ultime grandeur ?), la Lonesome Camionneuse a cru bon de préciser que l’apostrophe shalom est de langue hébraïque. Oui bon. Tout le monde sait que shalom c’est de l’hébreu, OU PAS. Je veux dire, dans le doute, précisons. Allô, quoi.

De même, Mademoiselle Babouchka, qui connaît mieux les Russeries que le cinéma français des années 60 bien qu’elle se pique d’en être experte, tenta ces jours-ci une malheureuse comparaison entre l’univers concentrationnaire de la Bibliothèque Nationale de France et celui… des Vacances de Monsieur Hulot !!! Malheureux contresens, car la BNF fait bien évidemment penser à Playtime, à la limite à Mon oncle, mais Les Vacances de Monsieur Hulot ??? C’est un monde !

Et l’inique ressentiment de ces êtres parfois de sagesse et de lumière mais parfois supérieurement obtus poursuit alors la Lonesome Camionneuse de blagues de mauvais goût. Mais enfin, ne comprennent-ils pas qu’au fond d’elle-même, pleine d’un altruisme séraphique, elle espère un jour éclairer de ses lumières un malheureux désorienté qui lui dira : grâce à toi j’ai vu la Vérité et la Vie ?

NON, elle ne se prend pas pour le Christ sur le chemin de Damas. Juste pour une modeste chandelle de suif jetant une tremblotante lueur sur les murs de la Caverne. Un forçat de la connaissance. Hu hu hu. Comment ça, une connasse qui se la pète ??? Qu’on se taise séant !!

Pour finir, ah oui, bon, la Lonesome Camionneuse souffre d’un microscopique défaut, mais point très grave vraiment : elle est affligée d’une mémoire de poisson rouge. Voire de poisson rouge amnésique. Sauf quelques occurrences fondamentales telles que la filmographie entière de Jacques Tati, de Fellini et de Coppola, les noms des treize nains de Bilbo le Hobbit et tous les dialogues de Gollum, VOIRE le nom des joueurs de l’équipe d’Allemagne de 1982 (nan, on n’en est pas encore là mais on y travaille) (à tous un rappel : le 2 avril interdiction absolue d’utiliser le mot ou les lettres suivantes, b.a.r.ç.a.) (mais on y croit quand même, allez PSG !) (quoi ? comment ? ah bon j’aime le foot moi ? ah oui, c’est vrai, j’avais oublié). Oui certes, ça peut être vexant quand Melle Babouchka est obligée de t’expliquer pour la millième fois « Karamazov, aucun lien, je suis fils unique ».

Mais reconnaissez que c’est pratique si t’es Luke Skywalker : « Ah, t’es mon père ? Zut, j’avais oublié… Ben c’est dommage, dis-donc. »

Ce que c’est que de nous.

Le bal des araignées au plafond

Parce que oui, dans le plafonnier du Monster Truck, la Lonesome Camionneuse abrite un certain nombre de toiles entremêlées, et c’est pas évident de faire le ménage. D’ailleurs, pourquoi nettoyer ? Il faut respecter l’environnement, et les araignées sont tout à fait nécessaires au bon fonctionnement de notre Mère Nature. Oui bon, avouons-le, la Lonesome Camionneuse est nulle en ménage, ce qui permet un positionnement résolument écologiste et opportun. Et comme le plafond est en mal de ménage, c’est le bal des Aranéides dans le Monster Truck. Le bal des petites folies.

sempe danse

L’araignée des chiffons.

Persuadée que les jeans roses fuchsia sont du dernier chic, surtout assortis à un manteau rouge, la Lonesome Camionneuse ose d’audacieuses combinaisons qui peuvent se révéler d’un goût douteux – disons du moins que l’opinion dominante s’oppose pour des raisons purement impérialiste à des mélanges de couleur pourtant du meilleur effet (Alors viens faire toi-même le mélange des couleurs / Sur les murs de la cabane du pêcheur). Lonesome maintient également que le bleu marine et le noir, CA PASSE GRAVE. Bref, en tant qu’arbitre des élégances, la tendance est très arachnéenne (voire même Halloween spirit). Comment on s’en sort ? On danse le merry go round broke down (Love to raise some cain/ Believe me it’s no strain/ It feels so great/ To smash a plate/ And look there is no pain… no pain… no pain…) (1) (tu la connais celle du disque rayé ? tu la connais celle du disque rayé ? tu la connais celle du disque rayé ?)

L’araignée musicale.

Oui certes, vous l’aurez remarqué, la Lonesome camionneuse n’est pas non plus au top en ce qui concerne sa sensibilité musicale, et son amour des années 1980 lui fait peut-être écouter un peu trop de Jean-Luc Lahaye, mais ne dénions pas au synthétiseur sa puissance évocatrice, sa charge émotive, son potentiel érotique, sa charge émotive. Elle a également tendance à multiplier les playlists conceptuelles et philosophiques du bizarre telles que Pouffissima Absoluta, Alcohol & Drugs, Women are from Venus ou Fight for Survival. Qu’on ne nous dise pas que cela ne sert à rien : on verra bien le jour où vous ferez une soirée à thème. En attendant, Shakira est là pour nous rappeler que la pouffe a du poids. Comment on s’en sort ? On met une chemise en jean, des écouteurs. On danse un slow et on essaie de ne pas pleurer (Dreams are my reality/ A wondrous world where I like to be/ I dream of holding you all night/ And holding you seems right/ Perhaps that’s my reality) (2) (SNIF) (Grande Musique, respect).

L’araignée de l’affiche en soirée mondaine.

Déjà, tu te ramènes avec ton pantalon rose, tu peux faire tache. Ensuite il arrive que tu te mettes à asséner des opinions peu élégantes qui te foutent un peu la tchouf aux yeux du monde – genre Lorie est un génie musical ou Viva PSG ! (oui, viva !!), voire même Le retour de The Rock à la WWE c’est quand même de la balle, je veux dire CM Punk c’est pas trop de la boulasse, il m’a bien soûlé quand même (c’est du CATCH les enfants, oh yeah). Qui ne saute pas est un gros snob. Résultat, tu sautes comme une puce, et t’es toute seule, mais t’en as rien à cirer. Comment on s’en sort ? On met sa robe à crinoline. On danse la mazurka (Si, don Calogero, molto bello. Bello veramente) (3) (si c’est Burt Lancaster, ça va être très très dur de s’en sortir, quand même).

L’araignée qui ne sait pas ce qu’elle veut.

La reine du bal, quoi. Frivole féminité, amour toujours, prince charmant et robes diaprées, c’est Sneaky Princess qui prend le dessus ; sévère célibattante, shorts destroy, kolkhozes d’enfants et monachisme sentimental, la Lonesome Camionneuse reprend la main.  Comment s’en sort-on ? On ne s’en sort pas. On danse dans le brouillard (Dove sei, amore mio?).

Le bal des araignées ne fait que commencer. Ne reste plus qu’à approcher Spiderman.

Mrs Spider

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(Cliquer sur les danses pour les voir en situation) (c’est la magie de l’internet)

1. J’aime bien foutre le bordel/ Crois-moi j’ai pas à me forcer / C’est tellement le kif / De fracasser une assiette / Et regarde, même pas mal… pas mal… pas mal…

2. Les rêves sont ma réalité / Un monde merveilleux où j’aime être / Je rêve de te tenir toute la nuit dans mes bras / Et c’est ce qui me semble bien / Peut-être que c’est ma réalité.

3. Oui, don Calogero, c’est très beau. Vraiment beau.