Des types humains dans les soirées

Pas de soirée de bobos trentenaires du 18e sans quelque simplification typologique, fort utile pour comprendre la vie. La lonesome camionneuse, dont la principale caractéristique est la finesse d’observation de la société, vous livre ici ses conclusions scientifiques et plus nuancées que l’arc-en-ciel d’un ciel de printemps.

Précisons que, par souci du détail et de l’autoflagellation, la lonesome c. s’inclut elle-même dans plusieurs de ces types. Elle se refuse néanmoins à dévoiler lesquels, sauf contre une substantielle somme d’argent (Lonesome est vénale, c’est là son moindre défaut).

Précisons également par souci d’impartialité que la sexualisation des types est arbitraire, mais hélas mammifères nous sommes, mammifères nous restons, et tous ne sont pas pourvus d’une paire de nichons.

Voici donc quelques images de l’humaine condition confrontée à la foule imbibée et à la musique déchaînée:

la fille qui te répond au taquet qu’elle sera de la fête et ne vient pas. Sans s’excuser bien sûr. O tempora, o mores. La politesse, ça te dit quelque chose? Remarque, ça fait plus de champagne par personne.

le boute-en-train. Particulièrement en forme ce soir, il déroule les blagues de bon goût avec la virtuosité d’un enfileur de perles hawaïen. Et y a pas à dire, on se poile comme des bossus. Voyez plutôt avec cette excellente contextualisation: Qu’est-ce qui manque dans un coin?

(j’en ris encore) (NB chers lecteurs: la réponse est cachée en deux endroits dans ce post… bonne chasse!)

la fille qui raconte sa life au premier venu. Même pas totalement bourrée, elle disserte de sa vie sexuelle avec son voisin dont elle ne connaît même pas le prénom. Espérons que ce n’est pas un agent du FSB.

le mec de droite. Commence à faire chier avec le mariage homo en tripotant sa montre Armani (mec, please!) Neutralisation immédiate nécessaire, pour cela trouver un alcool fort type whisky toléré par cet être de l’espace, ce qui va être coton dans une soirée de gauchos où coulent à flots le rouge qui tache et la vodka-faux schweppes agrum’ de chez Ed.

la fille qui a passé la journée à faire la cuisine. Elle enfonce littéralement son œuvre culinaire dans le gosier des convives en leur demandant, l’air angoissé « c’est bon? ça te plaît? tu trouves mes gâteaux meilleurs que ceux de l’autre pouffiasse, là-bas? » Cette personne  n’en est qu’à la première étape de la stratégie de séduction gastronomique et croit encore qu’on garde un homme par son estomac. Bon courage.

l’homo trop stylé. Après quelques remarques acides à sa copine la fille à pédés (« ah je savais pas que c’était une soirée déguisée ») et quelques phrases pointues sur l’art contemporain, il réclame à cor et à cris un karaoké sur la version FRANÇAISE de Total Eclipse of the Heart, Si demain de Kareen Antonn (mythique. MYTHIQUE. AVEC UN BÉBÉ HUSKY. A voir ici. Reconnaissance éternelle à T.)

les mecs qui s’éclipsent à intervalles réguliers dans la salle de bains, suscitant ainsi une queue importante devant la porte des braves gens qui finissent par y tambouriner en criant « eh y en a qui veulent PISSER ici». Plusieurs explications à ce phénomène: la drogue, fléau de notre jeunesse ; ou le tripotage, dangereuse tendance sexualisante à bannir de toute interaction érotique, droit au but telle doit être la devise du chrétien avisé.

la fille qui ne boit que du champagne (avantage non négligeable: elle arrive toujours avec une caisse de cet appréciable breuvage). En plus en général elle est ultra bien fringuée. Bref elle a un peu la classe (qu’elle croit). Tu veux désespérément lui ressembler mais t’as pas assez de fric pour t’acheter du champ’

les fumeurs. Groupés autour d’une fenêtre ouverte ils échangent des considérations philosophiques sur la nécessité d’arrêter ou sur le fait que la voisine d’en face est plutôt bien gaulée en soufflant négligemment des ronds de fumée vers le ciel. Potentiels initiateurs d’une contre-soirée dans la cuisine.

la danseuse en folie. Prête à mover son body to the risen of the music, elle passe la soirée le doigt en l’air à se déhancher, voire à sautiller en tous sens en criant Shakira, Shakira!! Dès que l’hôte a le dos tourné, elle se faufile en douce vers le système sonore pour proposer à l’écoute quelque chef d’œuvre des années 80 – surtout si c’est aussi une fille à pédés. Du goût du goût du goût.

[A tous ceux qui m’ont regardée faire Waka Waka en vous gondolant comme du carton mouillé, I KNOW YOUR NAMES. BEWARE]

le sportif qui a relevé tous les défis. Vêtu d’un pull péruvien et de chaussures de marche, il disserte à n’en plus finir sur son ascension de l’Anapurna et le marathon qu’il a couru la semaine dernière. Au bout de deux minutes t’es déjà FATIGUÉE rien que de l’entendre. Tu lui proposes un verre de rouge. Il te répond avec une moue qu’il ne boit pas, c’est mauvais pour la santé. Tu sautes sur ton pote homo qui passait par là pour ÉCHAPPER A CE SUPPÔT DE L’ENFER.

la fille blasée. Tout en elle fait comprendre que cette soirée est un peu minable. Elle a déjà tout vu, tout fait, cet événement est pour elle plus mineur qu’une chiure de moucheron sur le pare-brise du monster-truck.Elle se perche sur un tabouret de bar avec ses Louboutin et sirote un martini en contemplant d’un air supérieur la masse du vulgum pecus. Pour tout dire, elle fait un peu penser à une autruche avec un balai dans le cul un peu raide.

le mec qui arrive déjà raide bourré et qui essaye de pécho malgré sa voix pâteuse. Il passe de fille en fille dans l’espoir qu’elle acceptera un verre de son fameux cocktail vodka-faux schweppes agrum’ de chez Ed et plus si affinités. Bon courage, gars.

la fille à la voix de stentor. Elle a les poumons aussi développés que Caruso, mais le timbre moins agréable. Elle expectore diverses informations toutes moins intéressantes les unes que les autres malgré le niveau important de décibels de la musique ambiante (genre « eeeeeeeeeeeeeeet voici la reine de la soirée! » à chaque fois que quelqu’un arrive), jusqu’à ce qu’on utilise son organe à bon escient pour servir le champagne.

le mec qui arrive pas à décoller. 5 heures du mat’ sonnent et il est toujours là, à te déblatérer de foireuses théories alors que le premier métro est déjà reparti et que t’as qu’une envie, te foutre au pieu pour les 3 prochains jours et le FOUTRE DEHORS. Technique éprouvée par un éminent membre de ma famille: aller se mettre discrétos en pyjama et fixer ensuite le bougre d’un air insistant. Degré de réussite dépendant hélas du degré d’alcoolisation du sujet.

Comme le chante le poète:

Que tous ceux qui sont dans la vibe (lèvent le doigt)
Que toutes celles qui sont dans la vibe (lèvent le doigt)
Que ceux qui sont assis se lèvent (suivent le pas)
(…)
Ces soirées là (ah ah ah ah) on drague on branche
Toi-même tu sais pourquoi (oui oui)
Pour qu’on finisse ensemble toi et moi (c’est pour ça)
On aime tous ces soirées là (jusqu’à l’aube, on les aime jusqu’à l’aube baby)

9 réflexions sur “Des types humains dans les soirées

  1. « Technique éprouvée par un éminent membre de ma famille: aller se mettre discrétos en pyjama et fixer ensuite le bougre d’un air insistant. Degré de réussite dépendant hélas du degré d’alcoolisation du sujet. ».. rire.. j´ai vu mathieu faire ca, si si…

  2. Pingback: Des types de drague masculine – la drague du bonimenteur « Wandering City

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