De la Saint Valant Rien

Bon sang, j’ai fait un jeu de mot. HOURRAAAAAAA! (je suis nulle en jeux de mots)(mais parfois mon génie naturel reprend le dessus). Cela dit, revenons à nos roses, restos et autres diamantaries.

Encore la Saint-Valentin. ALLO. WTF le 14 février revient quand même avec une obstination assez désagréable. C’est pénible de devoir expliquer tous les ans pourquoi c’est une fête ultra moisie. Enfin, « fête », zyva déjà les fêtes de Saints, mais salut l’idolâtrie quoi; le Valentin paraîtrait qu’il aurait séduit une aveugle et lui aurait ensuite rendu la vue: un bon gros pervers qui n’avait aucun respect pour le handicap. Il devait être bien répugnant en plus, pour avoir besoin de pécho une miro. Bravo l’abus de confiance.

Et puis une teuf c’est quand même à la base l’idée de dégager de la poilade. Alors que là, piège, traquenard, souricière, prise aux collets du marketing: il faut fêter ton COUPLE (plus je le répète, plus ce mot me semble un peu hideux: couple couple couple couple couple couple couple) (beurk). Parce que le couple c’est quand même le truc le plus mieux dans la vie d’une femme, et surtout si tu peux te faire offrir une cinquantaine de roses coupées au Kenya par des ouvrières surexploitées (eh ouais des roses en février, tu t’attends à quoi, allo la police des saisons). Tu peux aussi participer généreusement au développement sud-africain avec un petit diamant pas trop voyant non plus ou, plus conventionnel, faire fonctionner l’économie locale des Relais et châteaux ou des restos gastro (vive la France! hachetague stop au French Bashing hachetague On est les meilleurs en résidences de charme). Mais toujours avec BON GOÛT.

HACHETAGUE BON GOÛT.

Alors attention, bien entendu c’est monsieur qui paie. A la lumière des néons roses (attention, des néons roses virtuels parce que les néons roses sont hachetague so cheap, so mauvais goût) (Rue déserte dernière cigarette plus rien ne bouge. Juste un bar éclaire le trottoir d’un néon rouge. J’ai besoin de trouver quelqu’un j’veux pas dormir. Je cherche un peu de chaleur à mettre dans mon coeœur) (laissez-moi vous dire que mon interprétation de la danse des cheveux sur cet air est un sommet de l’art chorégraphique, même si c’est pas trop là-dessus que je pécho, de manière générale) (je suis une artiste incomprise). Quand je pense que Jean-Luc Lahaye a été arrêté. Peut-être avait-il un fâcheux penchant pour les jeunes poulettes, mais je suis sûre qu’il n’hésitait pas à faire flamber la CB pour elles. Une Gold, de préférence.

Bref, la Saint Valentin c’est en fait la fête du BON PARTI.

Je ne sais pas si vous avez remarqué toutes les allitérations qui émaillent subtilement ce texte, on dirait du Bobby Lapointe. Je suis tellement en forme, je m’impressionne moi-même. De rien.

Yang Liu Design/Taschen

L’homme idéal vs la femme idéale.  Yang Liu Design/Taschen.

Le bon parti, il s’occupe de toi quand il faut. Enfin, surtout, il te sort. Dans les bons endroits. Pas au bar PMU de Mittelbergheim-le-Bas. Précisons, soit dit en passant, que les bars PMU des Vosges sont pourtant tout à fait folkloriques. Bon après, le Silencio, ça passe mieux au plan social. Les Vosges on les aime mieux en place. Salauds de Parisiens.

Le bon parti, il t’organise des surprises mais pas trop originales non plus; la Saint Valentin c’est bien suffisant, attends, et puis 50 roses c’est parfait, non mais tu te rends compte il m’a emmenée boire une bière dans un bar PMU des Vosges où il y avait un concert de fanfare. Le bon parti te fait des surprises comme il faut. Un petit truc pour ton anniv’ serait bien vu aussi – merci de ne pas oublier la flash mob surprise ni le gâteau géant mais sans calories, merci bien.

Le bon partiil te comprend sans que t’aies besoin de parler. Parce que c’est bien connu, le langage c’est pour les nuls. D’ailleurs les chimpanzés se comprennent très bien entre eux. Même, le bon parti il comprend quand tu dis un truc et que tu penses le contraire, genre « Je m’en fous de la Saint Valentin », qui veut dire en vrai « Je veux trois diamants et un dîner chez Cyril Lignac, ainsi qu’une demande en mariage à genoux à la lumière de la lune« . Ce serait quand même con de dire ce qu’on pense.

Le bon parti, il gagne plus que toi. Faut bien ce qu’il faut. C’est un mec, quoi. Et se faire inviter au resto, quand même, c’est pas interdit. T’es féministe mais tu trouves qu’il ne faut tomber dans un extrémisme extrême. Et puis c’est le Trianon Palace, quand même.

Le bon parti, on s’en fout un peu qu’il soit goleri ou qu’il ait une passion dans la vie (sauf si c’est le tuning, c’est pas trop bon goût le tuning, ça on dit non). C’est un plus. Mais bon, faut être réaliste, on ne peut pas tout avoir. Il est blond, il sait porter la cravate, il a des parents respectables. Que demande le peuple?

Le bon parti, surtout, toutes les meufs veulent le même. Quelle satisfaction que d’exciter la jalousie de ses semblables, de susciter les regards entendus lorsque tu balances négligemment l’ampleur de son salaire ou son invitation à Venise en avion privé.

Le bon parti te rend intéressante, le bon parti te met en valeur.

Sinon, la Saint Valentin, j’aimerais qu’on arrête de m’en rebattre les roubignolles. Parce que le mec juste comme il faut, il comprend que « Je m’en branle de la Saint Valentin » ça veut juste dire « Je m’en branle de la Saint Valentin ».

Merci, bisous, lol.

Sempé et son interprétation du bar PMU des Vosges.

Sempé et son interprétation du bar PMU des Vosges. Hachetague parfait.

2015: Moins de conneries, plus de goleri

Oui je sais, quel titre extraordinaire, quel talent poétique, quelle verve. Ne me remerciez pas, c’est tout naturel.

Swag.

Swag.

Ceci étant dit, mon opinion personnelle sur la résoi moisie du 31 décembre tmtc fête du réveillon  est toute de dédain contenu : ces conventions sociales qui nous obligent à compter la vie par packs de 365 jours comme si c’était des bières me laissent totalement froide. Quant à se réjouir automatiquement avec des hordes déchaînées de populace avide d’huîtres et de 10…9…8…7…6… MON POING DANS TA GUEULE, je dis non. La chair est triste, couverte de houx et de foie gras. Même pas une bonne petite orgie publique à l’horizon, pleine de satyres et d’hétaïres en rut comme il faut. Non, le porno est partout mais il doit rester sur les internets, ou dans la mode à la limite (ouais, parce que prendre en photo une gamine à poil de 13 ans, ça peut être de la mode. j’ai découvert ça. bon. bon. bon.) Sinon tu finis au poste.

Bref, en tant que dénicheuse de tendances, fan de normcore et amie du Bien, je vous conseille d’adopter ce soir une bonne dose de mépris millénaire à l’égard du « Réveillon » (kiss my ass) selon le sain principe du LESS IS MORE (moins c’est plus : un slogan de design bien swap qui est absurdité mathématique, mais vérité principielle dans la société de consommation, surtout pour les petits Africains qui meurent de la famine, et merci bien). Non mais aussi, j’avais pas trop d’idées. ET CA ARRIVE A TOUT LE MONDE, oui madame. Voilà.

1. Moins de Redford, plus de Robert.

Voilà, merde, arrêtez de mépriser tous ces hommes en charentaises qui vivent chez leur mère, eux aussi ils ont une âme.

Le Jean-Louis est très surfait. Pensez normcore, pensez Robert.

Le Jean-Louis est très surfait. Pensez normcore, pensez Robert.

2. Moins de gras, plus de foie.

Dites adieu au champagne et au foie gras, ces mamelles honteuses du stupre culinaire qui ont fait oublier à l’humanité le sain goût du rutabaga. Vive le crémant (D’ALSACE malheureux), le champagne, cette piquette marketée « je te la mets bien profond ma bouteille dégueulasse, pauvre pigeon » doit être remisé aux oubliettes de l’Histoire. Quant au foie gras, je dis mouais. Le foie de morue en conserve va à mon avis occuper le devant de la scène d’ici peu ; non seulement c’est bon pour les cheveux, mais en plus un gain qualitatif non négligeable est prévisible quant au sort des morues éfoiescérées : autant on peut avoir pitié d’un canard qu’on gave, autant personne n’en a rien à branler du destin d’une morue. Pas étonnant qu’aucun héros de Disney ne soit une morue.

3. Moins de paillettes, plus de slip.

Non à la fête du slip à paillettes, stop au bling bling, habillons-nous comme un puritain et abandonnons les vains ornements des tenues de fête. Car très honnêtement, peut-on aimer la sensation d’écrasement de la voûte plantaire des talons de 12 cm ? les bretelles de soutif qui vous cisaillent la chair pour dégager un décolleté dans le dos ? le string qui vous rentre dans le cul pour porter une robe moulante ? Halte à l’asservissement de la sexytude : n’oublions pas que Robert n’est pas trop exigeant, et au moins t’évites les ampoules de la mort des lendemains de soirée. Merci, bisous, LOL.

4. Moins de mélodie, plus de charivari.

Ca commence à bien faire les arrangements ceci, le funk cela, les covers sa mère, les playlists de la pointitude. Revenons au bon vieux rouge qui tache. Un poil de Sardou, un petit coup de Tribal King (si vous n’avez jamais écouté Façon Sexe, il est temps) (notez comme le clip est grave dans l’esprit less is more, dans l’usage du piercing notamment) (danse sans compleeeeeexe, oublie ton eeeeeeeex) (de rien), un bon vieux Johnny pour pécho Robert, stop au snobisme de derrière les fagots !

Mais pour être vraiment minimaliste avec style, rien ne vaut le chant grégorien. Ambiance garantie, et robe de bure adaptée. Robert, imbibé de crémant, ne tiendra pas longtemps réveillé et c’est tout ce qu’on lui souhaite, car sa conversation n’est pas toujours facile à suivre. Le tuning ça a l’air intéressant, mais en attendant on est quand même écolo, c’est pas bien les voitures.

By Voutch.

By Voutch.

5. Moins de houx, plus de bambou.

Non mais sans déconner se rouler une pelle sous le gui (ouais j’ai changé pour la rime, et je vous emmerde). Elle est belle la jeunesse. Le bambou, un végétal pratique, vous apportera solidité et force pour de nombreuses activités bien plus productives : fouetter, torturer, ligoter, par exemple. Eh oui attention, c’est pas une oie blanche, Robert. Et puis faut pouvoir le maîtriser.

Ah, et surtout, sachez-le, je n’en ai absolument rien à cirer que vous passiez une bonne année 2015.

Et merci bien.