New York a la main verte / New York’s Green Thumb

Je profite d’une journée radieuse, avec grand soleil et froid sec (l’automne comme on l’aime) pour écrire un texte d’un optimisme décisif (malgré la fuite d’eau massive dans ma salle de bains) sur la verdure et ses bienfaits sur le moral de l’urbain chroniquement dépressif. New York est en effet plein de petits Central Parks miniatures un peu partout…

Enfin, n’exagérons rien mais ça n’en est pas moins agréable… A l’époque où New York n’était pas au top de sa forme (faillite financière, désindustrialisation, fuite des habitants vers la banlieue, problèmes de sécurité publique), c’est-à-dire des années 1970-80, se sont développées des initiatives locales de « jardins communautaires ». L’idée étant de ne pas laisser les lots vacants à l’abandon – il faut savoir qu’à New York l’immobilier est très flexible, on détruit un immeuble pour un oui ou pour un non, et à l’époque beaucoup de propriétaires à Harlem ou dans le Bronx par exemple mettaient le feu à leurs immeubles pour récupérer l’assurance tellement les valeurs immobilières étaient faibles (d’où l’expression « y a pas le feu au lac »).

Bref, ces espaces vides ont été repris par des gens du cru qui en ont fait des petits jardins, où les habitants du block (le carré d’immeubles autour de la cour) viennent jardiner à tour de rôle, et qui sont ouverts au public… Il y en a trois à 5 minutes de chez moi (sans compter Central Park !) ce qui montre l’étendue de cette initiative, plutôt présente d’ailleurs dans les quartiers populaires. Et puis, il y a toujours un petit jardin inattendu qui vous attend derrière un mur ou un coin de rue à Greenwich Village [1]…

Le vert est donc en voie d’expansion à New York, et c’est le genre d’initiatives qui plaît à notre ami Bloo-Bloo (le bon maire), qui adore tout ce qui est bobo et/ou dans l’air du temps. Il construit des pistes cyclables et encourage les initiatives « vertes », et même les pieds d’arbres dans la rue sont super joliment décorés avec des compositions de plantes dignes du Jardin Albert Kahn.

Bref, New York a la main verte, profitons-en avant les premiers frimas…

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1. Pour ceux qui sont paumés, une présentation sociale, économique et drôlatique de la géographie des quartiers new-yorkais est en cours, elle vous sera dispensée doctement d’ici quelques jours…

Talons / Heels

La New-Yorkaise moyenne n’est pas une icône de mode. Contrairement aux traîtreuses apparences de Sex & the City – Je reviendrai sans doute sur ce point à moultes reprises dans ce blog, étant donné son importance vitale.

A chaque saison sa chaussure. L’été, la tong déferle. Horreur, malheur (nous disent les magazines féminins), la tong est total out ! Inutile de dire que je n’ai pas soulevé les foules avec mes spartiates, malgré l’évidence de mon sens pointu de la fashion. Hier (vague de chaleur) j’ai même croisé une fille en tailleur croisé gris ET TONGS !!

L’automne venu donc, c’est baskets ou chaussures informes. Mais aussi bottes (là, la moyenne s’améliore nettement je l’admets) et talons aiguilles incroyablement hauts perchés, qui se multiplient sur le bitume le samedi…

« Je ne comprends pas non plus d’ailleurs comment les dames peuvent marcher avec leurs hauts talons. » [1] Ben nous non plus, mais on le fait !

The average New York girl is no fashion icon. Despite the misleading appearances of Sex & the City. – I will probably come back to this question many times in this blog, given its vital importance.

Every season has its shoe. In the summer, flip-flops are literally overwhelming. Horror, eyesore (as the women’s magazines tell us) flip-flops are totally out! As a consequence, I didn’t draw crowds with my nice Roman sandals, despite the evidence of my acute sense of fashion. Yesterday (heat wave) I even passed a girl in suit AND FLIP-FLOPS!!

So, in the fall, it’s sneakers or shapeless shoes. But also boots (there, the average is getting higher I have to admit) and high high high stilettos, proliferating on the asphalt on Saturdays…

“I don’t understand either how ladies can walk with high heels” [1] Well, neither do we, but we can!

 

1. Marcel Mauss, « Les techniques du corps », Journal de Psychologie, XXXII, no 3-4, 15 mars – 15 avril 1936.