Tomber malade

Comme de bien entendu c’est le premier jour des vacances que ça te tombe dessus. Ce serait quand même bien con d’être malade au moment où t’en peux plus de bosser (i.e. tout le temps quand tu bosses). Attention, quand je parle de « tomber malade », il ne s’agit pas de l’expression usitée par la gent masculine qui, au moindre changement corporel de type « léger rhume » se déclare malade au dernier degré, genre à l’article de la mort non mais tu entends ce râle quand je respire ? Le test ultime : la bête veut-elle aller chez le médecin ? En général l’homme refuse, tape « article de la mort » sur google, lit un article Doctissimo d’une voix geignarde et t’envoie d’une voix languissante chercher du dolirhume. MOUARF.

Bref, ici c’est du sérieux, 39 de fièvre et un immense tas de kleenex usagés s’amassant dans la rivière du lit – et NON je ne me mettrai jamais aux mouchoirs en tissu oké vive l’écologie mais ma tolérance a des limites. Après t’être traînée chez le médecin telle une limace bossue entre des éclairs entraperçus sous l’effet des chutes de tension, tu as la confirmation que tu es bien malaaaaaade comme quand ma mère sortait le soir et qu’elle me laissait seul avec mon désespoir. Saloperie.

Je ne sais pas pourquoi mais mon organisme est particulièrement résistant à certains virus / bactéries / microbes (j’ai jamais su la différence et je m’en tamponne comme de l’an 40, sauf que du coup y a des fois tu peux pas prendre d’antibiotiques et c’est la grosse lose et la pharmacienne profitant de ta faiblesse passagère en profite pour te vendre des huiles essentielles ou de l’homéopathie à 50 balles le comprimé d’herbes) et particulièrement ouvert à d’autres, comme si à l’entrée de mon corps se tenait un physio vicieux : « Oui bonjour, la grippe ? Ah non, pas de ça ici, dégage, t’es trop mal fringuée » (heureuse moi, je n’ai JAMAIS eu la grippe) « Ah mais qui voilà ? Gastro, angine et cystite, mais oui vous êtes sur la liste VIP ». Chienne de vie.

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Hello to you Gastro.

Cependant, la maladie offre quelques opportunités (je prends grave ma vie en main et je regarde le verre à moitié plein, je dis oui à la vie je chante la vie je danse la vie je ne suis qu’amour). D’abord vienzy que tu peux te saper comme une vieille serpillière criarde, je réenfile mes pantoufles avec des têtes de petits chiens au bout – pas que j’ai grand monde chez moi devant qui parader mais j’essaie de garder la tête haute en ne cédant pas à la tentation du jogging détendu.

ENFIN une excuse pour balancer à fond les ballons ma playlist la plus étoffée, BIATCHES ET POUFFES sans ressentir de honte : ma fragilité mentale explique ce néant musical, plus besoin de se justifier – par ailleurs il est vrai que j’écoute TOUT LE TEMPS cette playlist, mais je ne l’avoue pas trop de peur de faire fuir les gens. Les hommes hétérosexuels surtout, parce que sur les homos ça fait plutôt l’effet inverse. Comme quoi, on trouve toujours des avantages à ses défauts. I’M ON THE RIGHT TRACK BABY I WAS BORN THIS WAY.

Film Title: BRIDGET JONES : THE EDGE OF REASON.

La plupart des gens n’aiment pas ne rien faire ; il arrive même qu’ils se plaignent de la sorte sur les réseaux sociaux lorsqu’ils ont la grippe ou autre. Or moi c’est tout le contraire : alors certes c’est le premier jour des vacances, MAIS en même temps quelle meilleure excuse pour ne pas ouvrir ce paquet de copies dégueulasse ou se désintéresser enfin totalement des absences répétées de Brandon ? La maladie fait de toi un être moralement méprisable et totalement égoïste : que le ciel en soit remercié ; un seul regret, ne pas avoir un esclave à domicile pour te faire des laits de poule (graisse + sucre = combo gagnant). À moi les séries et les bédés pourries, sans avoir à me justifier à cette société qui juge les glandus dans mon genre !

Voilà, j’écris donc des post de blog un samedi soir. Hachetague ma vie trépidante. Enfin, bonne excuse pour boire un peu de rhum, j’ai entendu dire que ça tue direct toutes les bactéries. Ou les virus. En plus avec les antibiotiques ça fait un effet bœuf, t’es foncedée en un verre. En somme buvons, et vive l’automédication.

#SingleAndFabulous

En ce lendemain de Saint-Valentin, la vie est-elle plus belle ? Heureusement elle est tout aussi moisie, mais on n’a pas à se sentir coupable de ne pas être en couple après trente ans (j’ai désormais décidé de maintenir un flou résolu sur mon jeune âge) ; oui oui parce que dites-le comme vous voulez, mine de rien, si tu es encore seule vu ton physique de bombasse (je ne me vante pas, ce blog est une recension totalement objective de ma life) c’est qu’il y a un PROBLÈME. On s’accorde principalement dans mon entourage pour s’arrêter sur le fait que je suis trop exigeante, outre que j’abuse d’expressions faramineusement non-féminine comme des toiles d’araignée dans la chatte ou la sodomie c’est so 2010 mais si c’est bien pensé ça peut passer. Malgré mon attitude condescendante sise au diktat de la couplitude rangée, ça fait quand même mal au cul de rester seule, et plus que la sodomie je vous prie de croire.

Mais la vie est un éternel combat et à ce qu’il paraît je ne vois pas assez le verre à moitié plein. Donc plutôt que d’écrire un article haineux de plus contre cette fête de merde, soyons positifs, soyons gais, soyons Charlie, lançons-nous dans la recension de pourquoi c’est trop de la boulasse intergalactique d’être célib.

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Commençons par les évidents avantages matériels : non seulement je peux me coucher à trois heures du mat’ sans déranger un homme grognon allongé depuis potron-minet – même si c’est pas mal pour se réchauffer les pieds, quoique depuis l’arrivée de ma fidèle bouillotte ce problème n’en est plus un – mais je peux aussi bouffer de l’ail à tout va, m’épiler en plein milieu du salon tout en écoutant Katy Perry à fond les ballons, prendre un bain brûlant d’une demi-heure par jour et laisser les lumières allumées toute la journée (ouh c’est mal hachetague COP21), me balader à poil dans l’appartement, bouffer des pains au chocolat au déjeuner (pas de petit-déj puisque je me lève à 11h) et de la tarte au citron au dîner. J’aime le sucre et la graisse, et même je ne grossis pas, contrairement à quand je suis un couple parce qu’un homme ça bouffe de ces quantités je te dis pas. Dormir EN PLEIN MILIEU du lit à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Je peux me fringuer exactement comme une modeuse folle et personne ne fera de moue « t’es sûre que ça se fait, les fringues comme ça ? ». Inconvénient, c’est moi qui paie tout. Hachetague indépendance. Mais c’est pas non plus comme si j’avais des goûts plus dispendieux qu’Elton John.

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Le célibat permet également d’éviter les rendez-vous à quatre avec ton mec, son iphone et ton galaxy. Triste vision des temps contemporains, ces couples dînant à la lueur bleuâtre de leurs écrans, l’un checkant twitter et l’autre concentré sur ses mails de boulot. Le bel échange. Moi au moins quand je passe un dîner seule avec mon téléphone c’est dans l’engagement.

Pas de belle-mère. Celle-là est quand même inestimable, même si j’ai eu plutôt de la chance avec mes belles-mères dans le passé ; attention donc au retournement de karma. D’ailleurs, le célibat règle également la question de savoir pourquoi ton mec ne t’a pas encore présenté sa mère alors que ça fait six mois (huit/dix/un/dix an rayez la mention inutile) que vous êtes ensemble alors qu’il se répand en grandes déclarations d’amour (réponse : parce qu’il ne te considère pas comme ta meuf sur le long terme). Bref, tu te contentes de tes propres affaires familiales et c’est DÉJÀ PAS MAL merci bien.

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Évidemment, le gros kif quand tu es célib c’est la liberté. Pour une raison qui m’échappe les gens en couple s’imaginent que les célibataires passent leur temps à s’éclater le vagin (oups, encore une expression qui risque de me coûter l’amour d’un brave garçon) et à mener une vie cool et branchée dans les sous-sols du Silencio. Alors déjà, moi j’aimerais vachté mener une vie cool et branchée mais je crains que cela n’arrive pas très souvent vu comme mes potes hype m’ignorent comme de la merde quand je les supplie de m’emmener dans leurs soirées (hachetague salauds, vous vous reconnaîtrez) ; quant à s’éclater le vagin, c’est bien sympathique mais un peu lassant à la longue (ou à la courte d’ailleurs, ce qui arrive hélas plus souvent qu’on ne le voudrait). Comme dit Horace, il faut de la mesure en toute chose. En outre la population disponible pour tirer son coup (-1 mec potentiel en plus à cette expression de mauvais aloi) se clairsème avec les années, et finir comme distraction de mecs mariés ou de fanas de l’échangisme n’est pas forcément un but dans la vie. Enfin je dis ça je dis rien.

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Je crois que je suis en train de virer célibataire endurcie. La vie ne fait pas de cadeaux, mais je vais me prendre un bain bien comme il faut en bouffant un couscous.

La bonne soirée les aminches.