Les jours de loose – la loose beauté

Tu sais que tu es dans un jour de loose beauté quand

– tu as appliqué tes 5 couches de vernis sur tes ongles, trempé dans l’eau froide et laissé sécher 3 heures mais quand même en te réveillant le lendemain il y a des traces bizarres sur tes ongles. Fucking manucure.

– tes cheveux sont trop raides / trop bouclés / pas assez volumineux / partent dans tous les sens. (Perso, c’est après chaque shampooing). A quoi sert cette touffe disgracieuse sur ton crâne? La vie est si injuste.

– tu t’es fait un super masque sur le visage mais en l’enlevant ta peau est bizarrement rouge et tu te mets à peler. Maintenant va falloir écluser le reste du pot payé deux bras la semaine dernière.

– tu as ENFIN réussi ta super manucure, et là pan! tu te casses un ongle. Ô destin tragique. Fucking manucure.

– tu as du rouge à lèvre sur les dents. Opprobre internationale. (Un petit coucou impromptu à ma grand-mère).

– tu as le syndrome du « masque de fond de teint ». On dirait que tu as un masque sur la gueule mais en fait non, c’est juste que tu te l’est bien plâtrée, la gueule. (Re-coucou à ma grand-mère).

– tu te maquilles comme une star et en pleine application de ton mascara noir super volumateur à la silicone (le mascara c’est un peu comme une prothèse mammaire) (l’important c’est la profondeur du regard) ta main fourche tu ne sais comment et pan! Grosse trace noire en plein milieu du nez / de la joue / du front. T’es déjà vachement en retard et là t’es en train de te demander comment rattraper le coup (démaquillant sur un coton-tige? va-ce être suffisant? reprise sur un côté ou de tout le maquillage? mais si je laisse tomber le fard à paupières le rouge à lèvre ne va plus aller DU TOUT!). Au bout de 10 minutes d’indécision tu enlèves tout, et tu finis une demi-heure en retard. Story of my life.

– tu CROIS te maquiller comme une star et en fait t’as sorti ta truelle de chantier. Tu ressembles à un monter truck volé. La lonesome camionneuse is dans la grosse loose.

– tu as beau sortir de chez l’esthéticienne, tu vois plein de poils drus pointer leur nez partout sur ton corps censé être maintenant lisse comme le marbre. My name is Tarzan.

– l’été arrive, tu es pâle comme une vampire (frissons d’horreur, pas question de ressembler à la kéké de Twilight) (pour une exégèse complète de cette œuvre à oublier le plus vite possible, voyez ici) et tu ne veux pas t’abîmer la peau. Il est temps de dégainer l’autobronzant (le truc qui te colore artificiellement la peau, les garçons) (oui ça existe) (oui nous trichons avec notre physique, et pas qu’un peu) (la femme, ce rebut d’hypocrisie). Le problème, c’est que tu finis toujours par l’appliquer pas bien (pas comme si c’était facile d’étaler uniformément un produit visqueux sur ton propre dos). Résultat: grosses traînées disgracieuses en plein dans ton nouveau bronzage. En fait tu ressembles plutôt à Sheena reine de la jungle sur son zèbre (oui cette femme chevauche un zèbre pour une raison inconnue) (mais après tout, pourquoi pas).

– AAAAAAAH! Un BOUTON sur la figure, en plus j’ai des cernes énormes, je suis AFFREUSE!

Pourquoi, mais POURQUOI on se prend la tête alors qu’on devrait être en train de penser eurobonds, redistribution, égalité, liberté, fraternité et tutti quanti? (tous sujets desquels mon appréhension est d’une terrifiante superficialité) En même temps c’est pas non plus comme si j’avais envie d’être moche. Comme dit Sainte-Beuve cité par Stendhal dans Le rouge et le noir, « Elle n’est pas jolie, elle n’a point de rouge ». Déjà là pan! vous comprenez la moitié du titre du bouquin, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et puis si Stendhal le dit c’est parole d’évangile. En plus le vert (et non le rouge, oui je deviens une pro des couleurs) (mais Stendhal a aussi commencé un Rose et vert, en digne ami du chatoiement) permet d’effacer utilement les coquards disgracieux. Que demande le peuple?

Être une femme c’est pas tous les jours la fête du slip à paillettes multicolores. Je dis.

De Shakira

Shakira est une chanteuse magique. La lonesome camionneuse en est fan, elle qui disons-le a un peu des goûts musicaux de chiotte sauf quand elle balance Jean-Sébastien à donf dans le sound system ultra-tuné de la cabine du monster truck (le jour de Pâques) (solitude de l’homme sans Dieu) (la lonesome camionneuse n’est pas une mécréante). Je peux vous dire que les routiers font pas les fiers avec la Passion selon Saint Jean. Ça chiale dans les habitacles.

Mais Shakira. Là c’est du lourd. Un élément central de la fameuse playlist Pouffissima absoluta que la lonesome camionneuse écoute en boucle. Déjà, par son physique fin et distingué, caréné comme un camion de race, elle envoie (bon elle n’a pas vraiment de seins, mais c’est un détail) (en même temps de meuf à meuf ne nous gênons pas pour bitcher un peu) (elle a quand même osé se faire Rafael Nadal, sangre de dios!). Le seul petit détail discordant serait sans doute cette malheureuse période de sa vie où elle a porté des mèches noires dans sa crinière blonde. Essayons de ne pas nous étrangler avec notre vomi. A part ça, Shakira pratique des oripaux de bon aloi: t-shirt mouillé (grand classique latino), soutif apparent, micro-short, jupe ras-la-touffe (parfois même à frange) (gros potentiel versaillais).Tout cela est fort réjouissant car elle met utilement son physique en valeur par des danses débridées qui rappellent les pratiques rituelles auxquelles se livrent les femelles bambara sur les bords du Niger (la danse débridée est souvent comparée à de barbaresques pratiques) (les peuples de l’Afrique sont paresseux, danseurs et coureurs, c’est bien connu) (c’est tellement agréable de vivre dans une civilisation supérieure, qui a su inventer le génocide et le capitalisme).  La lonesome camionneuse est très admirative de ces chorégraphies shakiresques, qu’elle n’arrive qu’à imiter que très sommairement (merci à G. qui m’a appris la choré de Waka Waka, j’ai le vague souvenir d’avoir été puissamment ridicule mais qu’importe).  Le principe étant assez simple: bouge tout ce qui est rond avec la frénésie d’une génisse atteinte d’encéphalopathie spongiforme bovine (loca, loca, loca comme Shakira le dit elle-même). Franchement la lonesome camionneuse peut l’avouer: malgré son style inimitable sur Michel Sardou, elle admire sans réserve le Bouge ton body babe, sur mon flow sans gène (toute la piste est chaude, oh yeah) de la Colombienne (ces excellentes paroles sont extraites d’une chanson magnifique de Tribal King, Façon Sex) (quand je dis que la lonesome camionneuse aime la musique de daube…). J’envie particulièrement son style de remuage de poitrine. Je veux le même.

Malgré ses avantage, Shakira n’est hélas pas à la fête niveau mec. Elle se limite un peu à des kékés à barbiche, muscles huilés et bagouzes rutilantes qui la trompent à gogo, ce qui fait penser à la lonesome camionneuse que peut-être elle se cherche un peu des gros relous (c’est pas bon ça, minette!) En effet, la pauvre enfant passe son temps à gémir sur ses turpitudes amoureuses, principalement construites à base de triangle amoureux où elle se retrouve comme qui dirait la troisième patte du canard. En gros, les gars se trouvent une petite nénette bien comme il faut (triple rang de perle, école privée et français courant), et là dessus arrive la bombe atomique à la blonde tignasse, qui remue leurs phéromones jusqu’aux tréfonds. S’ensuit de la souffrance, beaucoup de souffrance, des séparations, de la souffrance, beaucoup de souffrance. Une petite séance chez la lonesome camionneuse leur serait bien utile.

Le truc bien aussi, c’est que les paroles sont en espagnol: ça sonne bien et on n’y comprend queue de pie. En anglais c’est tout de suite moins fort. Il faut dire que la poétique d’Aristote est convoquée plus souvent qu’à son tour. Les métaphores sont plus osées qu’un strip-tease de François Hollande au G8, voyez plutôt: No puedo pedir a los olmos que entreguen peras (Je ne peux pas demander aux ormes de donner des poires) (eh ouais). DU LOURD.

Et le mieux, le mieux, le mieux ce sont les clips. Gitana où elle erre à moitié à poil pour rejoindre un Rafael Nadal dûment oint d’huiles essentielles pour lui offrir une petite danse du cul en robe à paillettes (nan mais attends moi aussi chuis trop une gitane, Rafa!) Ça redéfinit bien le mythe des Roms à expulser au plus vite. Le passage de Tortura où elle se fait pleurer en découpant des oignons est bien évidemment plus que mythique. Je ne parle pas non plus de ces deux sommets de l’art visuel que sont le clip de Te aviso te anuncio (Tango) avec son passage manga où elle combat sa rivale dans la boue (non ça c’est moi qui m’emballe) et lui dégonfle les seins de deux coups de griffes, tout cela précédant l’arrivée de Batman et Superman qui est un peu un sommet épique en la matière (je ne parle même pas des scènes de torture) ; et le clip de Don’t bother où elle finit par emmener la caisse du gars à la casse, ce qui génère quelques intéressants effets vaudous et finit en bagnole compressée.

Bref, n’est pas Shakira qui veut (et croyez-bien que cela me désespère).