De la politesse

Il va sans dire que nous allons défendre ici avec virulence l’usage de la politesse pour un monde plus juste et plus beau, où il y aura des géraniums aux fenêtres, des pinsons gazouillant dans les fontaines et où les vestes Chanel pousseront sur les arbres (comme les champignons, il y aura des  coins à veste Chanel qui se transmettront de génération en génération) (VOILA une bonne motivation pour la randonnée) (la randonnée, quelle drôle d’idée).

Quelle ringardise que ce sujet de billet, me direz-vous chers lecteurs, ce blog se mémérise à vitesse grand V, la lonesome camionneuse commence à se prendre pour la nouvelle Nadine de Rothschild (mais en mieux, parce que l’émir du Q., censément, bat à plate couture le baron banquier vu que le baril reste une valeur sûre). Il est vrai.

Imposture également, objecterez-vous, fidèles épigones, quand on considère le langage de charretier employé à profusion dans ce blog. Il est vrai également.

Néanmoins, vous permettrez ponctuellement à la lonesome camionneuse de déverser sa bile sur « le monde ne va plus ma bonne dame, y a plus de saisons, leur faudrait une bonne guerre, quand même dans les années 50 on avait de vraies valeurs, l’homme au bureau et la femme aux fourneaux ». Comme le chante une autre rousse (Cindy Lauper pour ne pas la nommer), stone, the world is stone. Oui, un monde sans politesse est un désert de pierre.

La lonesome camionneuse n’aime pas beaucoup faire preuve de fascisme dans sa vie de tous les jours, mais FRANCHEMENT quand on déroge aux règles de la plus élémentaire politesse, son sang ne fait qu’un tour (voyez plutôt ses exploits berlinois). Déformation bourgeoise ? Je ne crois pas non. Est-ce bourgeois de demander au gros con qui vient de t’écraser les arpions dans le métro de s’excuser ? Qu’est-ce que 2 secondes de ta vie et 3 gouttes de salive, ô voisin temporaire de l’urbanité collectivement mobile ? Tu auras fait plaisir à peu de frais à la Nadine qui sommeille en chacun de nous (une bergère picarde élevée à la force du poignet) (cette blague n’est pas très élégante, mais néanmoins pertinente), et surtout tu limites les risques de réveiller LA BÊTE. Elle avait la tête d’un lion, la queue d’un dragon, et le milieu de son corps était d’une chèvre sauvage ; elle exhalait avec violence des flammes dévorantes. Ouaip. (Iliade, représente) LA BÊTE est une des incarnations de la lonesome camionneuse qui sort rarement de son antre, mais quand la grossièreté passe, elle n’est jamais bien loin.

Être poli, n’est-ce pas reconnaître l’humanité de l’autre ? (hu hu hu)

D’abord, la politesse c’est un truc de la ville, pas comme ces rustaud de paysans. Signe de raffinement et de civilisation donc. Parisiens, cessez de faire les malotrus, on dirait une troupe de sous-cro-magnons poilus du Larzac (je n’ai rien contre le Larzac, c’est en quelque sorte un mot générique pour désigner le rural) (ce truc vert où la vie ne vaut pas d’être vécue) (nan mais je rigole, HEIN) (j’adooooooore la campagne). Logique, quand on est 12 millions de gusses à se bousculer dans un espace restreint, même le plus fruste des termites finirait par payer son tribut à la civilité.

Ensuite, ça fait un bon bout de temps qu’on a jeté les obsolètes notions d’honneur et de fidélité aux oubliettes, faisons au moins un peu genre que nous n’avons pas oublié les valeurs de la chevalerie, Athos et sa grandeur meurtrière (le coup de la peine de mort pour l’adultère est un peu raide je l’avoue) (mais Athos a tellement la grande classe) (en plus il est beau). Oui la lonesome c. est plus tordue qu’un vieux chêne, elle préfère Tartuffe à Alceste et elle vous dit merde, c’est toujours tellement plus agréable de se faire enculer entuber avec le sourire (grossièreté, quand tu nous tiens…) Mon p’tit Tartuffe, viens me roucouler de melliflues obséquiosités, berce-moi d’illusions sur la gentillesse du genre humain, tant qu’un peu de politesse subsistera dans ce monde de brutes je croirai encore au règne futur des Bisounours.

S’il vous plaît, merci, bonjour, au revoir, RÉPONDRE aux sms, coups de fils et emails (vous voulez être connectés, tirez-en les conséquences bande de CHIENS du Kamchatka) (bon d’accord l’absence de réponse turlupine particulièrement la névrose de l’abandon de la lonesome c., mais attention souvenez-vous, LA BÊTE n’est pas loin). Ça coûte rien ma bonne dame, et ça change tout. Tout ça pour dire que pas de ça avec la lonesome camionneuse, ou vous risquez de vous retrouver fichés dans son tableau croisé dynamique excel des impolitesses croisées au cours de ses pérégrinations, qui risque bien de devenir un jour son tableau de chasse. LA BÊTE se réveillera un jour définitivement, et Massacre à la tronçonneuse ressemblera à Winnie l’ourson à côté de ce qui vous attend. Tremblez, malappris, l’ire de la lonesome c. est plus meurtrière qu’un tsunami !! Quand lama fâché, lui toujours faire ainsi.

En attendant, je ne me prononce pas sur la recette miracle de Nadine pour garder un homme : toujours assortir son déshabillé à sa descente de lit.

Je vais réfléchir à ce problème.

De la Fête de l’Huma

Quand I., queen of the night, m’a dit « Poule, prends ton billet pour la fête de l’Huma, y a New Order qui joue, ça va être un concert de folaïe » je n’ai fait ni une ni deux et j’ai sorti mes 26 euros recta. J’entends déjà le chœur des censeurs s’élever : « Belle image que celle de la lonesome camionneuse qui se rend à la Fête de l’Huma comme une bobo de merde pour écouter de la new wave pourrie à peu de frais ». D’abord je vous fais remarquer que l’Huma fait faire les billets d’entrée par la Fnac ce qui veut dire qu’on est tombés bien bas, vu que leur connard de PDG au nom de pull-over de luxe s’est fait récemment séquestrer par des salariés traités comme du bétail que je ne saurais réprouver. Et puis ayant payé mon dû au Parti, aux manifs et à Jean-Luc j’en ai un peu rien à foutre de ne pas porter de pulls péruviens pour faire extérieurement  de gauche. La fête de l’Huma c’est de toute façon pour le folklore et se remplir un peu les caisses parce que franchement Bénabar et Patti Smith ne me font pas trop penser à Rouget de Lisle. Donc rien à branler (pour le dire vulgairement).

Ensuite vous aurez sans doute remarqué qu’à part Shakira et Jean-Sébastien, la lonesome camionneuse n’est pas au top de la sensibilité musicale. Elle a donc en la matière deux gourous, I. et J., dont elle écoute aveuglément les avis car ce sont des gens classe et de bon goût (et puis ils sont gentils, des fois ils acceptent de dire que Shakira c’est quand même de la grosse boulasse intergalactique) (après deux ou trois verres et une choré endiablée de la lonesome camionneuse).

Des fois néanmoins ces êtres de sagesse et de lumière sont en désaccord, mais la lonesome camionneuse ne juge point. Là, J. était outré qu’I. kiffe New Order vu que c’est selon lui hyper surfait et de toute façon ça ne donne pas en concert. Ce à quoi I. répondit que d’abord ils ne jouent jamais en concert donc faut y aller rien que pour ça et que de toute façon vu comme ils ont révolutionné l’usage de l’électro c’est vraiment fort de café de la part de J. que de prétendre que c’est que de la new wave attardée vu que ces gens ont quand même vachement inspiré Hot Chip que J. aime bien (vous aurez remarqué que j’essaie d’apprendre les expressions par cœur pour les ressortir en société et briller en me jouant, mais je ne suis pas sûre de maîtriser à donf). Bref, y avait débat.

La lonesome camionneuse aimant ses amis avec équanimité, elle n’a pas pris position et s’est dit que tout ça se réglerait en battle de karaoké. En attendant, elle a pris son billet parce que de toute façon c’est un truc de la hypitude et que la hype est son idéal dans la life. En plus on y mange des saucisses à bas prix, à la Fête de l’Huma… et puis ON PEUT Y CROISER JEAN-LUC M. (ce qui n’est pas à négliger).

DAY ONE – VENDREDI SOIR

Comme dit I., parfois les vendredis sont les samedis dont on a toujours rêvé (pertinente réflexion). On était plutôt pas mal niveau bonnassitude et gauchitude avec A., I. et R. mes copines trop cool du 18eme, et on a été bien contentes d’arriver coolos à La Courneuve avec tous nos potes du RER (moi j’aime la banlieue) (enfin je fais une thèse dessus) (alors là elle commence à me courir un peu sur le ciboulot mais je me soigne). Ce qui est bien c’est qu’outre le niveau élevé des réflexions politiques, il y a plein d’objets caloriques pas chers, et avec le mojito-barquette de pâtes carbo à 5 euros inutile de vous dire que c’était bien parti. Après quelques débats très pertinents sur les plans de drague des différentes protagonistes (pourquoi les gens me demandent-ils mon avis alors que je suis la plus grande quiche de l’univers en la matière ?) (encore un mystère plus profond que le cosmos), on est allées danser sur New Order qui quoi qu’on en dise est plutôt de la bonne came pour danser sauter dans tous les sens. Et puis les concerts en plein air c’est quand même mieux quand t’es claustrophobe, HEIN. Du coup y avait un gars qui cherchait un tire-bouchon.

En sortant on a entendu du ska bien dynamique qui sortait du stand du PC de Bagneux, donc avec les mojitos pas cher on s’est dit que ça ferait une halte sympa avant le dernier RER qui partait à minuit (banlieue pourrie). Évidemment un ska entraînant un reggae entraînant Barry White entraînant Michael entraînant un reggaeton entraînant une conga entraînant J-Lo entraînant le pogo entraînant Antisocial on est restés jusqu’à 2 heures du mat’.

I., pleine de cette fougue de la jeunesse que la lonesome camionneuse a hélas laissé derrière elle depuis bien des années, était en mode reine de la drague pendant que la lonesome C. prenait des notes pour la prochaine fois (de prochaine fois en prochaine fois on n’est pas rendus, mes braves). Y faut dire que quand un mec vient lui expliquer que le problème du communisme c’est que des gens l’ont perverti et que de toute façon ça n’a jamais marché même à Cuba et qu’on voit bien ça dans Land and Freedom de Ken Loach même si il faut savoir qu’il y a l’humour de Ken Loach, la lonesome camionneuse trouve la vie un peu rude parce que là honnêtement c’est même pas la peine de répondre gros lourd tu veux me donner des leçons sur les conflits entre le PC et le POUM pendant la guerre d’Espagne tu m’as prise pour une conne parce que j’ai un perfecto en cuir blanc  (cette veste est en effet magnifique) (hu hu hu) ?? Fais gaffe parce que si tu me parles du Livre noir du communisme ou du Passé d’une illusion (qui m’ont l’air un peu compliqués pour toi cela dit) ça va chier DES BULLES CARRÉES. Parfois un bon vieux conservateur à cigare avec sa chemise bleue à col blanc vaut mieux que l’insignifiance sociale-démocrate. Ouais, je m’énerve. C’est quand même pas Dieu possible ce degré zéro de la réflexion.

Enfin. La fête perdant de son mordant et la réflexion de sa hauteur, la troupe des braves du 18ème, augmentée de quelques soldats de passage, s’est mise en branle vers Paris et le mur des Fédérés le bus de nuit. On a un peu erré en cherchant la sortie jusqu’à ce que la lonesome c., guidant le peuple, aie l’idée lumineuse de sortir de sa poche le plan qui y était depuis le début quand des gens en maraude ont demandé où se trouvait le Pays Basque (500 km au Sud-ouest, à vue de pif). Dans le bus et la chaleur humaine (curieusement un second bus juste devant faisait le trajet à vide) (y avait un léger problème de mécanique des fluides) on a joyeusement chanté des chansons à boire puis R., qui est une warrior de la drague par la gauche, a lancé l’Internationale, ce qui est bien joli sauf qu’on n’arrive jamais à se souvenir du deuxième couplet.

DAY TWO – SAMEDI

Foule, littérature libertaire, potes, syndicalisme, porto en quantité, centralisme démocratique, saucisses-frites-ketchup, éducation, crêpes au nutella, Jean-Luc M., soleil, non au traité européen, rouge, féminisme, miel de châtaigne, chansons.

Qu’est-ce que c’est bien quand on est chez soi.

DAY THREE – DIMANCHE

Planquée dans la cabine du monster truck, la lonesome camionneuse pionce au soleil.

Quand je pense qu’il y en a qui vont aux journées du Patrimoine.