La loose du printemps

« Les filles sont jolies dès que le printemps est là » Permettez-moi d’opposer un mouais dubitatif et retentissant à cette assertion de Joe Dassin, dont le moindre mérite n’est pas d’avoir été le chanteur le plus swing de mon enfance sexe drogue et rock’n roll fleurs bleues livres et musique sacrée. Certes, la libido de l’être humain se réveille à l’appel du soleil, des fleurs et des cui-cuis, mais c’est bien plutôt malgré toutes ces petites choses qui font qu’au printemps t’as plutôt tendance à avoir une tête de cul une apparence intéressante.

Bref, tu sais que c’est la loose du printemps quand :

Reiser a coté du bonheur

C’est la demi-saison, donc censément tu devrais mettre un demi-manteau. Hélas, ça n’existe pas, sauf si t’es Saint Martin de Tours, le mec tellement généreux qu’il file la moitié de son manteau au clodo du coin, parce que tout le manteau faudrait pas pousser mémé dans les orties non plus. Donc tu pleures ta mère quand Joël Collado t’annonce qu’il va faire beau, mais frais. Ce qui objectivement est un peu le top de la météo, vu que comme t’es une fille super chiante sur les températures et plus frileuse que la princesse Badroulboudour t’aimes ni la froidure ni la chaleur. Mais n’empêche que ça veut dire 3 heures devant ton porte-manteau pour finir par un résultat piteux: tu vas suer ta mère ou avoir l’impression que ton trench n’est qu’une immense trouée ouverte au vent. Insoutenable légèreté du trench.

N’oublions pas que, avec les jupes courtes, voici venir la nécessité de l’épilation. Dure loi de l’arrachage de poils.

Autre réquisit vestimentaire du changement de saison, le changement de chaussures : à nous les ballerines et autres escarpins claquant gaiement sur le pavé. Hélas, trois fois hélas, à changement de pompes, éclosion d’ampoules ! Sur les plaies meurtries de tes pauvres pieds, la pharmacienne fait fortune de pansements vendus à prix d’or pour soulager à tout prix tes arpions.

Arrivée du soleil, pic de pollution, que sais-je ? Le printemps rime hélas trop souvent avec la floraison de pustules sur ton beau visage de madone, qui se réfère alors plus à un champ d’obus qu’à une jonchée de roses. Le scrofule pullule, vive le fond de teint.

Cruelle nouvel, désappointement médicinal, tu chopes le rhume des foins. De quoi s’agit-il, ô mortels insoucieux, ô lecteurs ignorants ? Il s’agit, je vous le donne en cent, je vous le donne en mille, d’une allergie au pollen. Moi qui, depuis plus de trente ans, foule la terre avec insouciance en pensant chaque printemps attraper un coup de froid, voilà que j’apprends avec stupéfaction et saisissement que je suis allergique. Hélas, oï, opopoï, larmes et exclamations, car ce trait corporel est considéré familialement comme une faiblesse de la chair, un inexcusable laisser-aller. Oui, le printemps fait de toi un allergique, un damné de la terre. Je ne me moquerai plus jamais de l’allergie de mon oncle aux fruits à noyaux crus, découverte sur le tard : telle Saint Thomas, je crois, maintenant que j’ai touché du doigt nez. A toi la gloire, anaphylaxie.

Pour finir, la saison de foot touche à sa fin, le PSG a perdu face à la troupe de bouteilles en plastique rose la plus lamentable de l’histoire, on ne fera pas le doublé coupe-championnat, et ça mes amis, c’est grave la loose.

Mais c’est pas si grave, parce qu’au printemps, Paris, quand même, est vraiment magique.

Paris est magique

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