De Saint-Tropez

Oui, elle l’avoue sans honte, la lonesome camionneuse a passé une semaine de vacances à Saint-Trop’. Et pas pour tracter pour la suppression de l’héritage, même si c’est vrai qu’elle en ressort plus convaincue que jamais sur ce point. Le monster truck retournera à la poussière, quand la lonesome camionneuse ne sera plus, ses héritiers seront le vent et le sable. Enfin, elle a cédé temporairement aux sirènes des vacances 100% farniente dans un endroit paradisiaque (je ne parle pas du centre-ville de Saint-Tropez, qui s’apparente au deuxième cercle des Enfers où les luxurieux sont ballotés par le vent) (je veux parler de la maison de rêve où ma super copine L., que le Grand Camionneur la bénisse, m’a invitée pour contempler la mer en buvant l’apéro), car sa mission d’exploration sociologico-bouffonne du monde qui l’entoure ne s’arrête jamais. Et puis bon, ça lui rappelle quand même cette série mythique de sa jeunesse enfuie, Sous le soleil, où trois pouffes passent de mec en mec au son du synthé, dans une saine atmosphère de villas à 10 millions où les piscines à débordement dominent la mer (quand même, quand elles sont au chômage, elles doivent renoncer à la piscine). TF1 tu sais vendre du rêve. Faut dire que c’est très joli, Saint-Tropez, mais le problème c’est un peu les gens qui sont dedans (un peu comme Paris quoi, let’s face it).

D’abord, des gens y a beaucoup beaucoup beaucoup. Moins fin août que début, y paraît, mais moi je dis : agoraphobes abstenez-vous. Et puis cette odeur de monoï et de parfum Shalimar qui flotte sur les vieilles peaux oranges à force de bronzage, c’est un peu écœurant. Les gens qui fréquentent Saint-Trop’ l’été sont légèrement dans le paraître à 3 chiffres et plus. Jamais vu autant de shorts Isabel Marant en circulation (la subtilité c’est que c’est vendu 200 euros alors qu’y a pas de coutures) (c’est vachement du solide, HEIN) (merci à E. la reine de la mode qui m’a expliqué ces subtilités) (moi je dis, une fringue doit être increvable comme une jeep, sinon what’s the point) (je ne porte que des salopettes en jean). Évidemment, la ray-ban et les seins refaits fleurissent à Saint-Tropez avec plus d’exubérance que le chiendent sur un talus. Le nombre de couples où la différence d’âge fait un peu couiner la protestante qui sommeille en moi ne se compte même plus (et je ne parle pas de 20 ans, les enfants). Beaucoup de Slaves blondes à jambes interminables et pommettes très dessinées (je les hais) (elles sont bien trop belles pour la santé). Le soir (on y a posé un pied une fois pour l’apéro après une balade le long de la mer) (sinon c’est juste PAS TENABLE), les femelles en rut (je ne vois pas d’autre explication) se parent de fringues suggestives (dans le meilleur des cas), de sandales Jimmy Choo, de bijoux Cartier et de pochettes en strass (eh meuf, t’es en vacances là, lâche-toi un peu la grappe) ; les hommes machines à fric s’attifent de blanc et de gomina. Bref, ça brille dans le noir. C’est bling.

La société ambiante n’est donc pas spécialement chic et discrète, forcément si tu viens pour être vu mieux vaut placer plusieurs panneaux clignotants autour de toi. Le problème c’est que comme ces gens ont l’air de manquer un peu d’imagination, ils compensent leur manque d’originalité par la taille des panneaux, id est de leur véhicule. Le Tropézien d’été est très motorisé, sur terre, sur mer ou dans les airs. Fast and furious mais dans les embouteillages (forcément, comme y a BEAUCOUP de monde dans un PETIT endroit, ça génère de la CONGESTION). Le véhicule le plus prisé est la Méhari, une étrange voiture basse de plafond que je prenais pour une voiturette de golf quand je regardais Sous le soleil (la voiture de Jessica, les gens, souvenez-vous…). Viennent ensuite pêle-mêle Porsches et Ferraris, en nombre plutôt délirant. La lonesome camionneuse n’aime pas être dans le jugement, mais le monster truck se sentait agressé par ce m’as-tu-vu véhiculesque. Ca donne vraiment des envies de reprendre le flambeau de Walter Sobchak (The Big Lebowski, un des plus grands films de l’histoire de l’humanité) (où Jeff Bridges démontre avec brio qu’on peut être d’une sexytude torride en pyjama rayé et claquettes de piscine) (remballez les ray-ban les gars !). Evidemment, on ne compte plus les yachts qui passent leur temps à faire des aller-retour entre Saint-Trop’ et la plage de Pampelonne à Ramatuelle, vous savez, là où Rihanna montre ses seins (il faut payer pour voir, je vous rassure), et à leur poursuite les nombreux hélicos de paparazzis, qui butinent de temps à autre de chaloupe en chaloupe pour checker où se nichent les stars. Pas bon car ça fait plein de vagues et quand t’essaies juste de nager dans la mer, c’est pour ta pomme.

Mais bon, deux satisfactions sur la faune locale : comme partout y a des moustiques, et comme dans les Vosges y a plein de sangliers. La nature est équanime.

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