Noël à Pigalle

Oui, la Mère Noël existe, en tout cas à Pigalle on lui voue une dévotion sans faille.

Poursuivons notre réflexion sur le sens de la fête de Noël avec cette magnifique chanson d’Enrico Macias, qui nous rappelle que le plus important c’est de donner – et la Mère Noël de Pigalle n’hésite pas, elle, à donner de sa personne. L’esprit de Marie-Madeleine n’est pas mort.

Donnez moi de la tendresse surtout pas d’argent
Gardez toutes vos richesses car maintenant
Le bonheur n’est plus à vendre le soleil est roi
Asseyez vous à ma table, écoutez-moi
On est tous sur cette Terre des mendiants de l’amour
Qu’on soit pauvre ou milliardaire, on restera toujours les mêmes
Ces hommes extraordinaires ces mendiants de l’amour
Moi j’ai besoin de tendresse chaque jour

Donnez donnez donnez
Donnez donnez moi
Donnez donnez donnez
Dieu vous le rendra.

Nuit blanche

Nuit blanche : événement artistico-publicitaire nocturne parisien de fréquence annuelle où l’on erre de queue en queue sans arriver à se décider à piétiner 1 heure pour une œuvre contemporaine incompréhensible. En général, la nuit blanche est aussi synonyme de nuit de loose… Soit qu’on finisse par faire une heure de queue pour voir une installation bizarre, ou par perdre ses amis dans la foule, ou par traverser Paris à pied pour rentrer chez soi (ce risque de loose a néanmoins diminué grâce à une nouvelle organisation des bus de nuit depuis 2005).

Cette année je ne me plains pas : j’ai rencontré des gens très sympas, on est allé manger une glace italienne à Beaubourg et des vidéos d’un artiste colombien dans une église – moi j’aime bien l’art contemporain dans les églises, quand on ne se bouscule pas ! Et puis comme la programmation était concentrée autour de Pigalle à deux pas de chez moi, j’ai pu rentrer en métro sans problème (il circulait toute la nuit) et aller visiter des installations en rentrant directement à 3 heures du matin… mais pour les blockbusters il faut repasser, il y avait toujours 45 minutes de queue pour Boltanski.Tant pis pour lui !

J’ai pu voir

Un penseur fil-de-fériste sur une camionnette

La chute des anges du marais

Des abat-jours en sel de la mer Morte

Mais j’ai aussi cherché ce qui dans la ville nocturne laisse des traces artistiques, sans pub et sans queue, et elles sont là si on ouvre les yeux…

Une moitié écrite au néon rouge devant des miroirs aux fenêtres d’un immeuble à Stalingrad (ah, les fenêtres !)

Une bande rouge et blanche en plastique qui voltige au-dessus d’une bouche de métro

La ville rêvée, celle qu’on regarde les yeux grand fermés. Ca vaut le coup de passer beaucoup de nuits blanches.