Ma journée sans portable (et plus si affinités)

Comme quoi que le 6 février c’était la journée sans portable. Comme quoi que soi-disant la mode maintenant c’est de se débrancher (genre euthanasie, on appelle la famille, tout le monde décide d’abréger tes souffrances de légume dans le coma). Mais c’est quoi ce fascisme d’intellectuels qui n’ont jamais mis les pieds sur twitter ? Comment je fais pour raconter au monde que j’ai bouffé une bavette à l’échalote? Pourquoi je peux pas checker mon nombre de like sur facebook toutes les deux minutes ? Ca vous gêne, hein ! JE DERANGE, JE DERANGE.

Intrinsèquement et de toute mon âme je suis en effet nomophobe. Ni plus ni moins. Gérard, mon iphone, est mon ami, mon frère, mon mec pourrait-on dire. J’entends déjà des rires de pitié dans l’assistance. Mes braves petits, sachez que Gérard, sauf par la défaillance de ses batteries (nonobstant prévisible grâce à une petite icône bien pratique), est toujours au garde-à-vous pour vibrer gaiement et m’informer du nombre de buts du PSG et de l’horaire du prochain bus. Gérard n’a pas honte de moi, je peux l’habiller d’une coque rose à paillettes si je veux, il est toujours content. Eh ben aucun mec ne s’est jamais montré aussi fiable que Gérard. Je constate.

Or donc, à mon corps et mon âme défendant, je me retrouvai, par la grâce d’un zélote mû sans doute par la sainte volonté d’assurer mon salut intellectuel, un prêtre-pickpocket de la Secte des NoMo (no mobile) (nomo, bobo, Soho, allo), privée de téléphone. De téléphone, que dis-je ? De Gérard. O toi Gérard, mon fidèle ami, j’espère que tu as gardé en lieu sûr mes dédiboobs à Zlatan et mes sextos à François H ; ça n’est pas pour tous les regards ; c’est de l’art. A moins que l’opération « Voler Gérard dans la ligne 14 » n’ait été un vaste complot de la presse people pour compromettre François. Ils en sont bien capables, ces chiens galeux ! Nous le saurons bientôt.

Bref. Comme j’étais pas assurée et que j’ai pas une thune pour me racheter un iphone c’est à la mode de se déconnecter, j’ai décidé de vous livrer mon expérience, seule, sans LUI. Gérard. Adieu. Ainsi, le 6 février susdit, journée sans portable kiss my ass, je me retrouvai seule, dans la rue, SANS PORTABLE.

Que faire, que dire, que penser ? Désorientée, je cherchai à me rappeler où se trouvait la station de métro la plus proche. Mais… GPS, GPS, où es-tu mon fidèle ami ? Dans la poche de ce malotru sans doute, loin de mon absolu manque de sens de l’orientation. J’errai sans but, jusqu’à croiser une station de vélib’ où se trouvait un plan du quartier qui me tira momentanément d’affaire.

Rentrée chez moi, enfin je pus retrouver goût à la vie en me jetant sur ma ligne fixe et en me faisant consoler pendant une heure par Melle Babouchka, qui soi-disant est une sainte de me supporter mais m’inflige régulièrement de désagréables commentaires sur mes photos instagram comme quoi « c’est vraiment scandaleux de cucul la praline ». Je m’en fous ; c’est de l’art. MAIS ???? Instagram !!! Comment, je ne pourrai plus agrémenter de filtres pisseux artistiques les splendides photos de mon quotidien le trottoir de ma rue ?? La vie est bien grise, bien grise, et mon avenir de Robert Doisneau international bien compromis.

Bien. Me voici seule face à l’affreuse réalité. Gérard est parti. BON. Sachant que j’envoie 50 textos par jour en moyenne et une cinquantaine de tweets, sans compter le chat facebook et les mails, ça va laisser un vide.

ET MA MUSIQUE ??? Merde, mais attends j’ai donné mon ipod de l’an 40 à mon arrière-cousine Cindy depuis longtemps, la malheureuse était si seule dans sa cambrousse. Adieu David Bowie, Jeanne Mas, Public Enemy et Bérurier Noir. Je vais devoir me taper les inintéressants caquetages de l’humanité dans le métro. Désenchantement du monde. Je suis comme Nietzsche moi, je ne crois qu’en un dieu qui saurait danser (huhuhu) (nan mais c’est vrai quoi, moi je danse pas trop bien c’est vachement frustrant mine de rien) (je suis bien malheureuse).

Bref, l’ambiance est tendue. Témoignage. Voici, chers amis, les tweets que je n’ai pas envoyés durant cette éprouvante journée (j’aurais pu, j’avais mon ordi)(j’ai ma dignité, je les mets directement sur mon blog).

Le symbole de l'oppression

Le symbole de l’oppression

14h On a jugé bon de me délester de mon iphone. Défi relevé. Je suis au taquet.

14h15 Merde, mes contacts, j’avais pas fait de synchro. M’en fous, je ne dépends pas de la technique. Je suis libre.

14h30 C’est bon je connais les numéros de ma mère et de Melle Babouchka. La terre peut s’écrouler.

14h35 J’ai RV demain avec ma psy. A quelle heure ? Aucune idée c’était écrit chez Gérard.

14h40 C’est pas l’anniv de quelqu’un aujourd’hui ? Mais QUI bon dieu ? Déjà, il est pas sur facebook. Je cherche.

14h45 Je suis trop free, je suis prête, d’ici 2 semaines je quitte twitter et facebook les amis. Adieu, chaînes de la connectivité.

15h Pourquoi personne ne me plaint ? C’est quand même hyper dur de se faire voler son iphone.

15h10 Alloooooooooooo ?????

17h30 PANNE DE WI-FI. PLUS DE 3G. PLUS RIEN. PENDANT DEUX HEURES. L’ENFER. L’ENFER.

17h31 J’ai mal au doigt à force d’avoir rafraîchi mon écran en attendant que l’internet revienne.

17h33 Le monde est injuste. Personne ne m’aime.

17h34 Personne ne like rien, personne ne RT, personne personne personne.

17h36 Sortir acheter une baguette pour avoir un contact humain, ou attendre devant mon écran de voir un signal rouge sur fb ?

17h40 Si ça se trouve quelqu’un m’a invité par texto à la soirée où se rend l’homme de ma vie ; je ne le rencontrerai jamais.

17h42 Le téléphone pleure.

17h45 Je vais porter plainte. Salaud de voleur de Gérard. Qu’on le pende par les parties génitales à un portique breton.

20h Par les couilles du grand mogul, heureusement qu’ils ont BFMtv au commissariat. Quand je pense qu’il fut un temps où je lisais des livres.

20h10 Et comment je chronomètre le temps de cuisson de mes pâtes moi ?

20h15 Je vous raconte pas tous les instas que vous avez ratés aujourd’hui ; les portes du commissariat étaient tout à fait esthétiques.

20h20 Comment peut-on attendre d’une artiste qu’elle fasse son travail sans iphone ? Soyons réalistes.

20h25 POUR UN IPHONE OFFERT A TOUS LES CITOYENS. Et surtout moi. Je vote pour ça aux municipales.

21h Ennuyeux : impossible de regarder une série en streaming et de chatter sur fb en parallèle ; de twitter non plus.

21h30 Melle Babouchka prétend que je suis dépendante et que je fais une montagne d’une taupinière.

21h35 N’importe quoi. J’ai passé qu’1h30 au téléphone pour me plaindre en plus. Elle est injuste.

21h40 Je vais appeler ma mère pour me plaindre encore un peu.

22h10 La ligne est rétablie, je peux réenvoyer des textos !!!!!!!! MERCI GRAND MOGUL.

22h15 Le T9. Le T9. MAIS BON DIEU COMMENT VEUT-ON QUE JE VIVE AVEC LE T9 ?

22h20 Je mets 30 minutes à écrire un mot. Sauvez-moi.

22h25 Je tapote dans le vide. Gérard n’est plus là. Son petit corps anguleux me manque.

22h30 Où est ma peluche ?

Non vraiment, je crois que cette cure sans smartphone va me faire LE PLUS GRAND BIEN. Wish me luck.

L’iphone, l’index et les oiseaux / The iphone, the forefinger and the birds

Chers merveilleux amis et lecteurs, vous vous demandez sans doute pourquoi ce blog extraordinaire et mirifique a été un peu mou du genou ces derniers temps… (ou vous n’en avez rien à foutre d’abord, mais bon, faisons comme si ça vous passionnait). D’abord non ce n’est pas parce que je suis en vacances, mais plutôt parce que j’essaie de bosser. Mais avouons-le en toute franchise, en vérité mon âme a été corrompue par un objet diabolique, je veux nommer l’iphone.

Je veux bien sûr remercier du fond du cœur mes amis pour ce superbe cadeau d’anniversaire, qui a créé chez moi une addiction totale et malsaine aux applications hyper utiles dont l’apple store nous abreuve. Bon d’abord, un constat : l’iphone 4 te rend cool (même si t’es pas tout seul non plus, hein !) et je me sens encore plus cool vu que j’ai le modèle blanc, plus rare et « plus féminin » dixit le vendeur de téléphones – en même temps, OK Darth Vador est en noir mais les stormtroopers sont bien en blanc non ? Le blanc est la réunion de toutes les couleurs, le noir est l’absence de couleur. Je n’en conclurais pas que ces non-couleurs sont sexuées.

Ensuite, une fois que tu as l’iphone, tu le kiffes grave et vite fait – même si j’arrête pas d’interrompre mes appels parce que comme le truc tactile ça te met inopinément le haut-parleur ou autre en marche pendant la conversation. Sur une suggestion d’un ami qui me veut du bien, j’envisage donc de me raser les cheveux sur un côté de la tête pour conjurer ces désagréments. Ainsi que de porter mon téléphone en permanence autour du cou pour écouter tranquillement ma musique et prendre des super photos (toutes choses qui sont le but de mon existence).

Oui, l’iphone fait tout, il sait tout, et surtout… il a de noirs secrets (tiens, noirs !) enfouis dans les profondeurs des applications de jeu. J’en veux pour preuve un jeu maléfique que m’a conseillé mon rusé cousin (sans doute inspiré par mon aptitude naturelle à la glande) : j’ai nommé Angry birds, le jeu de la mort sur lequel j’ai passé quelques dizaines d’heures à peine la semaine dernière. Eh ouais. Tout ça sur un minuscule écran tout gras de traces de doigts (que je protège amoureusement avec un film transparent of course). Paye tes 79 centimes et c’est parti ! Le but de ce jeu idiot mais néanmoins absolument envoûtant : catapulter des oiseaux pour faire exploser des têtes de cochons verts. Pourquoi ? Parce que les têtes de cochons ont volé leur œufs aux oiseaux, qui sont donc en colère (mais pas verts de rage, bizarrement – ils sont bleu, blancs, jaunes, rouges ou noirs – et pourtant non sexués). Tout ça sur fond de musique électronique survoltée et surtout de rire sarcastique des cochons verts, qui se foutent de ta gueule quand t’arrives pas à les buter – ce qui te donne encore plus d’envies de meurtre. Le pire c’est les grosses têtes de cochon vert à moustaches oranges avec un petit air de José Bové : sus au poooooooooooooooorc !!!!

Ne croyez cependant pas que ce jeu soit facile : certaines étapes nécessitent une capacité exceptionnelle de visée et un index particulièrement précis. Contrairement aux cochons verts, nous ne finirons pas avec une tête seule, mais comme un gros index couché sur le canap’ et navigant d’application en application.

Bref, l’iphone n’aurait-il pas pour but secret de nous rendre ridicules et oisifs ? En même temps, n’étais-je pas déjà un être profondément ridicule et oisif ? Les qualités ontologiques de l’iphone sont un mystère encore insondé par nos philosophes – mais que font les penseurs ?

Oh tout ça me fatigue les méninges, et puis j’ai un niveau d’angry birds à finir : je vous tire ma révérence !

Dear friends and wonderful readers, you probably ask yourselves why this extraordinary and fabulous blog has been a little phlegmatic lately… (or you really don’t give a shit, but let’s pretend you’re fascinated). First, no it’s not because I’m taking holidays, but rather because I’m trying to work. But let’s confess it very straight; in truth my soul has been corrupted by a diabolical object, which is called the iphone.

Of course, I want to thank my friends with all my heart for this lovely birthday present, which generated my total and unhealthy addiction to the very useful applications dumped on us by the apple store. First of all, the record: the iphone 4 makes you cool (even if you’re far from being the only one!) and I feel even cooler given that mine is white, more unusual and “feminine” or so said the mobile phone salesman – well, in the same time, Darth Vador is certainly in black but the stormtroopers wear white, so what? The white is the reunion of all colours; the black is the absence of colour. I won’t conclude that these non-colours are sexed.

Then, once you’ve got the iphone, you like it a lot very soon – even if I have problems calling people because the tactile screen puts the loudspeaker or else on during the conversation. Following a suggestion by a friend who wishes me well, I’m considering shaving my hair on one side of my head to banish these inconveniences. And also holding permanently my phone around my neck to listen to my music and take nice photos (all things that are the very aim of my existence).

Yes, the iphone does everything, and above all… it has dark secrets (hey, dark!) buried in the depths of the game applications. As a proof, I will mention a maleficent game advised by my crafty cousin (doubtlessly inspired by my natural aptitude for loafing): that’s to say Angry birds, a super killer game on which I’ve spent only dozens of hours last week. Yeah. All that on a tiny screen fatty from finger marks (that I protect lovingly with a transparent film, of course). You pay 79 cents and let’s go! The aim of this stupid but nevertheless spellbinding game: to catapult birds on green pigs’ heads to explode them. Why? Because the green pigs’ heads stole eggs from the birds, who are therefore very angry (but not green with rage, quite strangely – they’re blue, white, yellow, red or black – although not sexed). And with all that a highly charged electronic music and above all the sarcastic laughter of the green pigs who are making fun of you when you fail to kill them – which make you feel like killing somebody. The worst are the big green pigs’ heads with orange moustaches vaguely looking like José Bové (a famous French ecologist who looks himself vaguely like Asterix): down with the piiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig!

However, don’t believe that this game is easy: some steps require an exceptional ability to aiming and a particularly precise forefinger. Unlike the green pigs, we’ll not end with an head alone, but like a big forefinger lying on the couch and surfing from app to app.

In short, wouldn’t the secret aim of the iphone be to make us both ridiculous and idle? In the same time, wasn’t I already a profoundly ridiculous and idle being? The ontological qualities of the iphone remain for now an unfathomable mystery for our philosophers – but what are the thinkers doing?

Oh, and this is very tiring for my brains, and I have a step of angry birds to finish: I bow  to you before leaving!