Des cadeaux de Noël

Période dangereuse, sables mouvants du jeu familial, Noël arrive, jouez hautbois résonnez musettes (c’est un petit hautbois FYI, très chic dans les soirées mondaines, la guitare c’est so 1990s). Déjà tu vas bouffer dix fois ton poids en beurre (en huile d’olive si tu es originaire du sud de la Loire) et en sucre en l’espace de trois jours, ce qui va soumettre ton corps à de rudes combats digestifs. Et c’est dans cet état de délabrement stomacal et psychologique que s’organiseront de sains et joyeux rapports familiaux. Et surtout que se dévoilera la Menace fantôme, le Côté obscur, la mithridatisation de toute humanité, les CADEAUX. Passons sur ma ferme conviction que la croyance en l’existence d’un obèse pépé alcoolique en rouge ne change rien à la question, voire même l’aggrave (oui les enfants: LE PÈRE NOËL N’EXISTE PAS et merci bien).

Moment critique critique dans toute relation humaine comme l’a bien dit Marcel Mauss, l’homme qui marcha avec des talons pour comprendre les femmes (gros respect Marcel), l’échange de cadeaux incarne particulièrement la moisissure ultime de notre merveilleuse économie de marché et société de consommation. Je possède donc je suis.

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(Attention: ce n’est pas parce que je critique que je ne veux pas de cadeau, merci de bien comprendre la nuance entre ma position d’intellectuelle distinguée et mon appétence personnelle pour les cadeaux, liée à une petite névrose de rien du tout, et merci bien) (personnellement je prétends d’ailleurs faire des cadeaux de la boulasse intergalactique, tout simplement. JDCJDR, bande de petits chanceux).

La problématique du cadeau est nonobstant complexe. Tout un chacun y a été confronté grâce aux belles valeurs de l’Occident chrétien moulinées à la sauce du crédit et de la publicité (c’est clair que Jésus aurait été grave au taquet sur le coup, je pense qu’il aurait offert des chameaux en masse à son entourage pour les empêcher d’entrer au royaume de Dieu, parce que bon chacun pour soi et Dieu pour tous, à la fin). Offrir à des chiards pourris gâtés une énième connasse blonde de Barbie infirmière maquillée comme un camion volé ou une voiture de sport (qu’on m’explique un jour le rapport de la voiture avec le sport??) télécommandée, voilà qui fait mal au cul, reconnaissons-le. Surtout après tous ces kilos de dinde farcis dans l’estomac. Bien ouéj, tu vas en même temps contribuer un peu plus à la lobotomisation du cerveau d’un gosse innocent (quoique bruyant et mal élevé) (ne nous voilons pas la face, cela arrive plus souvent qu’on ne le voudrait) (quant à moi je les élèverai au knout), et enrichir en y engloutissant un quart de ton salaire des multinationales du plastique qui payent un euro par mois des enfants chinois à fabriquer l’objet.

Toute résistance est inutile, petit cornichon.

Toute résistance est inutile, petit cornichon.

Comble du comble, le damné chiard récepteur de cadeau ne faisant pas encore partie de la vaste masse salariale exploitée (car l’Occident a encore des lois sur le travail des enfants le dimanche), il ne t’offrira rien en retour. Petit profiteur. Heureusement, tout le monde ne fait pas des enfants, ce qui préserve quelque peu ton porte-monnaie. C’est alors que tu rentres dans le système du don / contre-don. Barbie vs Batman. Le FIGHT sous le sapin. Nous voilà partis dans un jeu subtil dont les règles sont impitoyables (et tout un chacun me connaissant un peu s’accordera à reconnaître que la subtilité n’est pas mon fort. C’est donc la mé-merde).

Le cadeau sadique. Apparemment sympathique et bien intentionné, c’est le cadeau qui va te faire pleurer des larmes de sang, tout en mettant le doigt sur tes faiblesses les plus profondes. Genre, un abonnement au Club Med Gym. Un saut en parachute. Une place au concert de Michel Sardou (sadisme suprême, car bien sûr tu vas y aller, une cagoule sur la tête, tout ça pour finir au poste après avoir biffé ta race sur Les lacs du Connemara). Quand tu penses que tu as offert à ce salopiaud les oeuvres complètes de Saint-Just. Il y a des gens qui ne méritent pas l’or qu’on leur met entre les mains.

Le cadeau indécent. Ennuyeux, car tu as pour ta part acheté un savon à 5 euros au salaud qui t’offre un ipad. Bon. Le message est clair: tu es une lorette. Tu vas devoir lui donner ton corps ou garder ses gosses pendant cinq générations. Accroche-toi au pinceau j’enlève l’échelle. En plus on ne peut pas dire que l’ipad te fasse kiffer ta race non plus. Enfin, ça se revend pas mal sur ebay. Ou bien, cela te consolera peut-être un peu de la perte de Gérard, ton défunt iphone bien-aimé. Le monde est si éphémère. Notons également le cas du cadeau indécent ET ignoble. Même un sac Chanel peut être dégueu. On atteint là au degré des larmes de sang.

Le cadeau de merde. En général, ce cadeau se révèlera à la fois cheap et de mauvais goût. Genre un nain de jardin en plastique. Bon, tu ne peux pas trop faire la fine bouche vu que c’est à peu près le genre de cadeaux que tu fais toi-même, tout en étant persuadée d’avoir vachement réfléchi et personnalisé le truc. Quelque part tu n’as que ce que tu mérites. Mais quelque part, ça fait te fait vraiment grave chier. (NDLR Oui je suis une pute radine et amorale)

Et si vous voulez VRAIMENT aller jusqu'au bout de l'idée, vous pouvez télécharger des papiers cadeaux opportuns ici - Par Golem13

Et si vous voulez VRAIMENT aller jusqu’au bout de l’idée, vous pouvez télécharger des papiers cadeaux opportuns ici – Par Golem13

Le cadeau plus original tu meurs. Ooooooh merci Jean-Jacques, le DVD de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu! Tu as passé du temps sur la page d’accueil d’amazon dis-moi, petit canaillou! Enfin, en tout cas je ne l’ai pas, c’est toujours ça de pris. Par contre, je ne pense pas pouvoir le revendre sur le bon coin, c’est un peu mainstream quand même, Jean-Jacques, encore un petit effort!

Le cadeau totalement à côté de la plaque. Le dernier bouquin de Zemmour, voilà voilà voilà, merciiiii. Mais l’ennui c’est que tu sens que le gars a vraiment fait un énorme effort de concentration pour te le choisir (« J’ai remarqué que tu t’intéressais beaucoup à la politique« ). Sauf que là vraiment, non, il n’a rien compris. Bon sang, mais quelle est l’image que tu donnes en société? Tu appelles direct ton psy pour un rendez-vous en urgence.

Le cadeau DIY. Oui je crains que la propension à fabriquer d’ignobles lampes à papier mâché ne soit plus l’apanage des enfants de maternelle, mais que cette tendance soit devenue bobo à mort. Attention les yeux. Tu vas te retrouver gâtée comme pour la fête des Mères, sauf que t’en as pas. D’enfant. Tu as des amis. Branchés. Et un collier en nouilles. Je préconise dans ce cas la technique de ma grand-mère, à qui on offrit un jour une croûte ignoble déparant sa collection de toiles: invitations dispensées au compte-goutte au couple donateur, et branle-bas de combat pour installer ladite croûte bien en vue sur le mur du salon le jour J. Technique dite du « musée des horreurs à géométrie variable ».

Munis de cette petite classification, il s’agit maintenant pour vous d’adapter vos cadeaux selon le principe de la riposte graduée. D’abord, anticiper qui va faire quel type de cadeau, et ensuite bam! surenchère. Ou alors faites comme moi et choisissez le cadeau de merde, qui couvre d’avance toute éventualité. Moins le cas d’un cadeau adapté et qui fait plaisir. Bon, là, vous êtes dans la bouse. Bonne chance.

Des jeux vidéos

Et merde me dis-je, seule face à mon ordinateur et la tête dans le cul, voici bien longtemps que je n’ai pas écrit sur le blogue. Mais quoi dire ? A part disserter de mon immense perfection, du mauvais goût des hommes en la matière et du retour du fucking Winter et en plus sans saison de Game of Thrones, j’ai envie de vous prévenir, c’est pas l’éclate.

Heureusement, une riche polémique se développe (s’est développée, j’ai tellement grave la flemme que ça fait deux semaines que j’aurais dû finir ce riche et substantiel article, mais bon ça va bien, et merci bonsoir), polémique sur laquelle j’ai un avis tout à fait ferme et circonstancié, d’autant que je ne connais absolument rien à l’affaire. C’est bien logique : les media sont l’affaire de tous et Kim Kardashian est le nouvel Albert Londres, je ne vois pas pourquoi je me gênerais merci bisous lol. En plus c’est pas comme si je parlais de la guerre en Syrie non plus, de toute façon ils crèvent tous on ne sait pas trop pourquoi et on va pas arrêter de bouffer des chocopops pour autant. (Pardon j’ai l’esprit mal tourné)

Mais de quoi parlais-je ? Ah, la polémique. Cruciale, en effet, vitale, BIOTIQUE même. C’est pas ici qu’on va s’emmerder avec des conneries, ici on est dans l’être, ici Nietzsche tient boutique, ici ça dépote des cannettes. POWERFUL STUFF mon pote.

La polémique, donc, traite de jeux vidéos et plus précisément de cette affaire Assassin’s Creed pendant la révolution française. Bon. Je ne commente pas le fait que le jeu s’appelle Le credo de l’assassin. Après tout c’est le principe de nombreux jeux et grand bien leur fasse. Personnellement je n’ai quasiment aucune expérience de la chose, ayant grandi sans télévision. Mais enfin j’ai vu ExistenZ (excellent film huhuhu) et surtout surtout mon bon pote de 3ème m’avait installé sur l’ordi du salon (WINDOWS 95 ! Te souviens-tu, ami trentenaire ? Cette petite fenêtre qui bougeait tandis que tu attendais que le système se charge, approximativement une demi-heure… ah la jeunesse !) le bon vieux jeu de Doom. Le principe : tu es le Marine le plus endurci de la planète (genre, t’as du titane à la place des biceps, tout à fait moi, le jour où j’ai essayé de soulever un fusil je me suis fait une luxation de la hanche mais JDCJDR) et tu débarques dans une station spatiale où tous les mecs sont infectés d’un virus malveillant. Donc, tu butes tout ce qui bouge. Enfin moi je tirais plutôt dans le plafond, vu que je sursautais à la vue de chaque truc qui bougeait. Ouais ok, j’étais plutôt une grosse quiche. Et il est POSSIBLE que je sois mauvaise perdante.

En tout cas je peux dire, je le crois, que qui a joué à ce jeu a tout capté au principe (bien que je considère n’être qu’une immonde néophyte comparé aux gamers ; seulement l’ennui c’est que ça m’emmerde : trop long – étant donné mon niveau minable, pour un résultat trop certain, un joyeux bain de sang qui t’emmène vers l’horizon. Been there, done that, got the t-shirt, et en plus je vise comme une chaussette sous coke).

Me revient aussi le souvenir un peu paniqué du spectacle de mes cousins en train de taper frénétiquement sur leur manette (ça s’appelle bien une manette ? enfin le machin qui sort de la console, là, avec les boutons impossibles à maîtriser) en jouant à Super Mario (un PLOMBIER qui doit sauver une PRINCESSE en AVALANT DES PIECES)(JDCJDR MAIS MERDE). D’une part (pardonnez-moi les garçons, je vous respecte), cet objet me semblait assez masturbatoire et par là-même, suspect : sans déconner, taper sur des boutons, ça peut faire kiffer A CE POINT ??!? (oui je sais Il tape sur des bambous et c’est numéro un).

Arrête ton char Ben-Hur.

Arrête ton char Ben-Hur.

Nonobstant, quelques avantages sont à noter. Déjà t’as l’impression d’être un gros dur qui se fait respecter dans la street, donc bon c’est clair que si t’as des muscles de poulets et la dégaine d’un loser, je comprends que t’aies envie de passer ta journée à buter des zombies virtuels. Ensuite, pas besoin de s’emmerder à discuter : tu tires dans le tas, et bam. Même Vin Diesel n’est pas aussi fort niveau diplomatie ; et pourtant c’est pas un minable, surtout avec ses petits marcels blancs, hmmmm. Plaisir intense de la transgression morale. Il est également possible que tu finisses seul sans ami. Le monde est cruel.

Enfin bref, de toute façon il paraît que le meilleur jeu vidéo de tous les temps c’est TETRIS. ALLO LA POLICE ?!??? Tétris ? sans déconner. Faut vraiment avoir envie de se vider la tête. Ah, c’est l’objet ? Tant mieux. Personnellement, pour me vider la tête, faudra y aller à la louche à double tranchant, je le crains. C’est pas ces petits carrés qui me font peur. C’est comme le sudoku. LE SUDOKU. Tout est dit.

Mais, notre mouton assassin s’est perdu en chemin. Assassin’s creed, donc. Le but de l’affaire est que vous, le héros du jeu, devez buter un certain nombre de keums et de keufs (c’est vachté scénarisé sa mère) dans le Paris révolutionnaire. Même les tueurs ont besoin d’exotisme historique. La polémique fut initiée, pour changer, par notre cher Jean-Luc M, qui a des bons côtés mais pas mal de relous aussi, il faut bien le dire. En effet, ce jeu, en soi tout à fait inintéressant, se la pète qu’il se passe pendant la Révolution MAIS qu’il s’en fout comme de l’an 40 (bim ! expression utile ! je vous laisse chercher sur wikipédia ça permet toujours de briller dans les soirées). Or donc, c’est quand même un peu pousser mémé dans les orties. Les gars sont blindés de thunasses sa mère et ils sont même pas foutus de sortir quelques euros pour payer un historien spécialiste (je vous garantis, l’historien n’est pas cher sur le marché en ce moment), déjà ça te la fout mal : genre la Bastille encore debout alors que Ah ça ira ça ira on l’avait détruite dès 1789. Bon. Ces bas détails pratiques n’ont qu’une importance pour les esprits faibles.

Ouais, c'est vrai, pourquoi?

Ouais, c’est vrai, pourquoi?

Non, ce que JL dénonce, et je ne peux que le suivre, c’est que nom d’un petit bonhomme, faut pas déconner, les Révolutionnaires n’étaient pas des buveurs de sang qui violaient les femmes et mangeaient les petits enfants. Hélas oui, c’est un peu ce qu’on raconte dans les programmes scolaires : et je ne dis pas merci à notre ami François Furet, qui a réussi à faire percoler dans les esprits que Robespierre c’est Staline en puissance (bing ! référence aristotélicienne merci bonsoir). Et Napoléon c’est Bisounours. Marx aussi c’est Staline, bien sûr. Et Cavaignac c’est Casimir. Déjà que les historiens coûtent pas cher, mais merde, ce serait pas mal que les trois pékins qui font les programmes les lisent, pas seulement UN écrivain bien de droite. Enfin bon, JDCJDR. Je ne veux pas être dans le jugement. Mais permettez-moi de vous dire qu’un texte de Robespierre sur l’esclavage, à côté de cet enculé de Bonaparte qui le rétablit plus facilement qu’on interdit le voile à l’école, c’est pas de la gnognotte.

Certes, on s’en bat la rate, un jeu vidéo c’est pas fait pour apprendre l’histoire. Et les livres c’est chiant. Et de toute façon, qu’est-ce qu’on en a à branler de ces milliers de gens qui sont morts sur les barricades pour que vous ayez droit de glander toute la journée à jouer sur le canap’, à jouer à buter des zombies ?

Oh ben alors, je crois que j’ai plombé l’ambiance. C’est l’heure de la tisane.

WINTER IS COMING.

PS: Marie-Antoinette était bien une connasse. Oui, même si elle avait de belles robes, la bougresse.