Wandering walls and windows / Errer murs et fenêtres

Today is the opening of the Fête de l’Humanité (1), celebrated on a red poster, on a red wall, somewhere in the 13th arrondissement of Paris – and on lots of other walls in Paris.

So, I’m beginning a collection of walls’ images, like I already began to collect windows’ here and here. I’m beginning to gather walls and windows.

Because people express themselves on walls or windows.

Because people hide behind walls or windows.

Because people sell many things on walls or windows.

Because people protest on walls or windows.

Because sometimes walls are open when windows are shut.

Because walls and windows are the city’s eyes, or the city’s soul.

 

Aujourd’hui s’ouvre la Fête de l’Huma, célébrée sur une affiche rouge, sur un mur rouge, quelque part dans le 13ème arrondissement – mais aussi sur tant d’autres murs parisiens.

Donc je commence une collection d’images de murs, comme j’ai déjà commencé à collectionner des images de fenêtres (ici et ici). Je commence à rassembler des murs et des fenêtres.

Car les gens s’expriment sur les murs ou les fenêtres.

Car les gens se cachent derrière les murs ou les fenêtres.

Car les gens vendent tant de choses sur les murs ou les fenêtres.

Car les gens protestent sur les murs ou les fenêtres.

Car parfois les murs sont ouverts quand les fenêtres sont fermées.

Car les murs et les fenêtres sont les yeux de la ville, ou son âme.

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1. The Fête de l’Humanité (or, as we usually call it, fête de l’Huma – Humanity Fair) is an event organized every year by the communist newspaper L’Humanité during the second week of September in the city of la Courneuve (a working-class first suburb of Paris). It’s a political fair, where the French Communist Party and the other liberal political groups are represented. In addition to these political activities, the Fair also includes cultural and entertainment activities.

Les fenêtres – New York, Apollinaire

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Quand chantent les aras dans les forêts natales

Abatis de pihis

Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile

Nous l’enverrons en message téléphonique

Traumatisme géant

Il fait couler les yeux

Voilà une jolie jeune fille parmi les jeunes Turinaises

Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche

Tu soulèveras le rideau

Et maintenant voilà que s’ouvre la fenêtre

Araignées quand les mains tissaient la lumière

Beauté pâleur insondables violets

Nous tenterons en vain de prendre du repos

On commencera à minuit

Quand on a le temps on a la liberté

Bigorneaux Lottes multiples Soleils et l’Oursin du couchant

Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre

Tours

Les tours ce sont les rues

Puits

Puits ce sont les places

Puits

Arbres creux qui abritent les Câpresses vagabondes

Les Chabins chantent des airs à mourir

Aux Chabines marronnes

Et l’oie oua-oua trompette au nord

Où les chasseurs de ratons

Raclent les pelleteries

Étincelant diamant

Vancouver

Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit l’hiver

O Paris

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Paris Vancouver Hyères Maintenon New-York et les Antilles

La fenêtre s’ouvre comme une orange

Le beau fruit de la lumière

Guillaume Apollinaire, Les Fenêtres, Calligrammes.