Noël à New York

Rien de tel qu’un lendemain de Noël sous le blizzard, avec une bonne vieille crève, la goutte au nez et la tête comme une citrouille pour raconter Noël à New York… Tout le monde en parle (en France), de Noël à New York ! Ben oui, en France… c’est-à-dire que les habitants de New York, principalement jeunes et avec une famille qui n’habitent pas New York, s’en vont tous passer Noël ailleurs…

Par contre ils sont bien tous là pour faire les courses de Noël, c’est-à-dire que le samedi avant la date fatidique on se soulevait sur le trottoir devant le grand magasin Macy’s à Herald Square (moi j’étais là par hasard pour me rendre à Penn Station et pan ! mon agoraphobie se réveille aussitôt). La semaine avant Noël est donc remplie de gens stressés et ça ne s’est pas arrangé avec les annulations de vols vers l’Europe cette année…

Et ensuite la ville se vide…presque, car il reste les vaillants touristes, convaincus que « Noël à New York c’est génial ! » Beaucoup, beaucoup de Français dans les rues…ça m’énerve à fond moi qui essaie de passer pour une New Yorkaise avertie, j’essaie donc sans succès de me distinguer de ces vacanciers ! Une bonne petite satisfaction : assise au Shake Shack avec mon burger à côté d’une famille de ploucassiers de ma propre nationalité, qui ont tenté de poser leurs déchets sur mon coin de table (le truc infaillible des Français est de faire mine qu’ils ne comprennent pas un mot d’Anglais, ce qui est souvent vrai, pour se permettre des impolitesses notoires… Bon avec moi ça n’a pas marché), je constate justement leur nullité en Anglais, la fille disant d’un air docte à ses parents « oui tu vois on a commandé de la root beer, ça veut dire de la bière à la pression » !! La « root beer » est en réalité un soda américain dégueu à base d’herbes et de sucre, hin hin hin ! Bon, je reconnais que j’ai ri jaune car j’ai moi-même tendance à être très affirmative sur des éléments que je ne connais pas, mais je SAIS ce que c’est la root beer tout de même !

Finissons sur le sens de Noël : pour une Strasbourgeoise, qui certes déplore le flot de touristes qui envahit la ville chaque année, New York n’est tout simplement… pas à la hauteur ! Et ça ne les intéresse pas vraiment d’ailleurs puisque les habitants ne sont pas là… Très peu de décorations de Noël sauf sur quelques magasins sur 5th Avenue, et pour seul « big spot » le Rockefeller Center avec un sapin assez quelconque (je ne crois pas me tromper en disant que celui de la place Kléber à Strasbourg est aussi grand et mieux décoré), une patinoire minus et quelques anges de lumière. Le 25 décembre on s’y soulevait… Forcément, c’est la seule VRAIE décoration de Noël à admirer. Et en plus y avait pas de neige… Elle arrive le 26 !!

Ce qui ne m’a pas empêchée de passer un très beau Noël, il reste dans les cœurs plus que dans le décor !

PS: Ce texte a été bien écrit le 26 mais posté bien plus tard pour cause de flemmingite aigüe… Désolée!

Photo de mariage, Brooklyn / Wedding picture, Brooklyn

Qu’est-ce qui fait la richesse du front d’eau de Brooklyn, Queens et j’en passe ? « It’s the view », bien sûr ! Toute cette forêt de pénis gratte-ciels vue de l’extérieur produit en effet des paysages grandioses… Et c’est sur la plage du parc de Dumbo (pas l’éléphant, le nouveau quartier tendance entre les ponts de Brooklyn et de Manhattan, un ancien quartier industriel aujourd’hui totalement colonisé par les bobos, les galeries d’art et les Starbucks) que viennent se faire photographier les futurs mariés et leurs témoins, devant le symbole de la puissance américaine, la skyline, et devant le pont…

C’est un bel arrière-plan de carte postale que ce pont de Brooklyn, terminé en 1883, jeté au dessus de l’East River comme un signe d’unité entre le centre et la périphérie de la ville, unité entre l’Est et l’Ouest, le passé (les piles gothiques) et l’avenir (les haubans d’acier). D’aucuns le trouvent trop lourd, trop touristique, laid en somme. J’ai été trop émue par le paysage la première fois que je l’ai vu et traversé pour lui tenir rigueur de son allure un peu massive…

C’est aussi une jolie histoire : le premier concepteur du pont[1], John Roebling, mourut d’un accident ; son fils reprit la direction du chantier mais, sévèrement handicapé par un accident de décompression pendant qu’il travaillait, il finit le pont confiné dans son brownstone de Brooklyn Heights, surveillant les travaux à la jumelle et confiant à sa femme Emily les instructions qu’elle relayait au chantier.

Alors, bon vent aux mariés !

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What explains the rich potential of Brooklyn’s, Queens’ and so on’s waterfront? “It’s the view”, of course! All this forest of penises skyscrapers, seen from the outside, creates actually grandiose landscapes… And on Dumbo’s beach (no, not the elephant, but the new trendy neighbourhood between the Brooklyn and Manhattan bridges, a former industrial district today totally colonized by yuppies, art galleries and Starbucks) come the newlyweds, their groomsmen and maids of honor, to be taken in picture, in front of the symbol for American power, the skyline, and in front of the bridge…

This Brooklyn Bridge is a beautiful postcard background. Finished in 1883, thrown across the East River like a sign of unity between the center and the periphery of the city, unity between East and West, between the past (the gothic piers) and the future (the steel stays). Some may find it too heavy, too touristic, ugly in sum. I have been too touched by the landscape the first time I’ve seen and crossed it to hold his quite massive aspect against him…

This is also a nice story: the first engineer of the bridge[1], John Roebling died in an accident; his son took the construction over but was severely handicapped by a decompression accident while he worked on the bridge, he finished the bridge confined to his brownstone in Brooklyn Heights, watching the work in progress with binoculars, entrusting his wife Emily with instructions she conveyed to the construction site.

So, fare thee well, newlyweds!

 

1. Oui, à cette époque il y avait encore des ingénieurs aux Etats-Unis…enfin celui-là était allemand mais bon.

Yes, at this time there were still some engineers in the United States…although this one was actually… German!