Amsterdam impressions

J’écris ce post tant bien que mal, dans le Thalys qui me ramène d’Amsterdam, un peu écoeurée par la vague odeur de shit qui flotte in the air autour des d’jeuns qui sont venus faire les fous-fous depuis leur jean slim et leur mèche justin-bieberienne (ben oui, moi le shit ça me donne la nausée, excusez ! et oui, le jean slim chez les mecs aussi, excusez encore ! on se fait vieux…)

[ – le train vient de stopper en pleine campagne pour une « avarie sur le train précédent », je sens que je vais avoir du temps pour écrire… Ah non j’ai médit, on repart mollement après 30 minutes seulement ! Et nouvel arrêt au bout d’une nouvelle demi-heure… On ne s’énerve pas… Oh ! Plus d’électricité ! Ah, on doit RETOURNER à Amsterdam pour tracter le train suivant qui est en panne… N’importe quoi !!!]

Amsterdam donc. Pour la capitale de la débauche on repassera quand même – ce n’est pas parce que ça sent la beuh autour des coffee shops et que les grues se pressent dans les vitrines rougies que les Amsterdamois sont des excités du trou de balle. C’est plutôt Disziplin qui règne sur la ville (en langage local, sans doute le plus poétique du vieux continent : « flörrr de rörr von de schmoerr, vortellkerr ! »)

Tout est à sa place : les canaux bien enroulés en escargot autour du vieux centre (Disziplin !), les maisons étroites et toutes droites, briquées et briquetées (Disziplin !), l’organisation des vélos, des piétons des voitures (Disziplin !) Vélos, vélos, vélos… ils sont partout (à 4,50€ l’heure de parking pour la voiture ça se comprend aisément) et ils roulent vite, les sagouins ! Le malheureux touriste qui ne lit pas correctement l’espace public (3/4 du trottoir pour la piste cyclable, le reste pour le malheureux piéton) se fait rappeler à l’ordre d’un coup de sonnette impérieux s’il a l’outrecuidance d’empiéter sur l’espace du vélocipédiste.

Disziplin fut sans doute nécessaire pour arracher la terre à la mer – la grande épopée du peuple néerlandais, un peuple discipliné et ordonné donc, de grands créateurs d’images (Rembrandt, Vermeer, Hals, Van Gogh…) mais pas vraiment de textes (tiens donc ! pourquoi ? flörr de rörrr ! quel dommage que cette magnifique langue n’ait pas trouvé son grand poète !), et en tout cas un grand peuple social, qui conçoit des projets d’urbanisme et de logement social sacrément chiadés ! Et pas que pour les pauvres, pour tout le monde ! Bref, il y fait froid, le ciel est bas, le son de leur langue est pour le moins rugueux, la gastronomie s’arrête au fromage frit et au hareng saur, mais y a du projet de société là-dedans !

Solidaires donc, mais toujours avec Disziplin : comme dans toute société ultra-protestante qui se respecte, Disziplin et morale vont de pair. Pas de rideaux aux fenêtres, on n’a rien à cacher au voisin, pas de rideaux non plus dans le quartier rouge (mais alors, qui va aux putes le fait en plein jour), pas d’arsenal anti-fraudeurs dans les transports en commun (mais qui fraude à part les Parigots égarés ?). Voir et être vu, contrôler et être contrôlé…

NB : J’ai fini et le train est toujours à l’arrêt dans un tunnel quelconque. Je veux ici exprimer mes doutes solennels quant à la privatisation des transports en Europe : pas plus efficaces, plus chers, aucun sentiment de responsabilité envers l’usager…

NB2 : Au bilan, 14 heures de retard, Thalys veut nous faire dormir dans le train à Bruxelles mais j’ai réussi à prendre un taxi Bruxelles – Paris et à réduire le retard à 4 heures… ça laisse rêveur. Et ils ne remboursent que 50% du prix du billet!

I’m writing this post from the Thalys train, despite the beginning of sickness I feel from the smell of hashish floating in the air around the triumphant young crazy Justin-bieber-like Parisians with slim jeans (yeah well, hashish small makes me sick, sorry! And yes, slim jeans on men also make me sick, sorry again! We’re not getting younger…)

[- the train just stopped out of nowhere for a “problem with the preceding train”, I think I’ll have plenty of time to write… Ah no, I was speaking ill of it, we’re running again – only after 30 minutes! – And we stop again, after another 30 minutes… Stay calm… Oh! No more electricity! Ah! We have to GO BACK to Amsterdam to go fetch the next train that’s not working! This is the stupidest thing EVER!]

Amsterdam. Well, not really the capital of orgy – the smell of hash around the coffee shops and the women of easy virtue in the red windows don’t make des Amsterdamois des excites du trou de balle. It’s rather the reign of Disziplin over the city (in the local language, certainly the most poetic of the old continent: « flörrr de rörr von de schmoerr, vortellkerr! »)

Everything fits in the right place: the canals, going in circles around the historical center (Disziplin!), the narrow and straight houses, with tidy bricks (Diszplin!), the organization of bikes, of streetwalkers, of cars (Disziplin!) Bikes, bikes, bikes… they are everywhere (with 4,50€ the hour of car parking it’s easily understandable) and they run fast, band of rascals! The unhappy tourist who doesn’t know how to read the public space is quickly reminded of his place by an imperious ringing of the bell if he dares to walk over the velocipedist’s space.

Disziplin was surely a necessity to win earth over water – the great epic of the dutch people, thus a very disciplined and organized people, a people of great creators of images (Rembrandt, Vermeer, Hals, Van Gogh…) but not really of texts (well, well, well! why so? flörr de rörr! what a pity that this wonderful language didn’t find its great poet!) and, whatsoever, a great social people that conceives f..ing nice urban and social housing projects ! And not only for the poor, for everybody! In short, it’s cold there, the sky is low, the sound of their language is at least rough, their gastronomy stops with fried cheese and herring, but there is society project in here!

United yes, but always with Disziplin: like in every ultra-protestant society, Disziplin and moral go hand in hand. No curtains on the windows, you don’t have anything to hide from your neighbour, no curtains either in the red neighbourhood (as a consequence, the ones who go to the hookers do it openly), no anti-fraud arsenal in public transportation (but who tries to fraud, apart from the lost Parisians?). To see and to be seen, to control and to be controlled…

NB: Well, I am finished and the train is still stopped in some tunnel. I want to express my solemn doubts regarding the privatization of transportation means in Europe: no more efficiency, more expensive, and no feeling of responsibility towards the user…

NB2: Finally, 14 hours delay, Thalys wanted us to sleep in the train in the Brussels station, but I managed to get a cab from Brussels to Paris and reduced the delay to only 4 hours… makes you wonder…

Barbarie bus-esque / Bus-esque barbarity

Bus parisien, ton univers impitoyable… Comme l’écrivait le bon Sartre, le bus est le lieu par excellence des individus en série, une « pluralité de solitudes » qui se juxtaposent sans lien les unes avec les autres, voire se carambolent et dégénèrent en conflit violent.

Concrètement : tout le monde veut la meilleure place assise, tout le monde pense la mériter. De mon point de vue (un exemple au hasard…), j’ai clairement droit à la meilleure place dans le bus (fenêtre, plutôt vers l’arrière et pas trop loin de la porte, merci), car 1. j’ai des talons et ça fait mal au dos 2. je porte souvent des trucs lourds dans mon sac 3. j’ai parfois des chutes de tension et je tombe dans les pommes quand j’ai trop chaud et que je suis fatiguée (donc par excellence quand je suis dans un bus). Alors, hein, les femmes enceintes, les vieux, les enfants, vous passez votre tour merci. Et même si j’ai l’air d’une fille jeune et en bonne santé je suis une fragile petite chose qui a BESOIN de son siège plus que tous les autres.

Le pire bien entendu ce sont les vieilles (pardon : « les personnes âgées », soyons politiquement correcte). Elles montent vite au créneau pour les places assises, soit en se plaçant en face de vous l’air épuisé, soit carrément en vous demandant de dégager. J’avoue, c’est moralement mal de ne pas (vouloir) céder sa place à une personne « fragile », mais qui d’entre nous le fait volontiers ? Le bus est barbare car c’est le « chacun pour soi » dans toute sa violence, sans compter qu’en région parisienne il faut y ajouter les interminables embouteillages (le stress monte quand on voit qu’on va avoir 5, 10, 15… minutes de retard, ce qui ajoute à l’énervement ambiant) et en heure de pointe la compression des corps qui rend la lutte pour une place assise encore plus féroce. Et qui ne hait-on pas plus que le malheureux chauffeur quand il freine d’un coup sec et que le bus bondé donne lieu à de violents contacts physiques (marchage sur le pied, coups de cul, ou autre) ?

Bref, tout cela est consternant sur la nature humaine, et je dois avouer que j’ai parfois un peu honte de mon comportement de prédatrice, mais reconnaissons-le, le bus c’est chacun pour soi et Dieu pour tous !

Je citerai donc pour finir les paroles du générique de Dallas qui traduisent bien les relations humaines que tout un chacun expérimente dans le bus (j’aime particulièrement la répétition dans les trois dernières strophes) :

Dallas ton univers impitoyable
Dallas glorifie la loi du plus fort
Dallas et sous ton soleil implacable
Dallas tu ne redoutes que la mort 

Dallas patrie du dollar du pétrole
Dallas tu ne connais pas la pitié
Dallas le revolver est ton idole
Dallas tu te raccroches à ton passé

Dallas malheur à celui qui n’a pas compris
Dallas un jour il y perdra la vie
Dallas ton univers impitoyable
Dallas glorifie la loi du plus fort

Dallas malheur à celui qui n’a pas compris
Dallas un jour il y perdra la vie
Dallas ton univers impitoyable
Dallas glorifie la loi du plus fort

Dallas malheur à celui qui n’a pas compris
Dallas un jour il y perdra la vie
Dallas ton univers impitoyable

Parisian bus, your ruthless universe [1]… As the good Jean-Paul Sartre once wrote, the bus is the archetypal the place of individual in series, a “plurality of solitude” that are juxtaposed without any link to each other, or even collide with each other and degenerate into a violent conflict.

In concrete terms, everyone wants the best seat, everyone thinks he deserves it. From my point of view (a random example…), I’m clearly entitled to the best seat in the bus (window, rather in the back and not to far from the door, thanks) because 1. I’m wearing high-heeled shoes 2. I often carry heavy things in my bag 3. I have low blood pressure and I tend to faint when I’m warm or tired (par excellence when I’m in a bus). So, eh, pregnant women, old people, children, skip your turn, thank you! Even if I look like a young and healthy girl, I am a fragile little thing who NEEDS a seat more than every other person.

Of course, the worst are the old women (sorry: “the elderly women”, let’s be politically correct). They quickly step into the breach, either by placing themselves in front of you, looking exhausted, or by directly asking you to get lost. I must admit it’s morally bad not to (want to) step aside for a “fragile” person, but who, among us, does it gladly? The bus is barbarian because it’s “every man for himself” in its raw violence, quite apart from the fact of never ending traffic jam in the Parisian urban region (stress increases while you realize you’re going to be 5, 10, 15 minutes late, which adds to the prevailing irritation), and of the bodies’ compression during rush hours that makes the struggle for a seat even more ferocious. And whom do you hate more than the poor bus driver when he slams on the brake and when the packed bus provokes violent physical contact (walking over other’s feet, bottom’s kick, or else)?

In short, all this is very distressing on the human nature, and sometimes I’m ashamed of my predatory behaviour but let’s face it, in the bus it’s every man for himself and God for us all!

To finish, I’ll quote the lyrics of Dallas’ opening credits that translate very well the human relations every one experiments in a bus (I particularly like the repetition of the last three stanze):

Dallas your ruthless universe
Dallas glorifies the survival of the strongest
Dallas and under your implacable sun
Dallas all you fear is death 

Dallas home of dollar and oil
Dallas you feel no mercy
Dallas the revolver is your idol
Dallas you hold on to the past

Dallas woe to the one who didn’t understand
Dallas some day he will lose his life
Dallas your ruthless universe
Dallas glorifies the survival of the strongest

Dallas woe to the one who didn’t understand
Dallas some day he will lose his life
Dallas your ruthless universe
Dallas glorifies the survival of the strongest

Dallas woe to the one who didn’t understand
Dallas some day he will lose his life
Dallas your ruthless universe.

1. This is an allusion to the French opening credits of the TV show Dallas