De la hype

Je radote, je radote, et je me rends compte que je passe mon temps à vous bassiner de mon idéal inaccessible, la hype. Or donc, saisissons-nous de ce concept, car 1. tous mes chers lecteurs ne sont pas aussi fluent en anglais que ma petite personne (hu hu hu ! My tailor is rich !) 2. vous avez toujours tout voulu savoir sur la hype 3. c’est moi qui parle, je dis ce que je veux.

La hype est un vocable provenant d’outre-Manche, donc. Un jour, ces salauds de rosbifs nous ont volé notre supériorité culturelle de coolitude absolue. Depuis, nous devons nous abaisser à apprendre leur idiome. Mais on se vengera un jour. L’ennemi est à l’ouest. (Et je ne dis pas que ça parce que je suis de l’Est). Un jour leur souverain d’opérette devra s’exprimer uniquement dans la langue de Molière. Ouais. Et qu’on ne nous bassine plus avec la nature de la dentelle de la robe de Kate ou l’état de son utérus. Veuillez me pardonner cet éclat, parfois je m’emporte pour des raisons totalement imbéciles (j’en ai vraiment rien à cirer de Kate Middleton, entre autres) (ni de la vioque qui se fait tranquillou son jubilé de diamant alors que tous ses sujets auraient bien de quoi faire du fric qu’on pourrait en tirer, de ses diamants).

Hype en anglais veut dire racoler. N’en concluez pas trop vite que mon but dans la vie est de me faire ribaude et de m’installer au bois de Boulogne, le bois de la Bagatelle donc (si vous suivez bien) (les autres: il faut lire le post précédent). Pour une raison inconnue, et qui n’appartient qu’aux mirifiques circonvolutions du langage, hype veut aussi dire « avant-gardiste », « chic, branché, à la mode ».  Tout cela est un peu contradictoire me direz-vous. L’avant-garde et la mode, c’est pas toujours la même chose, surtout en ce monde déprimant d’aujourd’hui où les modes traversent le web 2.0. intersidéral plus vite que le Concorde (salauds de Ricains ! Ils nous l’ont tué !) Les deux sens du terme traduisent cependant à peu près bien ma situation : mon ultime but dans la vie est d’être chic et branchée, mais soyons lucides je suis plutôt une vieille thésarde à la ramasse fille normale (ne nous accablons pas non plus) qui se flatte de faire partie de l’avant-garde incomprise. N’est-il pas consubstantiel de l’avant-garde de rester incompris ?

En fait, j’aime bien me tenir au bas de l’Everest de la hype en sachant que je n’aurais jamais le courage de me faire tatouer le téton (big up, Mr C. !) (tu as beau prétendre que tu était bourré on n’en croit pas un mot) ou de me raser la boule, voire de peindre avec mon vagin. Trop de hype tue la hype.

Mon avant-garde de la hype consiste donc le plus souvent à passer sa soirée devant Game of Thrones (la saison 2 quand même, je suis un peu hype quand je défie hadopi, non?) avec une tisane et en pensant à quel point ça doit être fatiguant d’être hype à des soirées de gens branchés perchée sur des talons de 12 et racontant des trucs hypes dont t’as jamais entendu parler. En plus j’ai vraiment plein de trucs à rattraper, car ce n’est pas parce que j’ai quelques potes branchés bien intentionnés qui m’ont prise en pitié que je progresse à la vitesse de l’éclair. Je suis notamment une catastrophe musicale assez navrante, et ce n’est pas parce qu’on m’a gentiment initiée à spotify, ce logiciel de la folie que tu peux écouter toute la musique que tu veux (sauf les Hoplà Guy’s et c’est bien dommage) que je me suis mise à autre chose que Lara Fabian. Oui Lara Fabian et alors? Comme me le disait F. l’autre jour, qui est une littéraire bien distinguée je vous prie de croire, qui maîtrise Jelinek et tout le tintouin (moi je maîtrise pas mais je kiffe assez), rien n’atteindra jamais l’opacité de Tu es mon autre. C’est pas de la boulasse cette opacité toute mallarméenne? J’en suis à me demander si David Guetta ce serait pas trop de la balle, en fait? Bref je suis musicalement perdue (merci à mes potes homos qui m’ont totalement foutue dedans dès ma prime jeunesse en me dressant à Dalida et Mylène Farmer) (je connais Gigi l’Amoroso par cœur et laissez-moi vous dire que celle-là les Ricains ne l’auront pas).

En un mot comme un cent, je doute d’être hype un jour, mais on s’en fout, c’est plus marrant d’essayer.

Dilemmes parisiens #1 – Lieux

T’es plutôt rive droite ou rive gauche?

Dilemme fondamental car à la fois géographique et hype (mes deux passions). J’avoue : durant mes 10 premières années à Paris j’étais indécrottablement rive gauche, pour des raisons purement à la con. Assez fondamentalement je crois que c’était par pur snobisme de ne pas céder aux sirènes de la coolitude, qui se situe tellement indubitablement rive droite que c’est même pas la peine d’en discuter. Je veux dire, qui peut me citer des endroits hype dans le 5ème ou le 15ème, hein ???? L’armée des bobos des Abbesses, du Canal Saint-Martin, du Marais, de Ménilmontant, d’Oberkampf et j’en passe balaie tout sur son passage de la hypitude aigue.

Droite power ! Comme quoi tout arrive.

T’es plutôt Paris ou banlieue?

Ha ha ha ha ha ha HA HA HA HA. Je veux dire non mais franchement, quand tu passes le périph’ c’est un peu comme si tu étais mort (paix à ton âme). On veut nous en faire accroire avec ces conneries de Grand Paris mais nous ne sommes pas dupes: hors du périph’ point de salut. A Paris les théâtres, les cinémas, la hype, les loyers prohibitifs, les mojitos à 15€ et les animations super fun de notre bon maire (Paris plage!! Youhou, can’t wait!). A Paris Haussmann a tout cassé (dehors les pauvres!), donc y a plein de ces beaux immeubles au gaz à tous les 6 étages tout beiges et bien alignés, foin de grands ensembles et de pavillonnaire, joie de la proximité avec tes voisins. DE LA BALLE.

T’es plutôt métro ou taxi?

Ou bien si t’habites en lointaine banlieue, ça devient même RER ou voiture? D’où grosse loose à prévoir, car ce dilemme devient: rentrer tôt ou ne pas boire. Ouh ça craint. Je vous l’avais bien dit. Enfin.

Métro ou taxi, c’est exactement proportionnel à ton compte en banque, ou à l’extrême à tes opinions politiques profondes. En tant que fille de gauche vachement versée en recherche des choses de l’urbanisme, je trouve que les transports en commun c’est fondamental. Mais en même temps j’ai pas les moyens de me payer le taxi, donc vu mon manque de constance politique il est fort probable que dans ma retraite dorée (on y croit) de rombière sarkozyste (le fils) je passerai mon temps dans les taxis parisiens, dont le racisme n’a d’égal que l’amabilité. A ce propos je ne peux que vous conseiller de revoir (si vous ne l’avez pas vu, bande d’ignares, courez !) cette magnifique scène du film 2 days in Paris, qui me fait hurler de rire : « C’est quoi ces histoires de camps là, c’est encore des inventions pour nous piquer notre fric ? ». Ah que voilà des bons Français. Je LIKE !

T’es plutôt bois de Boulogne ou bois de Vincennes ?

Aucune idée, je ne vais jamais au parc. La chlorophylle n’atteint jamais mes poumons sauf lors de mes séjours dans les Vosges (où je m’expose donc courageusement à l’overdose). Évidemment, Vincennes c’est plus populaire. Après au bois de Boulogne y a des putes, donc ça me plaît bien ; en outre quand j’étais toute pitite ma mère m’emmenait au Parc de Bagatelle et au travers des brumes de l’enfance je crois que je kiffais bien toutes ces roses (ah, les roses !) (girls will be girls).

Va pour la Bagatelle !