De l’engagement footballistique, ou Pourquoi la lonesome camionneuse supporte le PSG.

Couchée sur son lit de douleur de crampes d’estomac sa mère la pute de chiennerie de saloperie que même la divine bouillotte n’arrive point à alléger, telle Marat écrivant L’Ami du Peuple depuis sa baignoire de souffrance, la Lonesome Camionneuse jette ses dernières forces dans la rédaction de ce post hautement littéraire, politique et surtout crucial pour l’avenir de l’humanité.

ATTENTION certaines expressions peuvent choquer les petits enfants (comme souvent quand on parle de l’avenir de l’humanité).

Excursus rapide sur la médicalité de l’atroce turpitude des crampes d’estomac : grâce à la puissance de l’internet et de son auto-diagnostic infaillible validé par Doctissimo, la Lonesome C. a vite conclu qu’elle est atteinte du Syndrome de l’Intestin Irritable, ce qui n’est tout de même pas bien marrant, parce que bon, avoir MÊME un intestin irritable ça ne va pas trop t’aider à te faire des amis, voire même « peut affecter durablement la qualité de vie » (quand vous lisez ces mots, n’avez-vous pas la pénible l’impression d’être directement transformés en vieillards voûtés qui ne peuvent pas se déplacer sans leur perfusion bourrée de médocs pour booster les vieux?) (donc, tu t’accroches à ta bouillotte et tu pleures). Comme quoi le SII (ouais parce qu’il y a une abréviation flippante sa mère aussi du genre Stargate SG1 mais sans Mac Gyver pour venir te sauver des Goa’ulds) (si vous ne connaissez pas Stargate SG1, les enfants, il est temps de se mettre à la culture télévisuelle, nom d’un petit bonhomme, quand je pense que dans mon enfance j’ai raté Ken le Survivant), comme quoi, donc, le SII, pourrait être causé, entre autres, par le stress physique ou émotionnel (jusqu’ici tout va bien), l’abus chronique d’alcool (mais comment ont-il deviné, bon sang) ou des abus sexuels subis dans l’enfance (mais bien sûr). Sinon ça va, on ne m’inquiète pas trop, il y a du champagne pour oublier. Comme quoi, pour se soigner, il faudrait manger à chaque repas du pain de son d’avoine, du gruau (c’est QUOI ce truc du Moyen Âge ?), de l’orge, du pain de seigle ou de sarrasin, des carottes, des pommes de terre, des patates douces ou des asperges. Et vlan. DE L’ORGE ? Nan mais tu m’as vue ? La Lonesome C. choisit le champagne. La vie saine, rien à foutre, elle a sa bouillotte qui commence à faire effet. A moins que ce ne soit le champagne.

Revenons au cœur de l’affaire : le choix d’un club de foot. Parfois, la vie est à l’heure des choix. En ce 28 février de l’an de grâce 2013, la Lonesome Camionneuse choisit le Paris-Saint-Germain.

Choix difficile, mais justifié. Certains, qu’elle croyait proches, qu’elle pensait même pouvoir appeler des amis, lui tourneront le dos en cette heure solennelle. Alors qu’elle décidait de préparer le terrain (si l’on peut dire, hu hu hu) en se géolocalisant sur facebook (cette plate-forme indispensable de l’existence supra-luminique) à Parc des Princes pendant le match auquel elle a assisté hier (notez bien qu’elle n’a même pas mis Virage Boulogne pour ne pas effrayer le chaland), elle a bien vite constaté que les like ne se bousculaient point au portillon. Las ! Il n’y en eut même que deux. Loose marketing et communicationnelle. Le diagnostic est donc sans appel : ça ne va pas être facile tous les jours ; contre vents et marées il va falloir se battre. Le PSG appert être un club ne faisant pas consensus (et pas de jeu de mot débile, je vous prie) (Corbier l’a déjà fait dans son œuvre immortelle Sans ma barbe) (à voir ici, dédicace spéciale à J. et M., amis d’enfance et de télévision de qualité) (ni de Cuba sans cacao, quand même) (respect).

Mais à quoi bon feindre, à quoi bon esquiver ce que nous sommes ? Le courage consiste à choisir le moindre mal, si affreux qu’il soit encore (c’est du Stendhal, car il faut toujours citer Stendhal). Et ce n’est pas le racisme provincialiste de tes amis qui doit pour autant t’arrêter sur la route du courage. Bref, malgré le renoncement qui semble demandé aux femelles dans le rapport au foot, le courage consiste à choisir le PSG. Et c’est un moindre mal, pour de nombreuses raisons objectives que nous allons énumérer ici.

 On chicanera d’abord à foison sur le fait que la Lonesome Camionneuse n’y connaît rien en foot, et qu’elle ne peut donc de toute façon pas apprécier le PSG pour la beauté du jeu (que les supporters d’autres clubs, par pur principe de contradiction, dénigreront à gogo) (car ne nous voilons pas la face, le principe de contradiction est un puissant ressort du supporter). Certes. Mais c’est pas pour ça qu’on ne peut pas reconnaître que ce jeu peut être beau, même si on n’y entrave que pouic. Le beau étant ce qui plaît universellement sans concept, même la Lonesome C. peut exercer son sens esthétique sur les coups de pied de Zlatan Ibrahimovic (elle a pas encore saisi les noms de tous les joueurs, mais CELUI-LA, elle a bien saisi) (de plus, elle a ENFIN compris le hors-jeu de A à Z, oui messieurs, alors ne me dites pas qu’elle n’a pas saisi le sens ontologique de la chose). Outre cela, le sens esthétique est assez agréablement émoustillé par l’avantageuse stature des joueurs, qui disons-le très franchement sont un peu carénés comme des frégates de compétition (sauf Valbuena qui très franchement ressemble à un Gimli glabre lâché dans la Terre du Milieu) (elle reconnaît qu’il sait mener sa balle, nonobstant). Et ne parlons même pas de la croupe de David Beckham, my God (ni du reste d’ailleurs) (ce moment où tu réalises que non, le slip n’est pas rédhibitoire). Enfin, le bleu marine et le rouge sont des couleurs très Dior, très seyantes, intemporelles.

Beckham en slip

On objectera ensuite que les supporters du PSG sont une bande de fachos violents et vulgaires. Soit. Bien évidemment, Lonesome ne cautionnera jamais la violence ; il est vrai que les affrontements entre groupes de supporters du même club conduisant à de navrants décès peuvent légèrement interroger le sens moral. Mais quoi, il faut bien que jeunesse se passe ! En outre, on ne peut véritablement argumenter que les supporters du PSG soient les plus vulgaires, qu’on ne me dise pas que les « enculés ! » ne pleuvent pas depuis les gradins de la Canebière (va y enculer ta mère) (qui ne saute pas est Marseillais!). Il est vrai que la sodomie fait largement partie du vocabulaire du supporter, mais admettons que d’une part on verse plus dans le grossier que dans le vulgaire, et que d’autre part tant que tout le monde est consentant, tout cela n’est après tout pas bien méchant. Quelques petits gestes de cour de récréation, comme ce charmant épisode entre joueurs consistant à faire comprendre à l’adversaire qu’il va se faire élargir le troufignon à coups de nez. Constatons en tout cas que les hurlements en rythme de Marseille, Marseille, on t’encule ! sont un agréable défouloir aux frustrations diverses de nos tristes vies quotidiennes. Quant à la banderole causant des déviances gréco-romaines des Ch’tis, la Lonesome reconnaît qu’elle se désolidarise, car il ne faut jamais accabler un ennemi déjà à terre (quand le sang recouvre l’or) (hélas). Ce qui est quand même génial avec le foot c’est qu’on peut être de la plus mauvaise foi sans craindre la réprobation dans le dialogue. Il est donc tout à fait normal et socialement acceptable d’avoir un dialogue de sourds du type : PSG fachos – Lens pédérastes. Enfin, un sujet de conversation qui a vocation à se limiter à ce seul sujet, sans aucun risque de devoir parler du temps, de son travail, de politique, de ses vacances, de ses sentiments, de mode ou tout autre sujet sans intérêt. Et en se répétant à l’infini la même absence d’arguments. Enfin, un art reposant de la conversation.

Bonne Mère

On protestera alors que Lonesome est Alsacienne et non Parisienne. Discutable. Âmes faibles, croyez-vous vraiment que cette gratuite insulte porte ses fruits, et que la Femme aux bottes de motarde à talons de 12 se reconnaisse dans Hans im Schnockeloch? Comme vous le savez, Lonesome est un pilier de bar montmartrois bien connu. Quoi de plus Parisien que cela, Lecteurs de peu de foi ? En outre, croit-on véritablement qu’elle va continuer à supporter le Racing Club de Strasbourg qui se trouve relégué par delà Bien et Mal, dans les limbes maudites du football?  Elle habite Paris, elle supporte Paris, elle est Paris, elle est la nuit, elle est le jour, elle une force qui va, et bla bla bla. Au nom de ce soi-disant principe géographique qui t’attache à ton lieu de naissance, il faudrait donc qu’elle devienne supporter de… Munich, peut-être ? Et là, on imagine bien les insultes qui fuseraient. Devrait-elle, au nom de ses gênes, aller suivre Arsène Wenger, l’homme qui a un accent alsacien plus épais que la choucroute, à Londres ? N’est-elle pas plus Chanel que Vivienne Westwood ? (grande styliste nonobstant) D’ailleurs Lonesome est originaire du 9-2, un département caillera bien de chez nous. Et puis faut pas pousser mémé dans les orties, quand le club du bled où tu crèches mène largement le championnat, y a pas de raison de ne pas l’adopter. Et attention, ne croyez pas que Lonesome n’a pas compris le principe du supporter : contre vents en marées, il faut soutenir son club. C’est un peu plus que de simples affinités électives. O Ville Lumière / Sens la chaleur, de notre cœur / Vois-tu notre ferveur / Quand nous marchons près de toi, dans cette quête / Chasser l’ennemi, enfin pour que nous couleurs/ Brillent encore. Il y a de l’épique là-dedans, et l’épique parle au cœur de Lonesome, elle qui devant Zeus, jaillit impétueusement de la tête immortelle, brandissant sa lance aiguë. Ouais bon, c’est une connasse de bobo. Rien à foutre. Laissez-les vivre!

Le-Chat-10-joueurs-de-footOn prétextera après que le PSG est un club bourré de fric, entretenu par l’argent du pétrole qatari, et que tout cela n’est pas bien compatible avec le sens profond du football, ce jeu populaire. Fort bien. Arguez donc, bande de jaloux. Que soutenez-vous alors le Barça ou je ne sais quel grand club européen également pété de thunes et peu regardant sur les produits injectés dans les veines des joueurs ? En outre, croyez-vous que c’est avec des cacahuètes que nous avons la moindre chance de gagner la ligue des champions ? Enfin, pensez un peu à l’avenir matrimonial de la Lonesome C. N’est-il pas absolument naturel qu’elle supporte le club de l’émir du Q. ? Outre que la fréquentation du Parc des Princes, qui est quand même un super beau stade dont la localisation seiziémiste permet de secouer un peu le bourgeois de temps en temps et de se remplir les oreilles de musique du meilleur goût (Village People en force !), c’est aussi un lieu magique rempli d’HOMMES (à peu près 10 pour une femelle, selon les calculs précis de la Lonesome C. hier et l’âge du capitaine), ce qui permet de moins faire la queue pour les chiottes à la mi-temps et de tâter un peu la température. On n’est pas de bois.

Bref, le choix est fait, il est irréversible. La Lonesome Camionneuse reconnaîtra enfin ses vrais amis, ceux qui l’aiment pour son âme et sa plastique de rêve, et non pour son choix de vernis à ongles ou de club de foot.

Aux autres, adieu.

Merci à la Princesse de l’Élégance qui a emmené la Lonesome Camionneuse dans ses bagages – elle avait la plus belle fourrure du stade. Ainsi qu’au Duc de Guise et Grand Supporter du PSG depuis la Nuit des Temps qui a fourni les informations factuelles et les illustrations.

De la semblance vestimentaire dans l’univers pubesque de certaines marques vestimentaires bobos

Mais de quoi s’agit-il encore, maugréez-vous, bande de chiens galeux qui ne m’avez même pas souhaité mon anniversaire adorés lecteurs? Ce blog est décidément friand de néologismes à la con, et « pubesque » n’est pas du meilleur effet. De meilleur effet, néanmoins, prétends-je, que l’ignoble barbarisme de l’une des enseignes de fringues visées par ce post à haute teneur polémique, je veux parler de « the coupeulz » (oui, c’est ainsi que cela se prononce) (son délicieux). Ce n’est pas que je me prends pour Rimbaud et eux pour des amis du franglais qui pue la moule, mais si, en fait, un peu (bon, mettons que je me prends pour Céline) (ok ok Tardi ou San Antonio) (ouaip, j’ai des ambitions littéraires) (hu hu hu).

Et allons-y gaiement pour brutaliser la langue, et que je te remplace les phonèmes pour faire mine de je suis anglo-saxon (cette digne marque est tout à fait française). Faudra repasser pour la vraie mode londonienne (enfin moi j’ai rien contre Paris en matière de mode, cela dit) (qu’on m’explique pourquoi l’anglais serait en soi plus porteur de tendance que la langue de Racine – c’est Vénus tout entière à sa proie attachée, tout ça). Et pour déformer un mot qui est exactement orthographié de la même manière en anglais et en français (the couples). Joli. Je me demande même s’il n’y a pas quelque inspiration subliminale à chercher derrière ce « détournement heuristique » (nenni, conclus-je, ça m’a l’air un peu trop complexe pour ces gens quand même) (par ailleurs, je vois pas trop quelle profondeur heuristique on pourrait y trouver) (ne te laisse pas perturber par la participation de Beigbeder à leurs campagnes de pub) (ce type écrit bien mais il a prétendu être sympathisant communiste) (et pourtant il fait de la pub) (d’où hiatus).

Excursus 1. De l’objection que certains esprits tatillons s’apprêtent à me faire.
Oui, le titre de ce blog est en anglais, oui c’est d’une prétention tout à fait révoltante et oui, il cède à la mode répugnante de l’anglicisation à tout va. MAIS. D’abord Stendhal lui aussi aimait l’anglais. Ensuite j’étais aux States quand j’ai commencé, et dans ma naïve sincérité je pensais m’arrêter de bloguer en rentrant, mais j’ai encore vachement de trucs à dire (autant essayer d’empêcher une roulure de mettre des bas résille). Enfin remarquez les subtiles variations et sens du titre de ce blog, qui n’a rien à envier à un titre de roman de Dos Passos: Wandering City, ville errante, ville errée, c’est bien du niveau des films de Marguerite Duras (voir ici une passionnante vidéo de Césarée, qui réveillerait les morts en deux temps trois mouvements – spéciale dédicace à J., ami de la culture à tout prix).

Donc bien évidemment mon rapport à cette enseigne nébuleuse était déjà mal parti – d’autant que le seul contact matériel que j’ai subi avec leur production est quand mon ex m’a rendu mes affaires dans un de leurs sacs – ouais, il m’a rendu mes culottes dans un sac « les couples » mal orthographié. Soupir. Ah les hommes.

Excursus 2. Harangue à l’émir du Q.
Dis-donc l’émir du Q., note bien tout ça sur ton petit carnet : « ne pas ajouter des détails débiles et pénibles à une rupture déjà dommageable pour la peau » ; et puis achète-toi une boussole parce qu’il serait temps que tu débarques. Non mais.

Ensuite évidemment il suffit de lire une interview des créateurs de la marque pour comprendre toute la subversion qui se niche dans ces fringues. Ouaip, une marque de fringues subversive. Que dis-je? Rebelle. Remarquez, on est bien cons, on nous a déjà bien fait le coup avec Benetton ou Diesel, et tout le monde trouve ce choix de communication audacieux. Éternel retour du foutage de gueule. Enfin, niveau subversion on reste quand même loin des premières femmes en pantalon ou en minijupe. Voire de vraies idées. J’attends de pied ferme Théophile Ferré et Louise Michel vêtus de noir, de jeans slim et de têtes de mort (enfin, peut-être ne sont-ils pas assez « chic et décalé») (hein mais c’est qui, eux? Des gens qui se sont battus pour leurs idées. Totalement has been).

Ouaip. « Chic et décalé ». V’là la marque de fabrique de la marque. « Décalé », pardon??? Il est vrai que : des tons qui se déclinent en grande majorité du noir au gris, voire au BEIGE (décalé), « des basiques mais revisités avec le soucis du détails » (décalé), mais surtout surtout surtout… des nippes que les membres du couple s’échangent parce qu’ils se fringuent pareil (décalé). Mais c’est bien sûr: DÉCALÉ! Je n’ai même pas envie d’imaginer ma vie avec un mec qui considère que nos fringues sont interchangeables. D’abord parce que je vois bien venir le coup de « tu m’as déformé ton t-shirt avec tes énormes seins, connasse » (eh oui, je suis une bombe sexuelle, get used to it les enfants), mais aussi l’inévitable dérive « j’adoooooore ta robe rose ma chérie, je te l’emprunte pour la soirée ». NON. Je dis NON.

Et, tenez-vous, cette campagne de pub est tant décalée que les couples photographiés sont « vrais ». Vérité, sur les panneaux publicitaires, j’écris ton nom. Plaisir de voir qu’on trouve en liberté dans la rue tous ces assemblages de clones maigres et androgynes, qui ont résolu la question du style en n’existant que par le fait qu’ils sont un ménage. Bizarre individualisme du couple, qui doit incarner une image et un standard social uniforme et lissé. Le couple, arme sociale et image de marque. On se définit par ses deux prénoms et sa « date de mise en couple ». Belle vision de la vie à deux. – Et vous êtes? – Léandre et Jézabel, en couple depuis 2 semaines.  – Oh, positivement en-chan-tée! Jean-Patrick et Honorine, en couple depuis 6 ans. Question cruciale: la durée est-elle un critère de supériorité sociale? (Je citerais bien les Fragments d’un discours amoureux là, mais ces raclures gémellaires ne méritent pas tant d’honneur).

Mais mais mais ces « vrais couples » c’est pas n’importe qui non plus. Outre qu’ils ont l’air d’osciller entre la paire de zombies et le duo de métrosexuels androgynes branchés (choses plus ou moins synonymes à mon sens), ces tandems de la win vestimentaire sont originaires d’«un peu partout ». Comment, me direz-vous, Johannesbourg, Dehli, Rio de Janeiro, Séoul, Koursk, enfin, partout? AAAAAAH mais c’est que partout n’a pas un sens véritablement géographique dans le sympathique univers de The Coupeulz. Partout veut dire « Paris, Londres, New York, Tokyo… » – appréciez le poids des points de suspension, je pense que le pauvre a eu du mal à trouver un autre nom de ville hors de ces capitales (il a dû oublier Berlin).

Excursus 3. Paris, Londres, New York, Tokyo.
C’est marrant, parce qu’en urbanisme (science de la boulasse substantifique que j’étudie à la sueur de mon front) (oh ma thèse, non, je ne t’ai pas oubliéééééééée) on appelle ces lieux les villes globales, c’t’à dire pour l’résumer à la cool les endroits où se concentrent le fric et le pouvoir dans notre belle société urbaine post-industrielle. J’irais même jusqu’à parier que ces charmants petits couples de m’sieur et m’dame tout-le-monde sont concentrés dans ces quartiers sauvagement livrés à la gentrification (quand les artistes et leurs amis les bobos viennent investir un quartier ancien dégradé pour le reconquérir dans le triomphe du devoir accompli) (bon c’est un peu abrégé aussi, voyez un truc un peu scientifique sur la question). Veuillez excuser cet excursus complaisant, c’est pas tous les jours qu’on peut chanter une ode à la ville globale. (Ô ville globale, chantre de la puissance néo-libérale, tu as su résister aux crises et aux révolutions, ô ville globale, ultime refuge des seigneurs de la finance et des artistes rebelles, je chante ton nom à la face des siècles).

Bref, bandes de zombies qui passez chaque matin une heure devant votre placard du Marais, de Soho, d’Islington et de Shibuya, merci de nous apprendre la vie. La gémellité dans le couple, y a que ça de vrai.

Remarquons à bon escient que cet intéressant concept a été également mis en scène par une marque cotonneuse (appartenant d’ailleurs à la même famille, les idées circulent), qui met en scène des mères et des filles dont les fringues ET LES IDÉES sont également interchangeables (entendez: d’une affligeante banalité). Les donzelles expriment ainsi leurs goûts / dégoûts (I love le vent dans les branches / I hate le racisme) (cliché, toi aussi j’écris ton nom). JE NE VAIS PAS TROP CONTINUER PARCE QUE JE M’ÉNERVE DÉJÀ TOUTE SEULE LÀ. Est-ce à dire que notre identité se définit par nos inclinations, et que PENSER c’est peut-être un peu trop demander?? Je m’interroge. Pour moi c’est clair: I love myself, I hate les cons. Et débrouillez-vous, bande de sous-développées du bulbe.

DESCARTES, REVIENS!!!

Outre cela, l’idée d’interchanger son vestiaire avec sa mère est également d’une ineptie sans nom: depuis quand l’âge a-t-il perdu tout sens? Kikoo les gens, on naît, on grandit, on vieillit, on meurt. That’s life. Et plus on vieillit, plus on vote à droite. Pan. J’ai personnellement moyen envie que ma mère s’habille comme moi, et inversement j’imagine. Ravages dans les chaumières et dans les cœurs. On ne compte plus les mères traumatisées par ces sottes réclames: l’une éclate en sanglots à l’idée qu’elle a l’air tellement plus vieille que sa fille, telle autre ne se remet pas d’être si peu branchée, la troisième enfin se désole du poids qu’elle a en trop. Jeunisme de merde, si vous voulez bien me passer l’expression.

Nous ne sommes pas une masse indéterminée de moutons sans âge et sans sexe, nom d’un petit bûcheron en string léopard!

Il y a des jours où je me dis, bordel,

Est-ce ainsi que les hommes vivent.