My male anti-fashion statement

Ouais, comme dans les magazines féminins je fais un outing hyper affirmatif sur ma vision fashionistique du monde masculin. Pour moi ça se résume en une anti-affirmation (et non une négation, ouh c’est subtil), c’est-à-dire, disons-le tout net, un refus violent, qui pourrait même se traduire en manifestations déchaînées (avec mégaphone et brûlage de soutif sur le trajet Bastille – Nation) si je trouve des co-manifestants (j’ai le sens du ridicule même s’il est peu développé), tellement je suis contre !

Contre quoi ? Ben contre les deux trucs les plus ignobles que la mode masculine a imaginés au cours des siècles : non, pas la braguette en métal (ça n’existe pas, enfin !) ; pas la chemise ouverte sur le torse plus ou moins poilu (on ne saurait trop dire lequel est préférable…) avec le plastron de grosses chaînes dorées ; même pas la jupe pour homme (alleluiah, sauf pour quelques altersexués qui se comptent sur les doigts d’une main, ça n’a pas pris) ; ni la moustache (et pourtant la moustache comme fashion statement national c’est dur à supporter pour des yeux sensibles. Par exemple pendant mon voyage en Inde je suis revenue choquée visuellement par l’agression de ces moustaches fournies, généralisée chez les mâles du sous-continent) ; pas le béret (vous vous souvenez dans les années 90, le vieux béret Kangol porté à l’envers ? Trop la classe du charentaises-béret-baguette revisité) ; ni même, tant qu’on est dans les années 90, le jean remonté jusqu’au poitrail avec le t-shirt rentré dedans, ni l’extension de ce look où tu rajoutes une veste en jean pour avoir le total-look jean (Papa, j’ose enfin te le dire : le total-look jean est out depuis une dizaine d’années maintenant) ; ni le Polnareff-way-of-dressing-pattes-d’eph-et-chevelure-en-boulette-de-frisottis (ça finit en paternités douteuses) ; ni les baggy jeans (et pourtant ça me donne toujours l’impression soit que le mec a la maladie des testicules géants soit qu’il s’est allégé d’un lourd fardeau de bronze dans son fute).

Toutes ces modes masculines sont répugnantes à divers degrés, mais pas autant que… (roulements de tambour) : le look ignoble du petit maigre jeune bourgeois (potentiellement parisien) qui consiste à allier deux vilenies capillaire et vestimentaire, la MECHE et le JEAN SLIM.

Ah ! Image atroce ! Je reviens à l’instant des toilettes où je suis allée vomir un bon coup à la vision de cette tenue.

Je m’explique : la mèche est cet accessoire Justin-Bieberien (jeune chanteur prépubère qui suscite l’enthousiasme de jeunes filles tout aussi prépubères en chantant des antiennes dont la ringardise égale celle de C. Jérôme et se limite à quelques paroles simples comme « baby », « never » ou « love ») qui consiste à porter les cheveux mi-longs dans un désordre savamment travaillé en laissant pendre sur le front une MECHE fixée avec de la laque. Peur de la calvitie à venir ? Tendance féminisante ? Symbole de virilité (rappelons-nous Samson) ? Quoi qu’il en soit, j’abhorre la mèche.

Quant au jean slim, c’est bien simple sur un homme ça pique les yeux, tout simplement. Le comble étant le jean slim porté bas sur les hanches, sans doute un rappel subtil du baggy, le jean trop large porté sur les hanches par les membres des gangs pour rappeler la prison où les lacets et les ceintures sont confisqués (la mode peut donc naître dans les prisons, ça laisse rêveur sur la société actuelle…). Or (tenez-vous bien), les kékés qui portent le jean slim en laissant élégamment voir leur calebutte mettent en général… une ceinture pour compléter la tenue ! Donc non seulement le jean slim c’est moche sur un homme, mais en plus ceux qui en portent sont cons. Belle leçon de mode ! En outre le jean slim ne fait effet que sur les grands maigrichons, merci la vie où est passée la puissance brute et virile ?

Là, une part d’introspection semble nécessaire : Pourquoi ce rejet ? serait-ce mon âge canonique ? serais-je de ce fait bloquée aux années 90 de ma jeunesse et refuserais-je de vieillir ? serait-ce mon intolérance sociale aux petits péteux du 5ème ou du 16ème arrondissement qui croient avoir tout compris à la vie après avoir écouté Justin Bieber (on me permettra de faire remarquer que Nirvana ça avait quand même une autre gueule) ? serait-ce enfin mon conservatisme indécrottable, qui me fait préférer un homme bien masculin à une p’tite fiotte et son style d’une banalité à pleurer ? serais-je un Zemmour en jupons (exemple intéressant car Zemmour, vu son physique, pourrait avantageusement porter des jeans slims mais, vu sa calvitie, plus difficilement se permettre la mèche) ? ou juste une grognasse intolérante qui n’a rien compris à la mode (j’avoue ne pas être la Kate Moss du style) ?

C’est sans doute un peu de tout ça, mais pour finir vous me permettrez de confronter deux images du chic masculin, et que le meilleur gagne !

Hammam & femmes

Le hammam est un de ces lieux de vice détente destiné aux citadines pressées dont la couenne est agressée par la pollution urbaine – il répond parfaitement à l’injonction constante adressée à la femme par les magazines féminins et autres instruments médiatiques de l’asservissement féminin volontaire : faut commencer l’anti-rides à 30 ans, mets ton anti-cernes au frigo, ça donnera un « coup de fouet » bien utile à ta gueule de bouledogue que même pas tu devrais oser sortir avec rue des Abbesses et FYI* ça va te coûter 70 € les 10 millilitres – soit le contenu de 2 cuillers à café !

Donc le hammam c’est bien parce que tu te plonges dans une chaleur humide intense qui te fais suer à mort, donc éliminer les toxines (c’est bien ça, éliminer les toxines ! En mode extrême, le conseil c’est de faire un « week-end détox » où tu passes ton temps à sacrifier ton corps au Dieu sport, à boire des tisanes bizarres et à bouffer de la soupe aux choux… mais le hammam ça va aussi, hein !) et puis après tu te mets le savon noir tout glissant sur le corps et tu t’exfolies avec le gant qui gratte, et (grand avantage du hammam quand même) à la fin tu as la peau toute douce !

Mais ce qui est vraiment génial dans le hammam (outre que c’est moins cher que la crème antiride, et que c’est une pratique qui a une histoire longue et riche, qui donne des envies d’ailleurs, de soleil, de Méditerranée), c’est la sociabilité si féminine qu’il permet. Eh ouais, on a beau être féministe, on aime cultiver sa différence et son mystère.

Un peu hors du temps (pas d’horloge), hors de Paris (décor « à l’orientale »), hors des hommes – la forme du corps perd de son importance. Pourtant, pas plus violent d’habitude que le regard d’une femme sur une autre femme, mais bon au hammam on est bien fatiguées par la chaleur, on a autre chose à faire que de se juger… On se demande pourquoi certaines prudes se ramènent en maillot une-pièce couvrant des années 80. (Oui les Parisiennes sont bégueules, alors que dans l’Europe du Nord tous à poil en 5 minutes !). On se retrouve entre copines pour tailler une longue bavette en engloutissant des litres d’eau (faut pas se déshydrater) puis des thés à la menthe bien goûtus. Eh oui les gars, désolée de décevoir vos fantasmes à la Jean-Do (Ingres), mais le hammam n’est pas un vaste champ de corps féminin lesbien… Ah, le fantasme du harem ! So old fashioned !

Les amies, voilà le vrai trésor du hammam. « Una delle più grandi felicità della vita è l’amicizia; e una delle felicità dell’amicizia è avere qualcuno a cui confidare un segreto » –   Alessandro Manzoni

* For Your Information pour les intimes

Hammam is one of those dens of iniquity relaxation intended for the female city dwellers whose hide is attacked by urban pollution – it perfectly answers to the continuous injunction addressed to the woman by women’s magazines and by other media instruments of the willing feminine enslavement: you should begin with anti-wrinkle when you’re 30, put your concealer in the fridge to “boost” your bulldog’s face that you shouldn’t even dare to go out like that, and FYI it will cost you $90 for 10 milliliters – or two teaspoons!

So, hammam is good because you dive into a humid heat that makes you sweat to the death, thus eliminate your toxins (eliminate toxins, that’s good! If you’re in an extreme mood, the piece of advice is to do a “detox weekend” where you spend your time sacrificing your body to the God sport, drinking strange tisanes and eating cabbage soup… but hammam is also ok!), then you put slippery soft soap on your body and you exfoliate with the itching glove, and (finally the big advantage of the hammam) eventually your skin is all soft!

But what’s so awesome about hammam (as well as being cheaper than anti-wrinkle cream, and as being a practice with a long and rich history and that creates a desire for elsewhere, for sun, for Mediterranean lands), is the feminine sociability it allows. Yeah, yeah, no matter how feminist we are, we also like to cultivate our difference and our mystery.

A little out of time (no clock), out of Paris (oriental décor), out of men – the form of the body looses in importance. And yet, usually nothing is more violent than the look of a woman on another woman, but well in the hammam you’re tired by the heat, you have other things to than to judge each other. You wonder why some prudes come over in their covering one-piece swimsuit from the eighties. (Yes, Parisians are prigs, while in Northern Europe everyone is naked in 5 minutes!). You meet among friends to have a good chat, gulping down litres of water (you shouldn’t dehydrate), then tasty mint teas. Well yeah guys, sorry to disappoint your Jean-Do (Ingres) fantasies, but the hammam is not a vast lesbian field… Ah, the harem fantasy! So old fashioned!

Friends are the hammam’s real treasure. « Una delle più grandi felicità della vita è l’amicizia; e una delle felicità dell’amicizia è avere qualcuno a cui confidare un segreto » –   Alessandro Manzoni