Tasty encounter: Paris, New York / Rencontre savoureuse: Paris, New York

C’est simple, mais c’est trop bon: un peu de cream cheese (merci Monoprix, ce n’est que du Philadelphia mais ça déchire quand même!) sur une baguette qui sort du four.

Un peu de New York sur un peu de Paris, bon appétit!

It’s so simple, but it’s too good: a little cream cheese (thanks to my Parisian supermarket, it’s only Philadelphia but it still rocks!) on fresh-baked baguette.

A little New York on a little Paris, bon appétit!

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La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…
Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

 Francis Ponge, « Le Pain », Le Parti-pris des choses, Gallimard, 1942.

The crust on a loaf of French bread is a marvel, first off, because of the almost panoramic impression it gives, as although one had the Alps, the Taurus range, or even the Andean Cordillera right in the palm of the hand.
In that light, an amorphous belching mass was slipped into the stellar oven on our behalf, and there while hardening, it molded into valleys, ridges, foothills, rifts…And from then on, all those clearly articulated planes, all the wafer-thin slabs where light takes care to bank its rays – without a thought for the disgraceful mush beneath the surface.
That cold soggy substratum, the doughy innards, consists of a sponge-like tissue; there flowers, leaves are fused together at every bend like Siamese twins. When the bread grows stale, the flowes wither and shrink, they come apart from one another and the whole thing goes to crumbs.
But let’s cut short here. For bread should be mouthed less as an object of respect than of consumption.

Francis Ponge, « Le Pain », Le Parti-pris des choses, Gallimard, 1942. Translated by Lee Fahnestock, The Nature of Things, Red Dust Inc.

Le grand déballage (ou pas)

Le retour de vacances, un concept moisi (on se demande vraiment qui l’a inventé !), et d’autant plus quand on rentre d’un « hiver » austral réunionnais plutôt radieux à une fin d’été parisien pourri… Bon, j’ai de la chance, le chauffeur de l’Orlybus a consenti à me grogner trois mots et la femme du guichet à Denfert-Rochereau a même été super sympa (effet collatéral violent du retour de vacances quand on habite à Paris : le coup au moral que tu te prends en voyant des citadins qui tirent des gueules de 10 pieds de long).

Un effet collatéral sympathique du manque de sommeil lié aux horaires souvent étranges de départ des avions : t’es certes défoncé, mais ça te donne l’occasion de traverser Montmartre un dimanche matin à 6 heures… (c’est vide !)

Ensuite, tu montes tes valises bien lourdes jusqu’à chez toi, tu ouvres la porte en espérant qu’il n’y ait pas une fuite d’eau quelque part ou une souris morte coincée derrière une plinthe, ensuite tu commences à défaire tes valises (perso je le fais par catégories : linge sale, hop à la machine et ce qui reste en tas dans la salle de bain / linge propre dans l’armoire / cosmétiques et shampoing – vérification d’impacts et d’explosage éventuel dans la voiture, merci au Dr Ross pour son retour d’expérience sur la prévention des shampoing explosés dans la valise, moi cette fois c’était la crème solaire…) A ce point du déballage t’en as bien marre (la valise attendra bien 4 jours dans l’entrée, zut !), de toute façon tu es bien crade après 11 heures d’avion, allez hop direction un bon bain chaud (au diable l’environnement, de toute façon ton addition carbone vient de péter le plafond après tes 22 000 km d’avion aller-retour) !

Ne pas oublier ensuite le petit coup de fil de rigueur aux parents (oui j’ai survécu, tu  sais la Réunion c’est la France quand même, ah bon t’avais pas réalisé que c’était un des volcans les plus actifs de la planète ? et qu’y avait des requins ? enfin bon, quand même, pas d’inquiétude, maintenant je suis à Paris, tout roule, je peux reprendre le slalom entre les bagnoles et l’ascension de la Butte Montmartre !)

Et voilà, plus qu’à siroter tranquillement la mignonette de punch au litchi que t’a fourni ton ami Air France en matant les coups de gueule de Gordon Ramsay, et en repoussant la vague culpabilité de ne pas te mettre au boulot et de laisser la valise dans l’entrée (potentiellement dangereux quand même : on peut y laisser un orteil en allant pisser la nuit) sous le fallacieux prétexte du décalage horaire (deux heures tout de même !)

Bon allez, j’vous laisse les amis, je vais déballer mes affaires de rando (ouais, je suis une warrior, je vous raconterai ça si j’ai envie, un de ces jours) mais en tout cas : I’m back !!!

A bientôt pour de nouvelles circumnavigations…