Photo de mariage, Brooklyn / Wedding picture, Brooklyn

Qu’est-ce qui fait la richesse du front d’eau de Brooklyn, Queens et j’en passe ? « It’s the view », bien sûr ! Toute cette forêt de pénis gratte-ciels vue de l’extérieur produit en effet des paysages grandioses… Et c’est sur la plage du parc de Dumbo (pas l’éléphant, le nouveau quartier tendance entre les ponts de Brooklyn et de Manhattan, un ancien quartier industriel aujourd’hui totalement colonisé par les bobos, les galeries d’art et les Starbucks) que viennent se faire photographier les futurs mariés et leurs témoins, devant le symbole de la puissance américaine, la skyline, et devant le pont…

C’est un bel arrière-plan de carte postale que ce pont de Brooklyn, terminé en 1883, jeté au dessus de l’East River comme un signe d’unité entre le centre et la périphérie de la ville, unité entre l’Est et l’Ouest, le passé (les piles gothiques) et l’avenir (les haubans d’acier). D’aucuns le trouvent trop lourd, trop touristique, laid en somme. J’ai été trop émue par le paysage la première fois que je l’ai vu et traversé pour lui tenir rigueur de son allure un peu massive…

C’est aussi une jolie histoire : le premier concepteur du pont[1], John Roebling, mourut d’un accident ; son fils reprit la direction du chantier mais, sévèrement handicapé par un accident de décompression pendant qu’il travaillait, il finit le pont confiné dans son brownstone de Brooklyn Heights, surveillant les travaux à la jumelle et confiant à sa femme Emily les instructions qu’elle relayait au chantier.

Alors, bon vent aux mariés !

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What explains the rich potential of Brooklyn’s, Queens’ and so on’s waterfront? “It’s the view”, of course! All this forest of penises skyscrapers, seen from the outside, creates actually grandiose landscapes… And on Dumbo’s beach (no, not the elephant, but the new trendy neighbourhood between the Brooklyn and Manhattan bridges, a former industrial district today totally colonized by yuppies, art galleries and Starbucks) come the newlyweds, their groomsmen and maids of honor, to be taken in picture, in front of the symbol for American power, the skyline, and in front of the bridge…

This Brooklyn Bridge is a beautiful postcard background. Finished in 1883, thrown across the East River like a sign of unity between the center and the periphery of the city, unity between East and West, between the past (the gothic piers) and the future (the steel stays). Some may find it too heavy, too touristic, ugly in sum. I have been too touched by the landscape the first time I’ve seen and crossed it to hold his quite massive aspect against him…

This is also a nice story: the first engineer of the bridge[1], John Roebling died in an accident; his son took the construction over but was severely handicapped by a decompression accident while he worked on the bridge, he finished the bridge confined to his brownstone in Brooklyn Heights, watching the work in progress with binoculars, entrusting his wife Emily with instructions she conveyed to the construction site.

So, fare thee well, newlyweds!

 

1. Oui, à cette époque il y avait encore des ingénieurs aux Etats-Unis…enfin celui-là était allemand mais bon.

Yes, at this time there were still some engineers in the United States…although this one was actually… German!

Le joggeur fou / The crazy jogger

Aux Etats-Unis, le «in corpore sano » est plus important que le « mens sana ». Je l’affirme, malgré tous ces cerveaux en ébullition que l’on trouve à Harvard et consorts. Rien que de très sympathique dans la formule latine, mais je me permets de souligner que le tout dans la chose, c’est l’équilibre.

Je m’explique. Personnellement en matière de sport, je suis d’une mollesse qui frise le sybaritisme. Nonchaloir est mon mode de vie et je me consacre principalement aux choses de l’esprit (ce qui inclut bien sûr un visionnage intensif de séries ainsi que la lecture de journaux féminins indispensables à une compréhension globale de la sociologie contemporaine). Dans mon petit milieu parisien et intello, à part quelques sportifs, la plupart de mes amis sont de la même eau, avec une bonne tendance à la flemmingite. De temps en temps je fais une cure de jogging (où je croise des anciens potes de lycée alors que je suis bien rouge et en sueur, youpi !) mais ça ne dure jamais bien longtemps. A New York je suis venue sans basket pour m’en acheter ici parce que c’est moins cher, ben résultat j’ai toujours pas de baskets, ni fait de jogging à Central Park, et puis bon il fait -2° là alors hein bon tant pis !

Et là LA les amis, je ressens l’irrépressible besoin de vous parler du joggeur fou, celui que l’on rencontre au coin de la rue quand il fait -2° justement. Tout commence donc avec la pratique du sport aux Etats-Unis : ici c’est du sérieux. Le sport c’est pas pour les kékés.

Le joggeur fou est donc une figure commune à New York, et je subsume sous ce concept non pas un mais DES types de joggeurs fous. Le JF peut se trouver dans les milliers de salles de sport de New York, ouvertes parfois 24h/24 (on a observé des joggeurs fous sur des tapis de course dès 4 heures du matin), mais le plus souvent autour de Central Park le joggeur fou se promène en toute liberté, suscitant la culpabilité du sybarite (ouais mais il va se niquer les articulations, lui ! pas de regret !) Le joggeur fou vraiment fou pousse alors le vice dans différentes directions : le joggeur fou qui court pieds nus ou avec des chaussures « simili-pieds nus » qui te font ressembler les pieds à des palmes de grenouille, c’est-y pas beau ? (pour retrouver le contact avec la nature sans doute, en plein Manhattan dans un parc créé de toutes pièces) ; le joggeur fou à moitié à poil alors qu’il gèle et que tu te les pèles en anorak ; le joggeur fou qui promène son enfant dans une poussette (le plus courant).

Bref, comme souvent ici ON NE RIGOLE PAS avec le sport. Par exemple, faire du vélo tranquillou est assez rare, en général les gars ont une combi de vinyl ultra moule-bite avec un casque de pro même s’ils vont à 2 à l’heure… Bon allez, bonne résolution pour 2011 : je vais me mettre au yoga !

In the US, « in copore sano » seems more important than the « mens sana ». I declare it, though all these boiling brains in Harvard et alii. The latin sentence is very nice, but I dare to underline that this is all about balance.

Let me explain. Personnally in the matter of sports my softness borders on sybaritism. Indolence is my way of life, and I devote myself to the domain of the mind (this includes, of course, watching many TV shows and reading women’s magazines, all essential to a global understanding of contemporary society). In my little Parisian intellectual milieu, apart from a few sportspeople, most of my friends belong to the same bunch of lazybones. From time to time, I take a jogging course (where I come across old mates from high school when I’m totally red and sweating, yeeha!), but it doesn’t last long. In NY, I came without sneakers in order to buy some because it’s cheaper here, well the result is that I still don’t have sneakers, I never went to jog in Central Park and well now it’s 28° so nevermind!

And here HERE my friends, I feel the urge of speaking about the crazy jogger, the one you meet on the street corner just when it’s 28°. Everything begins with the practice of sports in the US: it’s serious here. Sport is not for show off.

The crazy jogger is thus a pretty common character here in NYC, and I include in this concept not one but SEVERAL types of crazy joggers. The CJ can be found in the thousands of gyms of New York, sometimes open 24/7 (crazy joggers have been seen on treadmills at 4AM), but most likely when you’re around Central Park, the crazy joggers runs free, arousing the culpability of the sybarite (yeah but he’s gonna kill his articulations! No regrets!) The crazy jogger who’s really crazy goes so far as to do different things: run barefoot or with “imitation-barefoot” shoes that make your feet look like frog palms, isn’t that lovely? (surely to find contact with Nature, in the middle of Manhattan, in a park created out of nothing); run half naked when it’s freezing even when you wear an anorak; run with your child in a stroller (the most common CJ).

So, as is often the case you DON’T FOOL AROUND with sport. For example, biking unhurriedly is quite seldom, in general guys wear an ultra skin-tight (or “dick-tight” as we say in French, sorry!) vinyl jumpsuit with a pro helmet, even if they are quite slow… Ok, so, a good resolution for 2011: I will begin yoga!