De l’expédition Ikea

D’abord et avant toute chose, vous savez (ou pas mais on s’en fout, c’est moi qui écris c’est vous qui lisez, donc vous saurez) que je ne fais point de pub. Donc là je ne fais pas de pub, je vous livre une expérience. Parce qu’ikéa ça ne s’analyse pas, ça se vit. Surtout quand tu es une droguée fan de déco. C’est bien la déco. C’est bien et c’est beau. Ouéééééé.

illustration de Boulet

illustration de Boulet

Et puis dernièrement, mon égouttoir en bois commençait à donner des signes de faiblesse. Une expédition ikea s’imposait donc d’urgence. L’air de rien, je lançais un appel au secours sur facebook, espérant secrètement attirer l’attention de ma chère pote d’expédition ikea qui comprend mon addiction mon goût pour la consommation suédoise le Beau et QUI A UNE VOITURE (salauds d’ikeistes, à nous foutre les magasins dans des zones industrielles de derrière les fagots), Melle Choupie (parce qu’elle est vraiment trop choupie).

Munie de mon sac bleu en plastoque ignoble, de solides chaussures de marche et de ma liste de trucs indispensables à acheter (« égouttoir »), j’étais donc prête à profiter pleinement de la chose ; pensez donc : un jour de semaine en plein après-midi, un ikea quasi vide se profilait! Joie, joie, pleurs de joie.

Tout ceux qui dénigrent ce palais du mobilier à vil prix, sachez que je vous emmerde : des meubles design et pas cher, que demande le peuple ? Laissez-nous vivre, bande de grincheux. RIEN NE NOUS ARRETE (ils sont forts, les salauds). Oui le capitalisme c’est mal, mais pas le jour où tu vas chez ikea. Bam. Ne me faites pas chier, je vis avec mes contradictions (huhuhu).

Ainsi, en exclusivité, car je marche toujours sur les traces de Bernard de la Villardière, voici le récit d’une expédition ikea typique par une toxicomane (ok j’avoue : I am an addict). Qui sont-ils, quels sont leurs réseaux. Etc. etc.

Illustration de Boulet

Illustration de Boulet

Bref, nous arrivons et nous garons sans encombre au parking rouge, 10-57-B+. Très pratique à côté des ascenseurs. Facile à retenir en plus.

En arrivant, toujours commencer par le café local. Le monsieur du bar était bien sympathique : aaaaah ils traitent bien leurs employés chez ikea (le premier qui fait une remarque se prend un taquet).

D’habitude on bouffe des boulettes (aaaaaaah LES BOULETTES IKEA) mais la dernière fois Mademoiselle Choupie a connu quelques désordres intestinaux y afférents (le cheval n’est pas toujours très digeste mais passons). Donc on s’est contentées d’un rouleau à la cannelle.

Ne JAMAIS aborder une expédition ikea l’estomac vide. Surtout quand il y a une collection capsule à édition limitée dans la place (je n’ai pas encore exploré ce concept marketing ridicule mais ultra efficace de la collection capsule, mais je compte y venir bientôt, avec l’aide du plus grand reporter de la planète, Bernard de la Villardière) (Bernard je t’aime comme tu marches vers la caméra, épouse-moi !).

Nous commençons donc notre tour par la fâââmeuse collection, dénommée Bråkig. Ouais, le génie de ces meubles avec des petits noms suédois ridicules. Tous les intellos connaissent Billy, la bibliothèque des vainqueurs, et ont hésité avec Expedit, entre bouleau, hêtre et chêne. Je peux vous dire d’ailleurs qu’à part la taille des lits on se sent peu dépaysé dans le monde entier, quand je suis allée meubler mon appart’ new yorkais j’étais jouasse de pouvoir racheter la même couette. Je me sentais moins seule dans la grande ville dangereuse de pouvoir caresser une table Lack de la main.

Donc Bråkig, magnifique collection d’inspiration fifties. Ils sont forts les salauds. Bien que j’eusse décidé de ne pas dépasser les 50 € d’achats, je balançai une lampe rose so cute et un coussin adorable dans mon panier tandis que Melle Choupie notait frénétiquement sur la petite feuille les références des tabourets et des tables basses. Détail important : LE CRAYON A PAPIER gratuit, et le mètre en papier so fun. Je dois en avoir une quinzaine chez moi. Parce que c’est gratuit. Ils sont forts les salauds.

Ensuite, premier dilemme : tracer directement vers le sous-sol en empruntant les raccourcis, vu qu’on était censées savoir ce qu’on voulait, ou tourner paresseusement dans les allées pour admirer les cuisines et les canapés ? Je vous laisse imaginer. Bon, on a juste noté 2-3 références en se disant qu’il faudrait que Melle Choupie revienne avec son mec. J’ai envie de dire : on a grave géré.

Illustration de Boulet

Illustration de Boulet

Parvenues au rez-de-chaussée, nous voici enfin dans l’antre du monstre, tel Jonas dans le bide de la baleine : tous ces petits objets magnifiques qui servent à rien et coûtent 2€99 mais sont trop mignons/indispensables en fait/bien pensés/juste kiffants. Voici alors la stratégie à adopter : poster le caddie au coin du rayon, et SURTOUT ne pas se décider seule. Un peu de contrôle les amis.

Les bougies qui sentent bon ! Allez, j’en prends deux, sinon je vais encore en payer une à 15€ qui pue (non, ça pour le coup c’est vrai, les bougies ikea ne sentent pas mauvais et ne coûtent pas cher).

Les serviettes en papier !!! Melle Choupie me bondit dessus en criant : « ET EN PLUS ELLES S’APPELLENT FANTASTISK ! » Ils sont forts les salauds.

Au rayon literie, où nous nous apprêtions à faire une razzia de Bråkig, forcément pour aller avec le coussin/les tabourets, STUPEUR, SCANDALE !! Les housses de couette n’existent que pour une personne. J’appelle ça de la discrimination anti-dormir-ensemble-après-le-sexe. Après avoir menacé de saisir la HALDE et poussé de grands cris d’orfraie appelant les couettes absentes, il fallut nous rendre à l’évidence : pas de couette Bråkig pour deux. Douleur. De dépit je me précipitai sur une parure de lit de style russe tout à fait charmante. Faut ce qu’il faut.

Personnellement je m’en suis sortie avec un égouttoir (quand même), une nouvelle parure de lit, une lampe rose, un tupperware, un fouet (de cuisine, petits mal pensants), un saladier, deux bougies, 5 boîtes à archives et un panier à linge qui sert à rien vu que j’en ai déjà un. J’AI GERE, les enfants. Que dalle, quoi. Une petite centaine d’euros et roulez jeunesse.

Conclusion : va falloir y retourner, et vite.

Toutes les illustrations sont issues d’une planche du blog de Boulet (le plus GRAND DESSINATEUR DE BEDE DE TOUS LES TEMPS), « Pornographie mobilière » que vous pourrez allez lire ici. Merci un milliard de fois à lui de m’avoir autorisé à les utiliser, <3 comme disent les jeunes.

 

J’emmerde le shampoing

J’emmerde le shampoing comme de nombreuses choses, car l’Emmerdeuse n’est pas seulement Lonesome, elle est aussi dans la tendance. Sachez que depuis des années pas une once de silicone n’a approché son précieux cuir chevelu, et qu’elle oint depuis quelques temps avec application sa chevelure de shampoing solide (merci à Mademoiselle Modeuse (j’ai trop des potes modeuses branchées belles et cools) qui m’a expliqué pourquoi le shampoing solide c’est trop d’la balle).

A mon corps défendant, héraut de la tendance, guidant le peuple vers la voie du cheveu brillant, je me retrouve donc digne représentante de la tendance low poo.

Publicité Watkins Shampoo, Will Grefe, 1919

Publicité Watkins Shampoo, Will Grefe, 1919

Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando low poo? me direz-vous (je sais pas trop ce que ça veut dire mais c’est latin donc c’est cool). Eh bien, la tendance actuelle est de fait à l’emmerdage de shampoing. Car voyez-vous, on s’est rendu compte que le shampoing c’est assez inutile, nettoyagement parlant, et qu’en plus ça nique la planète. Ouaip. Donc est né un mouvement anti-shampouinesque qui aborde le problème par la pratique et se divise en mouvements distincts mais non antagonistes, le low poo et le no poo (low shampoo, no shampoo). On dirait presque des mouvements trotskystes.

Je passe sur l’affligeante absence d’originalité dans le langage : SoHo, bobo, allo ; et sur le fait que pooh en anglais signifie caca. Vulgarité, vulgarité, partout où se portent l’oreille et le regard.

Mais bon. Passons. Le low poo donc, consiste en se laver les cheveux avec des shampoings non agressifs pour le cheveu, et de préférence bio, sinon sans dec’, c’est quoi l’intérêt de dire merde à l’industrie internationale du shampoing qui alourdit les cheveux ? Alors je précise, mon shampoing solide coûte un demi-bras, mais par contre il dure une demi-année. Ce qui est finalement assez logique. J’aime pas trop raconter ma vie, mais on s’habitue vite : la dernière fois que, contrainte et forcée par des circonstances indépendantes de ma volonté, je me suis foutu du shampoing industriel sur le caillou, j’ai eu l’impression qu’on m’avait greffé sur le crâne une perruque de Cléopâtre. Désagréable sensation.

Car oui, depuis que je low-poo-ise, mes cheveux sont léger, mes cheveux sont brillants, mes cheveux sont kiffants, mes cheveux sont sexxxxxyyyyyyyyyy. La preuve, je pécho en masse (mouahaha).

Beyonce

Le no poo, déjà un peu plus extrême, c’est le grand saut dans l’inconnu, le bond en avant dans le progrès shampouinesque : l’abandon des shampoings industriels au profit de notre ami le bicarbonate de soude. Le bicarbonate de soude est un produit magique de nos grands-mères qu’il faudrait je pense s’injecter en perfusion tellement c’est de la boulasse internationale. Voyez ici-même chez ma collègue Eclectik Girl si vous voulez toutes les infos ; comme vous le savez, je ne m’encombre jamais l’esprit de bas détails pratiques.

Mais quand même, joie joie pleurs de joie, cette affaire a répondu à une question FONDAMENTALE que je me pose depuis que je suis toute petite et qui me laissait perplexe comme Saint Thomas devant la Résurrection, ou E.T. devant un téléphone. En effet, j’avais la comprenette précoce ; je me doutais donc bien que les hommes préhistorique VOIRE du Moyen Âge (comme chacun sait le Moyen Âge est une forme de Préhistoire) (genre les mecs ils peignaient des tableaux à fond DORE. Aucun sens esthétique), bref, les sauvages, ne disposaient pas de shampoing. Or donc, me demandais-je enfant avec l’acuité qui me caractérise, comment nos ancêtres les Gaulois faisaient-ils pour ne pas avoir les cheveux ignoblement gras ? Comment Sophie Marceau pourrait-elle véritablement avoir envie de se taper le grossier William Wallace avec ses queues de rat miteuses sur le cuir chevelu ?

Je ne pourrais pas dire mieux

Je ne pourrais pas dire mieux

Eh bien tout cela répond à la question : le shampoing est un leurre grossier importé par un Indien à Londres au XVIIIème siècle ; un margoulin qui tenait des bains turcs, nommé ensuite Chirurgien Shampouineur du roi pour ses massages du crâne au monoï. Sans commentaire. Après on va encore dire que j’ai l’esprit mal tourné. Mais n’empêche, voilà une belle arnaque.

Shampoing, je t’emmerde. Ouais ouais ouais je suis une sale bobo. Mais en même temps, REP A SA Nabila !!!

Rien que pour ça, ça fait plaisir.