J’emmerde le shampoing

J’emmerde le shampoing comme de nombreuses choses, car l’Emmerdeuse n’est pas seulement Lonesome, elle est aussi dans la tendance. Sachez que depuis des années pas une once de silicone n’a approché son précieux cuir chevelu, et qu’elle oint depuis quelques temps avec application sa chevelure de shampoing solide (merci à Mademoiselle Modeuse (j’ai trop des potes modeuses branchées belles et cools) qui m’a expliqué pourquoi le shampoing solide c’est trop d’la balle).

A mon corps défendant, héraut de la tendance, guidant le peuple vers la voie du cheveu brillant, je me retrouve donc digne représentante de la tendance low poo.

Publicité Watkins Shampoo, Will Grefe, 1919

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Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando low poo? me direz-vous (je sais pas trop ce que ça veut dire mais c’est latin donc c’est cool). Eh bien, la tendance actuelle est de fait à l’emmerdage de shampoing. Car voyez-vous, on s’est rendu compte que le shampoing c’est assez inutile, nettoyagement parlant, et qu’en plus ça nique la planète. Ouaip. Donc est né un mouvement anti-shampouinesque qui aborde le problème par la pratique et se divise en mouvements distincts mais non antagonistes, le low poo et le no poo (low shampoo, no shampoo). On dirait presque des mouvements trotskystes.

Je passe sur l’affligeante absence d’originalité dans le langage : SoHo, bobo, allo ; et sur le fait que pooh en anglais signifie caca. Vulgarité, vulgarité, partout où se portent l’oreille et le regard.

Mais bon. Passons. Le low poo donc, consiste en se laver les cheveux avec des shampoings non agressifs pour le cheveu, et de préférence bio, sinon sans dec’, c’est quoi l’intérêt de dire merde à l’industrie internationale du shampoing qui alourdit les cheveux ? Alors je précise, mon shampoing solide coûte un demi-bras, mais par contre il dure une demi-année. Ce qui est finalement assez logique. J’aime pas trop raconter ma vie, mais on s’habitue vite : la dernière fois que, contrainte et forcée par des circonstances indépendantes de ma volonté, je me suis foutu du shampoing industriel sur le caillou, j’ai eu l’impression qu’on m’avait greffé sur le crâne une perruque de Cléopâtre. Désagréable sensation.

Car oui, depuis que je low-poo-ise, mes cheveux sont léger, mes cheveux sont brillants, mes cheveux sont kiffants, mes cheveux sont sexxxxxyyyyyyyyyy. La preuve, je pécho en masse (mouahaha).

Beyonce

Le no poo, déjà un peu plus extrême, c’est le grand saut dans l’inconnu, le bond en avant dans le progrès shampouinesque : l’abandon des shampoings industriels au profit de notre ami le bicarbonate de soude. Le bicarbonate de soude est un produit magique de nos grands-mères qu’il faudrait je pense s’injecter en perfusion tellement c’est de la boulasse internationale. Voyez ici-même chez ma collègue Eclectik Girl si vous voulez toutes les infos ; comme vous le savez, je ne m’encombre jamais l’esprit de bas détails pratiques.

Mais quand même, joie joie pleurs de joie, cette affaire a répondu à une question FONDAMENTALE que je me pose depuis que je suis toute petite et qui me laissait perplexe comme Saint Thomas devant la Résurrection, ou E.T. devant un téléphone. En effet, j’avais la comprenette précoce ; je me doutais donc bien que les hommes préhistorique VOIRE du Moyen Âge (comme chacun sait le Moyen Âge est une forme de Préhistoire) (genre les mecs ils peignaient des tableaux à fond DORE. Aucun sens esthétique), bref, les sauvages, ne disposaient pas de shampoing. Or donc, me demandais-je enfant avec l’acuité qui me caractérise, comment nos ancêtres les Gaulois faisaient-ils pour ne pas avoir les cheveux ignoblement gras ? Comment Sophie Marceau pourrait-elle véritablement avoir envie de se taper le grossier William Wallace avec ses queues de rat miteuses sur le cuir chevelu ?

Je ne pourrais pas dire mieux

Je ne pourrais pas dire mieux

Eh bien tout cela répond à la question : le shampoing est un leurre grossier importé par un Indien à Londres au XVIIIème siècle ; un margoulin qui tenait des bains turcs, nommé ensuite Chirurgien Shampouineur du roi pour ses massages du crâne au monoï. Sans commentaire. Après on va encore dire que j’ai l’esprit mal tourné. Mais n’empêche, voilà une belle arnaque.

Shampoing, je t’emmerde. Ouais ouais ouais je suis une sale bobo. Mais en même temps, REP A SA Nabila !!!

Rien que pour ça, ça fait plaisir.

Comment la bouillotte a changé ma vie

Bon, alors normalement j’ai inventé cette règle de vie que si je ne bosse pas ma thèse j’écris pas le blogue, mais vu qu’aujourd’hui j’ai quand même fait du yoga à 11h du matin, ce qui n’est pas loin de l’aurore à la tête dans le cul aux doigts de rose, PUIS visité le futur appart’ absolument magnifique d’une copine (encore plus magnifique par la force des chose puisqu’il est sis dans le 18ème), PUIS acheté une paire de collants à 1€ en super soldes de la balle chez monop’ que la vendeuse m’a fait remarquer que c’est vraiment scandaleux de payer plus cher que ça nan mais c’est vrai quoi l’obsolescence programmée des collants, une vraie inégalité homme-femme ça coûte bonbon ces merdes là, PUIS réalisé que j’avais pris une taille 4 au lieu d’une taille 1 et que j’avais oublié de racheter du PQ, PUIS trié toutes mes feuilles maladies et insulté copieusement et en silence la sécu car ils m’ont effacé de leurs fichiers sans préavis, PUIS fait le ménage, PUIS lancé une lessive de blanc, changé les draps et les serviettes, PUIS sorti une nappe de batik de l’armoire pour l’assortir aux draps (noir & blanc, bichromie minimale, ultra in cet été) (oui bon, j’ai lu un peu de magazine féminin à un moment), PUIS réfléchi intensément à la mise en page de la couverture de ma thèse quand elle sera finie ce qui ne saurait tarder mouahahaha on s’accroche aux branches du baobab, PUIS mentalement listé toutes mes qualités physiques et intellectuelles, PUIS lu quelques pages de Murakami parce que cette histoire de promoteurs immobiliers c’est bien sympathique mais pas super goleri, j’ai décidé que j’avais le droit d’écrire des conneries. En plus spotify ne marche pas ce qui fait que je ne peux même pas écouter ma splendide playlist Alcohol & drugs, qui est fameuse pour se remonter le moral. NON MAIS.

(Spotify, les gens, c’est un truc qui permet d’écouter légalement de la musique en 
toute impunité) (ne téléchargez pas, bouh, c’est mal)(enfin, juste Game of 
Thrones SAISON 3 A PARTIR DU 31 MARS YOUHOUHOU !!)

Alors bon, le problème de base que nous allons aborder aujourd’hui est celui des pieds froids. Difficulté fondamentale, car déjà c’est grave la latche quand tu vas à la piscine alors que tu es encore une innocente enfant pleine d’enthousiasme envers le monde qui t’entoure (même si tu sais DEJA que tu n’auras jamais plus de muscles qu’un hamster) (silence dans les rangs, je suis une intellectuelle MOI) et que tout le monde te fait remarquer que tu as les pieds et la bouche violets. Eh bien quoi, c’est seyant au teint, le violet (mais bien sûr) (NON au violet en toutes circonstances) (je ne mets que rarement les pieds à la piscine, nonobstant) (et puis l’émir du Q. ne va certainement pas faire des longueurs à la piscine Hébert, alors quel intérêt) (cette piscine a un nom kiffant, reconnaissons-le).

Petit excursus sur la médicalité des choses de la vie : après un rapide détour sur l’internet mondial de la connaissance et de l’intermédiation de folaïe que du coup j’ai appris cette info fondamentale que Hugh Hefner vient d’épouser une jeunesse, voici ce que dit la science exacte de la toile : le sang de meuf, cette substance mystérieuse, est un peu frappé de viscosité, ce qui fait qu’il se concentre à chauffer les organes fondamentaux, dont ne font pas partie les pieds ni les mains (tu vois tous les petits globules rouges en mode lance-flamme autour du cœur et des poumons : « vite, la tempé est en dessous de 37°, tous au taf, barrons-nous des orteils de toutes façon ça pue là-bas»). Ça s’appelle la vasoconstriction. Aussi, selon doctissimo, j’ai sans doute des problèmes de thyroïde et le diabète. Mais ça va, je ne m’inquiète pas trop, j’ai du vin pour oublier.

Les choses se compliquent ensuite lorsque tu commences ta vie de déesse du sexe  femme (n’exagérons rien) et que tu es confrontée à au sommeil en groupe à deux (n’exagérons rien). L’ennui, c’est que la gent masculine, malgré quelques légers défauts, ne souffre généralement pas de ce travers de la frigidité pédicure ; ces bougres sont en général de véritables poêles à bois, plus ronflants que le kachelofe de ma grand-mère.

Ceci (sur la droite) est un kachelofe alsacien de haulte gresse, exposé à l’Ecomusée d’Alsace, un endroit de la boulasse intergalactique que je vous conseille fortement.

Particularité bien sympathique a priori, et le mouvement de joie et d’enthousiasme de la jeune épousée (ou assimilée, mais bon tout le monde n’a que le mariage à la bouche en ce moment, j’en déduis qu’on va voir un revival de la copulation post-justes noces) (ce qui va réduire les opportunités pour les fans de conformité bourgeo-branchée) (mais les démultiplier pour les chagasses filles libérées dans mon genre) (Papa, c’est une blague HEIN) se réduit bientôt en longue plainte de la victime de l’attaque des pieds froids en piqué. Parce que bon, comprenons-le bien, le garçon N’AIME PAS TROP que tu viennes coller tes arpions glacés à son beau corps bouillant (le garçon aime bien l’idée d’avoir un beau corps bouillant) (il se sent énergique et plein de chaleur) (et peut renvoyer la fille à son statut de reine des glaces).

Alors que faire ? Jamais, au grand jjjjjjamais ne porter des chaussettes surtout les chaussettes de rando ça réchauffe à peu près mais avec les pointes orange c’est moyen sexy, en même temps sa mère tu mets 3 HEURES à t’endormir tellement tu grelottes de froid sous cette maudite couette censée être thermo-chauffo-kiss my ass n’importe quoi on s’les pèle comme en Sibérie.

Et là, ce fut la RÉVÉLATION. Emmaüs, la glossolalie et tout le tintouin, grâce à Melle Babouchka qui a quelque travers de la russification intense mais reste malgré tout un être de sagesse et de lumière qui en a sous le capot. « Achète une bouillotte », qu’elle me dit, « ça coûte 8€ chez Monoprix« . Une bouillotte ? me dis-je, sceptique. En quoi cet outil de grand-mère a-t-il une pertinence dans mon intérieur ultra-looké design scandinave, lignes épurées et éclairages indirects ? Or donc, en cette période de soldes, je tombais sur un modèle doublé de laine polaire parfaitement disgracieux mais toudoux comme une peluche toudoux qui donne envie de faire des bisous. Bon. J’acquis donc l’objet, ricanant par devers moi. Ayant regagné mes pénates et préparé ma couche, constaté que comme d’hab il faisait -5 sous les couvertures, j’introduisis la chaufferette susdite.

MES AMIS. MIRACLE , MIRACLE, JOIE PLEURS DE JOIE, NOËL NOËL NOËL dans notre bonne ville de Paris ! Nulle jouissance n’égale celle des pieds réchauffés par la bouillotte. Ah, dormirrrrrrrr avec une bouillotte!! Que Dieu bénisse son inventeur et le comble de bienfaits dans le Paradis des Justes. En plus ça permet de garder le grog au chaud (voir ici) (Deschiens for ever).

Donc voilà, je dors avec ma bouillotte maintenant. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est pas sexy, j’en ai rien à cirer. Je peux bien dormir en porte-jarretelles, mais qu’on me laisse ma bouillotte.