Métaphysique des trucs à la con

J’ai beau être dotée d’une intelligence tout à fait faramineuse, il y a quand même des trucs qui me trouent grave le cul quand j’y pense : Mystères insolubles de la Vie. On va encore dire que je suis naïve comme un bisounours nouveau-né et que j’ai 5 ans d’âge mental. CERTES. Nonobstant je m’étonne. Et je m’étonne d’ailleurs qu’il n’existe pas de mouvement philosophique destiné à étudier plus précisément cette métaphysique des trucs à la con. Il est temps de crier un grand Pourquoi ?

Pourquoi la graisse et le sucre c’est meilleur que les légumes vapeurs ? Hein ? Non non, je vous entends d’ici, mais non. Bande de connasses anorexiques branchouilles qui vous exclamez en cœur « Mais le brocolis avec une pointe de vinaigre c’est un délice » ou « La salade c’est meilleur sans assaisonnement », eh bien je vous dis TA GUEULE. Soit tu mens, soit t’es névrosée, en tout cas c’est pas mon problème. Les légumes vapeur c’est dégueulasse ; ça va bien deux minutes. Mon problème c’est que pour maigrir il faut manger des trucs pas bons. Et ça, CA VA BIEN CINQ MINUTES nom d’une couille. Et merci à l’aspartame qui file le cancer mais sans qui ma vie ne serait qu’un infini désert. Quand à vous tous qui êtes en train de perdre du poids, je vous méprise.

Je n'ai qu'une philosophie, être acceptée comme je suis.

Je n’ai qu’une philosophie, être acceptée comme je suis. © Kaamelott et Amel Bent, et non pas Kaamel Kant.

Pourquoi ensuite, après consommation étendue de graisse et de sucre donc, ton étron disparaît-il parfois directement dans les profondeurs des chiottes ? (Un perfect comme on l’appelle dans le milieu des Admirateurs de l’Etron). Tu as pourtant bien ressenti son passage, mais quand tu t’es retourné pour l’admirer il avait disparu, tel David Copperfield (ne niez pas, vous REGARDEZ) (ça fait deux heures que je cherche la fameuse scène du film Smoke où l’on explique que le monde est divisé en deux parties, ceux qui regardent et ceux qui ne regardent pas, mais je trouve pas) (autre grand mystère de la vie : pourquoi, parfois, google t’empêche de retrouver une scène de caca ? sans doute la faute de l’Algorithme – cf. ci-dessous). Bref, ton caca disparaît, et c’est le MYSTERE. Il est parti rejoindre les alligators dans les égouts (car tout le monde sait que les égouts de Paris sont remplis d’alligators en maraude).

Pourquoi aussi le site de la SNCF t’attribue-t-il ENCORE une place en carré alors que le train est à moitié vide et que tu avais demandé un duo en suppliant à deux genoux et en allumant une bougie votive (odorante, cf. ci-dessus) à Saint Christophe (saint patron des trains, comme chacun sait)? Ca va bien quand tu pars en vacances dans le Sud et que tu es plein de bonté et d’optimisme, c’est plus douloureux quand tu prends le train très régulièrement pour aller bosser et que tu te tapes en face deux supporters obèses de l’OM qui balancent leurs bières sur la petite table où tu tentes de caser ton mac (ouais, les supporters de l’OM, nan mais OH). Sachez qu’en fait cet événement cruellement répétitif (auquel sont dédié des dizaines de forums de voyageurs au bout de leur life qui bizarrement ne sont pas trop embêtés par la privatisation qui entraîne des augmentations de tarifs de malade, mais ça ça va, on comprend pourquoi, c’est pas trop métaphysique), cet événement cruel donc, s’explique en fait par la magie de l’Algorithme. Et l’Algorithme, laissez-moi vous dire, c’est métaphysique.

Le carré SNCF, Pierre de Rosette du 21ème siècle. Giuseppe Colarusso.

Le carré SNCF, Pierre de Rosette du 21ème siècle.
© Giuseppe Colarusso.

En effet, pourquoi, au fond, ton ordinateur essaie-t-il de devenir ton ami t’expliquer quoi consommer ? Pourquoi te propose-t-il parfois des trucs ultra pertinents qui font hyper sens dans ta démarche ontologique, genre « Paire d’escarpins en cuir », mais parfois te semblent issus de l’imagination fiévreuse d’un chinchilla sous acide, genre « Un groupe de trisomiques punks représente la Finlande à l’Eurovision » ? (bon ok, tes amis pédés te forcent depuis des années à mater l’Eurovision et tu peux chanter Conchita Wurst par cœur) (mais quand même). Eh bien sachez que ces mystères des profondeurs de l’Internet s’expliquent par une formule que nul ne peut comprendre : l’ALGORITHME.

Et là tu te dis merde, j’aurais dû écouter ce con de Monsieur Bernard en cours de maths malgré ses fashion faux pas. Because the Algorithm is your master, et tu sais même pas ce que c’est. Au moins Dieu, y avait un concept, genre grand mec à barbe avec de sérieux problèmes familiaux. Là, non, y a que des MATHS.

Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu, MAIS BIEN SÛR.

Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu, MAIS BIEN SÛR.

Par exemple, dans l’injustice criante de l’attribution des sièges TGV, qui devrait d’ailleurs agiter depuis longtemps la Cour européenne des Droits de l’Homme au lieu d’histoires de fessées dont on se branle la nouille, tout s’explique par l’Algorithme : dans certains trains Il disperse les gens dans tout le wagon, sur d’autres lignes il les concentre tout à un bout et bourre à fond les carrés (technique dite du bourrage de passagers). Bref, on ne peut pas lutter contre l’Algorithme. Et d’ailleurs ça m’étonnerait qu’il n’ait rien à voir avec cette histoire de disparition de crottes. JDCJDR. UN JOUR LE MONDE SAURA.

Et puis aussi, pourquoi les biscottes ne tombent pas du côté du beurre ? Non mais c’est vrai, moi je ne fais jamais tomber de biscottes. Donc pas du côté du beurre. D’ailleurs, je ne mange pas de biscottes. L’Algorithme ne m’en propose pas non plus. Du coup je ne peux pas trop me plaindre, et c’est un problème. ET J’AIMERAIS BIEN QU’ON ME DISE POURQUOI. Nom d’un caillou.

Rep a sa, Kant.

Des jeux vidéos

Et merde me dis-je, seule face à mon ordinateur et la tête dans le cul, voici bien longtemps que je n’ai pas écrit sur le blogue. Mais quoi dire ? A part disserter de mon immense perfection, du mauvais goût des hommes en la matière et du retour du fucking Winter et en plus sans saison de Game of Thrones, j’ai envie de vous prévenir, c’est pas l’éclate.

Heureusement, une riche polémique se développe (s’est développée, j’ai tellement grave la flemme que ça fait deux semaines que j’aurais dû finir ce riche et substantiel article, mais bon ça va bien, et merci bonsoir), polémique sur laquelle j’ai un avis tout à fait ferme et circonstancié, d’autant que je ne connais absolument rien à l’affaire. C’est bien logique : les media sont l’affaire de tous et Kim Kardashian est le nouvel Albert Londres, je ne vois pas pourquoi je me gênerais merci bisous lol. En plus c’est pas comme si je parlais de la guerre en Syrie non plus, de toute façon ils crèvent tous on ne sait pas trop pourquoi et on va pas arrêter de bouffer des chocopops pour autant. (Pardon j’ai l’esprit mal tourné)

Mais de quoi parlais-je ? Ah, la polémique. Cruciale, en effet, vitale, BIOTIQUE même. C’est pas ici qu’on va s’emmerder avec des conneries, ici on est dans l’être, ici Nietzsche tient boutique, ici ça dépote des cannettes. POWERFUL STUFF mon pote.

La polémique, donc, traite de jeux vidéos et plus précisément de cette affaire Assassin’s Creed pendant la révolution française. Bon. Je ne commente pas le fait que le jeu s’appelle Le credo de l’assassin. Après tout c’est le principe de nombreux jeux et grand bien leur fasse. Personnellement je n’ai quasiment aucune expérience de la chose, ayant grandi sans télévision. Mais enfin j’ai vu ExistenZ (excellent film huhuhu) et surtout surtout mon bon pote de 3ème m’avait installé sur l’ordi du salon (WINDOWS 95 ! Te souviens-tu, ami trentenaire ? Cette petite fenêtre qui bougeait tandis que tu attendais que le système se charge, approximativement une demi-heure… ah la jeunesse !) le bon vieux jeu de Doom. Le principe : tu es le Marine le plus endurci de la planète (genre, t’as du titane à la place des biceps, tout à fait moi, le jour où j’ai essayé de soulever un fusil je me suis fait une luxation de la hanche mais JDCJDR) et tu débarques dans une station spatiale où tous les mecs sont infectés d’un virus malveillant. Donc, tu butes tout ce qui bouge. Enfin moi je tirais plutôt dans le plafond, vu que je sursautais à la vue de chaque truc qui bougeait. Ouais ok, j’étais plutôt une grosse quiche. Et il est POSSIBLE que je sois mauvaise perdante.

En tout cas je peux dire, je le crois, que qui a joué à ce jeu a tout capté au principe (bien que je considère n’être qu’une immonde néophyte comparé aux gamers ; seulement l’ennui c’est que ça m’emmerde : trop long – étant donné mon niveau minable, pour un résultat trop certain, un joyeux bain de sang qui t’emmène vers l’horizon. Been there, done that, got the t-shirt, et en plus je vise comme une chaussette sous coke).

Me revient aussi le souvenir un peu paniqué du spectacle de mes cousins en train de taper frénétiquement sur leur manette (ça s’appelle bien une manette ? enfin le machin qui sort de la console, là, avec les boutons impossibles à maîtriser) en jouant à Super Mario (un PLOMBIER qui doit sauver une PRINCESSE en AVALANT DES PIECES)(JDCJDR MAIS MERDE). D’une part (pardonnez-moi les garçons, je vous respecte), cet objet me semblait assez masturbatoire et par là-même, suspect : sans déconner, taper sur des boutons, ça peut faire kiffer A CE POINT ??!? (oui je sais Il tape sur des bambous et c’est numéro un).

Arrête ton char Ben-Hur.

Arrête ton char Ben-Hur.

Nonobstant, quelques avantages sont à noter. Déjà t’as l’impression d’être un gros dur qui se fait respecter dans la street, donc bon c’est clair que si t’as des muscles de poulets et la dégaine d’un loser, je comprends que t’aies envie de passer ta journée à buter des zombies virtuels. Ensuite, pas besoin de s’emmerder à discuter : tu tires dans le tas, et bam. Même Vin Diesel n’est pas aussi fort niveau diplomatie ; et pourtant c’est pas un minable, surtout avec ses petits marcels blancs, hmmmm. Plaisir intense de la transgression morale. Il est également possible que tu finisses seul sans ami. Le monde est cruel.

Enfin bref, de toute façon il paraît que le meilleur jeu vidéo de tous les temps c’est TETRIS. ALLO LA POLICE ?!??? Tétris ? sans déconner. Faut vraiment avoir envie de se vider la tête. Ah, c’est l’objet ? Tant mieux. Personnellement, pour me vider la tête, faudra y aller à la louche à double tranchant, je le crains. C’est pas ces petits carrés qui me font peur. C’est comme le sudoku. LE SUDOKU. Tout est dit.

Mais, notre mouton assassin s’est perdu en chemin. Assassin’s creed, donc. Le but de l’affaire est que vous, le héros du jeu, devez buter un certain nombre de keums et de keufs (c’est vachté scénarisé sa mère) dans le Paris révolutionnaire. Même les tueurs ont besoin d’exotisme historique. La polémique fut initiée, pour changer, par notre cher Jean-Luc M, qui a des bons côtés mais pas mal de relous aussi, il faut bien le dire. En effet, ce jeu, en soi tout à fait inintéressant, se la pète qu’il se passe pendant la Révolution MAIS qu’il s’en fout comme de l’an 40 (bim ! expression utile ! je vous laisse chercher sur wikipédia ça permet toujours de briller dans les soirées). Or donc, c’est quand même un peu pousser mémé dans les orties. Les gars sont blindés de thunasses sa mère et ils sont même pas foutus de sortir quelques euros pour payer un historien spécialiste (je vous garantis, l’historien n’est pas cher sur le marché en ce moment), déjà ça te la fout mal : genre la Bastille encore debout alors que Ah ça ira ça ira on l’avait détruite dès 1789. Bon. Ces bas détails pratiques n’ont qu’une importance pour les esprits faibles.

Ouais, c'est vrai, pourquoi?

Ouais, c’est vrai, pourquoi?

Non, ce que JL dénonce, et je ne peux que le suivre, c’est que nom d’un petit bonhomme, faut pas déconner, les Révolutionnaires n’étaient pas des buveurs de sang qui violaient les femmes et mangeaient les petits enfants. Hélas oui, c’est un peu ce qu’on raconte dans les programmes scolaires : et je ne dis pas merci à notre ami François Furet, qui a réussi à faire percoler dans les esprits que Robespierre c’est Staline en puissance (bing ! référence aristotélicienne merci bonsoir). Et Napoléon c’est Bisounours. Marx aussi c’est Staline, bien sûr. Et Cavaignac c’est Casimir. Déjà que les historiens coûtent pas cher, mais merde, ce serait pas mal que les trois pékins qui font les programmes les lisent, pas seulement UN écrivain bien de droite. Enfin bon, JDCJDR. Je ne veux pas être dans le jugement. Mais permettez-moi de vous dire qu’un texte de Robespierre sur l’esclavage, à côté de cet enculé de Bonaparte qui le rétablit plus facilement qu’on interdit le voile à l’école, c’est pas de la gnognotte.

Certes, on s’en bat la rate, un jeu vidéo c’est pas fait pour apprendre l’histoire. Et les livres c’est chiant. Et de toute façon, qu’est-ce qu’on en a à branler de ces milliers de gens qui sont morts sur les barricades pour que vous ayez droit de glander toute la journée à jouer sur le canap’, à jouer à buter des zombies ?

Oh ben alors, je crois que j’ai plombé l’ambiance. C’est l’heure de la tisane.

WINTER IS COMING.

PS: Marie-Antoinette était bien une connasse. Oui, même si elle avait de belles robes, la bougresse.