J’ai un nouveau store

Alors voilà, j’ai un nouveau store. Grande nouvelle. Je me doute bien que vous n’en avez rien à cirer ; en même temps, c’est pas comme si j’avais l’habitude d’écrire sur des sujets d’intérêt public. Après tout, Marc Levy a fondé un empire littéraire sur une histoire d’esprit errant de jeune femme dans le coma, alors je vais me gêner. Dans les plus petits objets peut se cacher le mystère du monde. Ne laissons pas le store sur le bord de la route, tel un chien errant ; Brigitte Bardot ne serait pas contente.

D’abord, c’est quand même super cool d’avoir acheté un store parce que ça fait quand même trois ans que je me dis qu’il faut que je m’en occupe. Donc, déjà, ma vie avance grave. Je résous des problèmes. Je ne cède pas à l’adversité. J’ai pas de boulot, j’ai pas de mec, mais J’AI UN STORE. Ca déconne pas. Pardon mais il fallait quand même marcher 10 minutes jusqu’au Castorama APRES avoir mesuré la taille de la fenêtre (bon, j’ai dû y aller déjà une fois ou deux en ayant oublié de prendre les mesures) ; demander au vendeur l’emplacement des stores (bien planqués, les salauds, derrière les lampes et la peinture satinée) ; ne pas se planter dans la dimension du store (on ne sais jamais ; en plus au Casto ça capte pas, et c’est quand même super stressant de choisir un store sans avoir de réseau, au cas où j’aurais eu besoin d’appeler ma mère pour qu’elle me confirme la taille de ma fenêtre depuis l’autre bout de la France, et aussi que je faisais bien d’acheter un store parce que c’est quand même pas donné ces merdes-là) ; ramener l’objet à bon port en réalisant que c’était un mauvais plan d’aller direct à la préfecture de police ensuite, vu que t’allais pas te ramener à la préfecture avec un énorme store en plein Plan Vigie-Pirate. Oui parce qu’il faut que je fasse refaire mon permis que je me suis fait piquer il y a trois ans. J’étais donc en train de rattraper trois ans de vie sans store et sans voiture : trois ans de vie perdus, gâchés, foulés aux pieds. Mais il ne faut pas être trop ambitieuse, Rome non plus ne s’est pas faite en un jour. A chaque store suffit sa peine.

Admirez la munificence de l'objet - les plantes ne sont pas à moi, je les fais toutes crever.

Admirez la munificence de l’objet – les plantes ne sont pas à moi, je les fais toutes crever.

Ensuite, une légitime fierté m’habite, parce que le store ne s’est pas installé tout seul, CROYEZ-MOI. Déjà j’ai dû scier au moins 3 cm de planchette avec ma scie de la mort, percer 4 trous et visser une huitaine de vis. Ce qui n’est pas à la portée du premier venu. Surtout à la fenêtre du quatrième étage. Seule une frêle balustrade me séparait de la mort. Mais hors de question d’appeler à l’aide. Je suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu, et hasta la victoria siempre comandante con las cojones, ole ! Je suis une femme libre et indépendante. Bon, j’ai pas fixé l’enrouleur de ficelle, j’avais la flemme ; et ça marche très bien sans.

Autre point important, le RÔLE du store. Il ne faut pas croire que ce store vienne de nulle part, ni qu’il ne sert à rien. N’insultez pas ma (grande, immense) intelligence. Point du tout. L’été de mon emménagement, alors que je me plaignais que mon 4ème étage plein sud était bien ensoleillé mais trop chaud (on n’est jamais content), mon père qui est un homme de sciences, m’a signalé ce fait de la physique quantique que ça ne servait absolument à rien de fermer les rideaux, vu que la chaleur était produite par le verre de la fenêtre, et qu’il fallait donc stopper le soleil AVANT. ASTUCIEUX ! Donc, déjà, j’ai moins chaud. Et vu que c’est l’été, avouez que c’est bien malin de ma part.

Et tout de même, grande amélioration de ma vie quotidienne, pouvoir me balader à poil chez moi sans en faire profiter les voisins. Je suis une fille sympa, mais faut pas non plus pousser Mémé dans les orties.

Bref, j’ai un nouveau store.

Prenez un chewing-gum

J’ai appris récemment une triste nouvelle : comme quoi que je puerais de la gueule. Plaisir. Sous le choc, déboussolée, vulnérable, je suis d’abord restée interdite. Ensuite j’ai tenté de respirer ma propre haleine en soufflant dans ma main. Que dalle. Je ne sentais que les pots d’échappement, comme d’hab. Jalousie, me suis-je dit, c’est bien normal, moi qui suis belle intelligente et gentille, il faut bien que je subisse parfois de ces insultes au-dessous de la ceinture qu’entraîne ma condition d’être supérieur. Et quoi de plus vicieux que de m’accuser de puer le chacal, chose invérifiable et purement subjective ? Bref, je restai stoïque devant cette vile estocade.

L’ennui c’est qu’à partir de là, la parole s’est libérée. Libérée, que dis-je ? DECHAÎNEE oui. A peine ai-je commencé à répandre le bruit que ma SOI-DISANT meilleure amie m’avait dévoilé ce fâcheux détail – dans le but, bien entendu, que l’on me réponde « Mais pas du tout ma chérie, ton haleine sent la rose et le benjoin » – que mon entourage s’est cru autorisé à surenchérir. Oui, les salauds. Comme quoi c’était pas glamour de m’embrasser, que j’avais sans doute des problèmes de digestion, de l’aérophagie, une flore intestinale déflorée, une gousse d’ail dans le cul, que sais-je. A croire que tout un chacun est spécialiste de l’halitose – ouais, parce que puer de la gueule a un nom médical ; là je me suis jetée sur doctissimo et j’ai compris que j’étais atteinte d’un mal dangereux, ce qui prouve une fois de plus que le monde m’en veut. INJUSTICE. OSTRACISME.

Alien, je te comprends. Pauvre bête incomprise.

Alien, je te comprends. Pauvre bête incomprise.

Condamnée à ne plus jamais rouler de pelles de ma life.

Et puis tout le monde a un remède à proposer. Forcément. « Brosse-toi les dents » – oui merci la police de l’hygiène ; toi qui penses que je suis une fille sale, tu es sur ma liste des larves à écraser. Un jour, comme ça, quand tu ne t’y attendras pas, je serai là derrière une porte et BAM ! je vais te laminer la gueule en douceur. « Une cuillère à soupe de vinaigre de pomme dans un mug d’eau chaude le matin et le soir », « brosse-toi la langue », « 1,5 litres d’eau par jour », « prenez un chewing-gum », « croque un citron », « il faut arrêter de manger de l’ail, de l’oignon, de boire du café et d’ailleurs t’as pas un peu grossi ? » (toi aussi tu vas prendre). Inutile de dire que je me voyais déjà finir hydropisique, l’émail des dents défoncé et un ulcère perforé en préparation. Moi qui n’ai jamais fait de mal à une mouche.

Prenez un chewing-gum Emile. Ou comment transformer une victime de la vie en psychopathe dangereux.

Prenez un chewing-gum Emile. Ou comment transformer une victime de la vie en psychopathe dangereux.

Comme je suis assez nulle en mesures énergiques et que je fais partie des procrastinateurs qui se disent « ouais ça ira mieux demain » en prenant une aspirine et finissent aux urgences pour se faire diagnostiquer un cancer en phase terminale (vu que le monde m’en veut, ça m’arrivera forcément un jour, c’est clair), j’ai décidé de ne pas aller voir le médecin et d’user de mesures prophylactiques à l’efficacité prouvée, à savoir, LE BONBON A LA MENTHE QUI ARRACHE LA GUEULE. Faut ce qui faut. Pas le bonbon à deux balles hein, attention ! Le bonbon qui tue. Un microgramme de ces pastilles te dégage la colonne d’air jusqu’au fond du côlon. C’est tellement bon cette sensation, tu en suces toute la journée. Tu te sens comme dans une chanson de Kool & the Gang : « She’s fresh, she’s so fresh, exciting, She’s so exciting to me. » En route pour le roulage de pelle !

A moi les hommes à rouflaquettes!

A moi les hommes à rouflaquettes!

Evidemment, tout ça serait trop simple. Il y a comme toujours un revers à la médaille, un côté obscur à la Force, un envers à l’endroit, un anus à la bouche, un grain de sable dans l’engrenage. D’abord, tu es tout le temps cramponnée à ta boîte de pastilles, ce qui fait que tu as un peu l’air d’une malade mentale atteinte d’un grave TOC. Ensuite, ces maudites dragées t’activent la digestion, ce qui fait que tu risques FORTEMENT la putridité à l’autre bout de la chaîne alimentaire, si vous voyez ce que je veux dire (un conseil : évitez surtout les bonbons suisses aux plantes : GROSSE ARNAQUE DIGESTIVE).

With great power come great responsibilities. Comme dirait l’autre.