Du 14 juillet

C’est la fête nationale où 65 millions de Français et des poussières (si je ne m’abuse) se désespèrent du mauvais temps (y a même un concert de Johnny annulé ! Rendez-vous compte !) (ah, il fait beau dans le Sud ? Mais on vous emmerde profitez-en, les gens du Sud !) qui nous gâche ce beau jour férié samedi de la parade de l’armée qu’elle est pas tankée comme une pétasse, dites donc, parce qu’on a quand même la glorieuse Légion étrangère et ses délinquants en tous genres et en goguette prêts à reconvertir leur talent au service de la grande France et puis ½ porte-avion, eh les gars ! Bon après, la Nation en armes, la défense de l’égalité et de la liberté, tout ça, c’est pas trop l’top faut dire (Afghanistan, gros succès ; Lybie, gros succès) mais on va pas rentrer dans les détails, on va s’engueuler. Cela dit j’ai pas dans l’idée que la fête de la Fédération de 1790 c’était un truc du genre moulin de Valmy ni chasse aux nobles (y avait même LOUIS XVI les gars !) (la prise de la Bastille, pfouh, rien à cirer). Mais bon, j’ai sans doute des problèmes émotionnels beyond pacifism (en plus du pacifisme), comme dirait notre ami Walter Sobchak (si vous n’avez jamais vu The Big Lebowski, les amis, je suis triste, bien triste pour vous) (en même temps quelle chance, vous allez vous taper une bonne tranche de rire !) (regardez plutôt ça que la télé, parce qu’après, tour de France tout l’après-midi ! Mais YOUPI quoi !) Moi j’crois que nos soldats, en plus, ils préfèreraient qu’on arrête de leur demander de tout faire en leur coupant les crédits, parce que bon, à la fac et à l’école on est dans la merde, mais alors eux c’est vraiment la loose financière intergalactique. Donc bon plan, de les faire défiler en uniformes rutilants alors qu’ils n’ont plus de casernes.

C’est la fête nationale, lendemain de bal des pompiers soirée de meufs arrosée parce que le bal des pompiers pas moyen il pleuvait trop, non mais ! Tout cela pour faire le triste constat qu’en 20 années d’existence (on va rester sur 20, une jeune fille ne dit pas son âge, hi hi hi) je n’ai JAMAIS RÉUSSI à assister à UN SEUL bal des pompier. Foin de casernes non plus sur ce front-là. Triste constat. J’ai passé trop de vacances non-nationales au pays où coulent le lait et le miel (j’ai nommé l’Italie) (ce pays me fait plus vibrer qu’un ventilateur en furie) (dont nous n’avons malheureusement pas besoin vu la température sibérienne qui règne à Paris). Je ne suis pas trop une bonne Française, donc. Mais ça ne me turlupine pas des masses non plus, faut dire (j’ai déjà suffisamment de sujets de mauvaise conscience, de ma thèse au catalogue de la Redoute, pour charger la barque encore plus, non mais).

C’est la fête nationale donc et j’ai le cerveau en pelote. Mais comme j’ai des amis géniaux, j’ai un couvre-chef de circonstance pour le garder au chaud, que j’ai agrémenté d’ornements à ma façon. Ok j’avoue, le message de base est peut-être un peu brouillé, mais que diable, le diadème c’est quand même important quand on a la tête comme une citrouille ! Le bonnet phrygien se porte rutilant cette saison, demandez à Jean-Paul Gaultier!

Sur ce, je vais me faire une tisane et comme on chante de l’autre côté des Alpes Avanti o popolo, alla riscossa, Bandiera rossa trionferà (En avant, peuple, à la révolte, le drapeau rouge triomphera). Moi ce sera pas pour aujourd’hui, hein, mais ne vous privez pas pour autant !

De la viande

Je vous sens perplexes, chers lecteurs, vous qui êtes habitués à la profondeur tant anthropologique que philosophique de mes horrifiques écrits, à l’énoncé du titre. Pourtant, il s’agit bien de disserter de barbaque. Et vous allez voir, on va creuser bien profond. Comme dirait le grand BHL « il n’y a pas de petit sujet, surtout s’il s’agit de ma gueule. » Parfois la richesse de la philosophie contemporaine en France m’effraie. Je veux dire, qui peut encore suivre, merde ? Je connais des agrégés qui s’y sont cassé les dents (et pas que d’ailleurs).

A propos de dents, revenons aux moutons et à la bidoche. L’autre soir, comme je dînais avec de charmants amis qui vivent en Allemagne et n’en peuvent plus des charcutes teutonnes (personnellement j’ai été conditionnée pour aimer ça à la folie, je ne me prononcerai donc pas sur la pertinence de la haine ou de l’amour de la saucisse) (je dirais cependant qu’une charcuterie présentant moins de 7 sortes de saucisse de jambon ne mérite pas de baiser le pied de porc qui la fait vivre), nous commandâmes divers produits carnés du bœuf saignant. C’est pas parce que je suis au régime sec que je vais me priver H24 de trucs bons (c’est tellement une BLAGUE de croire un instant que tout ce qui n’est ni gras ni sucré peut être bon…) (du BEURRE AU SUCRE, v’là l’top !), donc banco pour la bavette à l’échalote bien SAIGNANTE avec des FRITES. AAAAAAAHHHHHHHHHHHHH. (Des fois comme ça, faut relâcher la pression) (sinon tu finis comme Carlos et tu te mets à chanter Big Bisous). D’aucun prétend que c’est une légende urbaine que je suis au régime, vu que chaque fois qu’il me voit manger j’engloutis des quantités de bouffe indécente. Là j’ai envie de dire: mec, c’est pas parce que t’es jaloux de ma silhouette de rêve que tu peux critiquer mon régime. T’es jaloux parce que je me bourre la panse et que je maigris plus vite le François Hollande pré-2012, eh ben t’auras JAMAIS la recette de mon régime miracle!

Non mais c’est vrai, quand même c’est un peu la loose pour la lonesome camionneuse d’aller au restau relais routier et d’entrer en gueulant : « Holà tavernier, qu’on m’apporte moultes quinoa, salade verte et autres tristeries non caloriques ! » Y a pas, des fois la lonesome camionneuse a bien besoin de trucs qui tiennent au corps, tout ça pour soutenir son rythme d’activité trépidant de débardeuse de troncs (ouais, débardeuse de troncs, et alors ?) Ah là là. Cela faisait longtemps, trop longtemps, régime maudit, que tu tenais la bidoche et la frite éloignées de mon estomac. Ah mes amis, c’était BON. Voire jouissif, pour dire les choses crûment. CRU. Hmmmmm la viande crue, le TARTARE DE BOEUF, le CARPACCIO, OH OUI !!!

Bon je sens que je m’égare, que voulez-vous, nous en arrivons au sujet principal : la lonesome camionneuse aime la viande fraîche. Ouais. Et ce, au propre comme au figuré (ouarf ouarf, elle fait beaucoup dans la FINESSE aussi).

Or donc, il faut distinguer deux problèmes philosophiques de haute importance dans la consommation culinaire de viande. De haulte gresse, comme dit Rabelais (un homme qui avait bien saisi la nécessité de la viande). UN, les conséquences digestives désagréables et inattendues le lendemain, quand on a un estomac délicat et fin comme la lonesome camionneuse. Ma sœur (l’une), qui est très avertie sur les choses de la viande et du tube digestif, m’a d’ailleurs tout de suite fait remarquer qu’il ne faut JAMAIS manger de la bavette à l’échalote le soir sous peine de désagrément du lendemain. Je n’en dirais pas plus, car de nombreux humains considèrent hélas qu’il est de fort mauvais goût de disserter de tube digestif en société, alors que bon excusez-moi c’est quand même un truc assez important dans la vie de tous les jours. J’peux vous dire que la cro-magnonne, elle, ne se préoccuperait pas de ce type de conneries de politesse à deux balles. Elle bouffait gaiement son cuissot de mammouth faisandé et racontait ses histoires intestinales sans faire la fine bouche à ses copines de la caverne. On raconte d’ailleurs (ceci prononcé sur un ton chevrotant de vieille conteuse de légendes extraordinaires) que l’une des premières manifestations de la politesse recensée dans les archives du monde occidental eut lieu à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen (un sacré gaillard, permettez-moi de vous le dire), où un courtisan se retint jusqu’à mourir plutôt que de lâcher une vesse devant le monarque. Bel exemple ! Péter ou mourir, il faut choisir. Pauvre politesse. Enfin, tout cela est quand même assez pénible, car la lonsome camionneuse aime attaquer un steak bien saignant en soirée. Voici donc qu’émerge un nouveau dilemme cornélien de la plus haute importance. (Et une grande perte pour ma féminité) (ha ha ha ha ha, mais bien sûr!)

DEUX, bien évidemment, la question du végétarisme ne peut être évitée. Parfois il ne faut pas hésiter à plonger la tête la première dans les clichés. Ma sœur (l’autre) (j’en ai deux, assez géniales dans leur genre) est une grande yogi et donc végétarienne. Elle me dit que quand même c’est abuser toutes ces bestioles élevées en batterie à coups d’antibiotiques, d’hormones et de farines animales ; que tous les êtres vivants sont aussi des créatures de Dieu. Ce sur quoi je suis d’accord. Mais PARDON je ne peux pas renoncer à la bonne barbaque, même si la bête a été nourrie en intraveineuse d’antibiotiques et de substances cancérigènes de toutes sortes. Il n’y a pas d’argument qui tienne, la chair est faible. Une bonne viande bien saignante, bien tendre, ça vaut bien la torture d’un animal innocent. Je suis un monstre.  La viande me tient en son emprise. RENONCER AU FOIE GRAS ???????? JAMAIS !!! Je suis un être carnassier, ni yogique ni logique.

Le lonesome camionneusisme est un pantagruélisme.