« Moi j’ai besoin d’amour, des bisous des câlins j’en veux tous les jours » (Lorie)

Y a des jours comme ça, tu te dis soudainement « mais comment donc se fait-il que je ne sois pas encore devenue la star de l’internet mondial, moi qui écris pourtant pour le monde des leçons de vie profondes morceaux de littérature stendhalo-céliniens trucs de gogole dont tout le monde se fout ? ». Et puis c’est l’hiver, il fait grave moche, t’aimerais bien que tout le monde te donne du free hug en t’expliquant à quel point t’es formidable – cela ne concerne pas tes amis qui le font déjà à foison, les pauvres, et qui sont bien méritants, tels le Bon Samaritain (car tu n’es pas raciste, tu aimes tout le monde sans distinction de couleur ni de religion ni de style de chaussures) (ce dernier point devant néanmoins être un peu nuancé, parce que les chaussures sont les chaussures, y en a des pas acceptables nom d’un petit bonhomme!), mais pour l’homme de la rue, de préférence le bel étalon beau gosse qu’on trouve dans le brownstone du coin de la rue à Brooklyn (voir la série Girls, qui t’apprend qu’en fait c’est des conneries de conseils de grand-mère de ne pas rouler de pelles aux inconnus dans la rue) (un des secrets de l’univers déjà dévoilé par la grande Samantha Jones) (merci à toi, Samantha, sunshine of our lives) (les garçons, pas d’inquiétude sur ces références, c’est du 100% nunuche).

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Bref, tu fais une crise de génie incompris. Comme dirait ta psy, « vous ne vous sentez pas légitime ». Comme dirait ton pote V., « thésarde dans le bad qui habite à Montmartre, qui  se la pète écrivaine et qui raconte sa vie à un psy, tu te sens pas un peu caricaturale, là ? » (ok, tu lui as un peu cassé les bonbons à te plaindre toute la soirée) (mais promis quand la lonesome camionneuse sera émiresse du Q. et qu’elle aura la ligne directe avec David B. elle ne dira plus rien du tout) (PS les gens : LC est carrément opé si vous voulez l’inviter à un match du PSG, mais trop CARRÉMENT, quoi) (enlève ton maillot Daviiiiiiiiiiiiiiiiiid).

Oui mais euh. Oui bon. Hein. Tu veux juste montrer tes seins disserter de littérature avec Michel Denisot au Grand Journal. Ce type est d’une acuité stylistique et philosophique tout à fait frappante. Et puis on te fera un brushing de la mort qui tue, ce qui n’est pas à dédaigner. Et t’auras un maquillage de voiture volée (ou du moins légèrement empruntée) qui te fera ressembler à la reine des Cruches, mais vraiment super bonnasse quand même. Voire même on te donnera des goodies. Ne jamais refuser un objet gratuit, c’est ta devise. Enfin bon, c’est vraiment pas beaucoup demander, comme but dans la vie, non ? Et ne parlez pas de cliché ! C’est d’une originalité transcendentale (c’est à dire que la condition de connaissance de l’originalité passe par le Grand Journal) (le Vrai, le Beau, le Bien) (le Grand Journal, incarnation du câlin originel) (oui parce qu’il y a du transcendant aussi là-dedans)(en tout cas, du trans).

L’ennui est que ça nécessitera quand même ensuite un petit suicide à la romaine dans la baignoire avec teuf alcoolisée tel un sénateur ayant perdu son honneur ou un capo ayant trahi le Parrain, parce que ce n’est pas très cohérent avec tes opinions politiques, la société du paraître, la consommation, la vacuité infinie de cet espace télévisuel mal embouché, tout ça. Mais bon, t’auras eu ta dose d’amour cathodique. Ce qui n’est point rien. Mourir en apothéose, accompagnée du chant des anges du Paradis (la bande de peroxydés qui servent d’animateurs), y a-t-il sort plus enviable?

N’empêche que le bébé singe, tu lui mets un robot métallique qui lui file le biberon, il clamse, tu lui mets un robot en peluche qui lui file le biberon, il survit. Eh ouais. Même les bêtes ont besoin d’amour. Même les dauphins, comme Lorie le pointe si pertinemment dans son clip qu’on vous conseille d’écouter à fond les ballons ici pour vous préparer à cette épreuve commercialo-guimauvo-sentimentale-kiss my ass, tan-tan-tan dans les chaumières, tous aux abris, la SAINT VALENTIN.

Excursus musical. Je crois bien que ce n’est pas la première fois que je mets un lien vers cette immortelle chanson de Lorie… Erreur lamentable ou avant-gardisme génial? L’Histoire jugera.

Que soi-disant ce serait in cette année de fêter la Saint Valentin. A condition d’offrir des cadeaux de bobos sa mère tellement c’est lamentable de conformisme originaux. Une botte de poireaux peut-être ? NOOOOOOON. Un bracelet I Love You, un ensemble de lingerie, des pâtisseries de luxe. Original, on vous dit. Bon bon bon, oui d’accord, il faut VRAIMENT que t’arrêtes de lire des magazines féminins. Mais sinon, où trouver des idées pertinentes pour ta future robe de mariée ? (Bien que ce point soit d’une acuité douteuse, étant donné la lonesomeness de la lonesome camionneuse ainsi que son positionnement de principe contre le mariage) (mais toujours prête, telle un scout aux aguets, telle est sa devise) (les miracles  surprises, ça existe).

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Attention, qu’on ne se méprenne pas. LC n’est en aucun cas frustrée de ne pas fêter cet honteux paroxysme de la société de consommation qui asservit à ses desseins maléfiques la force de l’amour qui surmonte tout même la tempête le vent la faim le froid le chancre la peste le choléra les rides l’épisiotomie les seins qui tombent et tes 80 ans d’espérance de vie, l’essentiel est invisible pour les yeux d’ailleurs ça tombe bien on regarde ensemble dans la même direction et tout ça au son des violons.

Bien entendu, LC méprise tout ce romantisme de bon aloi, elle a envie de vomir dès qu’on lui récite Apollinaire et trouve que vraiment Titanic est une daube irregardable (elle n’a pas du tout cette scène en raccourci sur sa barre de navigation internet) (oh mon Dieu, Céline, le soleil couchant, la mer, le vent !!!!) (I trust you, oh ouiiiiiiiii) (quand même, pour Leonardo y a moyen qu’y ait une exception à tous ces principes à la con de la peau dure de la vieille baroudeuse) (parce que oui, même les camionneurs ont un cœur).

Disons juste que très temporairement Sneaky Princess prend le dessus. Juste un petit peu. L’influence déplorable de la société du spectacle, de la larmoyance féminine, de siècles de conditionnement littéraire et de l’enthousiasme de Christiane Taubira (une femme qui en a sous le capot). On est fort peu de choses, mes pauvres amis. Alors bam ! Une botte de poireaux pour tous les amoureux, et puis, prosit, on y croit encoooooore (on est vivant tant qu’on est fort) (Lara, tu fais avec Lorie un si bel ensemble choral) (elle est ici, attention vous allez pleurer).

Et même, puisqu’on est dedans : des pivoines roses, une ville d’Italie, un chocolat chaud, la lune rousse, des glaces à la fraise, du Schubert ET une botte de poireaux (ça peut toujours servir).

TO LOVE !!

(and to lovers, quand même, ne faisons pas de jaloux)

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De la nécessité du sel en toutes choses

Pourquoi, je vous le demande, écrire un post entier sur une question culinaire dont l’absurdité ne semble avoir d’égale que la pertinence de l’excision ou de l’âge du capitaine. Eh bien parce que Mademoiselle Babouchka, qui a décidé pour une raison assez obscure de s’éloigner de la lumière depuis le solstice d’hiver (obscurité, lumière, tout cela est assez logique me direz-vous), a décidé de se mettre à bouffer SANS SEL. La bougresse. La belle affaire me direz-vous, qu’en avons-nous à cirer, laissons-la s’empiffrer de sa daube sans goût, tant pis pour elle, on rigolera bien quand elle se chopera un petit cancer du poumon de derrière les fagots alors qu’elle n’a jamais fumé une clope de sa vie*.

Eh bien non.  Car parfois, la Lonesome Camionneuse est (fort aimablement) (piège infernal) invitée à se restaurer chez Melle Babouchka d’un bortsch qui pourrait être gouleyant si on pouvait y mettre rien que quelques grains de sel. Mais rien de la sorte à l’horizon. A peine le citoyen est-il autorisé à agrémenter sa pitance de quelques maigres gouttes de sauce de soja.

Et pourquoi, pourquoi, pourquoi s’infliger ce supplice ? CONSEIL DU MÉDECIN. On mange trop de sel et c’est pas bon pour la santé et bla bla bla ta mère la prévention qui pue.  Du fond d’elle même, la lonesome C. pense qu’un des aspects de la liberté dans la vie est de choisir de la détruire à sa guise. Notre société nous traite comme des chiens, y a pas de raison de nous interdire de compenser un peu, de fumer, de picoler ou de se tatouer le scrotum. Mais non, notre vie corporelle doit être tout entière dédiée aux diverses formes d’aliénation qui naissent dans l’esprit malade des hygiénistes. Le mieux serait de nous maintenir tous dans des bulles stériles, de peur que la VIE ne nous contamine.

Vivre, c’est quand même mourir (y a du level philosophique là, ATTENTION). Soyons un peu lucides, quoi (je sais, gros seum, mais on ne meurt pas si on ne vit pas) (CQFD) (je me suis tellement prise pour Zarathoustra) (hu hu hu). Donc, bon sang de bois, ça va faire quelques bons siècles qu’on vous le serine : « kiffe la vibe tous les jours comme si c’était le dernier, si tu meurs écrasé par une météorite t’auras grave les boules d’avoir passé ta vie à refuser de bouffer du jambon serrano, ducon» (aussi dit Carpe diem ou Hakuna matata).

Pour revenir à la pure aberration en quoi consiste la nourriture sans sel, eh bien mes amis je vais vous dire, moi, ce que c’est que la bouffe sans sel (et accessoirement sans sucre et sans graisse, parce que les médecins ne s’arrêtent jamais en si bon chemin) : ça s’appelle la bouffe de la Guerre du Feu, quand les Groumphs sous-développés du bulbe ne savaient pas utiliser un briquet et se cassaient les dents sur de misérables baies de sureau. Le festin. Et ne parlons même pas de la tequila sans sel. SCANDALE. Croyez-moi que la Cro-magnonne, si elle pouvait se trouver un mec qui porte des pulls roses et fout de la fleur de sel sur son steak de bison (c’est meilleur, hu hu hu) (vive le sel de Guérande et les AOC  bien de chez nous), elle dirait BANCO et dégagerait vite fait le chasseur d’auroch (les pulls roses sont accessoires me direz-vous ; moi j’aime bien) (mais cette discussion a déjà eu lieu sur le blogue) (je campe sur mes positions). Un peu de respect pour nos ancêtres privés de la subtilité du goût de la civilisation : tentez le tartare de mammouth sans assaisonnement, vous allez bien goleri.

Comment qualifier ce mode de pitance, autrement que de bouffe de singe ? Sommes-nous des chimpanzés, sommes-nous des bonobos, incapables d’apprécier à sa juste valeur l’assaisonnement d’un foie gras mi-cuit au cognac ?? (ne me remerciez pas, je sais qu’il était divin) (hu hu hu) (la lonesome camionneuse est une digne hôtesse) (et ça ne rigole pas en matière de foie gras) (car, rendons à Hans ce qui est à Hans, le foie gras c’est alsacien) (et même un bonobo en ferait une attaque de volupté).

Non, nous sommes des humains, et je dirais même plus, des Français, êtres de goût et de papilles en folie. TORTURE, TORTURE !! Veut-on nous priver de notre sophistication, de notre personnalité profonde, de la gastronomie enfin, du goût ?

Le sel de Guérande, une tradition bien d’chez nous ma bonne dame!

Médecin qui viendra m’annoncer qu’il faut renoncer au sel, au beurre, à la crème et à la cassonade, sache une chose : je t’attends, mitrailleuse automatique au poing et viseur à l’œil. Croit-on que j’ai passé 4 heures hier à écumer un bouillon de poulet tout en dissertant de mondialisation pour finir la langue dans un cercueil ? Quiconque a déjà goûté l’ignoble pain sans sel italien entre directement au couvent de la Divine Baguette ou se condamne à une mort certaine – vivre sans plaisir, je vous demande bien !

Melle Babouchka a honteusement tenté d’acheter la Lonesome C. en lui offrant du chocolat bio équatorien. Le meilleur du monde. Bougresse, une fois encore. Je dis : qui comprend le kif absolu de la dégustation de ce chocolat divin n’a rien compris à la vie s’il ne mange pas de sel. Un peu de courage que diable. Comme dit le grand, l’immense Marc Lévy « aimer c’est avant tout prendre un risque » Oui, et cela vaut aussi pour le sel. Osons avouer notre amour du sel, que diable ! Le bon sens populaire ne parle-t-il pas de « sel de la vie » ? (Que de citations profondes aujourd’hui !)

Bien sûr, comme en toute chose, la mesure est souhaitable : trop de sel tue le sel, trop de sel momifie, trop de sel crée des problèmes de digestion et nous n’en voulons point. A ce point de la réflexion, la question posée est bien évidemment : le sel vaut-il mieux que la graisse ? Dilemme trop douloureux pour qu’on l’aborde de front. Contentons-nous de reprendre un peu de l’excellent roquefort qui traîne dans le frigo.

 « Le sexe sans péché c’est comme un œuf sans sel. » Voilà qui est parlé. Carlos Fuentes, faut dire, c’est quand même plus fun que Marc Lévy (même si c’est un peu moins Lorie dans l’esprit). Et je ne parle même pas de la légende médiévale du roi Lear: I love you as fresh meat loves salt. Le sel c’est shakespearien mon cochon (d’ailleurs sel + cochon + Shakespeare = bonne soirée cochonnailles-théâtre).

Vive le péché, sus au sel !!

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* Précision : ceci n’est en aucun cas un souhait de grosse putasse qui souhaite la mort à ses amis sur son blogue en les insultant sous prétexte de raconter des trucs de la plus grande importance ontologique et galactique (bon, si un peu quand même, quand ils ne se soumettent pas à ma loi divine). C’est tout au plus une remarque de bon sens sur le fait que tu peux passer toute ta vie à prévenir le cancer, et tu finis avec la démence sénile. Tu te sens bien con d’être passée à côté de tous ces comprimés de canderel toute ta vie alors qu’en fait que tu aimes le thé sucré.

A ce propos s’impose un autre excursus alimentaire : halte au fascisme du thé non sucré ! Le Bonze très précieux, versé dans les choses de l’Orient et du thé comme on le buvait au VIIème siècle dans la tradition de l’école Vajrayana sa mère, réussit à imposer autrefois à la jeunesse impressionnable de la Lonesome camionneuse (il y a bien longtemps, donc) des règles dont la rigueur égalait celle d’un entraînement chez les Navy Seals : théières uniquement en terre, une théière par type de thé, interdiction de tout contact du métal avec le thé (une BOULE A THE !! SACRILEGE !!), temps d’infusion minuté à la seconde, ébouillantage préalable de la théière, et surtout JAMAIS DE SUCRE MALHEUREUSE.

NON MAIS OH !! Lonesome dit merde (quel courage!). Déjà, si tu  bois du thé Mariage Frères qui coûte un œil, elle dit que t’as le droit de le boire comme t’as envie. Et c’est pas quelques comprimés de canderel ou quelques morceaux de sucre qui vont changer la face du thé. NA.