Nique la Saint-Valentin, par Agrippa d’Aubigné

Un peu de poésie, que diable! Emmerdons la Saint-Valentin avec entrain. Grâce à Agrippa, qui nous explique pourquoi l’amour c’est de la daube en barre, vu les origines douteuses du personnage (le caniveau, le caniveau). Je n’aurais pas mieux dit (mais quand même, je traduis) (huhuhu).

Voici l’original: le Printemps, par Agrippa d’Aubigné, un homme de bien.

Je ne m’estonne pas si du ciel adultere
L’impudique Venus conceut furtivement
Le bourreau des humains, l’ingenieux tourment
Et des esprits bien nez le venimeux cautere

Amour, je croy qu’allors que ton malheureux pere
Fust au lit de Vulcan, c’estoit signallement
Au jour que du deluge il fit cruellement
Estrangler par Thetis Cybelle nostre mere

Le Saturne ennemy qui dominoit le jour
De ton enfantement, tel ascendant amour
Fust le signe des pleurs, dont la terre regorge.

Mais pourquoy justement ne permit le destin
Que le deluge ait pu de ce filz de putain
Coupper les coups, les jours, la naissance et la gorge

Tout simplement

Tout simplement

Traduction: Lonesome Emmerdeuse, une pouffe quelconque.

Tu m’étonnes que l’Amour soit un bâtard fils d’une salope, le bourreau des humains (ça on comprend). Aussi rusé qu’un tortionnaire chinois, tu niques même les gens bien et pas qu’un peu mon neveu.

D’ailleurs, t’as été conçu le jour où tout le monde dans ta famille s’est entretué (truc mythologique trop compliqué à expliquer), grave la louse mec. Depuis le jour où t’es né tout le monde chiale, pauvre connard. Sans déconner, fils de pute, c’est pas normal que le destin t’aie pas noyé, fait ta fête et coupé les burnes et la gorge.

Bien dit, non?

Merci à Melle Renaissance qui m’a suggéré ce texte :)
Et vive le PSG!

J’emmerde le shampoing

J’emmerde le shampoing comme de nombreuses choses, car l’Emmerdeuse n’est pas seulement Lonesome, elle est aussi dans la tendance. Sachez que depuis des années pas une once de silicone n’a approché son précieux cuir chevelu, et qu’elle oint depuis quelques temps avec application sa chevelure de shampoing solide (merci à Mademoiselle Modeuse (j’ai trop des potes modeuses branchées belles et cools) qui m’a expliqué pourquoi le shampoing solide c’est trop d’la balle).

A mon corps défendant, héraut de la tendance, guidant le peuple vers la voie du cheveu brillant, je me retrouve donc digne représentante de la tendance low poo.

Publicité Watkins Shampoo, Will Grefe, 1919

Publicité Watkins Shampoo, Will Grefe, 1919

Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando low poo? me direz-vous (je sais pas trop ce que ça veut dire mais c’est latin donc c’est cool). Eh bien, la tendance actuelle est de fait à l’emmerdage de shampoing. Car voyez-vous, on s’est rendu compte que le shampoing c’est assez inutile, nettoyagement parlant, et qu’en plus ça nique la planète. Ouaip. Donc est né un mouvement anti-shampouinesque qui aborde le problème par la pratique et se divise en mouvements distincts mais non antagonistes, le low poo et le no poo (low shampoo, no shampoo). On dirait presque des mouvements trotskystes.

Je passe sur l’affligeante absence d’originalité dans le langage : SoHo, bobo, allo ; et sur le fait que pooh en anglais signifie caca. Vulgarité, vulgarité, partout où se portent l’oreille et le regard.

Mais bon. Passons. Le low poo donc, consiste en se laver les cheveux avec des shampoings non agressifs pour le cheveu, et de préférence bio, sinon sans dec’, c’est quoi l’intérêt de dire merde à l’industrie internationale du shampoing qui alourdit les cheveux ? Alors je précise, mon shampoing solide coûte un demi-bras, mais par contre il dure une demi-année. Ce qui est finalement assez logique. J’aime pas trop raconter ma vie, mais on s’habitue vite : la dernière fois que, contrainte et forcée par des circonstances indépendantes de ma volonté, je me suis foutu du shampoing industriel sur le caillou, j’ai eu l’impression qu’on m’avait greffé sur le crâne une perruque de Cléopâtre. Désagréable sensation.

Car oui, depuis que je low-poo-ise, mes cheveux sont léger, mes cheveux sont brillants, mes cheveux sont kiffants, mes cheveux sont sexxxxxyyyyyyyyyy. La preuve, je pécho en masse (mouahaha).

Beyonce

Le no poo, déjà un peu plus extrême, c’est le grand saut dans l’inconnu, le bond en avant dans le progrès shampouinesque : l’abandon des shampoings industriels au profit de notre ami le bicarbonate de soude. Le bicarbonate de soude est un produit magique de nos grands-mères qu’il faudrait je pense s’injecter en perfusion tellement c’est de la boulasse internationale. Voyez ici-même chez ma collègue Eclectik Girl si vous voulez toutes les infos ; comme vous le savez, je ne m’encombre jamais l’esprit de bas détails pratiques.

Mais quand même, joie joie pleurs de joie, cette affaire a répondu à une question FONDAMENTALE que je me pose depuis que je suis toute petite et qui me laissait perplexe comme Saint Thomas devant la Résurrection, ou E.T. devant un téléphone. En effet, j’avais la comprenette précoce ; je me doutais donc bien que les hommes préhistorique VOIRE du Moyen Âge (comme chacun sait le Moyen Âge est une forme de Préhistoire) (genre les mecs ils peignaient des tableaux à fond DORE. Aucun sens esthétique), bref, les sauvages, ne disposaient pas de shampoing. Or donc, me demandais-je enfant avec l’acuité qui me caractérise, comment nos ancêtres les Gaulois faisaient-ils pour ne pas avoir les cheveux ignoblement gras ? Comment Sophie Marceau pourrait-elle véritablement avoir envie de se taper le grossier William Wallace avec ses queues de rat miteuses sur le cuir chevelu ?

Je ne pourrais pas dire mieux

Je ne pourrais pas dire mieux

Eh bien tout cela répond à la question : le shampoing est un leurre grossier importé par un Indien à Londres au XVIIIème siècle ; un margoulin qui tenait des bains turcs, nommé ensuite Chirurgien Shampouineur du roi pour ses massages du crâne au monoï. Sans commentaire. Après on va encore dire que j’ai l’esprit mal tourné. Mais n’empêche, voilà une belle arnaque.

Shampoing, je t’emmerde. Ouais ouais ouais je suis une sale bobo. Mais en même temps, REP A SA Nabila !!!

Rien que pour ça, ça fait plaisir.