Des vampires, goules et autres loups garous

Ceci est une critique totalement partiale de la série de films Twilight. (comprenez: je trouve que c’est de la grosse daube mais je veux pas trop m’en prendre plein la gueule non plus, car je suis lâche, donc je prends des précautions oratoires de folie)(entre parenthèses).

D’aucuns connaissent mon appétence pour la chose de la chanson de geste revisitée, la saga post-médiévale, bref amis du Seigneur des anneaux et autres boulasses du fantastique bonsoir.  Les créatures venues d’au-delà du réel sont mes amies depuis que mes parents me refilèrent le virus en me lisant Bilbo le hobbit et ses aventures avec les nains face au dragon pour m’endormir quand j’étais une enfant impressionnable.

Du coup, dès qu’une créature fantastique croise mon chemin, c’est un peu un nouvel ami qui me dit bonjour (en fait, les elfes, les vampire et les goules sont un peu mes bisounours à moi) (mais j’aime aussi les bisounours, à un niveau plus primaire) (ouais je vis dans un monde parallèle) (à ceux qui s’inquiéteraient de ma santé mentale : ça fait une petite dizaine d’années qu’on l’a perdue de vue, forte récompense à qui la retrouvera).

Conséquemment, que faire un soir de pleine lune de la loose, quand tu n’as pas d’amis pour sortir et que comme tu as réussi à bosser un peu ta thèse tu veux te récompenser un minimum ? Tu te mets à Twilight (Crépuscule), série de bouquins puis de films traitant des relations entre humains et vampires d’un point de vue non-sexuel (ce qui est un peu frustrant mais ne soyons pas chiens) (j’ai abordé la question sans trop de préjugés). Le verdict est sans appel : Richard Wagner mon ami, je ne peux te renier, ton Crépuscule a quand même un peu 10 000 fois plus de gueule (et je ne dis pas ça parce que je l’ai vu à Bayreuth, hu hu hu) (amis snobs tendance germanophile bonsoir).

Attention spoiler (en même temps si vraiment vous avez envie de payer pour connaître le scénario de cette daube en cercueil, c’est que vous êtes maso, mais bon. J’dis ça j’dis rien). Quand on pense que plusieurs centaines de millions de spectateurs ont payé 10€ pour voir de la bouse, on se dit… place au silence (oui, DES FOIS je me tais).

Passons sur la réalisation et le jeu des acteurs, qui feraient passer Η επίθεση του γιγαντιαίου μουσακά  (L’attaque de la moussaka géante) pour le nouveau Mépris (cela dit c’est vraiment très drôle, allez-y voir c’est comme ça que j’ai appris à parler couramment le grec) (genre). Y a juste comme un bug au niveau du scénario, qui fait que 4 x 2h30 de film moisi à souhait (ouais je me suis tapé les QUATRE, putain de Dieu saperlipopette!) se résument en quelques phrases : une petite meuf de l’Amérique profonde qui se trouve affublée d’un prénom italien pour une raison totalement obscure tombe amoureuse d’un vampire qui fréquente son lycée à ses heures perdues. Ça tombe bien, il ne peut pas lire dans son esprit (sans doute grâce à son prénom italien et sa moue perpétuelle) et en deux jours paf ! c’est l’amour de sa vie, alors qu’il a 109 ans bien sonné et elle 17 (un peu comme si mon arrière-grand-père, qui fut le dernier poilu d’Alsace en vie, s’était amouraché d’une de mes copines de classe. Ça pose question niveau différence d’âge)(je ne veux même pas savoir de QUOI ils peuvent bien discuter). Quelques rebondissements s’ensuivent car ses amis de la vampiraille ont tout le temps envie de boire le sang de la fille, ce qui finit en crêpage de chignon général. Comme elle est à fond les ballons et ne veut pas de problème (c’est une fille bien rangée) elle veut devenir vampire comme lui, ce qu’il refuse pour des raisons morales obscures ayant trait à son âme humaine (à part sa moue perpétuelle on ne voit pas vraiment en quoi son âme a un intérêt quelconque). Du coup il la largue, elle en chie pas mal (normal meuf, QUELLE IDEE, quand tu vois un gars qui n’a pas de lit dans sa chambre à coucher, fuis le plus vite possible ! Célib’ endurci à l’horizon !) et s’amourache d’un loup-garou indien qui traînait dans les environs. Là paf le vampire revient, et la demande en mariage.

Après deux épisodes je me suis arrêtée là (faut pas pousser mémé dans les orties), quand mon amie I., qui se pique de fine éthique journalistique à la con m’a mise devant mes responsabilités: « Nan mais faut TROP que tu regardes tous les épisodes pour nous raconter ça, sinon la déontologie du blog en prendra un coup » (tu parles d’une copine! Tout ça pour pouvoir se la péter ensuite qu’elle connaît l’art populaire en récitant ma critique qu’elle apprendra par cœur. Je suis au delà du dégoût. Friendship, SO overrated!) Bref. Merci la vie que je me procure les films gratos (par des moyens tout à fait légaux) (mais bien sûr). Deux épisodes de plus à s’emmerder ferme (les voisins ont sans doute amplement profité de mes soupirs « allez, aboule! » « oh non, pas ENCORE! »). Alors, quelques phrases de plus pour résumer: la petite débilos, qui n’a qu’une envie c’est de coucher avec son vampire, accepte de l’épouser (18 ans, je vous demande vraiment! Évident qu’elle n’a pas lu Rimbaud, cette conne). Mais quelques vampires veulent la buter pour des raisons de vengeance à 3 centimes de drachme (no offense, my Greek friends! Go, Syriza!! Go, giant mussaka!) ce qui entraîne divers fricotements avec le loup-garou qui traîne toujours dans les parages car elle l’aime quand même aussi (néanmoins, pour ce dernier cas, Jules et Jim me semble vraiment de meilleure qualité). Bref. Les vampires vengeurs sont éliminés par une alliance des vampires gentils et des loups (on aura tout vu). Le critère de gentillesse des vampires c’est qu’il ne bouffent pas d’humains (ok, sympa) et défendent leur famille à tout prix. Amérique de la présomption de légitime défense et des armes en vente libre, bonjour.

Le quatrième et avant-dernier volet (mais ne comptez pas sur moi pour le dernier, NON!) voit le mariage des deux kékés (on découvre au passage que le vampire ne veut pas troncher la connasse parce qu’il est vieux jeu, pitié arrêtez le massacre et laissez cette pauvre fille prendre son pied), leur lune de miel sur une île au large de Rio (les vampires sont riches, on ne va pas non plus se préoccuper de questions sociales, horreur!) où le mariage est (enfin) consommé, au prix de la destruction entière du mobilier. Évidemment la gogole tombe enceinte d’un enfant vampire qui lui suce le sang de l’intérieur – mais pas d’avortement, surtout!! Un enfant, même goule, a le droit à la vie. Elle finit par accoucher après avoir perdu 25 kilos, mais au dernier moment, miracle, le venin de vampire de son gars la ressuscite, elle est enfin devenue une suceuse de sang. JE. N’EN. PEUX. PLUS. (pardon pour mon vocabulaire grossier) (il est à la mesure de mon dégoût).

Morale de l’affaire : le vampire est un gars un peu relou niveau suivi de la relation, mais il est assez fiable niveau intensité de sentiment (l’amour en deux jours c’est pas commun non plus, surtout qu’avec lui c’est pour l’éternité). Par contre, pas de sexe sous peine de te retrouver exsangue en deux-deux, ou de détruire le mobilier. Gros kif. Bien ça, pas de sexe avant le mariage, un message qui fait sens, on peut le dire.

Sur ce, une seule réaction : rendez-nous Buffy contre les vampires !!! (ce chef d’œuvre du petit écran qui a sauvé mon année d’hypokhâgne) (oui Maman Papa pardon je ne passais pas mes soirées à travailler). Buffy, brave connasse blonde californienne au prénom bien de chez elle, dont la mission consiste à planter des pieux dans le cœur des vampires qui passent aux abords de son lycée. Juste mythique. Évidemment, elle tombe elle aussi amoureuse du beau vampire (opportunément nommé Angel) et ils sont aussi condamnés au no sex (pour une raison que j’ignore le vampire a l’air d’avoir du mal avec la production de liquide séminal, qui fait de lui un assassin en puissance). MAIS là, pan ! grosse opportunité, Angel se voit offrir la possibilité de devenir humain pour une journée et de vivre son amour (jusque là tout va bien) à condition que Buffy oubliera tout de cette journée ensuite. AH MON DIEU c’était du lourd que cet épisode – Je ne t’oublierai jamais. J’en chiale rien que d’en parler. CA c’était du vampire de la boulasse.

Évidemment, je ne parle même pas d’Entretien avec un vampire, où tu as Tom Cruise, Antonio Banderas et Brad Pitt pour le prix d’un. Laissez-moi vous dire que dans ce cas, il n’est pas question de laisser le sexe au vestiaire. Vive les années 1990!

Tout ça pour dire : quelle est cette fange indigente dans laquelle nous laissons patauger nos jeunes ? Laissez tomber les vampires à un centime la tonne et tournez-vous vers des valeurs sûres où le sexe abonde au message un peu métaphysique, parce que des fois j’ai beau être bon public, là je dis stop.

Sur ce je retourne à mon Balzac.

(Mais bien sûr) (si c’est vrai je relis Illusions perdues) (c’est de la bombe) (mais Buffy c’était pas mal non plus)

9 réflexions sur “Des vampires, goules et autres loups garous

  1. Bon, ça suffit, je t’ai dit qu’il est pour MOI, Brad!!! Mais je veux bien te laisser Antonio et Tom (surtout Tom!!!)… Je n’ai pas vu les Twilight et tu me confortes dans mon envie de ne pas les voir… Cependant, il faut reconnaître un mérite aux livres de la série: il font bien rigoler les libraires. Si, si. Scène qui se produit très souvent depuis quelques années chez G***** J***** : « Bonjour, pouvez-vous me dire où sont les toilettes? » Réponse du libraire: « Ah, désolé, on n’en a pas pour les clients, seulement pour le personnel. » Le client fait des yeux de merlan frit… et soudain le libraire comprend: « Aaaah, les Twilight, vous voulez dire! C’est sur la table juste là! »
    Voilà, c’était ma contribution à ce sujet fondamental et métaphysique.

  2. Il paraît que True Blood rattrape un peu ce niveau générationnel des histoires de vampires… A part ça, peut-être que nos santés mentales sont allées se réfugier à la même association (association pour les santés mentales en fuite anonymes, section PhD ou quelque chose comme ça) ?

    • Un gros bisou au Japon!
      True Blood est pas mal, 1000 fois mieux que Twilight mais inférieur à Buffy selon moi (un peu un absolu en la matière…)
      Les santés mentales sont à mon avis sur une île déserte en train de prendre le thé avec des scones ;)

  3. L’éthique journalistique est sauve! Wandering city a bien mérité de la nation de la feuille de chou, tout entière vouée à la défense de l’honnêteté intellectuelle, de la vérité, et de la lutte des classes… J’en suis tout émue!
    God bless, etc, etc.

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