Du string

Le seul instrument à vents qui n’a qu’une corde comme le définit mon oncle, fin blagueur patenté. Ceci vous résume mon opinion hélas sans fard (car je ne suis pas femme de compromis ni de demi-mesures) : je méprise le string.

Oh je le sais, on va m’attaquer de toutes part : qui, aime porter des strings de femme parce qu’il aime le contact de la soie sur ses burnes sensibles qui, trouve sexy d’exhiber son cul sur la plage qui, aime provoquer le bourgeois en exhibant une virulente « raie du maçon » barrée d’un trait de tissu rouge à la lisière de son fute. Je vous entends, pauvres âmes égarées, mais c’est non.

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Raies de maçons

NON AU STRING.

D’abord, parce que le string est peu agréable. Je ne peux, en tant qu’adepte du confort, approuver cette sensation redontante du bout de tissu qui tente de pénétrer par effraction entre les globes de tes fesses – lieu d’une intimité taboue qui fait frémir même les Awajuns de la Haute-Amazonie. Soyons bien assurés que ces primitifs indigènes n’ont adopté le string et l’étui pénien que sous la double contrainte d’un climat chaud et humide et d’un sous-développement chronique qui les prive des nombreux bienfaits de la civilisation, à commencer par le tissu et NRJ12. Ainsi, cette persistante pression de l’étoffe sur le canyon de ton postérieur t’oblige de façon récurrente à repousser l’objet loin des régions tropicales et velues où l’on ne souhaite pas qu’il s’attarde pour d’évidentes raisons d’hygiène et d’inconfort qui ne seront pas évoquées ici. CAR NOUS NE SOMMES PAS DES SAUVAGES et merci bien. Bref, toute la journée, tu fais claquer ton string à foison. Et ça n’est pas très élégant, il faut bien le dire.

Ensuite donc, parce que le string est disgracieux. Bien évidemment, avec le string, nous entrons dans le domaine bien particulier du sous-vêtement. Après avoir précisé que lorsque l’humanité atteignit son acmé civilisationnelle et de bon goût, sous le règne béni de la Reine Victoria, le thé se prenait à 5 heures, les esclaves savaient se tenir et les sous-vêtements étaient constitués de corsets et de caleçons longs, on mesurera le chemin parcouru par l’humanité vers le vice et la dépravation. Passe encore la décadence sympathique du mouvement hippie et de sa nudité édénique « dans le plus simple appareil d’une beauté toute nue et toute bronzée » ; c’est l’affirmation d’une douce bêtise gagatisante et risible qui n’aura jamais plus d’influence que les adeptes du Cap d’Agde et de la randonnue (pratique sportive fascinante autant que ridicule, qui consiste à faire de la randonnée à poil MAIS avec des chaussures de marche). Mais le string mes amis, le string !! Qu’en dirait Coco Chanel ?!

Photographie publicitaire alléchante mais néanmoins trompeuse

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Car donc le sous-vêtement, comme je le disais, est un concept bien particulier. Il consiste à la fois à protéger ses parties intimes du frottement des vêtements et les vêtements de projections intempestives de matières diverses en provenance des parties intimes que nous ne détaillerons pas ici (cf. plus haut, je ne porte ni string ni plume dans le cul merci bonsoir) – ce pour quoi le string est manifestement inutile ; et d’autre part à exercer, une fois la couche vestimentaire ôtée, une éventuelle séduction physique à destination de ton potentiel partenaire sexuel (vous noterez que je nuance ma position, tout le monde n’a pas la chance d’opérer régulièrement en la matière, toutes mes condoléances). Or donc, COMMENT je vous le demande, le string serait-il un instrument de mise en valeur érotique ? Aucun jeu de voilage-dévoilement n’est possible avec cette ficelle plus digne d’un saucisson Justin Bridoux que d’un fessier avenant. En outre, c’est pas comme si on avait toutes le cul d’un top model. Le string, ce suppôt de la cellulite et autre peau d’orange, nous rappelle au triste affaissement de la chair : est-ce bien cette vérité, certes inéluctable, que nous voulons rappeler au moment de dégainer le poireau ou de faire chanter Zézette ? JE NE CROIS PAS. Comme disait Che Guevara, ne laissons pas la beauté aux bourgeois, couvrons minimalement nos fesses (traduction libre).

Enfin et pour finir, parce que le string est une menace pour la survie de l’humanité. OUI, notre destin est en jeu. Le string est une mine pour le développement d’infections salpingiques dont le monde préfèrerait ignorer l’existence (source : Doctissimo) mais surtout, le string empêche de se reproduire car il détruit notre libido, ou la détourne à mauvais escient. Premier cas de figure, t’as le cul peu ragoûtant : le string va à l’évidence détourner le mâle de sa reproductive mission. Peu titillé, l’organe conquérant va se retrouver brutalement mitraillé sous les bombes de ceux qu’il croyait ses alliés, telle la flotte française à Mers-el-Kébir (Mers-el-Kébir ! Nous n’oublions pas). Seconde possibilité, ton cul est un divin paysage. Hardi comme un hussard napoléonien, la verge se tendra alors, j’en frémis, vers un but non-reproductif, qui donne certes lieu à des ébats tout à fait agréables mais nocifs à l’avenir de l’humanité. Et je ne vous parle même pas des hommes en string. Je… non.

VISION D'HORREUR

VISION D’HORREUR

Bref, il n’y a pas à tortiller des fesses : adieu string ! Notre sort en dépend.