Balade dans le Neuf (avec de l’emprunté)

Le 9e arrondissement de Paris est un secteur assez plaisant à visiter et à vivre, quoique assez stressant. Quartier commerçant et de loisirs, s’il est un peu moins fréquenté que les Halles, il l’est par une population plus mature et diversifiée. Magasins de standing mais avec des prix abordables, restaurants et théâtres partout, ses quartiers se distinguent tout de même les uns des autres.

Le sud de l’arrondissement, bruyant et vivant, et le territoire des Grands-Boulevards et de l’Opéra Garnier. Magnifique architecture, cours et rues cachées et aussi beaucoup, beaucoup de monde à toute heure. Le nord lui vous mène vers Montmartre via le fameux Pigalle, plus intimiste, un peu crasseux et étrange où tout peut arriver.

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Grils et fontes

Le gril est un instrument très ancien puisqu’il s’agirait de l’instrument du martyre de Laurent qui a eu lieu en 258 à Rome. Saint Vincent de Saragosse († 304) aurait été également victime de cette forme de martyre mais rien ne permet d’affirmer la véracité de ces légendes hagiographiques. De cet usage supposé comme instrument de torture est restée l’expression « être sur le gril ».

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Le saviez-vous ? Chaque printemps, l’unité de prévention des nuisances animales (UPNA) profite de la période propice à la remontée à la surface des rongeurs pour mener une campagne de dératisation, du 15 avril au 14 juin.

Durant deux mois et avant la désertion estivale des appartements, les propriétaires, gérants ou syndics, les locataires des immeubles à usage d’habitation, de commerces ou d’industries et les propriétaires de terrains non bâtis, sont tenus de prendre toutes mesures nécessaires, en vue d’assurer la destruction des rats et des souris ceci, afin d’éviter les détériorations, proliférations ou canalisations défectueuses causées par les rongeurs.

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Un disque microsillon, appelé aussi microsillon, disque vinyle, vinyle ou encore disque noir, est un support d’enregistrement sonore. C’est un disque phonographique en vinyle, chaque face est parcourue par un sillon microscopique en spirale dont le début est en règle générale à l’extérieur et la fin vers le centre du disque (certains disques peuvent être gravés de l’intérieur vers l’extérieur, en anglais inside-out).

Le disque vinyle est généralement de couleur noire, mais peut être de n’importe quelle(s) couleur(s), opaque ou transparent. Certains disques possèdent même une image incorporée sur l’une et/ou l’autre des deux faces : il s’agit de picture-discs.

Un disque microsillon comporte seulement deux sillons (un par face) gravés en spirale et dont la longueur définit la durée du temps d’écoute. Il est destiné à être lu sur une platine tourne-disque ou un électrophone. Il est cependant possible de combiner deux sillons.

Depuis les années 2000, le vinyle connaît un renouveau.

Des artistes tels que Beyoncé, Lady Gaga, Mylène Farmer, Zazie, Björk, Madonna sortent des Maxi 45 tours, Picture disc doubles vinyles 180 grammes. Les ventes de vinyles augmentent alors que les ventes de CD diminuent.

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La salle est secrète. Son adresse (dans Paris) n’est donnée aux spectateurs que quand ils achètent leur place. Ils payent 60 euros pour assister au tournage d’une scène pornographique.

Alors, à l’entrée du loft – une grande porte de garage verte –, le vigile nous demande : « Vous venez pour quoi ? »

On met du temps à comprendre qu’il ne blague pas, et qu’il faut presque donner un mot de passe pour entrer. La porte franchie, on découvre un vaste loft, joli. Le lieu est loué pour diverses occasions – fêtes, tournages, etc.

On aimerait bien y habiter mais la déco est un peu spéciale ce soir-là. Images de filles aux seins gonflés, lumières tamisées.

Dans l’entrée, Jean-Luc, l’organisateur débonnaire du Théâtre Suçoir et de la soirée, est assis à son kiosque. Il accueille les spectateurs.

http://www.rue89.com/

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Guerrisol est l’adresse incontournable pour trouver des articles vintage de qualité et abordables.

Vous pourrez ainsi et par exemple y dénicher une veste en cuir à 30€, un 501 à 5€, une pochette en cuir à 10€…

Le conseil de Cosmo : fouillez !

Ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 19 h.

http://www.cosmopolitan.fr/

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Construite sur la colline de Montmartre la basilique romano-byzantine du Sacré-cœur domine Paris. Elle fût consacrée au cœur sacré de Jésus en expiation des horreurs de la Commune et du siège de Paris par les Prussiens en 1870. En 1872 l’archevêque de Paris donna son accord à un parisien Monsieur Le Gentil, pour construire un sanctuaire consacré au cœur sacré de Jésus, « vrai Dieu et vrai homme », présent dans le Saint Sacrement exposé ici jour et nuit. Alors fût choisi le site où Saint Denis martyr de la foi fût décapité à la fin du IIIème siècle.

En 1873 l’Assemblée Nationale vota une loi déclarant l’édifice d’intérêt public. La construction, financé par toutes les paroisses de France  débuta en 1875. Malheureusement, la consécration prévue pour 1914 fût reportée après la fin de la 1ère guerre mondiale.

http://www.paris-tourisme.com/

A Michel Houellebecq, Georges Perec et W.G. Sebald.

(je me la pète mais je m’en fous)

Be my dog

Grands moulins, Paris.

« Arrière la muse académique!  Je n’ai que faire de cette vieille bégueule.  J’invoque la muse familière, la citadine, la vivante, pour qu’elle m’aide à chanter les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés, ceux-là que chacun écarte, comme pestiférés et pouilleux, excepté le pauvre dont ils sont les associés, et le poëte qui les regarde d’un œil fraternel.

Fi du chien bellâtre, de ce fat quadrupède, danois, king-charles, carlin ou gredin, si enchanté de lui-même qu’il s’élance indiscrètement dans les jambes ou sur les genoux du visiteur, comme s’il était sûr de plaire, turbulent comme un enfant, sot comme une lorette, quelquefois hargneux et insolent comme un domestique!  Fi surtout de ces serpents à quatre pattes, frissonnants et désœuvrés, qu’on nomme levrettes, et qui ne logent même pas dans leur museau pointu assez de flair pour suivre la piste d’un ami, ni dans leur tête aplatie assez d’intelligence pour jouer au domino!

A la niche, tous ces fatigants parasites!

Qu’ils retournent à leur niche soyeuse et capitonnée.  Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque, le chien dont l’instinct, comme celui du pauvre, du bohémien et de l’histrion, est merveilleusement aiguillonné par la nécessité, cette si bonne mère, cette vraie patronne des intelligences!

Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l’homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : « Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur!»

(…)

Où vont les chiens, dites-vous, hommes peu attentifs?  Ils vont à leurs affaires.

Rendez-vous d’affaires, rendez-vous d’amour.  A travers la brume, à travers la neige, à travers la crotte, sous la canicule mordante, sous la pluie ruisselante, ils vont, ils viennent, ils trottent, ils passent sous les voitures, excités par les puces, la passion, le besoin ou le devoir.  Comme nous, ils se sont levés de bon matin, et ils cherchent leur vie ou courent à leurs plaisirs.

Il y en a qui couchent dans une ruine de la banlieue et qui viennent, chaque jour, à heure fixe, réclamer la sportule à la porte d’une cuisine du Palais-Royal; d’autres qui accourent, par troupes, de plus de cinq lieues, pour partager le repas que leur a préparé la charité de certaines pucelles sexagénaires, dont le cœur inoccupé s’est donné aux bêtes, parce que les hommes imbéciles n’en veulent plus.

D’autres qui, comme des nègres marrons, affolés d’amour, quittent, à de certains jours, leur département pour venir à la ville, gambader pendant une heure autour d’une belle chienne un peu négligée dans sa toilette mais fière et reconnaissante.

Et ils sont tous très-exacts, sans carnets, sans notes et sans portefeuilles. »

Baudelaire, « Les Bons Chiens », Le spleen de Paris,1869.

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« Away with the academic muse!  I wouldn’t know what to do with that old prude.  I invoke the familiar, the urban, the living muse, so that she might help me to sing of good dogs, poor dogs, filthy dogs, dogs that everyone pushes aside as plague-ridden and mangy, except the poor man whose associates they are, and the poet who looks at them with a brotherly eye.

Fie on the foppish dog, on that four-legged coxcomb, great-dane, spaniel, pug, or setter, so enchanted with himself that he throws himself indiscreetly into the legs or onto the knees of the visitor, as if he were sure to please, as turbulent as a child, as stupid as a shopgirl, sometimes as peevish and insolent as a servant!  Fie especially on those four-pawed serpents, shivering and idle, named greyhounds, and who don’t even have enough sense of smell in their pointy muzzles to follow the track of a friend, nor enough intelligence in their flat heads to play dominoes!

Into the kennel with all of these wearisome parasites!

Let them go back to their silky, padded kennels.  I am singing of the filthy dog, the poor dog, the dog without a home, the loafing dog, the mountebank dog, the dog whose instinct, like that of the poor man, the gypsy, or the actor, is marvelously spurred by necessity, that so good mother, that true patroness of intelligences!

I sing of calamitous dogs, whether those who wander solitary, in the sinuous ravines of immense cities, whether those who said to the abandoned man, with their blinking and intelligent eyes: « Take me with you, and out of our two miseries perhaps we can make a sort of happiness! »

(…)

Where are the dogs going, you say, unattentive men?  They are taking care of their business.

Business meetings, love trysts.  Through the mist, through the snow, through the filth, in the dog days of summer, under the pouring rain, they come, they go, they trot, they run under carriages, excited by fleas, passion, need, or duty.  Like us, they got up early, and they are trying to feed themselves or pursuing their pleasures.

There are some who sleep in a ruined building in the suburbs and who come each day, at a certain hour, to claim alms at the door of a kitchen in the Palais-Royal; others who run, in packs, for more than five leagues, to share the meal prepared for them out of charity by certain sexagenarian virgins, whose unfilled hearts have been given to animals, because imbecilic men no longer want them.

Others who, like fugitive slaves, maddened with love, leave on certain days the countryside to come into the city to gambol for an hour around a beautiful bitch, a little neglectful of her toilette, but proud and grateful.

And they are all very punctual, without notebooks, without memos, and without wallets. »

Baudelaire, The good dogs, translation C. Nilan, 1999.