Noises / Bruits

New York est une ville du bruit. C’est sans doute parce que c’est une ville du mouvement. Cependant les traditions renforcent gentiment la bruyance locale. D’abord ils ont des grosses bagnoles (même si ça s’améliore, merci Al Gore, mais la twingo n’est pas encore le principal moyen de transport ici quand même), et ça fait du bruit les grosses bagnoles. Tiens, par contre, je me rends compte à l’instant qu’il n’y a pas trop de scooters débridés par ici… Mais quand même, bruit il y a.

Ensuite, la principale source de bruit sont les sirènes bien connues du public télévisuel, qui sont pour le moins hurlantes. Vous pouvez en entendre un florilège ici. Cliquez, exposez-vous au bruit plusieurs fois, laissez-le bien maturer dans vos oreilles… Atroce non? Ce ton perçant qui vous déchire les tympans! Peut-être est-ce pour effrayer les mourants dans l’ambulance (quoique ça peut donner envie de se tirer une balle)? Selon une copine new-yorkaise, ce serait pour sommer la populace automobile de se ranger. Seulement moi je ne vois pas la différence avec Paris, où la populace automobile est tout aussi nombreuse (et, reconnaissons-le, beaucoup moins disciplinée).

Pourtant la sirène de police parisienne me semble par essence beaucoup plus civilisée, écoutez ce doux son. Le truc qui m’a toujours fasciné c’est la petite descente du son d’un quart de ton quand la bagnole passe à ta hauteur. Et là on pourrait partir sur une dissertation philosophique sur les sens trompeurs mais euh non en fait… On va se contenter de vanter la sirène franchouillarde bien de chez nous.

Et puis hein, si on va par là le métro new-yorkais tout moisi qui bringueballe est une nuisance sonore violente! Dangereux même pour la santé si on écoute son ipod à fond (=mon cas. Je suis proche de la surdité totale d’ailleurs, ça tombe bien je m’écoute un peu trop parler). Une seule solution, le casque antibruit. J’ai une amie qui l’utilise et elle a bien raison N’EST-CE PAS? CA LUI EVITE DE CRIER QUAND ELLE PARLE AUX GENS comme le font les Américains, sans aucun doute parce qu’ils sont sourds (qui peut imaginer qu’on raconte sa vie sexuelle dans le métro en hurlant pour une autre raison? ou alors c’est une nation d’exhibitionnistes, je ne vois que ça).

Bref, après ce post très louvoyant (mon esprit louvoie pas mal en ce moment), je m’excuse bien bas de ne pas le traduire mais il faut que je fasse ma valise pour Boston, où j’espère errer pas mal pour tout vous raconter ensuite!

Et pour finir, une petite citation du magnifique sketch « Ouï-dire » de Raymond Devos:

Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit ouah !ouah ! Qu’elle oit, Foie !

Bagnoles / Cars

Commençons par un constat encourageant: NY n’est pas une ville-voiture aux autoroutes sans fin, qui se déroule en banlieues jusqu’à l’horizon (enfin, c’est vrai pour Manhattan on va dire). A part les projets d’autoroutes géantes du maire Robert Moses, un homme sympathique et visionnaire, rien que de très ‘walkable’ dans cette ville. Pour la petite histoire, la vaillante urbaniste Jane Jacobs défit le terrible Robert, qui dut se rabattre sur la magnifique autoroute a 6 voies sur le bord de l’Hudson, la Henry Hudson Parkway, qui découpe ensuite le Bronx comme un saucisson… Un rêve d’enfant, « the most beautiful thing in the world » pour le moins [1].

Bref. Il y a des métros et des bus, qui marchent a peu près, et des trottoirs partout. Et puis plein de taxis jaunes qui circulent a toute heure du jour et de la nuit (jalousie de la Parisienne qui s’est souvent tapé une heure de marche avec talons faute de trouver un taxi le samedi après une heure).

Hélas, la Parisienne a aussitôt fait de transposer ses bonnes habitudes de traverser a tort et a travers, considérant que la rue et sa chaussée sont des espaces communs de la société urbaine, et confortée par les nombreuses scènes de films américains ou les personnages traversent insouciamment la rue new-yorkaise (dernier exemple vu: la dernière scène de The way we were de Sidney Pollack, mais y en a plein d’autres!). Las, las, le New Yorkais n’est pas sensible à cette fraîcheur traversante. Il se contente de te foncer dessus, sûr de son bon droit, coupant court a la discussion.

Ce qui nous prive des scènes de la vie parisienne:

– Dites-donc vous, vous êtes fou ou quoi, vous avez failli m’écraser!

– Non mais oh, la petite demoiselle, y a pas de passage piéton là, c’est n’importe quoi!

– Peut-être mais vous aviez bien vu que j’allais traverser non? Et la rue est a tout le monde! [Arguments fallacieux mais vigoureux, je trouve]

– Va donc, eh connasse!

– Mais enfin monsieur, ce n’est pas la peine de s’énerver! Il faut maîtriser le volant!

etc.

Paris me manque parfois…

Let’s begin with an encouraging thought: NYC is no car-city, with endless expressways running through suburbs to the horizon (well, it’s at least true for Manhattan). Besides the giant expressway projects of Mayor Robert Moses, a sympathetic man and a visionary, everything in this city is very “walkable”. For the record, the valiant Jane Jacobs defeated the terrible Robert, who could only build the wonderful Henry Hudson Expressway, killing the waterfront and carving out the Bronx… A dream, « the most beautiful thing in the world » [1].

Whatever. There are subways and buses, that run quite all right, and sidewlaks everywhere. And lots of yellow cabs travelling 24/7 (yeah, you can hear the jealous moan of the Parisian who had – more than once – to walk home for a couple of miles ON HEELS, in the absence of any taxi on Saturday nights).

Alas, the Parisian tends to transpose her good habits to cross the street haphazardly, considering that the street is a common space for urban society, and confirmed in her opinion by numerous movie scenes where carefree characters cross the New York’s street (last example seen : last scene of The Way we Were by Sydney Pollack, but there’s plenty of it!) Alas, alas, New Yorkers are not touched by this crossing freshness. They just charge at you, being well within their rights, not willing to discuss.

This deprives us of scenes from Parisian life:

–          Hey you, you almost ran over me!

–          Well yo[2], miss, you are not supposed to cross here, there is no pedestrian crossing, this is nonsense!

–          Maybe, but you saw that I wanted to cross the street! And the street belongs to everybody [Fallacious but vigorous arguments, I think]

–          Go f… yourself, you cow! [2]

–          But sir, no need to get worked up! One has to control the wheel!

Etc.

Sometimes I miss Paris…

 

1. Robert A. Caro, 1975. The power broker: Robert Moses and the fall of New York, Vintage Books.

2. I really don’t master either the insult vocabulary, or the interjections used in English. Forgive me, I’ll try to work on it.