Ticket de métro / Landing strip

Abordons aujourd’hui un sujet certes métaphorique mais pour autant fondamental, celui de l’origine, non pas du monde mais de la tonsure de la chose…

Quand on y pense, une femme peut sans doute légitimement s’interroger sur la raison profonde qui la pousse à se ratiboiser la moumoute et à s’infliger une torture épilatoire non négligeable – et pour votre info les gars le pire c’est sans doute les aisselles. Encore que. Bref, après la période hippie bénie du poil en liberté, nous voilà aujourd’hui confrontés à la haine du poil – et sachez, Américains, Allemands et autres sceptiques venus du lointain, que les Françaises s’arrachent autant les poils que les autres. Non, nous ne sommes pas une tribu de femelles pileuses tout droit sorties de la Guerre du Feu ! Remarque, ça devait être tranquille le chat de pas passer son temps à se dépiler ; avec les ongles et sans crème apaisante parfumée à la rose, ça paraît logique que la toison aie triomphé à l’époque.

Bon, c’est pas tout ça, nous voilà face à l’esthéticienne / l’épilateur / le pot de cire (on vous laisse le choix pervers de l’instrument du supplice) ; baissons les yeux vers l’endroit concerné, autrement dit « la touffe ». A part les quelques adhérentes de la Société protectrice de l’endolorissement et de la calvitie, qui pratiquent l’absence intégrale de touffe, un grand nombre d’épilées se tournent vers le désormais légendaire ticket de métro, sans doute en raison de la forme du tapis laineux.

Les Américains se sont, eux, tournés vers une autre métaphore transportesque, la piste d’atterrissage (landing strip). On note tout de suite l’aspect « transports en commun » des deux figures, néanmoins beaucoup plus populo dans le cas français : le ticket de métro reste quand même largement plus abordable que le billet d’avion – allusion à la petite vertu de la Française, qui laisse entrer le tout-venant pour 1,70€ ?

Comment ces métaphores ont-elles germé dans le fertile cerveau des poètes qui ont les premiers désigné ainsi la décoration pileuse ? Le ticket de métro a-t-il été inspiré par les p’tits trous du poinçonneur des lilas de Serge Gainsbourg ? Par l’entrée du métro dans le tunnel (oh ! quel mauvais goût !) ? De même, la piste d’atterrissage est-elle une subtile allusion à l’entrée en contact des avions avec le sol ?

Hélas, pas de statistiques sur la fréquence de l’objet, mais le rectangle stimule l’imagination littéraire en tout cas. On attend une ode au ticket de métro qui nous signalera le nouveau Rimbaud !

Et quant au reste, ne pensez MÊME PAS à me le demander !

Inspired by Paris vs New York, http://parisvsnyc.blogspot.com/

Let’s tackle a subject that’s admittedly metaphorical but still fundamental, the topic of the origin, not of the world but of its tonsure…

When you think about it, a woman can legitimately wonder about the deep reason that urges her to mow her beaver and to inflict to herself a significant depilatory torture – and guys, FYI the worst is presumably the armpits. Although… In short, after the blessed hippie period of free hair, we are confronted today to the hatred of hair – and so you know, Americans, Germans and other sceptics from distant countries, French girls epilate as much as the others. No, we’re not a tribe of hairy females right out of Quest for Fire! Mind you, it was probably awesome not to epilate all the time; with your own nails and without rose-scented soothing cream, it seems logical that the fleece triumphed in prehistoric times.

That’s all very well but here we are, facing the beautician / the epilator / the wax pot (we leave you the pervert choice of the torture instrument); let’s look down at the object in question, or else “the bush”. Apart from the few members of the Society for the prevention of soreness and baldness who use the full absence of bush, a great deal of epilated girls turn to the now legendary landing strip, presumably because of the form of the woolly carpet.

We French have turned to another transportationesque metaphor, the subway ticket (ticket de métro). You will immediately note the “public transportation” aspect of both images, though much cheaper in the French case: a subway ticket is still less expensive than a plane ticket – allusion to the easy virtue of the French girl, who would let everyone enter for €1,70 (price of the subway ticket in Paris)?

How were these metaphors formed in the fertile brain of the poets who firstly named this hair decoration? Has the subway ticket been inspired by the “little holes” of Serge Gainsbourg’s ticket-puncher? By the entry of the subway in the tunnel (oh! shocking!)? At the same time, isn’t the landing strip a subtle allusion to the contact between the planes and the ground?

Well alas, there are no statistics on the frequency of the object, but at least the rectangle stimulates the literary imagination. We’re waiting for the next Rimbaud and his ode to the landing strip!

As for the rest, don’t even THINK of asking me!

Le corps / The body

Le corps, the body (Elle Mc Pherson pour les intimes, back to the 90s !) est un objet culturel fascinant : on le cultive plutôt quand on est une femme, et en général ça coûte du temps et de l’argent, et ça fait plutôt mal partout… Et comme c’est culturel, les friches et les pleins champs ne sont pas les mêmes d’un côté à l’autre de l’Atlantique.

Les Françaises ont ici la réputation d’être affreusement poilues et surtout de ne jamais s’épiler. Ergo, on a l’obligation morale d’avoir la jambe lisse (je précise que j’ai la jambe lisse même quand je ne suis pas aux Etats-Unis !). Du coup j’ai passé un temps fou à me racler les mollets à coups d’épilateur français, qui marche à 2 à l’heure à cause de la tension à 110 volts du réseau ici. Bref. Il faut dire que la cire coule à flots ici car les femmes ont en effet la jambe souvent irréprochable même quand elle est cuissue. J’ai bien conscience que cette analyse est un peu incongrue en janvier, cependant j’ai croisé quelques nanas en mini-jupes sans collants en décembre. Partant, j’essaie ici de rassembler quelques idées sur le corps et l’érotisme. Je précise aussi que je ne suis pas allée me faire épiler l’entre-jambe donc je n’ai pas vraiment d’infos sur cet élément J

Donc le corps idéal américain est anti-poil (ce que je ne saurais lui reprocher), sauf sur la tête : les cheveux sont très très importants et doivent être toujours brillants et bien lavés. D’autres extrémités sont fondamentales : les ongles, avec manucure/pédicure obligatoires (j’ai l’air d’une folle avec mes ongles rongés !) ce qui amène certaines à sortir en tongs en plein décembre pour que leur pédicure ne s’abîme pas pendant le trajet jusque chez elles. Oui, la tong, toujours la tong !

De manière générale, l’érotisme me semble moins subtil aux Etats-Unis qu’en France, notamment par la fâcheuse tendance locale à exhiber toute la chair possible (cuisses, nombril ou poitrine), une tradition bien anglo-saxonne que l’on retrouve chez les petites Anglaises… Je ne sais pas si c’est ensuite pour recouvrir quelque peu la peau que les tatouages sont si nombreux ! Papillons, dragons, tigres et j’en passe, je n’en ai jamais vu autant !

Bref, comme disait André Breton, « la pornographie c’est l’érotisme des autres »…

The Body (Elle Mc Pherson to her friends, back to the 90s!) is a fascinating cultural object: one cultivates it rather when one is a woman, and in general this culture takes time, money, and is pretty hurtful… And cultural as it is, untilled and cultivated lands are not quite similar on both sides of the Atlantic Ocean.

French women in the United States have a reputation of being awfully hairy and of never shaving their legs. Ergo we have a moral obligation to have smooth legs (I want to precise that my legs are smooth even when I am in France!). As a consequence I spent ages to scrape my calves with my French epilator that works at a snail’s pace because of the tension difference of the electric network. Whatever. Wax really flows around here, women tend actually to have impeccable legs even when fat-tighed. I am very aware that this analysis tends to be incongruous in January, but I passed a few girls in mini-skirts without pantyhose in December! So, I’m here trying to gather a few ideas on bodies and eroticism. I want also to make perfectly clear that I didn’t go for a crotch waxing, so I don’t have any info on this particular element J

So, the ideal American body is anti-hairs (I couldn’t blame it for that!), except for the head: hair on the scalp is very very important and has to be always shiny and clean. Other extremities are fundamental: nails, with mandatory manicure/pedicure (I really look like a madwoman with my bitten nails!), that leads some to go out in flip-flops in December so that their pedicure stays untouched and can dry while they go home. Yes flip-flops, always flip-flops!

Generally speaking, eroticism seems to me less subtle in the United States than in France, most particularly through the unfortunate local tendency to exhibit the most flesh possible (thighs, navel or breasts), a very Anglo-Saxon tradition that can also be observed in Great Britain…

I don’t know if it’s to cover this skin again that tattoos are so many here! Butterflies, dragons, tigers to name but a few, I’ve never seen so many of them!

Well, like André Breton wrote, “pornography is the others’ eroticism”…