Massage gratuit / Free massage

Voici une initiative sympathique, qui a disparu avec les beaux jours enfuis (à Paris l’automne vous tombe dessus d’un coup, bam ! il est là, il fait 15 degrés et les feuilles mortes rentrent dans les couloirs du métro) : sur la place des Abbesses deux sympathiques citoyens armés d’un petit tabouret en toile proposaient aux passants des massages gratuits.

Pour se détendre rien de mieux que de se faire tripoter par un inconnu ? (Halte à vos idées salaces, bande de mécréants !) Moi j’aime bien les massages en tout cas, et puis les Parisiens en ont bien besoin, eux les citadins les plus désagréables de la planète !

En ces temps de crise, c’est en tout cas bien agréable de voir des gens qui donnent de leur temps et de leur énergie pour les autres et pour rien… Hier j’ai même assisté à un double strip-tease masculin dans le métro, hélas j’ai dû partir alors qu’ils étaient toujours en caleçon pour arriver à l’heure à la fac (ce que c’est que la conscience professionnelle !)

Et pour finir ce texte sur le don de soi, une pensée spéciale pour les New Yorkais qui occupent Wall Street, contre la marchandisation du monde et les injustices sociales. Indignez-vous!

Here is a nice initiative that disappeared with the sunny days flying away (in Paris, autumn befalls you at one stroke, bam! it’s here, it’s 15 degrees and fallen leaves enter the subway passages): on place des Abesses two agreeable citizens armed with a small cloth stool offered free massages for the passers-by.

Nothing better to relax than to be groped by a stranger? (Stop your salacious ideas, you gang of miscreants!) Anyway, I like massages and Parisians really need it, since they are the most unpleasant city-dwellers of the planet!

In these times of crisis, it is actually quite pleasant to see people give some of their time and energy for others and for free… Yesterday I even attended a double male striptease in the subway, alas I had to leave while they were still wearing their underpants, in order to be on schedule at the university (what a professionalism!)

And to finish this text a special thought to New Yorkers who occupy Wall Street, against global commodification and social injustice. Time for outrage!

Nuit blanche

Nuit blanche : événement artistico-publicitaire nocturne parisien de fréquence annuelle où l’on erre de queue en queue sans arriver à se décider à piétiner 1 heure pour une œuvre contemporaine incompréhensible. En général, la nuit blanche est aussi synonyme de nuit de loose… Soit qu’on finisse par faire une heure de queue pour voir une installation bizarre, ou par perdre ses amis dans la foule, ou par traverser Paris à pied pour rentrer chez soi (ce risque de loose a néanmoins diminué grâce à une nouvelle organisation des bus de nuit depuis 2005).

Cette année je ne me plains pas : j’ai rencontré des gens très sympas, on est allé manger une glace italienne à Beaubourg et des vidéos d’un artiste colombien dans une église – moi j’aime bien l’art contemporain dans les églises, quand on ne se bouscule pas ! Et puis comme la programmation était concentrée autour de Pigalle à deux pas de chez moi, j’ai pu rentrer en métro sans problème (il circulait toute la nuit) et aller visiter des installations en rentrant directement à 3 heures du matin… mais pour les blockbusters il faut repasser, il y avait toujours 45 minutes de queue pour Boltanski.Tant pis pour lui !

J’ai pu voir

Un penseur fil-de-fériste sur une camionnette

La chute des anges du marais

Des abat-jours en sel de la mer Morte

Mais j’ai aussi cherché ce qui dans la ville nocturne laisse des traces artistiques, sans pub et sans queue, et elles sont là si on ouvre les yeux…

Une moitié écrite au néon rouge devant des miroirs aux fenêtres d’un immeuble à Stalingrad (ah, les fenêtres !)

Une bande rouge et blanche en plastique qui voltige au-dessus d’une bouche de métro

La ville rêvée, celle qu’on regarde les yeux grand fermés. Ca vaut le coup de passer beaucoup de nuits blanches.