Bagnoles / Cars

Commençons par un constat encourageant: NY n’est pas une ville-voiture aux autoroutes sans fin, qui se déroule en banlieues jusqu’à l’horizon (enfin, c’est vrai pour Manhattan on va dire). A part les projets d’autoroutes géantes du maire Robert Moses, un homme sympathique et visionnaire, rien que de très ‘walkable’ dans cette ville. Pour la petite histoire, la vaillante urbaniste Jane Jacobs défit le terrible Robert, qui dut se rabattre sur la magnifique autoroute a 6 voies sur le bord de l’Hudson, la Henry Hudson Parkway, qui découpe ensuite le Bronx comme un saucisson… Un rêve d’enfant, « the most beautiful thing in the world » pour le moins [1].

Bref. Il y a des métros et des bus, qui marchent a peu près, et des trottoirs partout. Et puis plein de taxis jaunes qui circulent a toute heure du jour et de la nuit (jalousie de la Parisienne qui s’est souvent tapé une heure de marche avec talons faute de trouver un taxi le samedi après une heure).

Hélas, la Parisienne a aussitôt fait de transposer ses bonnes habitudes de traverser a tort et a travers, considérant que la rue et sa chaussée sont des espaces communs de la société urbaine, et confortée par les nombreuses scènes de films américains ou les personnages traversent insouciamment la rue new-yorkaise (dernier exemple vu: la dernière scène de The way we were de Sidney Pollack, mais y en a plein d’autres!). Las, las, le New Yorkais n’est pas sensible à cette fraîcheur traversante. Il se contente de te foncer dessus, sûr de son bon droit, coupant court a la discussion.

Ce qui nous prive des scènes de la vie parisienne:

– Dites-donc vous, vous êtes fou ou quoi, vous avez failli m’écraser!

– Non mais oh, la petite demoiselle, y a pas de passage piéton là, c’est n’importe quoi!

– Peut-être mais vous aviez bien vu que j’allais traverser non? Et la rue est a tout le monde! [Arguments fallacieux mais vigoureux, je trouve]

– Va donc, eh connasse!

– Mais enfin monsieur, ce n’est pas la peine de s’énerver! Il faut maîtriser le volant!

etc.

Paris me manque parfois…

Let’s begin with an encouraging thought: NYC is no car-city, with endless expressways running through suburbs to the horizon (well, it’s at least true for Manhattan). Besides the giant expressway projects of Mayor Robert Moses, a sympathetic man and a visionary, everything in this city is very “walkable”. For the record, the valiant Jane Jacobs defeated the terrible Robert, who could only build the wonderful Henry Hudson Expressway, killing the waterfront and carving out the Bronx… A dream, « the most beautiful thing in the world » [1].

Whatever. There are subways and buses, that run quite all right, and sidewlaks everywhere. And lots of yellow cabs travelling 24/7 (yeah, you can hear the jealous moan of the Parisian who had – more than once – to walk home for a couple of miles ON HEELS, in the absence of any taxi on Saturday nights).

Alas, the Parisian tends to transpose her good habits to cross the street haphazardly, considering that the street is a common space for urban society, and confirmed in her opinion by numerous movie scenes where carefree characters cross the New York’s street (last example seen : last scene of The Way we Were by Sydney Pollack, but there’s plenty of it!) Alas, alas, New Yorkers are not touched by this crossing freshness. They just charge at you, being well within their rights, not willing to discuss.

This deprives us of scenes from Parisian life:

–          Hey you, you almost ran over me!

–          Well yo[2], miss, you are not supposed to cross here, there is no pedestrian crossing, this is nonsense!

–          Maybe, but you saw that I wanted to cross the street! And the street belongs to everybody [Fallacious but vigorous arguments, I think]

–          Go f… yourself, you cow! [2]

–          But sir, no need to get worked up! One has to control the wheel!

Etc.

Sometimes I miss Paris…

 

1. Robert A. Caro, 1975. The power broker: Robert Moses and the fall of New York, Vintage Books.

2. I really don’t master either the insult vocabulary, or the interjections used in English. Forgive me, I’ll try to work on it.

Autumn – Central Park

Un cœur de verdure, le poumon de Manhattan… malgré sa forme rectangulaire peu amène, le parc se démène pour vous emballer dans ses tours, détours et tortuosités, à vous perdre dans une nature qui paraît sauvage pour retomber sur les tours de Midtown – l’Empire State Building, toujours au garde à vous, au coin de l’œil.

Ne nous emballons pas trop non plus. Central Park a surgi du néant, croit-on ; que nenni, la ville n’était certes pas encore arrivée jusque là, mais construire le parc a permis de nettoyer d’un bon coup les bidonvilles locaux. Central Park est né de l’idée que la ville est un lieu de vice, et que la nature doit domestiquer l’ouvrier au couteau entre les dents, le pauvre, le noir, le sale, l’étranger.

Cela dit c’est bien sympathique quand même ! On y croise l’Amérique sportive (du jogger fou les PIEDS NUS – véridique ! – au cycliste de concours), les touristes flâneurs, les étudiants pique-niqueurs… et quand l’automne flamboie, c’est un rêve de couleurs.

Personnellement, j’aime y marcher et m’y perdre (pas trop quand même, car mon sens légendaire de l’orientation est un handicap certain – mais je me suis procuré une carte !) En effet, et sans me vanter, j’habite à 5 minutes de cet oasis de verdure (oui, Mesdames et Messieurs !) et j’y gambade le week-end. Mitigeons les choses, je m’y promène, plutôt mollement malgré mes bonnes résolutions de nouvelle New-yorkaise. En effet, tel était le plan de bataille :

–          Résolution 1 : acheter des baskets super classes (moins chères aux USA) et aller faire du jogging autour du réservoir, allez, au moins une fois par semaine. Résultat : mouarf ! la flemme d’aller acheter des baskets (mais pas des stilettos, saisissez la nuance), pas de jogging en vue, je tiens la forme.

–          Résolution 2 : aller y lire des textes profonds et sages (des articles et des bouquins pour ma thèse, quoi), au bord du Pound, mon endroit préféré, mais tester d’autres endroits aussi y a pas de raison. Résultat : ai testé de nombreux emplacements, éprouvé le non-confort assez violent du banc central-parkois, et ai fini chaque séance de lecture en ronflant gaiement sur ma couverture / mon banc au soleil. Disons-le pudiquement : I took a little nap.

Finalement ça me convient… Surtout de pioncer un bon coup en sachant qu’au loin passent les joggeurs, c’est fou comme ça repose !