Hooters – ou l’Amérique du bon goût / Hooters – or America’s good taste

Bien. Dans des circonstances indépendantes de ma volonté – merci à mes potes alsaciens qui viennent à NY et me traînent dans tous les nids à touristes, youpi!, je me suis retrouvée à manger chez Hooters. Qu’ézaco? me direz-vous, braves gens, qui ne soupçonnez point la perversité de la chose! Bon, Hooters déjà c’est pas trop l’endroit où t’amènes ta copine de lycée ultra-snob (moi), pas non plus vraiment là où tu attends de la bonne bouffe. Hooters, ça veut dire la chouette, mais pas celle d’Athéna parce que c’est aussi un mot d’argot pour dire nichons, d’où le magnifique concept de cette chaîne de restos typiquement américaine.

Quelle est donc cette antre du démon? Eh ben, tout simplement un resto où les serveuses sont « bonnes ». L’antre des nichons et de la bière. Citons wikipédia: « La clientèle visée est essentiellement masculine dans la mesure où le service est assuré en majorité par des jeunes femmes dont l’uniforme de travail est un mini short orange (NDLR: une allusion à Princeton???) et un tee-shirt (ou débardeur) échancré à l’effigie de la chaîne. » Ainsi, les braves filles (les « girls next door » traditionnelles, on a vu des étudiantes en médecine sur le site de Hooters, oui les gars vous allez pouvoir vous rincer l’oeil sur l’uniforme!), doivent signer le contrat suivant: 1. Pour mon travail, je dois porter l’uniforme Hooters ; 2. Pour mon travail, je dois dialoguer et divertir les clients; 3. Le concept de Hooters est basé sur l’emploi de filles ayant du sex-appeal, et l’ambiance de travail est joyeuse et communicative; 4. Je ne trouverai pas mon travail intimidant, l’uniforme inconfortable, l’environnement du restaurant hostile…

Consternant, n’est-il pas? Où est le droit du travail??? Pas ici en tout cas!

Et pour finir… un des pervers qui m’a entraîné dans ce lieu maudit (qui est assez rigolo en fait, une fois passé le choc de la féministe) a fini avec une diarrhée carabinée tellement la nourriture était épicée…La vengeance est un plat qui se mange parfois chaud!

Bref, une bonne dose d’excitation vous attend chez Hooters, foncez, il y en a plus de 400 aux Etats-Unis!

♦ ♦ ♦

So. In circumstances totally out of my control – thanks to my Alsacian pals who come to New York and drag me off to every tourist trap, gee!, I ended up in eating at Hooters. Whassat?, you’ll ask me, you good people who don’t suspect the perversity of the concept! Ok, Hooters is actually not the place where you bring your very snob high school friend (me), not really either the place where you’re eating fine cuisine. Hooters means an owl but also boobs, which leads us to the magnificent concept of this typically American restaurant chain.

So, what’s the demon’s den? Well, just a restaurant where waitresses are hot. The den of boobs and beer. Let us cite Wikipedia: “The looks of the waitresses are a main selling feature of the restaurant. A Hooters Girl is a waitress employed by the Hooters restaurant chain. The girls are recognizable by their uniform of a white tank top with the « Hootie the Owl » logo and the location name on the front paired with the famously short nylon orange runner’s shorts” (editor’s note: an allusion to Princeton University???). So, the traditional “girls next door” (you can see some medical students on the Hooters website, go on guys you can get an eyeful with the uniform!), have to sign the following contract: “I hereby acknowledge and affirm that (1) my job duties require I wear the designated Hooter’s girl uniform; (2) my job duties require that I interact with and entertain the customers; and (3) the Hooters concept is based on female sex appeal and the work environment is one in which joking and innuendo based on female sex-appeal is commonplace. I also expressly acknowledge and affirm I do not find my job duties , uniform requirement or work environment to be offensive, intimidating, hostile or unwelcome.

Appalling, isn’t it? Where is Labor law??? Nor here, anyway!

And in the end… one of the perverts who took me to this cursed place (actually quite funny, once the feminist shock’ is gone), ended with ferocious diarrhea because of the very spicy food…Revenge is a dish sometimes best savored hot!

So, a good deal of excitement is waiting for you at Hooters, go, there are more than 400 in the US!

 

New York a la main verte / New York’s Green Thumb

Je profite d’une journée radieuse, avec grand soleil et froid sec (l’automne comme on l’aime) pour écrire un texte d’un optimisme décisif (malgré la fuite d’eau massive dans ma salle de bains) sur la verdure et ses bienfaits sur le moral de l’urbain chroniquement dépressif. New York est en effet plein de petits Central Parks miniatures un peu partout…

Enfin, n’exagérons rien mais ça n’en est pas moins agréable… A l’époque où New York n’était pas au top de sa forme (faillite financière, désindustrialisation, fuite des habitants vers la banlieue, problèmes de sécurité publique), c’est-à-dire des années 1970-80, se sont développées des initiatives locales de « jardins communautaires ». L’idée étant de ne pas laisser les lots vacants à l’abandon – il faut savoir qu’à New York l’immobilier est très flexible, on détruit un immeuble pour un oui ou pour un non, et à l’époque beaucoup de propriétaires à Harlem ou dans le Bronx par exemple mettaient le feu à leurs immeubles pour récupérer l’assurance tellement les valeurs immobilières étaient faibles (d’où l’expression « y a pas le feu au lac »).

Bref, ces espaces vides ont été repris par des gens du cru qui en ont fait des petits jardins, où les habitants du block (le carré d’immeubles autour de la cour) viennent jardiner à tour de rôle, et qui sont ouverts au public… Il y en a trois à 5 minutes de chez moi (sans compter Central Park !) ce qui montre l’étendue de cette initiative, plutôt présente d’ailleurs dans les quartiers populaires. Et puis, il y a toujours un petit jardin inattendu qui vous attend derrière un mur ou un coin de rue à Greenwich Village [1]…

Le vert est donc en voie d’expansion à New York, et c’est le genre d’initiatives qui plaît à notre ami Bloo-Bloo (le bon maire), qui adore tout ce qui est bobo et/ou dans l’air du temps. Il construit des pistes cyclables et encourage les initiatives « vertes », et même les pieds d’arbres dans la rue sont super joliment décorés avec des compositions de plantes dignes du Jardin Albert Kahn.

Bref, New York a la main verte, profitons-en avant les premiers frimas…

♦♦♦

1. Pour ceux qui sont paumés, une présentation sociale, économique et drôlatique de la géographie des quartiers new-yorkais est en cours, elle vous sera dispensée doctement d’ici quelques jours…