Métro / Metro

Ah le métro à New York, ses lignes toutes parallèles, tellement que tu te demandes s’ils sont conscients que certaines personnes ont parfois besoin d’aller d’Est en Ouest. Donc quand t’habites à l’Ouest (ce qui était mon cas), ben pour aller à l’Est de l’autre côté du parc, soit tu prends le bus qui-ne-vient-jamais-et-met-des-plombes-à-arriver soit tu marches.

Ah le métro new-yorkais, ses horaires irréguliers (de 2 à 10 minutes entre les rames…15 à 20 le dimanche), ses lignes « express » et « locales ». Ce système (certaines rames s’arrêtent partout sur la ligne, d’autres ne s’arrêtent qu’aux principales stations) donne lieu à un petit jeu de chaises musicales quand on est dans un local et qu’on arrive à une station d’express : on guette par la fenêtre si l’express arrive sur le quai d’en face… si oui, tu bondis, tu traverses le quai, et tu te jettes dans l’express qui va te faire gagner un temps précieux. Le métro new-yorkais est lent. Tu sais quand tu pars, pas quand t’arrives.

Ne pas oublier non plus que la plupart des lignes « express » deviennent « locales » le soir, ou le week-end, ou juste le dimanche, ou bien ça dépend, faut être aware quoi. Des fois aussi, le conducteur baragouine un truc dans le micro, la moitié des passagers sortent, tu n’as pas compris ce qu’il a dit mais comme y a des gens qui restent tu hésites… ben en fait le métro est devenu express ou local au milieu du trajet !

Ce beau métro, tout bringuebalant… Et bruyant, bruyant. Selon une étude de Columbia University en 2006, le niveau de bruit est tellement élevé que même 30 minutes d’exposition au niveau de décibels mesuré dans le système de métro New-Yorkais peuvent causer des pertes auditives. Et quand tu veux écouter ton ipod, tu te casses encore plus les oreilles pour entendre la moindre note de musique. A vos casques anti-bruits !

Mais c’est « le meilleur métro du monde », oui madame ! Euh, ah bon, pourquoi ? (en fait le métro parisien me semble bien mieux marcher dans l’ensemble, mais taisons-nous, le New-Yorkais est susceptible). Mais parce qu’il est ouvert toute la nuit, oui madame !

En effet, c’est de la bombasse ! Sauf que quand tu sais que tu vas attendre le métro 20 minutes… Tu prends le taxi, parce que c’est pas trop cher et qu’y en a plein, de taxis, alors ça te fait une belle jambe que le métro soit ouvert, tiens ! En plus du coup il est difficile d’entretenir les voies quand le métro est ouvert h24… d’où des fermetures intempestives pendant le week-end, voire des fermetures de station pendant… des années ! Et d’ailleurs, il n’y a pas d’argent pour les transports en communs, d’où les nombreux dysfonctionnements : la compagnie municipale va privatiser les bus, et fermer des lignes de métro.

A Paris on a 5 jours de grève par an, à New York ils suppriment des lignes de métro…

Ah the New York subway system, its parallel trains, so that you’re asking yourself if they are conscious that certain people sometimes need to go from East to West. So when you live in the West (which was my case), well to go East on the other side of Central Park, either you take the never-coming-and-damn-slow bus, or you walk.

Ah the New York subway system, its irregular schedule (from 2 to 10 minutes between trains… 15 to 20 on Sundays), its “express” and “local” trains. This system (some trains stop everywhere, others only at the main stations) gives rise to a little musical chairs game when you are in a local train and you arrive at an express station: you look out through the window for an express arriving on the opposite platform… if so, you jump, you run across the platform and you throw yourself into the express train that will buy you some precious time. The New York subway is slow. You know when you leave, not when you’ll arrive.

And don’t forget that most of the express trains become local trains on nights, or on week-ends, or only on Sundays, or well it depends, you’ve got to be aware. Some other times, the driver mumbles something into the microphone, half of the passengers go out of the train, you didn’t understand the first word of what he said but since some other passengers keep seated you hesitate… Well, the train has just suddenly become an express or a local train in the middle of the ride!

This wonderful, shaking out subway… And so, so noisy. According to a Columbia University research in 2006, as little as 30 minutes of exposure to decibel levels measured in the New York City transit system per day has the potential to result in hearing loss. And when you want to listen to your ipod, you’re deafened a little more just to listen to the first music note. To your soundproof helmets, people!

But it’s « the best subway system in the world », yes Ma’am ! Oh, ah, ok, and why’s that? (actually I think that the Parisian subway is working way better, but shut up, the New Yorker is touchy). Because it’s open all night long, yes Ma’am!

It’s a blast, indeed! It’s just that, when you know that you’ll probably have to wait 20 minutes for a train… you just take a cab, because it’s not too expensive and there are plenty of them, so a fat lot of good that’ll do if the subway is open! Moreover, it is consequently difficult to maintain the tracks when the subway is open 24/7… hence inopportune closings during the week-end, or even stations’ closures during…years! By the way, there is no money for public transportation, therefore the frequent malfunctioning: the MTA will privatise the buses, and close some subway lines.

So, in Paris we know 5 days of strike a year, in New York they close subway lines…

Smile, Paris, smile!

Evidemment, après avoir passé plusieurs mois à déblatérer sur les Etats-Unis, dès que j’ai reposé le pied à Paris je me plains de la France. Une petite sortie aux Halles et dans le métro parisien et boum je retrouve la morosité parisienne.

Comme quoi, on n’est jamais content que de ce qu’on n’a pas ! Mais il est vrai que le Parisien (le Français ?) est grognon, frileux, hostile, « scrogneugneu » (comme titrait récemment Le Point, on dirait que le poids des mots n’en est pas un vain dans la presse. Élégance de langage avant tout). Déjà ça fait bizarre de se rendre compte que tout le monde fait la gueule dans le métro parisien (après, c’est peut-être aussi un effet secondaire du retour, genre ta life est trop belle et tu es sur ton petit nuage et autour tout le monde te semble dépressif), tandis que le New Yorkais, dans le métro ou ailleurs, est toujours dispo pour tailler une petite bavette ou faire un sourire. C’est bien pour ça que je les aime, quand même !

Arrivée à la Fnac des Halles, je constate que le rayon de géographie urbaine est scandaleusement mal fourni et me dirige vers la caisse, ravie quand même de rentrer de New York et de me sentir tellement « internationale qui fait la navette entre deux villes globales ». Là pan ! j’ai oublié ma carte de fidélité – pas étonnant j’en ai 40 qui boursouflent mon portefeuille, de la Fnac à Séphora en passant par Vélib’ et ma carte de photocopie. Les Américains ont résolu le problème sans carte, en prenant votre adresse électronique et en vous bombardant de mails promotionnels – moins encombrant en espace réel tout de même (comme quoi, il n’y a pas d’ingénieurs là-bas mais le commerce marche bien). Je demande avec un grand sourire à la caissière (New York spirit ! nice, friendly, smiling !) s’il n’y a pas moyen d’enregistrer l’achat quand même en montrant une pièce d’identité. « Nan pas du tout ». Ah bon. Et vous n’êtes pas désolée, non même pas ! Eh ben oui, en France on pratique le capitalisme sans les avantages (le client est roi, on est aimable avec le client), mais on ne s’en rend pas compte (il y a encore 6 mois j’aurais trouvé la réaction de cette dame bien normale)…

Enfin, du coup je me retiens de discuter avec la dame derrière moi qui achète un guide de New York en lui disant avec un grand sourire à l’américaine « Oh, vous allez à New York, c’est génial, je reviens justement de 6 mois là-bas vous allez adorer, c’est vraiment une belle ville ! » en imaginant sa réaction gênée et ensuite de retour à la maison « oh là là à la Fnac tu sais quoi y a une espèce de folle qui a commencé à me raconter sa vie à New York dans la queue à la Fnac non mais les gens vraiment, qu’est-ce qu’on en à à cirer… »

Bon, j’ai sans doute exagéré mais me voilà pratiquant à nouveau une distance prudente avec mes voisins de l’espace public… Et tout en ruminant ces tristes différences nationales, je me suis bien ridiculisée dans le métro en rentrant, en attendant bien sagement à mon arrêt que la porte s’ouvre toute seule comme à New York. Regard de pitié exaspérée du gars qui finit par ouvrir la porte pour moi…

Welcome back to Paris, you lunatic !