De la cucuterie et de son irrépressible attrait sur les filles

Dernièrement, comme personne ne me souhaitait mon anniversaire de blogue et que je me sentais très seule, je me suis beaucoup rapprochée de mon ami google, qui par la voie céleste de youtube nous apporte tout cuit comme des faisans farcis sur un plateau des superbes extraits de film. Disney me voici! Et puis comme la lonesome camionneuse en moi reculait dans son antre pour fourbir ses armes contre l’émir du Q., décidément très en retard, v’là t’y pas qu’est arrivée en douce (elle arrive toujours en douce, à la sournoise, mais elle prétend que c’est très féminin) mon autre double infernal (mais bien plus dangereux), meet Sneaky Princess.

Il faut savoir que hélas, hélas, lamentations et fureur, Sneaky Princess est toujours en embuscade. Il faut s’en méfier plus que la peste, le choléra, le VIH et la syphilis réunis. Il y a péril en demeure. Tous aux abris.

Sneaky Princess c’est la meuf qui a bien tout retenu des principes de la domination masculine et qui trouve ça normal, voire trop coolos, de se la prendre bien profond dans le fion d’être exploitée par les mâles environnants – et ÉVIDEMMENT en dernière instance par LUI, le prince charmant le seul l’unique, son âme sœur, qui l’attend quelque part au beau milieu d’un rêve. Ouaip. Elle est pas dans la merde. En même temps, elle attend du gars qu’il lui assure le gîte et le couvert, et pas que s’il vous plaît, une petite veste Chanel de temps à autre ça vous éclaire la journée la plus morne.

Elle est totalement inapte à quoi que ce soit – travailler? Pfffft! Sauf à diverses activités de jeune fille accomplie: chanter, parler avec les oiseaux et les souris (eh ouais! ce n’est pas tant une petite nature que ça), très éventuellement lire, et surtout, être belle en toutes circonstances (même fringuée en souillon). Le destin cruel, de fait, la condamne ponctuellement à faire la bonniche, et là elle est forte (pratique en même temps, les bulles de savon, pour s’admirer la gueule). Bref, une vraie femme de ménage libérée (et c’est pas si facile, comme dit Cookie Dingler, star alsacienne de premier plan).

En matière de statut social, Sneaky Princesse n’a pas trop envie de se bouger le séant pour gagner sa vie étant donné que c’est une héritière, merci papa. D’ailleurs idéalement elle hérite aussi de son mec dès sa naissance, comme dirait Guy Marchand : destinés, nous étions destinés. Bref, le principe c’est que dans la vie y a pas trop d’effort à faire pour se trouver et autres conneries. Mauvais mauvais mauvais. Mais les psys seraient tous au chômage avec ce type de follasse. Par contre, gros jackpot pour les salons d’esthétique (qu’ils aillent tous en enfer, ce marché de la beauté plus répugnant qu’un panier de serpents à sonnette).

Évidemment, le réquisit premier dans la vie de Sneaky Princess, c’est d’être belle comme le jour, et autres niaiseries de contes de fée (genre : peau blanche comme la neige, et bla bla bli et bla bla bla). Ceci ne me pose pas tant de problèmes, étant donné que je suis une bombasse intergalactique, mais enfin disons que la princesse a une petite tendance pour la teinture blonde, les ongles peints et les robes à frous-frous. Ce qui, de fait, n’est pas FORCEMENT compatible avec la coolitude bobo qui est la mienne (ne commencez pas sur mes contradictions, je hais the Coupeulz et je porte néanmoins des jeans slims et des chapeaux d’homme) (mais enfin, avec goût) (hu hu hu).

Du coup, quand t’es dans la Princess attitude (oui, n’oublions jamais Lorie et son inoubliable opus La positive attitude, qui sut inspirer notre premier ministre en son temps) il faut taffer un peu niveau physique – certes Sneaky Princess est magnifique naturellement, mais un peu de crème hydratante (TOUJOURS hydrater sans hésiter), de shampoing sans silicone, de gommage et de manucure pour s’entretenir sont un minimum syndical (c’est d’ailleurs la seule fois que Sneaky Princess use du mot « syndical ») (le syndicat s’incarne à ses yeux en entité barbare d’ouvriers sales aux trognes effrayantes – c’est pas les sept nains qui iraient pointer à la CGT, ils sifflent en travaillant, les braves petits). Parce que voilà le sens de la vie de Sneaky Princess : trouver un prince charmant, et ce sans même ouvrir la bouche.

Pas de drague donc dans la vie de la princesse: le mec te kiffe direct sur ta voix comme dans la Belle au Bois Dormant (Mon aaaaamour, je t’ai vu au beau milieu d’un rêêêêve), ou bien plus logiquement ton physique de rêve, de préférence avantageusement relevé d’une tenue gouleyante (Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle et la Bête, Aladin, et j’en passe). Sneaky Princess n’est pas une guenipe. Elle rêve de robes roses et bleu layette, relevées de nœuds et de petits rubans scintillants.

Si c’est un fétichiste, son mec sera attiré par son pied, comme cette brave Cendrillon: attention donc à garder une pédicure présentable et des chaussures de bon aloi. Bon, si elle n’a pas l’aide de la magie, il n’y a qu’une solution, le porte-monnaie de Papa (travailler? moi? quelle idée!) Notons également que la princesse n’a tellement rien à faire pour que le mec tombe raide dingue d’elle qu’il peut avoir l’épiphanie amoureuse même face à son cadavre. C’est fort. Donc, un prince un peu zarbe niveau fantasmes sexuels, mais que demande le peuple? Il est prince, il est charmant, c’est tout ce dont on a besoin.

Et c’est parti pour la vie! Avec ton prince ma fille, c’est du solide! Bien que tu n’aies pas encore échangé une parole avec ce charmant monsieur, ça va rouler pendant quarante ans. Bien évidemment, le but dans la vie de Sneaky Princess, comme toutes les connasses Disney de l’histoire de la cinématographie, est de finir mariée casée avec beaucoup d’enfants bref, acceptable socialement quoi. Et puis si tu peux faire des coucous par la fenêtre du carrosse c’est tout bénéf’. Parce que tant que t’es pas mariée, et surtout mère, t’es pas vraiment une femme. Alors parlons-en quand t’es célib’.

Bien. Sneaky Princess passe ses journées dans les rêves de son cœur ses fantasmes de dominée qui kiffe son joug comme le chien-chien son maître. Et ça les amis, c’est tout à fait dangereux. Parce que les garçons c’est pas gentil. Ce sont juste des gens comme les autres qui n’ont pas que ça à foutre d’une connasse en robe longue qui leur casse les burnes pour ne faire qu’un dans l’âme et le sentiment – et accessoirement leur extorquer de la monnaie pour divers menus objets de consommation courante qu’on moissonne rue Cambon. La vie de Sneaky Princess est donc vouée à l’échec, mais elle a vachement de mal à l’admettre parce que bon, c’est Disney. Le truc qu’elle a revu 100 000 fois depuis qu’elle a 4 ans. Même Robespierre et Louise Michel ne font pas le poids. Ce que c’est que de nous.

Évidemment, Lonesome camionneuse est une pauvre raclure de bidet aux yeux de Sneaky Princess. Un combat homérique s’annonce: kalachnikov contre pluie de roses, je me demande quelle en sera l’issue.

L’épopée commence. Stay tuned.

Personne ne m’a souhaité l’anniversaire du blog…

sauf google.

Affligeante réalité.

Pour ceux qui se demandent le sens des initiales « MF » par lesquelles me nomme google, mon seul ami en ce monde donc, évitez les Marie-France, Mère du Feu, Maîtresse Féline et autres billevesées, et essayez plutôt MOTHER FUCKER. Vous voilà prévenus.

D’où, premier constat: la lonesome camionneuse n’a point d’amis (mais c’est l’idée, elle est solitaire après tout) (enfin, elle est au bord du suicide par noyade dans ses propres larmes mais tout va bien).

Second constat: la démocratie participative c’est de la merde. Donnez aux gens l’opportunité d’écrire des trucs de la connerie sur le oueb mondial et croyez-vous qu’ils se saisissent de l’occasion? Non, ils préfèrent aller voir James Bond, sortir à des soirées grunge, se balader avec des amis, voir des expos, visiter leur famille et autres activités inutiles. Très honnêtement, vous conviendrez que la dictature est encore très largement préférable à ce honteux relâchement des mœurs.

Sommes-nous des êtres humains, des dodos ou des lièvres de Mars? Vais vous faire danser la course saugrenue moi!! Et avec des gâteaux d’anniversaire à étages encore! C’est tout ce que vous méritez, esclaves qui vous vautrez à plaisir dans votre subordonnée condition. Seule au sommet de la montagne, telle le sage rousseauiste, la lonesome camionneuse vous surplombe avec morgue et autosatisfaction. (Manquerait plus qu’un tel affront suscite chez elle une remise en cause) (non mais!)

Bien. Deux ans donc que mon jeune moi, fraîche parisienne exilée à New York (hu hu hu), a décidé de baguenauder sur la grande toile interplanétaire de l’internet. Ceci se résume en:

– trois déménagements et un enracinement sur la butte Montmartre

– deux ruptures et la naissance de la lonesome camionneuse

– voyages voyages

– la conceptualisation de l’homme idéal, ou « émir du Q. » (hep! I’m still waiting for you, honey)

– la construction d’un surmoi bobo de l’envergure d’un albatros (ses ailes de vélibiste l’empêchent de 4x4er)

– manifs et drapeaux rouges

– une thèse finie. Enfin! nan mais bon c’est pas le sujet. (DONC: ne JAMAIS demander à un thésard où il en est de sa thèse. Merci.)

– la découverte des gif animés sur internet. Vous avez vu comme c’est trop beau ces images qui bougent? (bon en fait je maîtrise pas trop mais si vous cliquez dessus normalement ça marche)

Faut croire qu’on n’en a pas encore fini. Alors la lonesome camionneuse souhaite unilatéralement un joyeux anniversaire à ce blog mirifique, et pour cela elle a choisi une œuvre musicale et iconographique du meilleur goût. Voyez ici.

Because yes, she’s a princess.

« Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m’être entretenu tant d’heures oisives à pensements si utiles et agréables. » (le grand, l’unique, Michel de M.)

To be continued.