Sans queue ni tête (mais coloré)

Plantée devant son ordi, parfois la lonesome camionneuse se sent totalement en panne d’inspiration. Surtout qu’elle vient de finir son premier chapitre de thèse (YEEEAAAAAAHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!) et qu’elle se sent totalement vide après ces 45 pages de déblatération sur l’histoire du capitalisme industriel dans la banlieue. Ouais, parfois la lonesome camionneuse aborde des sujets de genre c’est trop la classe comme j’interprète le pourquoi du monde. Seulement, soyons clairs, en quoi cela la rend-il un tant soit peu intéressante? A vrai dire, ça n’a absolument aucun intérêt : une meuf a fini un chapitre de thèse, so what? (Attendez de la voir pleurer pendant 3 jours devant son texte corrigé par sa directrice de thèse) (ça va laminer) (hin hin hin) (rire jaune).

Alors là j’me dis, je vais leur parler des couleurs de rires (ça sera pour quand je serai plus inspirée) fringues. Bon. Une vraie blogueuse de mode aurait 10 000 trucs à dire, moi en fait, non. Grosse loose de la hype. La lonesome camionneuse est une clocharde de la fringue branchée. Sachez seulement que le nouveau noir c’est le gris, et que le nouvel orange (qui est lui-même le nouveau rose) c’est le jaune. C’est ce que j’ai retenu en feuilletant Cosmo dans les chiottes. Ma vie est un feu d’artifice trou noir de l’intellect et de la féminité. En plus tout ça est à prendre avec précaution comme le disait déjà Reese Witherspoon dans Legally Blonde en 2001, un film mythique que je vous conseille absolument si vous aimez les chihuahuas et la fourrure rose (mais si, vous aimez!). Barbie à Harvard, les Ricains l’ont fait. En plus la BO est à tomber par terre et constitue une bonne partie de ma playlist de la mort intitulée Pouffissima absoluta. Laissez-moi vous dire que quand je la passe, les mélomanes trépassent. (Vert caca d’oie)

Bon. Quoi dire? Je me repasse ma super journée que j’ai enfin fini un chapitre!!!! morne journée dans ma tête:

– levée avec le soleil sur le coup de 11h (faut pas déconner oh les gars, la lonesome camionneuse travaille la nuit se mate des séries très tard). Journée grise (gris!).

– direction la BNF, un endroit très très flippant dans les entrailles de la terre où tous tes voisins ont l’air fous/vachement plus intelligents que toi/fringués comme des as de pique/enterrés sous les bouquins. Je réussis à finir mon chapitre après seulement 2-3 incursions totalement fortuites sur facebook (bleu!) le portail des sciences sociales (ha ha).

– courses du soir. Gros kif de pouvoir aller au monop’ jusqu’à 22h même si ces gens se font exploiter jusqu’au trognon. A NY je faisais mes courses à 3h du mat’, c’est une jouissance incroyable. Seul dans un supermarché, aaaaaaaaaaah (comme dans la pub Perrier). La femme dans la queue devant moi se nourrit apparemment uniquement de laitages de chèvre (blanc!). Oh mon Dieu. Ne juge pas, ne juge pas. (Mais c’est quoi ce bordel à queue en tire-bouchon??)

– je remonte sur la butte avec mes 20 kilos de courses, en pensant à mon dos complètement foutu que quand je vais être une vieille rombière je vais plus pouvoir bouger. (Ouais je me plains tout le temps, so what?) (la lonesome camionneuse a tendance à s’écouter et elle vous emmerde).

– juste en arrivant chez moi suante et pestant fraîche comme une rose (rose!) qui fait du sport très régulièrement: ENFIN le magasin en face a rouvert et C’EST UNE ÉPICERIE OUVERTE JUSQU’À MINUIT les gens!!! Pas une énième boutique de fringues ou de bougies qui puent. Alleluiah, Dieu est grand. Ma vie reprend des couleurs (justement).

Bon ben tiens, dans pas longtemps je vais raconter mon quartier. La lonesome camionneuse sait où elle habite, mais elle est toujours prête à reprendre la route (O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, Silences traversés des Mondes et des Anges : – O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! –) Oui, le monster truck aime Rimbaud.

Sans alcool la fête est plus folle?

Je suis honnête, je rédige ce post depuis les tréfonds d’une gueule de bois sévère, avec mal aux cheveux carabiné et lunettes noires fumées à l’intérieur avec les rideaux fermés. J’ai des courbatures dans les fesses dont j’ignore l’origine mais ma fidèle amie I. (qui en profite pour me bitcher à mort parce que je ne me souviens pas de tous les événements ayant eu lieu) (cette fille ne mérite aucune pitié) prétend que c’est parce que je me dandinais sur Britney Spears. Mais vraiment n’importe quoi, comme si c’était mon genre de me dandiner sur de la mauvaise pop.

Donc, il y a des moments comme ça où on se dit: mais faut arrêter les enfants, le gros rouge, la vodka et la tequila ça va bien 5 minutes mais on ne construit pas une vie là-dessus. Certes. Quand j’étais jeune, prohibitionniste et jupe sous le genou (Dieu nous garde) j’aurais souscrit à cet abolitionnisme de l’éthanol. Mais je croyais aussi que DSK allait sauver la France. Bon après c’est vrai que l’alcool c’est calorique donc OK faut faire gaffe quand t’es au régime – quoique ma sœur prétend que le mieux c’est de se concentrer sur le bon champ’ car ça ne tache pas et ça coupe la faim (et ma sœur c’est la reine de la mode et du style) (c’est vrai cette fille est ma gourou du bon goût) (je la kiffe assez gravement). Après, lundi soir pour les 30 ans de mon pote adoré J. (qui est de droite mais je l’aime tellement quand même, c’est un homme stylé qui aime les nounours et les gravures de cartes anciennes, c’est vous dire) j’ai vécu une cuite au champagne à la violette et je peux vous dire que c’est assez désagréable. En effet, nonobstant sa nature stylée J. adore la violette sous toutes ses formes et passait sournoisement ajouter un petit coup de crème de violette dans nos coupes dès qu’on regardait ailleurs. J’ai envie de dire que le lendemain matin à 8h30 dans mon train vers Fontainebleau pour une journée pédagogique avec mes collègues de la fac j’étais pas au taquet (remarque c’est pas plus mal, du coup j’ai pas trop ouvert ma gueule pour dire des conneries comme à mon habitude ce qui peut m’arriver très exceptionnellement, mais uniquement quand j’ai mangé des asperges). Du coup tous mes collègues pensent que je suis très sympa et que j’ai une maladie des yeux qui m’oblige à garder mes lunettes de soleil même quand y a pas de soleil. J’ai aussi appris que faire du cours magistral c’est faire le clown. Damned, je me fourvoyais donc en foudroyant de ma chaire le grand capital d’un air sévère. En fait faut juste me mettre un nez rouge et c’est parti mon kiki. Le truc c’est que les clowns me font flipper grave. On n’est pas dans la merde.

Donc, si rien n’est trop prévu le lendemain tout va bien. Et laissez-moi vous dire que BIEN SUR avec alcool la fête est plus folle! Déjà, l’alcool est le prétexte à moults sujets de conversation durant la soirée (et potentiel pas mal pour draguer le barman) (barman, la profession où l’alcool le dispute au stupre). Par exemple : « Ah oui prenez le syrah il est bien, il a une grosse minéralité« , et là ma copine I. (que j’aime car elle porte la chapka comme personne), qui était en mode reine de la drague, s’engage dans une discussion fumeuse sur les « boisés« , « goût de mandarine« , « notes de tanin de l’arrière-boutique de ma grand-tante » et autres vocables distingués qu’utilisent les j’me la pète que j’ai tout compris à l’œnologie. Inutile de dire qu’avec ma copine C. qui maîtrise pas mal le shampoing sec et la descente de binouse on était juste mortes de rire sur la grosse minéralité, qui n’a d’égale que « il a de la cuisse » voire « il est bien charpenté« . De la drague légère comme la chantilly. D’ailleurs les vins minéraux y a que ça à savoir que ça arrache la gueule, mais bon I. se croyait sur l’Olympe de la science vinicole donc on a rien dit et on a bu bien gentiment. Moi j’ai pas de prétention, je sais parfaitement commenter une carte au 1/25000 de la Côte d’Or ou disserter sur les terroirs bordelais mais je me la ramène pas. Modestie is my second name.

Outre cela, la soirée s’est continuée autour de cocktails bien nommés « en string sur la plage » ou « frisson des îles« , bon mélange de pouffiasse comme on les aime avec plein de sucre en plus des calories de l’alcool. Gros gros kif surtout qu’à ce moment là j’ai lâchement abandonné C. à discuter de pistes de ski et de chamois d’or avec son voisin qui était un peu relou (parfois l’alcool nous amène dans des situations où nous sommes face à des types relous) (mais sachons rester dignes) (C. a maîtrisé en mode reine du bal que je te discute des mérites du télésiège) (bravo, moi je peux pas) pour aller bitcher avec mes potes sur divers aspects de l’existence humaine que seuls les lonesome camionneurs et camionneuses peuvent comprendre. CA c’est le vrai kif d’une soirée alcoolisée. Et puis aussi le karaoké, mais ça nous n’en parlerons pas (certaines choses doivent être tues). Aussi, bonne nouvelle, j’arrive encore à faire l’équilibre sur les mains comme quand j’avais 10 ans et que je faisais de la gym (on découvre des choses sur soi tous les jours).

Vous vous dites: la gueule de bois la rend gentille, elle arrête pas de dégouliner qu’elle aime ses amis. Eh ben ouais, je suis comme ça moi, généreuse dans la douleur. Bref, je crois que ce post est le plus confus que j’ai jamais écrit mais arrivons au point essentiel: l’alcool c’est pas marrant tous les jours mais ça fait quand même raisonnablement du BIEN. Voilà.

Message perso pour finir: les amis cette soirée nous a liés pour la vie, je vous aime (et pas que à cause de l’alcool, HEIN). Papa, Maman, je sais bien que vous devez penser que je suis irrémédiablement perdue, ce qui n’est peut-être pas totalement faux. Mais je mange aussi de la quinoa et des haricots verts, et ça c’est pas mal bon pour la santé, quand même.