10 phrases que je n’aurais pas dû prononcer (ou comment devenir une paria sociale)

keep-calm-and-be-yourself

Mais moi je voulais juste aller au Baron.

« J’ai décidé de devenir une fille branchée. Qui veut bien m’emmener au Baron?  » Grosse tchouf. Dans la salle, tout le monde regarde ses chaussures. Car le principe de la branchitude c’est qu’elle prétend être sans effort. C’est pas en mettant tes stilettos dans le plat que ça va aider tes affaires. Sans compter que maintenant tout le monde a peur que tu lâches une connerie au physionomiste, genre « Laissez-moi entrer s’il vous plaît je veux trop être une fille branchée, je vous ferai un bisou » (on dit physio, pas « videur », dans les trucs branchés) (FYI) (j’aime bien faire des bisous, sinon).

« J’adore Didier Barbelivien / Michel Sardou / Dalida / Jeanne Mas« . Horreur, malheur, de la musique beauf ! (vous aurez remarqué l’allusion à La salsa du démon, une de mes chansons préférées) Ça ne doit jamais sortir de la douche où tu les chantes à tue-tête en disant merde bien haut à tous ces connards de snob parisiens (dans ta tête). En rouge et noir j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur.

« T’aurais pas plutôt une camomille ? » Ouais je suis une mamie et alors ? Sans alcool la fête est plus folle (toutes les phrases ci-dessous ont été prononcées sans aucun additif) (oui JE SAIS). Si tu veux faire partie de la night, va falloir passer au Beetle Juice (betterave – tequila – chartreuse) (ça ne s’invente pas).

« Je vais te montrer mes moves de danse. » Sur Shakira. Je peux vous dire que quand je fais la « danse des cheveux », le silence se fait dans la salle. De consternation. Tous des envieux.

« Je suis de gauche / féministe« . Malheureuse, une opinion politique! T’es une fille et tu penses? Mais, et Nabilla alors? Et t’as lu Bourdieu? Et Marx? Et Robespierre??? Ce buveur de sang??? (en vrai j’ai pas lu tout ça hein, juste des extraits bien choisis) (c’est le secret, la culture c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale) (sinon Robespierre c’était un mec bien, pas trop comme on l’enseigne dans les programmes scolaires en fait) (sisi, quand tu deviens prof tu découvres ça, que Mme Dupont, ta prof d’histoire de 2de t’a menti). Bref tout ça pour dire qu’en société mieux vaut éviter d’exprimer tes opinions sous peine de a) susciter un débat sanglant, ce qui nuit à la qualité de l’harmonie nécessaire à la consommation de groupe b) te faire ficher comme « gauchiste enragée hystérique les seins à l’air ». Les raccourcis ont bon dos. N’empêche qu’hic et nunc la pensée n’est pas un accessoire sortable (voir ci-dessous sur la question des citations latines).

 « J’ai la chiasse. » Bon, alors ça c’est à éviter en toutes circonstances, mais que faire quand on a grandi en dissertant de caca dans une famille rabelaisienne (huhuhu)? Surmonter son éducation? Le dilemme est atroce, mais hélas tu vas te faire bien ostraciser si tu ne cesses pas de disserter de tes bowel movements. Prends un imodium et tais-toi (ah non, plutôt deux, en fait) (excusez-moi, je reviens).

« Timeo danaos et dona ferentes. » Nan mais ça c’était le mot de trop (ceux qui savent pas c’que ça veut dire, allez regarder sur les internets c’est fait pour ça, Wikipédia tout ça, moi j’ai pas que ça à faire d’instruire la canaille). Tu rentreras jamais au Baron, on t’appelle maintenant Jacqueline de Romilly. Mais moi on m’avait dit de dire Hardy de montrer ma vaste culture dans le vaste monde! (Ou alors on t’appellera désormais Confiture, parce que la culture c’est comme la… gnagnagna bande de jaloux). M’en fous, vais créer le Baranus, une boite dédiée au latin et aux étrons, où l’on se trémoussera au son de Félix Gray, pour les gens cools comme moi (moi, et mon égo meurtri).

 « J’ai pas d’amis, heureusement j’ai la mimolette ». Cette phrase issue d’une pub de Dave pour les fromages hollandais (ah Dave, encore un chanteur de mon panthéon personnel) (chut, chut) est autoréalisatrice. Mais c’est plus fort que moi, j’adore les jeux de mots pourris.

« Si si, je peux le faire. » Le porter de Dirty Dancing, après 3 cocktails? Ben non, en fait. Ton orteil déformé dans le processus t’en saura grief. Mais maintenant tu as appris la vie, tu dis « oh je me suis cassé le doigt de pied en glissant sur les rochers à Calvi, pendant le festival » (Calvi on the rocks c’est branché les gens FYI, qui veut bien m’emmener l’an prochain?)

 «  Sur la Cane, Cane, Canebièèèèère, Marseillais, va n***er ta mèèèèère » Ton amour pour le foot et le PSG n’est pas très politiquement correct, voire frise un poil la vulgarité. Après 5 Beetle Juice, un orteil cassé et 3 allers-retours aux chiottes, il y a tout à craindre qu’emplie d’une furie partisane tu sortes ton écharpe Ici c’est Paris et la brandisses comme un étendard, debout sur le bar, en hurlant des chants d’ultras. Un vrai supporter ne renonce jamais : FIÈRE D’ÊTRE PARISIENNE.

Pour l’instant donc, je suis plutôt la gauchiste prétentieuse beauf reloue avec des problèmes digestifs qui loose au Macumba. Stay tuned, je n’ai pas perdu la foi.

Rock en Plouf

Oui oui, jeu de mots facile, gna gna gna. Pas de commentaires désagréables, la Lonesome Emmerdeuse est emplie d’une juste ire, folle de rage, RHAAAA pouvoir péter des rotules OU EST MA BATTE DE BASE-BALL??

Haddock insulte en thaï

Ceci est le récit d’un refoulement. D’un échec. D’une honte bue.
Mais quelle injustice, vous exclamez-vous, fidèles lecteurs qui m’aimez, s’est abattue sur la tête de Lonesome, victime trop souvent ignorée du monde cruel qui nous entoure? Eh bien, rien de plus que les fourches caudines et imbéciles de l’administration d’un festival de rock putride, qui croyez-moi se la pète bien plus haut que son cul. Ça pue du dos par ici, et encore je reste aimable. Quand je pense à Woodstock, à l’esprit du rock, tout cela me navre; Mick Jagger en serait bien marri, l’esprit de Jim Morrison s’en retourne dans sa tombe du père Lachaise (Jim, venge-moi!)
Retraçons les étapes de ce lamentable fiasco.

Rock-en-Seine-2013

Lonesome, fauchée jusqu’à l’os en cette période de moissons, n’est pas du genre à jeter l’argent par les fenêtres pour ouïr quelque cacophonie guitaresque que le bon ton nomme « rock » et qu’il faut fréquenter pour être branchée. Mais bon, ne crachons pas dans la soupe, quand Melle Classe Internationale te propose gentiment de récupérer son passe pour le week-end, tu sautes de joie comme une puce en chaleur.
Ce festival rockifère étant sis en plein air, l’orage menaçant et la boue s’annonçant, la Lonesome Emmerdeuse se donna tout de go la mission de se trouver une tenue rock et résistante à la pluie, ce qui allait certes être ruiné par le kway rose par dessus mais qu’importe! Une mission « bottes écrase-merde à prix cassé » s’imposait. Nulle frayeur, la Lonesome connaît la fripe, le royaume des bobos fauchés, et après un petit tour bien ciblé elle s’est dégoté une paire de bottes en cuir à 5€ dont vous me direz des nouvelles. Tout se passait donc à merveille, en organisant le petit pique-nique avec Melle Babouchka, qui aime la Russie mais aussi la batterie.
Munie de ses bottes, de son bracelet têtes de mort, de ses petits gâteaux et de son sac à dos décoré de badges pertinents (I <3 Marx, Non à NDDL, l’Alsacienne de Hansi), Lonesome arrive donc fraîche comme une rose à Saint-Cloud, royaume des fleurs et du bon goût.

MAIS.
L’ennui ontologique de la chose se nichait dans un bracelet. Puéril colifichet! Mais pour entrer, sésame indispensable. La vie tient parfois à peu de choses, un ruban de mauvais goût par exemple.
À peine Lonesome eut-elle mentionné qu’elle l’avait perdu (mensonge bien innocent certes) (qu’est-ce que la connasse dame du guichet en avait à foutre que ma copine me passe son billet?), que les foudres de l’enfer s’abattirent sur elle. Et s’il y a bien une chose qui ÉNERVE la Lonesome Emmerdeuse, c’est qu’on la traite de voleuse et qu’on la fasse reconduire par la sécurité.
Allô les Martiens, on se fait chier à bosser des clopinettes pour l’Etat, on n’a jamais rien pris a personne (sauf quelques trucs à ses sœurs, personne n’est parfaite) (excuses officielles, en même temps vous me l’avez bien rendu), on est gentille et bien élevée et on n’emmerde pas le monde, on vient aimablement s’excuser d’avoir perdu son bracelet (mensonge bien innocent je le répète, parce que hein au milieu de la bande de hipsters avec leurs boots Isabelle Marant j’ai envie de dire SA MÈRE LA PUTE QU’ON LAISSE ENTRER LE SOLEIL), et on se fait humilier.
Qu’on se le dise, la Lonesome Emmerdeuse fut refoulée ; et TRÈS énervée. LOSE J’ÉCRIS TON NOM.

haddock_escogriffe

Ceci est donc un non-compte-rendu de Rock en Seine. Merci pour l’accueil.
Je vous laisse, y a un groupe de Ritals qui gueulent dans le métro, j’ai besoin de me défouler en donnant des leçons de morale et de maintien avant de rentrer mater des séries moisies.