De l’attrait des moniteurs d’auto-école

ATTENTION contenu explicite!!! Ce post est à éloigner des petits enfants innocents (Papa, Maman, si vous pouviez faire comme si de rien n’était ce serait bien aimable. Don’t ask don’t tell quoi…)

Lors de mon enquête poussée sur la drague en milieu urbain (ouais je suis une blogueuse engagée moi), j’ai découvert un phénomène insoupçonné (par moi en tout cas. Mais je me fais souvent l’effet d’une naïve paysanne débarquée dans la capitale du vice): la drague du moniteur d’auto-école. Eh ouais! Bon ok, scoop de ouf, foutez-vous de ma gueule. Merci à ma source autorisée, une super cool meuf du 18e (car souvent les filles du 18e sont super cool, je ne sais pas trop pourquoi).

Il n’empêche que moi je suis tombée sur le cul derrière, pour deux raisons bien distinctes:

1. A l’époque où je passais mon permis (18 ans en bonne provinciale, pas comme les Parigots qui s’y mettent vers la trentaine, ha ha good luck les gars! Enfin j’dis ça j’dis rien, moi j’ai du mal à distinguer ma droite de ma gauche alors maîtriser l’embrayage et l’accélérateur…ok j’avoue, je l’ai eu du 3ème 4ème coup) j’étais folle amoureuse d’un philosophe-forgeron (véridique. Ne cherchez pas.) qui tentait patiemment de m’ouvrir aux subtilités de la pensée (comme vous voyez, résultat mitigé) et à la fabrication de clous de charrette (moyen aussi, j’ai manqué tuer une fillette en lui envoyant un marteau dans la gueule). Bref, Brad Pitt eût pu passer à proximité que je serais restée de marbre (hep, Brad, maintenant je suis opé à donf! Reviens!!!)

2. Mon moniteur d’auto-école s’appelait Monsieur W., avait la soixantaine bien tassée, un accent alsacien à couper au couteau (voilà une idée de l’accent alsacien à couper au couteau, et oui un Alsaco de base profère souvent des phrases telles que « croire à ce qu’on verra est difficilement croyable » et trouve le pet sous toutes ses formes extrêmement drôle – et oui moi aussi tout ça me fait bien gondoler, je sais c’est la honte), et ressemblait à ça:

Le potentiel érotique du moniteur d’auto-école n’était donc pas véritablement au rendez-vous. Cependant cependant cependant, nombreuses sont les naïves femelles à être tombées dans les filets des beaux moniteurs d’auto-école. Une recherche rapide sur il Google (à prononcer avec l’accent italien, c’est plus rigolo – aujourd’hui je verse dans les sons) nous amène 204 000 résultats pour « sortir avec moniteur d’auto-école« . Pas mal. Bon, « Brad Pitt nu » fait 6 260 000, j’avoue ça envoie du lourd (pardon, Brad, j’aurais pas dû, REVIENS!!!).

En effet à la réflexion, quelle meilleure position que la chaude proximité d’un habitacle automobile (rappelons à toutes fins utiles que la voiture peut être un « espace vécu comme un autre chez-soi » – y a une thèse d’écrite là-dessus, comme sur beaucoup de choses il faut le dire), la fragile barrière du levier de vitesse, la maîtrise du volant, pour emballer une petite meuf de 17 ans, voire même une bonne dame de 50 ans (pas si) rangée des voitures?

On ne peut que se féliciter que Jean-Luc Mélenchon n’aie pas son permis et ne compte pas le passer: une rivale potentielle de moins à éliminer. (Et n’oubliez pas d’aller défiler le 1er mai même si, comme les moniteurs d »auto-école, il se révèle à l’examen que vous ne faites pas un « vrai travail »).

Après enquête approfondie sur les forums du web 2.0. de la globalisation interplanétaire, voici quelques extraits en exclusivité (non expurgés ni corrigés, je précise):

Il a 44 ans « ‘mais il ne fait pas du tout son age, il a 20 ans dans sa tête et c’est une personne très interessante mantallement. (…) Bon après c’est quelqu’un de célibataire et qui aime le cul lol il me la carement dit qu’il me voulait. » LOL en effet! Ma petite, tu devrais peut-être passer ton bac de français avant ton permis? (Ah, on me signale dans l’oreillette que tu l’as passé? et que tu l’as EU??? Mais que foutent ces glandus de l’Education nationale? Encore un repaire de faux travailleurs!!)

« Mon moniteur a deux fois mon age, mais est doté d’un charme irrésistible… (…). Il me fait tourner la tête à chaque leçon, à coup de petits compliments judicieusement choisis, et d’allusions équivoques… Cocktail molotove assuré, j’ai tout le temps des papillons dans l’estomac et la raison en lévitation entre 2 mondes. Je ne parle même pas des prétextes qu’il va chercher pour frôler mes mains sur le volant, ou pour prolonger le contact avec mes yeux. De plus, il est galant et attentionné: j’ai droit à mon café à chaque cours. Il est tout en muscle et a des yeux d’un bleu tellement profond qu’il en devient dangereux de conduire. » Ouais ça se comprend, moi aussi une paire d’yeux verts me ferait sans doute léviter entre deux mondes (note: ne jamais prendre la route avec Jean-Luc sans chauffeur), moi j’aurais plutôt tendance à m’intéresser au paysage en assommant mes voisins d’habitacle de commentaires géographiques profonds (t’as vu la moraine? ouah la vallée glaciaire! et mate-moi cet ombilic!). M’en fous j’me comprends. Une minute de silence pour mes parents qui ont essuyé le feu pendant ma conduite accompagnée, et appréhendé plus d’une centaine de fois la sortie de toute. Merci.

« Il était sexy, charmeur, intelligent, sportif, des yeux à se noyer dedans ( pas facile de conduire correctement ) mais un défaut majeur : marié et papa. Malgré toute ma bonne volonté, il m’a allumé à chaque leçon et plus le temps passait plus il devenait curieux sur ma vie, ma vision sur l’infidélité, si j’étais marié, et bla bla bla. Jusqu’au jour où il a fait mine de chercher un truc à m’expliquer prés du volant et m’a embrassé. Cela va sans dire que j’ai été faible et j’ai donc laissé ce charmant garçon me culbuter dans la voiture école. J’AI HONTE mais j’ai pris un pied infernal. Et pour couronner le tout on a recommencé et on a tout essayer en terme de positions C’est je crois la fatalité. Un moniteur auto école a le pouvoir sur nous car il a le savoir de la conduite donc on l’écoute, on fait attention à ne pas le froisser, on s’attache à lui pour décrocher le permis et on vit avec lui dans un petit endroit chaud et exigu qu’est la voiture. » J’AI HONTE mais j’ai pris un pied infernal. Eh ouais. C’est le fatum, l’histoire de la vie, le cycle éternel (cf. le Roi lion quoi – oui j’aime les dessins animés, même honteusement monarchistes, et alors?), et ça se finit en cloque et un marmot sur les bras. Qui sommes-nous, faibles femelles, pour résister au savoir de la conduite, qui donne au moniteur le « pouvoir sur nous »? (Ca me fait penser à une chanson de mauvais goût sur Jean-Luc Mélenchon, mais je hais trop la blondasse qui la chante pour vous mettre un lien – comment a-t-elle osé???).

C’est beau, c’est grand, c’est romantique! Oui, les femmes sont un peu connes parfois (c’est un euphémisme: je déconseille de tomber amoureuse d’un gars juste parce qu’il te dit qu’il t’aime – et qu’il te culbute ensuite, à l’arrière de la voiture ou ailleurs). Tout ça finit généralement en sucette (au sens PREMIER du terme, bon sang ce que les gens peuvent avoir l’esprit mal tourné). Enfin je dis ça, mais imaginons le cas suivant:

Qui ne succomberait pas? Avec Brad comme moniteur, c’est sur le siège arrière, dans le coffre, sur le capot, dans le rétro, sans discrimination (Papa, Maman, on a bien dit « don’t ask don’t tell »!)

Les femmes sont très fortes: dans toutes les situations (non, elles ne donnent pas leur corps avant leur nom, non messieurs nous ne sommes pas toutes des professionnelles) elles arrivent à se faire dominer en pensant que c’est le destin (mouahahahahaha – crise de fou rire incontrôlable). Parlez-moi d’Achille, d’Ulysse et de leurs potes grecs travaillés par Moïra, Hybris, Némésis et autres divinités terribles t’envoyant au charbon parce que t’as pissé dans un violoncelle, mais épargnez-moi le couplet de j’ai écarté les jambes parce que c’était le destin. Non, ouvrir les jambes c’est juste une histoire d’adducteurs. Vous me direz: oui mais l’amour? Thésée aime Phèdre qui aime Hippolyte qui aime Aricie qui est à la masse. Bon. Enfin, je ne vois pas le rapport avec le moniteur d’auto-école marié 40 ans qui se tape toutes ses élèves et (SURTOUT) qui ne parle nullement en alexandrin (imaginez: Brad qui déclame en alexandrins un discours de Jean-Luc Mélenchon. ce serait du fatum les gars!!).

Alors que le permis de conduire est quand même pour une femme qui se respecte un moyen d’émancipation assez incroyable, et qui permet d’accéder à l’enviable condition de « lonesome camionneuse » (un ethos révolutionnaire dont je suis en train de développer le concept pour le salut de l’humanité et que je vous expliquerai bientôt – si j’ai envie).

Certaines ne perdent pas le nord néanmoins. D’aucunes se réjouissent des heures gratuites dont le moniteur, pas chien, leur fait bénéficier (il doit débuter dans le métier, ou alors la fille doit être vraiment très gentille ou très bien élevée, comme on dit dans le jargon masculin). D’autres s’inquiètent: à 50€ l’heure de conduite gâchée, le gars n’étant pas spécialement un bon coup, comment se faire rembourser?

Bref le moniteur d’auto-école: du sexe, du pouvoir, de l’argent, qu’est-ce qu’on attend pour en faire une série télé? (Je vois bien En voiture Simone! mais cela me semble vaguement trop vulgaire à la réflexion…)

Moi, j’aime les chaussures

Et je suis bien consciente que cet état de fait, qui m’entraîne dans une frénésie de  consommation délirante somme toute assez raisonnable (je viens de compter : 19 paires sans les tongs, les baskets et les babouches – tiens va falloir que je me rachète des sandales), n’est pas totalement compatible avec  mon idéal militant de vraie femme de gauche. Surtout que quand j’entends les mots « Louboutin », « Charles Jourdan » ou « Jimmy Choo » mon cœur tressaute à tout va : un admirateur caché aurait-il enfin eu pitié de ma détresse et déboursé 500€ pour m’offrir une paire que je ne pourrai jamais porter parce que je ne trahirai jamais mes idéaux que je porterai dans toutes les soirées hype que je fréquente assidûment (mais bien sûr)? Je ne suis qu’une femme après tout – entendons-nous bien, je ne veux pas dire par là que les femmes sont consubstantiellement amoureuses des objets seyants et en cuir (oui les sacs aussi), mais bien que la société de domination genrée et de consommation effrénée m’a bousillé le cerveau donc c’est pas ma faute. A propos de sacs, les filles, vous avez repéré les nouveaux sacs monop’ trop MIGNONS? Bleu électrique, ça irait parfaitement avec mes chaussures assorties (cf. photo ci-dessous). Je précise que je suis bien entendu fermement opposée à la grande distribution de produits de beauté pour bobos / touristes qui remplacent les épiceries de Montmartre. Mais enfin, la chair est faible et, je le répète, la société m’a bousillé le cerveau.  Bref, je me replace : I am the gauche pédicure.

Toute  bobo trentenaire célibataire qui n’a rien d’autre à faire comme projet de vie que des achats de grolles  femme qui se respecte aime donc les chaussures et connaît le prix de la vie commune avec ces objets exigeants : entretien (merci à mon père cet homme parfait sous tous rapports qui m’a appris l’art complexe du cirage de pompes) et réparations préventives (c’est comme un pare-brise les gars, n’attendez pas que l’éclat se transforme en fissure, allez tout de suite chez Carglass répare, Carglass remplace !)

A toutes fins utiles, je préviens mes amis les bobos de la Butte : n’allez point chez le soi-disant cordonnier de la rue des Abbesses sous peine de décollage de semelle immédiat (pardon pour la mauvaise pub mais ça m’a fait trop mal au cœur pour mes innocentes chaussures et mon porte-monnaie en déroute). Mon actuel et légèrement déroutant cordonnier, lui, répare les chaussures comme un Dieu et à prix modique. Seul hic : il veut tout connaître de ta life.

La dernière fois je viens récupérer mes souliers en pantalon troué, cheveux gras et sweat à capuche (durant les heures de bureau of course, de façon à ne me faire spotter par aucun ex qui traînerait par hasard dans les parages) et en pensant à rien (ça m’arrive souvent). Et là, out of nowhere, le brave cordonnier (je ne sais pas pourquoi, pour moi est attachée à cette profession une aura de probité candide et populaire – sans doute parce que j’ai trop lu Tolstoï à Noël) engage une discussion peu orthodoxe :

– Ah mais c’est la camelote ça, c’est made in China (oui bon j’ai une paire de bottes noires très sexy achetées 20€ sur laredoute.fr mais je ne suis pas Crésus) mais vous mettez ça avec des mini-jupes hein ?

(Brève hésitation : être sincère, mitonner pour qu’il me foute la paix ou lui dire de fermer sa gueule ?)

Ca m’arrive

Ben moi alors, si j’étais plus jeune je me gênerais pas pour essayer de coucher avec vous !

– …

Life sucks : être flattée de ce vil compliment de vieux macho sur le retour qui a vu ma beauté intérieure malgré mon attirail peu reluisant, ou lui foutre une baffe en lui hurlant de la fermer ? Piteusement (je suis d’une grande lâcheté) j’ai pris mes chaussures sous mon bras et suis sortie en lâchant un joyeux « A bientôt » proche de 20 000 sur l’échelle de l’hypocrisie.

Maintenant, j’ai le choix entre des chaussures bousillées, une discussion épicée sur ma vie sexuelle, ou m’exiler hors des Abbesses. La vie est un combat.