Pub à tous les étages

Le bon maire de notre capitale est un homme sympathique, qui non seulement assume son homosexualité mais surtout surtout SURTOUT était un grand ami de l’immense chanteuse au regard torve (oui, Dalida of course ! qui fut ma voisine virtuelle à Montmartre avec quelques 23 ans d’avance mais ce n’est qu’un léger détail). Mais mais mais mais mais… (car il y a toujours un mais, que serions-nous sans mais ?) notre bon édile est aussi un grand publicitaire, et ça balance de la pub partout à Paris. Enfin, ce brave homme n’est surement pas seul responsable (avoir été l’ami de Dalida rachète un nombre faramineux de péchés à mes yeux). Toujours est-il que ça y va, des vieilles pubs peintes sur des murs lépreux depuis les années 50 (Dubo, Dubon, Dubonnet) aux panneaux lumineux Vélib’ (1700 panneaux pour JC Decaux) mais aussi à la télé dans les bus (2 minutes de soi-disant info pour justifier ensuite 5 minutes de matraquage de spots publicitaires… cependant ce dispositif n’est pas encore généralisé, alleluiah !) et surtout, horreur, malheur… ce truc qui te saute à la gueule au tournant des couloirs du métro… des panneaux publicitaires télévisuels tout polluants ! Comme le dit si bien cette splendide photo (oui je sais je suis le futur Robert Capa), « Ils sont partout » – « Non merci! »

Oui, polluant le paysage remarquable des couloirs du métro, couverts d’une invention révolutionnaire et 100% parisienne : le carreau blanc à bords biseautés qui permettent de réfléchir la lumière, oui c’est magique vérifiez vous-mêmes la prochaine fois que vous descendrez dans l’antre de l’Hadès des transports !

Eh ouais, des panneaux télé tout pourris qui nous racontent en images animées et à grand renfort de consommation électrique pourquoi il faut acheter tel parfum ou tel jeu vidéo de grande marque (ils pourraient au moins faire un peu de pub locale, j’attends à Pigalle la pub pour le Sexodrome, un excellent magasin dont vous me direz des nouvelles). Eh ben tenez-vous bien, même à New York ils n’ont pas osé ! Enfin, sans doute vont-ils vite se convertir à cette façon fun et sympa de faire de la pub (ouhhhh ! ça bouge ! trop cooool !)

D’ici à ce que ce soit des panneaux interactifs il n’y a qu’un pas, mais cela dit ça pourrait être sympa de leur faire part de notre énervement : « cesse de luminer, eh connard ! », « rentre tes LED, t’es trop gros », « arrête de bouger tu blesses ma rétine »… A l’inverse, comme dans Minority Report (bon film de Spielberg d’après un excellent bouquin de Philippe K. Dick, car tous les bouquins de science-fiction de cet auteur sont excellents), on va peut-être finir par une pub adaptée à chacun, pour lui tirer encore mieux les vers du nez (pardon, l’argent de la poche), voyez ici. Oh mon Dieu (OMD selon la terminologie sms américaine appliquée au Français, je m’applique à créer du langage, moi, Mesdames Messieurs) une pensée atroce vient de heurter la masse médullaire gauche de mon cerveau : et si un jour Jean-Pierre Pernaut venait hanter à 13h les écrans des couloirs de métro ? OMD OMD OMD !!!!!!!

Et pour finir, étant donné l’actualité, mes pensées vont vers le Japon et la Libye. On pourrait peut-être penser à un peu moins consommer, à un peu plus réfléchir, socialiser, créer, que sais-je ?

Love is in the air

Comme l’écrivait le grand Blaise Pascal, qui a gratté une tonne de trucs plein de sagesse sur la vie (et même qu’on se demande comment il faisait vu qu’il n’en a pas vu grand-chose, de la vie !), « L’amour n’a point d’âge ; il est toujours naissant. » Eh oui, et moi bêtement j’ai eu une petite larmichette au coin de l’œil l’autre soir dans le métro quand j’ai vu, du fond de mon siège et de ma soirée morose (le métro désert à minuit, youpi !), deux tourtereaux tout enamourés, qui faisaient bien 100 ans bien tassés à eux deux.

C’est alors qu’on se rappelle de toutes les rengaines moisies qu’on écoutait en rêvassant quand on avait 14 ans, de Patriiiiiick à Jon Bon Jovi (I wanna lay you down on a bed of roses, tout un programme). J’ai donc allumé mon briquet dans ma tête, je leur ai volé une petite photo, et je vous retransmets mon émotion. Ce qui est vraiment beau finalement, c’est que le sentiment amoureux n’a pas d’âge, et ça a beau être souvent compliqué, on est toujours prêts à retourner au charbon – on en a encore sous le capot, les gars !

Baise m’encor, rebaise moy et baise :
Donne m’en un de tes plus savoureus,
Donne m’en un de tes plus amoureus :
Je t’en rendray quatre plus chaus que braise.
Las, te pleins tu ? ça que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l’un de l’autre à notre aise.
Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :
Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.

Louise Labé, Sonnet XVIII, 1555 (c’est vieux mais c’est bien, hein !)