Attention, je ne sais pas si c’est pour très longtemps, les aminches. Déjà j’ai dû comprendre comment fonctionne le site et tout et tout, ça fait NEUF ANS que j’ai écrit mon dernier post bordayl de chiottes, j’étais jeune j’avais pas de moustache pas de gosse pas de mari, l’IA n’existait pas et j’étais prof chez les jeunes prolétaires de banlieue (des bisous les jeunes). La belle vie.
Tu me diras, Macron, Trump, Poutine et Xi Jinping étaient déjà dans la place. Heureusement on a quelques points d’ancrage dans ce monde versatile et incertain. Merci les gars. You rock my world.
Or donc, que dire? Que j’ai l’impression d’être une dinosaure au vieux cuir épais tanné par le soleil et une existence de labeur urbain mais piétonnier, tout en étant dans ma tête d’une fraîcheur qui n’a d’égale que celle de Céline Dion avant Las Vegas? Que j’ai décidé d’être rétro en reprenant un blog, forme littéraire désormais tellement ringarde que j’ai l’impression d’être une trad wife dans le corps de Frédéric Beigbeder?
Absolument.
Mais c’est pas une raison. Il faut rester au contact du public, se confronter au réel, même si c’est la grosse loose.
Car oui, presque dix ans ont passé et c’est toujours la loose, mais c’est pas pour ça qu’on arrête de rigoler, même si on a moins de problème de mecs vu que le mien est une sangsue que même si tu pètes au lit et que tu prends dix kilos ça ne le défrise pas. Je crois qu’il n’a pas lu Frédéric Beigbeder (ne me jugez pas, j’ai écouté un podcast avec lui dedans hier et les podcasts c’est encore vaguement acceptable niveau branchitude). Une raison de plus de l’aimer, ce con.
Pour ce retour dans les hautes sphères littéraires des internets, je vais faire bref et résumerai ainsi ces neuf années, dont l’amplitude n’a d’égale que l’abyssale banalité: JE SUIS DEVENUE UNE SALE BOURGE. Non pas que la bourgitude ne m’eût pas habité depuis ma prime jeunesse, car on n’est pas née dans une étable, mais disons qu’elle était plus en puissance qu’en acte.
Donc je me suis mariée avec un homme (plus riche et plus âgé que moi, heureusement beaucoup moins diplômé pour sauvegarder ma dignité de wannabe féministe), on a acheté un appartement À PARIS (bourgitude immonde de top niveau), on a eu deux gosses (je connais maintenant plus de soixante espèces de dinosaures, utile compétence), j’ai vaguement touché à la dépression du post partum et à la PMA vu mon grand âge (si vous connaissez pas allez chercher sur internet mais normalement vous avez dû tomber sur Marine Tondelier qui faisait un peu trop sa catho de gauche sur le sujet les derniers jours), je bosse à temps partiel telle une femme dominée mais c’est pour écrire des romans car j’en ai publié trois (disponibles ici ou dans toutes les bonnes librairies les deux premiers sont même sortis en poche). HUHUHU. On a toujours des prétensions.
Attention donc: je suis une bourge de type BOBO exclusivement; j’espère que vous n’avez pas oublié mon rêve de branchitude: si cette dernière s’achetait avec des latte croyez bien que ma chiasse chronique et moi serions les plus branchées de la capitale de la fashion et de la food. Hélas j’aime le lait de vache, donc c’était structurellement foutu: au moins Keydan, mon American serveur sûr, me connaît si bien que je n’ai même plus besoin de commander quand j’entre dans mon repaire caféïque car il sait que j’aime le lait « normal » (mais au fond de lui il m’approuve: le lait d’avoine donne un goût dégueu au café, même si l’avoine pète moins de CO2 qu’un ruminant).
Telle Sisyphe, je continuerai donc à gravir la colline de la hipstéritude.

C’est lui: fleur de latte, compagnon de mes diarrhées et de mes nuits d’insomnie, combustible de mes inspirations.
C’est tout pour aujourd’hui. Mais ne vous inquiétez pas j’en ai encore sous la pédale pour vous causer stérilet ou AG de copropriété entre deux changes de couche. L’écriture c’est comme le vélo, c’est quand même plus facile avec les petites roulettes (et je dis merde à la mode de la draisienne pour le développement moteur des enfants).
Allez bisous et à bientôt.

