L’iphone, l’index et les oiseaux / The iphone, the forefinger and the birds

Chers merveilleux amis et lecteurs, vous vous demandez sans doute pourquoi ce blog extraordinaire et mirifique a été un peu mou du genou ces derniers temps… (ou vous n’en avez rien à foutre d’abord, mais bon, faisons comme si ça vous passionnait). D’abord non ce n’est pas parce que je suis en vacances, mais plutôt parce que j’essaie de bosser. Mais avouons-le en toute franchise, en vérité mon âme a été corrompue par un objet diabolique, je veux nommer l’iphone.

Je veux bien sûr remercier du fond du cœur mes amis pour ce superbe cadeau d’anniversaire, qui a créé chez moi une addiction totale et malsaine aux applications hyper utiles dont l’apple store nous abreuve. Bon d’abord, un constat : l’iphone 4 te rend cool (même si t’es pas tout seul non plus, hein !) et je me sens encore plus cool vu que j’ai le modèle blanc, plus rare et « plus féminin » dixit le vendeur de téléphones – en même temps, OK Darth Vador est en noir mais les stormtroopers sont bien en blanc non ? Le blanc est la réunion de toutes les couleurs, le noir est l’absence de couleur. Je n’en conclurais pas que ces non-couleurs sont sexuées.

Ensuite, une fois que tu as l’iphone, tu le kiffes grave et vite fait – même si j’arrête pas d’interrompre mes appels parce que comme le truc tactile ça te met inopinément le haut-parleur ou autre en marche pendant la conversation. Sur une suggestion d’un ami qui me veut du bien, j’envisage donc de me raser les cheveux sur un côté de la tête pour conjurer ces désagréments. Ainsi que de porter mon téléphone en permanence autour du cou pour écouter tranquillement ma musique et prendre des super photos (toutes choses qui sont le but de mon existence).

Oui, l’iphone fait tout, il sait tout, et surtout… il a de noirs secrets (tiens, noirs !) enfouis dans les profondeurs des applications de jeu. J’en veux pour preuve un jeu maléfique que m’a conseillé mon rusé cousin (sans doute inspiré par mon aptitude naturelle à la glande) : j’ai nommé Angry birds, le jeu de la mort sur lequel j’ai passé quelques dizaines d’heures à peine la semaine dernière. Eh ouais. Tout ça sur un minuscule écran tout gras de traces de doigts (que je protège amoureusement avec un film transparent of course). Paye tes 79 centimes et c’est parti ! Le but de ce jeu idiot mais néanmoins absolument envoûtant : catapulter des oiseaux pour faire exploser des têtes de cochons verts. Pourquoi ? Parce que les têtes de cochons ont volé leur œufs aux oiseaux, qui sont donc en colère (mais pas verts de rage, bizarrement – ils sont bleu, blancs, jaunes, rouges ou noirs – et pourtant non sexués). Tout ça sur fond de musique électronique survoltée et surtout de rire sarcastique des cochons verts, qui se foutent de ta gueule quand t’arrives pas à les buter – ce qui te donne encore plus d’envies de meurtre. Le pire c’est les grosses têtes de cochon vert à moustaches oranges avec un petit air de José Bové : sus au poooooooooooooooorc !!!!

Ne croyez cependant pas que ce jeu soit facile : certaines étapes nécessitent une capacité exceptionnelle de visée et un index particulièrement précis. Contrairement aux cochons verts, nous ne finirons pas avec une tête seule, mais comme un gros index couché sur le canap’ et navigant d’application en application.

Bref, l’iphone n’aurait-il pas pour but secret de nous rendre ridicules et oisifs ? En même temps, n’étais-je pas déjà un être profondément ridicule et oisif ? Les qualités ontologiques de l’iphone sont un mystère encore insondé par nos philosophes – mais que font les penseurs ?

Oh tout ça me fatigue les méninges, et puis j’ai un niveau d’angry birds à finir : je vous tire ma révérence !

Dear friends and wonderful readers, you probably ask yourselves why this extraordinary and fabulous blog has been a little phlegmatic lately… (or you really don’t give a shit, but let’s pretend you’re fascinated). First, no it’s not because I’m taking holidays, but rather because I’m trying to work. But let’s confess it very straight; in truth my soul has been corrupted by a diabolical object, which is called the iphone.

Of course, I want to thank my friends with all my heart for this lovely birthday present, which generated my total and unhealthy addiction to the very useful applications dumped on us by the apple store. First of all, the record: the iphone 4 makes you cool (even if you’re far from being the only one!) and I feel even cooler given that mine is white, more unusual and “feminine” or so said the mobile phone salesman – well, in the same time, Darth Vador is certainly in black but the stormtroopers wear white, so what? The white is the reunion of all colours; the black is the absence of colour. I won’t conclude that these non-colours are sexed.

Then, once you’ve got the iphone, you like it a lot very soon – even if I have problems calling people because the tactile screen puts the loudspeaker or else on during the conversation. Following a suggestion by a friend who wishes me well, I’m considering shaving my hair on one side of my head to banish these inconveniences. And also holding permanently my phone around my neck to listen to my music and take nice photos (all things that are the very aim of my existence).

Yes, the iphone does everything, and above all… it has dark secrets (hey, dark!) buried in the depths of the game applications. As a proof, I will mention a maleficent game advised by my crafty cousin (doubtlessly inspired by my natural aptitude for loafing): that’s to say Angry birds, a super killer game on which I’ve spent only dozens of hours last week. Yeah. All that on a tiny screen fatty from finger marks (that I protect lovingly with a transparent film, of course). You pay 79 cents and let’s go! The aim of this stupid but nevertheless spellbinding game: to catapult birds on green pigs’ heads to explode them. Why? Because the green pigs’ heads stole eggs from the birds, who are therefore very angry (but not green with rage, quite strangely – they’re blue, white, yellow, red or black – although not sexed). And with all that a highly charged electronic music and above all the sarcastic laughter of the green pigs who are making fun of you when you fail to kill them – which make you feel like killing somebody. The worst are the big green pigs’ heads with orange moustaches vaguely looking like José Bové (a famous French ecologist who looks himself vaguely like Asterix): down with the piiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiig!

However, don’t believe that this game is easy: some steps require an exceptional ability to aiming and a particularly precise forefinger. Unlike the green pigs, we’ll not end with an head alone, but like a big forefinger lying on the couch and surfing from app to app.

In short, wouldn’t the secret aim of the iphone be to make us both ridiculous and idle? In the same time, wasn’t I already a profoundly ridiculous and idle being? The ontological qualities of the iphone remain for now an unfathomable mystery for our philosophers – but what are the thinkers doing?

Oh, and this is very tiring for my brains, and I have a step of angry birds to finish: I bow  to you before leaving!

Une réflexion sur “L’iphone, l’index et les oiseaux / The iphone, the forefinger and the birds

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